Journal de ma campagne de Russie

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Le 24 juin 1812, environ 400000 hommes de la Grande Armée franchissent le Niémen en différents points. A la tête de cette armée européenne l'empereur Napoléon Ier, mais aussi les maréchaux Berthier, Davout, Murat, Oudinot, Eugène de Beauharnais etc. Dans les rangs allemands, von Papet, jeune capitaine de 21 ans, rédige ses réflexions et notes le soir au cours des veillées. Il apporte ainsi sa modeste contribution à l'histoire de la guerre de 1812. Son journal ici traduit a été publié en allemand en 2009.
Publié le : vendredi 1 mars 2013
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EAN13 : 9782296531413
Nombre de pages : 274
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Theodor von Papet JOURNAL de ma Campagne de Russie Traduit par Annette et Ditmar Haeusler Présenté et annoté par Alain Chappet
COLLECTION DE L’INSTITUT NAPOLÉON EDITIONS SPM
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Collection de l’Institut NaPoléon Fondée et dirigée Par Jacques-Olivier Boudon et Eric Ledru
Journal de ma CamPagne de Russie
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Illustration de couverture Troupes royales westphaliennes, 1812 Chevau léger-lancier Infanterie de ligne  (Garde) (Grenadier) Soldat du train Ofcier de cuirassiers Carabinier des troupes lÉgères Le Royaume de Westphalie, constituÉ de terres du Brunswick-Wolfenbuettel, du Hesse Électoral, du HanoVre Électoral et de Prusse situÉes sur la riVe gauche de l’Elbe, comme le grand duché de Berg, était un de ces trônes offerts Par NaPoléon à sa famille. La Westphalie deVait contribuer à la ConfÉdÉration du Rhin pour 23 000 hommes. L’armÉe consistait en un bataillon de grenadiers de la garde, d’un bataillon chasseurs de la garde, d’un bataillon chasseurs-carabiniers d’Élite, de 4 (plus tard 8) rÉgiments d’infanterie de ligne (distincts par la couleur de leurs insignes : 1., 2., 7., 8 : bleu foncÉ ; 3., 4. : bleu clair ; 5., 6. : jaune), de 4 bataillons d’infanterie lÉgère, de 8 compagnies de VÉtÉrans, de 8 compagnies de gardes ciViles, d’un escadron garde du corps, d’un esca-dron cheVau lÉger-lanciers de la garde, de 2 rÉgiments cheVau lÉgers, de 2 rÉgiments de cuirassiers, de 2 escadrons de gendarmes, de 2 rÉgiments de hussards et de 2 compagnies d’artillerie de la garde et de ligne. Les uniformes s’aPProchaient des uniformes français, ainsi que les grades. Cette armÉe, formÉe en 1808, eut une Vie très courte, car aVec la catastrophe de 1813 elle fut dissoute. D’après Knötel,Science des uniformes,n° 41.
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Theodor Von Papet
Journal de ma CamPagne de Russie
Traduit par Annette et Ditmar Haeusler PrÉsentÉ et annotÉ par Alain Chappet PrÉface de Jacques Garnier
Ce Volume est le huitième de la Collection de l’Institut NapolÉon
Editions SPM Paris - 2013
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© : Institut NapolÉon, 2013 ISBN : 978-2-901952-98-5
Institut NaPoléon EPHE 45, rue des Ecoles 75005 Paris www.institut-naPoleon.org
Editions SPM 34, rue Jacques-LouVel-Tessier 75010 Paris TÉlÉphone : 01 44 52 54 80 – tÉlÉcopie : 01 44 52 54 82 courriel : lettrage@free.fr - site : www.sPm-editions.com
DIFFUSION – DISTRIBUTION : L’Harmattan 5-7 rue de l’Ecole-Polytechnique 75005 Paris TÉl. : 01 40 46 79 20 – tÉlÉcopie : 01 43 25 82 03 site : www.harmattan.fr
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PRéFACE
LA vIE DE THEODOR vON PAPET
Par Jacques Garnier
NÉ le 19 septembre 1791 à Maastricht, Theodor Von Papet perd son père alors qu’il n’a qu’un an et demi. À douze ans, il entre dans l’armÉe comme cadet du duché de Brunswick. Suite à l’annexion de son Pays Par le royaume de WestPhalie (dont le roi était Jérôme BonaParte, le frère de NapolÉon), il participe à la guerre d’Espagne en 1810-1811 (il a alors 19 ans), où il deVient lieutenant. En 1812 (il a 20 ans), il part pour e participer à la campagne de Russie aVec le 3régiment de ligne west-e phalien, qui fait partie du 8corPs de la Grande Armée, commandé Par le roi Jérôme. Il est alors caPitaine. Il participera aux batailles de Smolensk, valoutina, Borodino et, Pendant la retraite, au mythique Passage de la Bérésina. Existence mouvementée que celle de ce corPs, dont le Premier chef, Jérôme, rentrera « à la maison » à la suite d’un désaccord avec le maré-chal DaVout, prince d’Eckmühl, hÉros de la bataille d’Auerstaedt, au motif qu’il ne pouVait obÉir à un « simple prince », Voire à un « simple marÉchal ». Belle ambiance… NapolÉon ne donnera pas Vraiment tort à son roi de frère, mais pas non plus Vraiment raison à DaVout, qui, pourtant lui aVait permis d’Écraser les Prussiens en 1806. Cependant, JÉrôme, trouVant que la guerre n’Était pas si « belle » que cela, s’il deVait se mettre à obÉir, quitte la Grande ArmÉe et sera remplacÉ par le gÉnÉ-ral Junot, qui commence à subir les effets du dÉrangement d’esprit qui e le marquera si totalement par la suite. Et c’est ce pauVre 8corPs qui en subira les consÉquences… En 1813, Von Papet est blessÉ lors de la bataille de Dresde. À la n de cette annÉe, il est transfÉrÉ à l’armÉe du HanoVre, qui se bat contre NapolÉon. À ce titre, il participera à la campagne de France de 1814 et à celle de 1815, où il sera graVement blessÉ lors de la bataille de Waterloo. Il n’a que 23 ans… Dans cette vie si courte et si agitée, il a trouvé le temPs de tenir à jour un agenda de sa Vie et de ses combats lors de la campagne de Russie, depuis le 19 mai 1812 jusqu’au 19 janVier 1813. Cet Écrit est
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Journal de ma Campagne de Russie
d’un grand intÉrêt du fait de son caractère VÉcu, puisque tenu au jour le jour. Autre intérêt de l’ouvrage : la Présentation Par ce grand connaisseur des lieux et des événements naPoléoniens qu’est Alain ChaPPet, selon une alternance entre le rÉcit en quelque sorte « historique » des faits – à base de mÉmoires reconnus pour leur rÉalisme, et d’une chronologie issue particulièrement de l’ouVrage de Louis Garros (qui sera reVu et complÉtÉ par Jean Tulard) – et l’agenda de Von Papet : on obtient alors un contraste saisissant entre la « grande histoire » et la vie quotidienne d’un jeune ofcier de la Grande ArmÉe. C’est cette simultanÉitÉ entre les ÉVènements et la relation qui donne tout son fruit à ce journal.
