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L'Histoire de la colonne infâme

De
176 pages

Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Alessandro Manzoni. En 1630, pendant l'épidémie de peste qui dévaste Milan, le commissaire de la santé Guglielmo Piazza et le barbier Gian Giacomo Mora sont accusés de répandre la maladie dans la ville au moyen d'onctions pestifères. Ils sont soumis à la torture, condamnés puis suppliciés en place publique. Pour rappeler cet évènement à la population, la justice érige en outre une "colonne infâme" sur l'emplacement de la maison du barbier Mora. Plus tard, en lisant les actes de ce procès inique, il apparaît que les charges retenues contre les accusés à travers leurs aveux et les dépositions des témoins sont de pures fabulations. Elles constituent l'expression délirante d'une série de fantasmes autour de la maladie. Dans un récit-enquête historique, juridique et psychologique, qui figurait à l'origine en appendice de l'édition définitive des "Fiancés", Alessandro Manzoni démonte avec la plus grande rigueur toutes les phases de ce célèbre procès hanté par l'imaginaire de la peste.


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ALESSANDRO MANZONI
L’Histoire de la colonne infâme
Traduit de l’italien par Antoine de Latour
La République des Lettres
INTRODUCTION
Les juges qui, à Milan, en 1630, condamnèrent aux s upplices les plus atroces
quelques individus accusés d’avoir propagé la peste , à l’aide de certaines
inventions non moins stupides qu’elles étaient horribles, crurent avoir fait une chose
tellement digne de mémoire que, dans la sentence mê me, après avoir ordonné, par
surcroît de châtiments, la démolition du logis d’un de ces malheureux, ils
décrétèrent encore que, sur l’emplacement de cette maison, serait élevée une
colonne qu’on appellerait laColonne infâme, avec une inscription chargée de
transmettre à la postérité, avec la connaissance du crime, le souvenir de la peine
(1). En quoi ils ne se trompèrent pas. Ce fut là, sans nul doute, un jugement
mémorable.
Dans un passage desFiancés(2), l’auteur avait manifesté l’intention de publier
l’histoire de ce jugement ; et c’est cette histoire qu’il présente au public, non sans
quelque honte, car il sait qu’on attendait de lui q uelque sujet vaste, à défaut d’autre
mérite, et d’une étendue proportionnée au sujet. Ma is, si le ridicule du
désenchantement doit tomber sur lui, il lui sera pe rmis du moins de protester que,
dans l’erreur commise, il n’y a point de sa faute, et s’il ne vient au monde qu’une
souris(3), il n’avait jamais annoncé que la montagne fût en mal d’enfant. Il avait dit
seulement que, comme épisode, une telle histoire po urrait sembler trop longue, et
que le sujet, pour avoir été traité une première fo is par un écrivain justement célèbre
(Observations sur la Torture, par Pietro Verri(4)), ne lui en paraissait pas moins
susceptible d’être traité de nouveau, dans un point de vue différent. Et il suffira de
quelques mots sur cette différence pour faire comprendre la raison de ce nouveau
travail, je voudrais pouvoir ajouter aussi l’utilité ; mais, hélas ! elle dépend bien plus
de l’exécution que de l’intention.
Pietro Verri se propose, comme l’indique le titre m ême de son opuscule, de tirer
de ce fait un argument contre la torture, en montra nt comment elle avait pu arracher
l’aveu d’un crime physiquement et moralement imposs ible, et l’argument était
saisissant, comme l’entreprise était noble et humai ne.
