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Journal de guerre du sergent Lucien Botrel

De
360 pages
Le témoignage du sergent Lucien Botrel nous permet d'appréhender certains aspects encore méconnus de la Première Guerre mondiale. Témoin et acteur de cette terrible boucherie, il relate le quotidien dur et ennuyeux des soldats en première ligne, qui s'impatientent pour des nouvelles, des colis et leur retour en France. Ce journal fort bien écrit et dénué de toute haine à l'encontre de l'ennemi offre par le biais de l'écriture et de la photographie, une bouffée d'air pur dans un contexte inquiétant.
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découvrir ce départ à la guerre non pas la Leur
ce qu’il voit, oFrant ainsi une bouFée d’air pur dans un contexte inquiétant.
devant ses yeux en instantanés Idèles.
scientiIque de l’Observatoire des relations franco-allemandes pour la construction
SPM
Journal de guerre du sergent Lucien Botrel
1914-1918 Transcrit, annoté et commenté par Éric Daubard
Préface de Jacques Renard
Éditions SPM
Journal de guerre du sergent Lucien Botrel
1914-1918
Illustration de couverture : Le sergent Lucien Botrel avec son casque Adrian. Cette photo est postérieure à l’automne 1915, car il fallut attendre l’été 1915 pour voir les Poilus pourvus de ce casque. De plus, on remarque sur la manche de sa vareuse XQ VLPSOH JDORQ REOLTXH GRQF LO pWDLW GpMj SDVVp VHUJHQW FH TXL VLJQLÀH TX·HOOH HVW potérieure au 16 octobre 1915. Collection Lucien Botrel.
Journal de guerre du sergent Lucien Botrel 1914-1918
Transcrit, annoté et commenté par Éric Daubard
Préface de Jacques Renard Université Paris Sorbonne
Ouvrage publié sous l’égide du Souvenir français
Quatre-vingt-quinzièmevolumede la collection Kronos fondée et dirigée par Eric Ledru SPM 2017
© SPM, 2017 Kronos n° 95 ISSN : 1148-7933 ISBN : 978-2-917232-55-2
Éditions SPM 16, rue des Écoles 75005 Paris Tél. : 06 86 95 37 06 courriel : Lettrage@free.fr - site : www.editions-spm.fr
DIFFUSION – DISTRIBUTION : L’Harmattan 5-7 rue de l’Ecole-Polytechnique 75005 Paris Tél. : 01 40 46 79 20 – télécopie : 01 43 25 82 03 – site : www.editions-harmattan.fr
Préface
Depuis quelques années, l’historiographie de la première guerre a été GRPLQpH SDU XQH © OHFWXUH WUqV LQWHOOHFWXDOLVpH ª GX FRQÁLW TXL FRQVLGqUH DYHF PpÀDQFH OHV WUqV QRPEUHX[ WpPRLJQDJHV © G·HQ EDV ª FRXSDEOHV de dissimuler le réel « consentement » des combattants. Ce point de vue, qui a suscité des réactions parfois vives, a vécu semble-t-il et la communauté des historiens s’accorde désormais pour penser que c’est dans l’accumulation d’uncorpus, dans sa maîtrise et dans l’attention portée à ces récits d’une guerre dans ce qu’elle a de plus routinière, quotidienne, que l’on pourra approcher et saisir toute la dimension humaine des rapports au sein de la vie combattante. Lecorpusest massif, ce n’est pas surprenant, car pour la première fois des pans entiers de la société, qui par le passé n’avaient pas accès j O·pFULWXUH RQW FHWWH IRLV SX V·H[SULPHU L’utilisation d’un témoignage doit bien sûr s’entourer d’un certain nombre de précautions. Mais désormais les historiens ont mis au point un appareil critique bien rodé et il est clair qu’Éric Daubard en connaît OHV WHQDQWV HW OHV DERXWLVVDQWV  LGHQWLÀFDWLRQ GH O·DXWHXU pYDOXDWLRQ GH VD qualité de témoin, analyse de la forme prise par le témoignage, public visé, HW HQÀQ FRQIURQWDWLRQ GX FRQWHQX DYHF GHV GRFXPHQWV R΀FLHOV FRPPH OHV -RXUQDX[ GHV 0DUFKHV HW 2SpUDWLRQV -02 GHV XQLWpV PLOLWDLUHV WRXW \ HVW Lucien Botrel fait assurément partie de la catégorie des témoins GLUHFWV GX FRQÁLW PrPH V·LO D PLV VRQ WH[WH DX SURSUH DSUqV OD JXHUUH car le récit provient de notes prises sur le moment. Il a été de toutes les batailles : la Marne en 1914, la bataille d’Artois puis l’Argonne en  5RFOLQFRXUW eFXULH /H )RXU GH 3DULV /D +DUD]pH  (Q  LO HVW j 9HUGXQ )OHXU\ SXLV HQ /RUUDLQH (Q  LO UHYLHQW GDQV OD 0DUQH pour combattre à Prosnes, au Mont Haut, à la cote 344. En 1918, il est à Hangard-en-Santerre, à Vierzy et participe à la seconde bataille de la Marne. Botrel nous raconte une guerre des tranchées plutôt routinière, DYHF VHV SpULRGHV GH UHSRV TXL VXFFqGHQW DX[ PRQWpHV HQ OLJQH DYHF VHV corvées, ses patrouilles, ses coups de main, ses duels d’artillerie. Étrange mélange de monotonie et de tragédie.
