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JEAN LARTÉGUY
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TALLANDIER
Éditions Tallandier – 2, rue Rotrou 75006 Paris
www.tallandier.com
© Éditions Tallandier, 2013.
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo
EAN : 979-10-210-0284-5
À mon père, Edmond le Roux.
PROLOGUE
« Tout homme est une exception. »
Hélie Denoix de Saint Marc
Quel étrange et singulier destin pour un simple capitaine ! Le 2 mars 2011, dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides, dans l’église des soldats, en présence du gouverneur des Invalides, une messe d’adieu est célébrée pour le capitaine Jean Lartéguy. D’ordinaire, les honneurs militaires sont réservés aux plus hautes personnalités de l’État, aux soldats morts au combat ou encore aux dignitaires de la Légion d’honneur et de l’Ordre national du mérite, grands officiers et grands croix : cette fois, une croix de chevalier glissée sobrement dans un petit ruban rouge accompagne seule Jean Lartéguy… Capitaine, commando de la France Libre, journaliste, reporter de guerre, écrivain, auteur de plus de 50 ouvrages, sa réputation a largement débordé les frontières. En France, mais aussi à l’étranger, Lartéguy est certainement devenu l’officier le moins gradé et le plus connu. Le plus populaire aussi, à l’origine d’innombrables vocations militaires et, sur la fin de sa vie, encensé par les plus hautes autorités de l’armée américaine. Lartéguy, bien sûr, ce sont d’abordLes Centurions, le récit de la guerre d’Algérie vécue parmi des officiers parachutistes, l’aventure de Bigeard, la contre-guérilla, la guerre révolutionnaire qui préfigure tous les conflits du siècle à venir. Si l’on avait demandé à Jean Lartéguy qui il était véritablement, il aurait certainement répondu, comme il en avait l’habitude sur les plateaux de télévision : « Je suis un type qui n’a jamais su fermer [sa] grande gueule. Un type qui raconte des histoires. Comme je n’écris pas particulièrement sur moi, sur mes états d’âme, sur des événements minuscules, j’ai besoin d’aller faire ma moisson à l’extérieur dans les grands événements qui déchirent le monde. Alors je pars comme journaliste sur un sujet, et je ramène le matériau nécessaire qui me permettra d’écrire un roman qui sera ma deuxième vérité. Un roman c’est d’abord une histoire […] dans un cadre inspiré de la réalité […] : j’ai tendance à être un raconteur d’histoire. » Au journaliste qui s’étonnait en 1978 que son passeport mentionne en guise de profession « exploitant agricole », Jean Lartéguy avait répondu avec sa faconde habituelle : « Les journalistes sont de plus en plus mal vus dans beaucoup de pays du monde. Si vous arrivez dans un pays étranger ou qui a un dictateur corneculesque comme Idi Amin Dada, ou autre, présentez-vous comme journaliste, vous verrez les ennuis… Écrivain, c’est la même chose que journaliste, ce sont des gens qui viennent fourrer leur nez dans vos affaires, on les tient en lisière, on les empêche d’aller voir. Et moi, effectivement, j’ai une petite société agricole, je vais chercher de la main-d’œuvre au Nord-Laos… Les journalistes de ma génération ont vécu l’époque du grand reportage qui est maintenant terminée. On les envoyait suivre des guerres, on disait “couvrir” l’Indochine, la Corée, l’Algérie, l’Afrique noire, on était tout le temps en mouvement. On avait l’impression de vivre des aventures exceptionnelles, alors qu’en fait nous étions des spectateurs. Nous avions une légère tendance à croire que nous étions aussi sur la scène, on avait créé ce mythe. Brusquement, ce mythe s’est écroulé, car la presse a complètement changé, la télévision l’a complètement changé et cette génération de journaliste, quand elle revient en France, retrouve un autre pays, d’autres journaux, d’autres méthodes de travail… » Pendant près d’un demi-siècle, cet étonnant journaliste qui ne s’appelait pas Jean Lartéguy, mais Lucien Pierre Jean Osty, fera vivre en direct aux Français tous les grands conflits du monde, leur ouvrant le quotidien des combattants, décrivant en larges épopées les aventures des guerres et des révolutions d’Asie, du Moyen-Orient, du Maghreb, d’Amérique latine ou d’Afrique noire.
Rarement écrivain aura conquis une telle popularité en évoquant simplement les tourments de l’actualité. Bien peu également auront vu fondre sur eux autant de critiques et d’attaques. Chantre de la guerre et de la colonisation, a-t-on prétendu, macho sans envergure, raciste et fasciste. Et pire encore parfois ! Lartéguy laissait toujours sa plume répondre pour lui. Ce qui faisait dire à son ami Schoendoerffer : « Son œuvre parle pour lui. » Dans ses romans, le rôle central revient parfois à un officier mais le plus souvent à un journaliste. Un journaliste qui lui ressemble étrangement, mais sans être pourtant tout à fait lui, comme celui que reconnaîtront tous les lecteurs desCenturions: « Il haïssait toutes les formes de hiérarchie et mettait dans le même sac les communistes avec lesquels il avait milité un temps, les jésuites qui l’avaient élevé, les flics avec lesquels il avait souvent eu maille à partir, les bourgeois contre lesquels il retrouvait son mépris d’aristocrate, les militaires qu’il jugeait stupides, les vierges desséchées, les membres du corps enseignant, du clergé, les polytechniciens, les inspecteurs des finances, les souteneurs, les Corses, les Auvergnats et les enfants prodigues… » Étonnant Lartéguy, animé d’une réelle passion militaire mais rebelle dans l’âme, tourné vers le monde et profondément enraciné dans sa Lozère natale, un pays, disait-il, « où les hommes vous regardent droit dans les yeux ».
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