Mais de cette histoire, si courte qu’elle puisse être, d’un événement compliqué ;
d’un grand mal que, sans raison, des hommes ont fai t à des hommes, on doit
nécessairement pouvoir tirer des observations plus générales, et d’une utilité, sinon
aussi immédiate, du moins aussi réelle. Bien plus, si l’on se borne aux seules
observations qui étaient surtout de nature à servir l’intention particulière de
l’écrivain, on s’expose à prendre du fait une idée non seulement incomplète mais
fausse, en lui donnant pour causes l’ignorance des temps et la barbarie de la
jurisprudence, et en le regardant presque comme un événement fatal et
nécessaire ; en quoi l’on aurait une erreur dangere use à la place d’un profitable
enseignement. L’ignorance en physique peut produire des inconvénients, mais non
des iniquités, et une méchante institution ne s’app lique pas toute seule. Certes, de
ce que l’on croyait alors à l’efficacité des onctio ns pestifères, il ne s’ensuivait pas
nécessairement qu’il fallût croire Guglielmo Piazza et Giangiacomo Mora coupables
de s’en être servis ; comme aussi, parce que la torture était en vigueur, ce n’était
pas nécessairement une raison pour la faire endurer à tous les accusés, ni pour
déclarer coupables tous ceux que l’on condamnait à la souffrir. C’est une vérité qui
peut sembler niaise à force d’évidence ; mais il n’ est pas rare que les vérités trop
évidentes, et qui devraient rester sous-entendues, soient par cela même oubliées ;
et celle-ci en est une dont il faut se souvenir, si l’on veut bien juger cet atroce
jugement. Nous avons cherché à la mettre en lumière , à faire voir que ces juges
condamnèrent des innocents dont, avec la plus ferme persuasion de l’efficacité des
onctions, et avec une législation qui admettait la torture, ils pouvaient eux-mêmes
reconnaître l’innocence ; tandis que, pour les trou ver coupables, pour écarter la
vérité qui reparaissait à chaque instant, sous mill e formes et de tous les côtés, avec
des caractères aussi clairs alors qu’ils le sont au jourd’hui, qu’ils le seront toujours, il
leur fallut faire de continuels efforts d’intellige nce, et recourir à des expédients dont
ils ne pouvaient ignorer l’injustice. Dieu nous garde de vouloir (ce serait d’ailleurs
une triste besogne) ôter à l’ignorance et à la torture leur part dans cet horrible
événement. Elles en furent, la première, une occasion déplorable ; l’autre, un
moyen cruel et actif, bien qu’assurément il ne fût ni le seul, ni le principal. Mais nous
croyons qu’il importe d’en discerner les causes véritables et décisives, lesquelles
furent des actes iniques qui ne pouvaient prendre n aissance ailleurs que dans des
passions perverses.
Dieu seul a pu distinguer, entre toutes ces causes, laquelle a le plus, laquelle a
le moins dominé dans le cœur de ces juges, et contribué davantage à subjuguer
leurs volontés ; s’ils cédèrent à cette rage contre des dangers obscurs, qui,
impatiente de trouver où se prendre, s’emparait du premier objet qui s’offrait à ses
coups ; qui avait obtenu une révélation longtemps a ttendue et ne voulait plus en
reconnaître la fausseté ; qui avait dit : « Enfin ! » et ne voulait plus dire : « C’est à
recommencer ! », à cette rage rendue impitoyable pa r une longue terreur, et
transformée en haine, et pour ainsi dire en point d ’honneur, contre les malheureux
qui cherchaient à échapper de ses mains ; ou à la c rainte de manquer à l’attente
générale, d’autant plus convaincue qu’elle était pl us inconsidérée ; à la crainte de
paraître moins habiles, s’ils découvraient des inno cents dans les accusés ; de
tourner contre eux-mêmes les clameurs de la multitu de en ne les écoutant pas ;
peut-être aussi à la crainte des malheurs publics, et les plus graves, qui pouvaient
en résulter, crainte moins honteuse en apparence, m ais également perverse et non
moins misérable, quand elle l’emporte sur la crainte véritablement noble et
véritablement sage de commettre l’injustice. Dieu s eul a pu voir si ces magistrats,
en trouvant des coupables là où le crime n’existait pas, mais où on voulait qu’il
existât(5)e multitude qui, aveuglée, furent plutôt les complices ou les ministres d’un
non par l’ignorance, mais par la méchanceté et par la fureur, violait avec ces
clameurs les préceptes les plus positifs de la loi divine qu’elle se vantait de
pratiquer. Mais le mensonge, l’abus du pouvoir, la violation des lois et des règles
les plus universellement reconnues et adoptées, l’e mploi de deux poids et de deux
mesures sont choses reconnaissables, même à l’œil d e l’homme, dans les actes
humains ; une fois reconnus, on ne peut les rapporter qu’à des passions assez
violentes pour pervertir la volonté ; et, pour expliquer les actes matériellement
iniques de ce jugement, on ne saurait en trouver de plus naturelles et de moins
tristes que cette rage et cette crainte.