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Journal de guerre du sergent Lucien Botrel
Botrel, comme bien d’autres, dans cette confrontation permanente avec la mort, semble lui aussi marquer un point de non retour dans l’acceptation de l’indicible lorsqu’il évoque, sans émotion marquée, DYRLU GRUPL VDQV V·HQ UHQGUH FRPSWH OD WrWH SRVpH VXU XQ ODPEHDX GH corps… 0RQ LQWpUrW SRXU FH UpFLW IXW WRXW G·DERUG pYHLOOp HQ DPRQW GH VD e lecture, par le fait que son auteur avait été incorporé au 241 régiment e e d’infanterie, régiment non endivisionné du X corps. Le X corps, commandé en 1914 par le général Wirbel, ne m’était pas inconnu ; je P·\ pWDLV SDUWLFXOLqUHPHQW LQWpUHVVp HQ HͿHW ORUVTXH MH UHFRQVWLWXDLV OH parcours des soldats de la Manche, morts pour la France, dans l’un de e mes ouvrages. Le X corps n’était pas, dans sa globalité, un corps breton car l’un des trois départements qui le composait était la Manche. Les e Normands étaient certes minoritaires au 241 où ils ne représentaient que   GHV YLFWLPHV GX SUHPLHU FRQÁLW PRQGLDO FRQWUH OHV   GH VROGDWV originaires d’Ile-et-Vilaine. La Manche fournit certes un bon tiers de e e recrues du XFRUSV PDLV HOOHV IXUHQW HVVHQWLHOOHPHQW DͿHFWpHV DX[ RI   GHV YLFWLPHV GH FH UpJLPHQW pWDLHQW RULJLQDLUHV GH OD 0DQFKH  DX e e 255,   GHV YLFWLPHV RX HQFRUH DX  5,    Mon attention redoubla encore lorsque je découvrais dans le détail le e parcours du 241 RI durant les premiers mois de la guerre. Un véritable duel, Botrelversus6FKDUU VH GpURXODLW GHYDQW PHV \HX[ -H P·H[SOLTXH e e Le 241 RI, et plus généralement le X corps, avait eu face à lui, tout au long de la retraite d’août et septembre 1914, passant par Oret, Cougnies, Chimay, Hirson, Berry-au-Bac, Sézanne puis, durant la bataille de la 0DUQH SDU %UR\HV 0RQWJLYURX[ 6DLQW 3UL[ /D 3RPSHOOH SOXVLHXUV e FRUSV DOOHPDQGV GH OD GHX[LqPH DUPpH GRQW OH de réserve corps e auquel appartenait le 73 régiment de réserve. Et c’était précisément dans ce régiment qu’avait servi August Scharr, dont j’ai pu retracer l’épopée GDQV PRQ GHUQLHU OLYUH JUkFH j OD PDJQLÀTXH WUDGXFWLRQ GH VRQ FDUQHW de route qu’Éric Daubard a eu la gentillesse de réaliser. Botrel fait plusieurs allusions à l’attitude peu agressive des adver-VDLUHV GDQV FHUWDLQV VHFWHXUV R LO D pWp DͿHFWp &HWWH UHODWLYH SDVVLYLWp GHV EHOOLJpUDQWV VRXYHQW UHPDUTXpH UHQYRLH DX[ WUDYDX[ GH O·KLVWRULHQ Tony Ashworth qui soutient que l’activité guerrière dépendait, dans un secteur donné, de l’attitude adoptée par les hommes qui l’occupaient, devenant parfois un véritable système de non agression tacite sans qu’il y ait eu forcément communication directe entre belligérants. Cette attitude consistait en un échange d’agression devenu rituel, interve-QDQW SUDWLTXHPHQW j KHXUH À[H GH VRUWH TXH O·DGYHUVDLUH SRXYDLW V·HQ
Préface
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SUpPXQLU OXL FDXVDQW SDU Oj PrPH GHV SHUWHV OpJqUHV /H © YLYUH HW laisser vivre » s’inscrit alors dans une approche de la guerre non plus centrée sur la « brutalisation » des hommes ou leur violence, mais sur O·DGDSWDWLRQ GHV VROGDWV DX[ pFKDQJHV GH YLROHQFH (QÀQ FH UpFLW SHUPHW GH GpYHORSSHU XQH UpÁH[LRQ VXU XQH SRSXODWLRQ nombreuse, celle des prisonniers, acteurs presque totalement ignorés par l’historiographie de la Première Guerre mondiale. Pourtant, un combat-WDQW VXU GL[ DXUD FRQQX OD FDSWLYLWp GXUDQW OH FRQÁLW /H SULVRQQLHU GH guerre, suspect de lâcheté pour avoir déposé les armes, fut ainsi mis à O·pFDUW G·XQH PpPRLUH FROOHFWLYH QRXUULH GHV QRWLRQV GH VDFULÀFH HW GH résistance. Depuis quelques années, les historiens ont replacé l’homme au centre de l’étude, passant d’une histoire militaire centrée sur l’évè-nement à une histoire des combattants. Ce faisant, l’historiographie a réintroduit le prisonnier de guerre dans le patrimoine mémoriel de la Grande Guerre. Botrel relate la captivité des prisonniers sous ses divers DVSHFWV ,O GpFULW SUpFLVpPHQW OHV OLHX[ R LO D pWp GpWHQX pYRTXH OHV préoccupations essentielles qui furent le lot quotidien du prisonnier : la QRXUULWXUH OH FRXUULHU O·K\JLqQH OHV SRX[ ,O pYRTXH pJDOHPHQW O·HVSULW de camaraderie et d’entraide entre prisonniers qui permit de lutter contre l’ennui et le désœuvrement. Ce témoignage d’une qualité remarquable méritait bien de sortir de l’oubli ; merci à Éric Daubard de nous l’avoir fait découvrir. Les compliments que je souhaite lui adresser ne sont pas obligés comme le voudrait la loi du genre, mais témoignent d’un réel enthousiasme pour le travail accompli. Jacques Renard