Ainsi, à la date des 18 et 20 juin (en italique, le texte de Chappet ; en romain celui de Von Papet) : 18 juin.Napoléon arrive à Gumbinen près de la frontière russe, il y restera jusqu’au 21 au matin, il emploie ses journées à passer en revue son armée. « Nous marchâmes de là à 7 heures après aVoir fourragÉ de la farine pour 4 jours. La chaleur Était insupportable, heureusement elle fut atténuée Par un orage. 20 juin : Jour de repos. » NapolÉon reçoit un courrier de l’ambassade de France en Russie lui aPPortant la nouvelle que le Tsar a refusé de recevoir le général Lauriston et lui a fait même interdire de venir à Vilna. « La chaleur Était insupportable. La rÉgion a beaucoup souffert de la guerre et est très pauVre. Il n’y a que très peu de Village et on y manque d’eau. »
Suit ce contraste Permanent entre l’avancée de la Grande Armée telle que décrite dans les ouvrages d’histoire et le quotidien du soldat.
17 août : Bataille de Smolensk. La bataille de Smolensk est le premier engagement important mili-taire aVec les forces armÉes russes. À 9 heures, NapolÉon ordonne l’attaque de la Ville. Depuis le matin, la Ville est en feu. La bataille coûte la Vie à 10 000 hommes, côtÉ français, et à 14 000, du côtÉ russe. « Comme quelques maraudeurs aVaient incendiÉ 2 Villages, nous partîmes aussitôt et marchâmes sans nous arrêter jusqu’aux portes de Smolensk. La Vue de cette Ville en feu et des feux de biVouac de toute l’armÉe française Était très belle. »
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À chacun sa Vue des ÉVÉnements… De même pour la bataille de valoutina, l’inaction de Junot, sa mÉsentente aVec Murat qui refuse de lui donner l’ordre formel d’at-e taque : les seules actions du 8corPs seront donc dues à des initiatives individuelles. Seule remarque de Von Papet : « nous restâmes là en position »… La Grande ArmÉe n’en perdra pas moins 20 000 hommes, tuÉs, blessÉs ou disParus.
Bataille de Borodino. Plus de cent-Vingt mille soldats de part et d’autre… Le jour parut enn, cette fraîche matinÉe de septembre Était ÉclairÉe par un pâle soleil d’automne… « À 7 heures ½, la gÉnÉrale fut battue. Nous nous mîmes en marche en grand uniforme.» (Les soldats se mettaient en grande tenue lors des batailles, mais aussi lors de la traVersÉe des grandes Villes.) Contrairement à valoutina, les Wurtembergeois payèrent le prix du sang : « nos pertes Étaient considÉrables »,reconnaît Von Papet.
La descriPtion des lieux et du cadre de vie donnent une vraie réalité au texte, même si quelquefois les Russes en font les frais : « Les femmes sont, pour la plupart, laides et cherchent à s’embellir par des Vêtements colorÉs. Leurs jambes sont enVeloppÉes de plusieurs éPaisseurs, ce qui leur donne une aPParence informe. »
16 septembre. von Papet et ses hommes arriVent dans Moscou en feu « après aVoir mis la grand uniforme ». Il procède, dans son journal, à la description de la Ville, « un salmigondis de palais et de misÉrables huttes ».
La description de la retraite est l’objet de son lot d’horreurs. Le e 8corPs avait été désigné Pour être déPositaires de Prisonniers russes. Mais, ceux-ci sont conÉs aux grenadiers de la Garde, ils ne sont plus que 1 100 sur les 1 300 d’origine, les autres Étant morts de faim. Le 11 noVembre, « plusieurs soldats moururent d’Épuisement ». Le 27 noVembre commence le passage de la BÉrÉsina, qui ne se passe e pas trop mal pour le 8corPs. Enn, après aVoir passÉ vilna et endurÉ des froids de - 29°, les restes e du 8 corps atteindront Berlin le 19 janVier 1813.
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