Maintenant, ces causes, il faut le dire, ne furent pas particulières à une époque ;
et ce ne fut pas seulement par suite d’erreurs en p hysique et de l’usage de la torture
que ces passions, comme toutes les autres, firent c ommettre à des hommes, qui
n’étaient rien moins que des scélérats de professio n, des actions méchantes, soit
dans le tumulte des événements publics, soit dans l e silence et l’obscurité des
relations privées. « Si, grâce à l’horreur que j’étale aux regards, écrit l’auteur que
nous avons loué plus haut, il s’inflige en ce monde une torture de moins, le
douloureux sentiment que j’éprouve n’aura pas été p erdu, et l’espoir d’obtenir un tel
résultat sera ma récompense(6). » En venant à notre tour proposer aux lecteurs
patients d’attacher de nouveau leurs regards sur de s horreurs déjà connues, nous
aurons, ce nous semble, retiré de cette exhibition une utilité nouvelle, et qui ne sera
pas sans gloire, si l’indignation et la répugnance qu’on ne peut s’empêcher de
ressentir chaque fois que pareille occasion se prés ente se retournent ensuite avec
plus de force contre ces passions qu’on ne peut dis siper comme de faux systèmes,
ni abolir comme de mauvaises institutions, mais que l’on peut rendre moins
puissantes et moins funestes, en apprenant à les re connaître dans leurs effets et à
les détester.
Et nous ne craignons pas d’ajouter qu’il pourra mêm e surgir une chose
consolante du sein des plus douloureux sentiments. Si, dans un ensemble d’actes
atroces de l’homme contre l’homme, nous croyons voi r l’effet du temps et des
circonstances, nous éprouvons, en même temps que l’ horreur et avec la
compassion même, un découragement, une sorte de dés espoir. Il nous semble voir
la nature humaine invinciblement poussée au mal par des causes indépendantes de
sa volonté, et comme enchaînée dans un songe pervers et pénible dont elle n’a pas
la force de s’éveiller, dont elle ne peut même pas s’apercevoir. Nous ne trouvons
plus de motif raisonnable à l’indignation qui, d’el le-même, s’élève en nous contre
les auteurs de ces actes, et qui, cependant, ne laisse pas encore de nous sembler
noble et sainte ; l’horreur subsiste, la faute disp araît ; en cherchant un coupable
contre qui s’emporter à juste titre, la pensée frém it de se trouver conduite à hésiter
entre deux blasphèmes qui sont une double folie : n ier la Providence ou l’accuser.
Mais lorsque, à regarder ces faits avec plus d’atte ntion, on y découvre une injustice
dont pouvaient se rendre compte ceux-là mêmes qui l a commettaient, une
transgression des règles qu’ils admettaient eux-mêm es, des actes en opposition
avec les lumières qui non seulement étaient de leur époque mais dont eux-mêmes,
dans des circonstances analogues, se montrèrent écl airés, c’est un soulagement de
penser que, s’ils ne surent point ce qu’ils faisaie nt, c’est qu’ils ne voulurent pas le
savoir, c’est qu’ils s’obstinèrent dans cette ignorance que l’homme revêt et
dépouille selon son plaisir, laquelle est une faute , non une excuse ; et que si, en de
tels faits, on peut bien être forcément victime, on n’en est pas forcément auteur.
Toutefois, je n’ai pas voulu dire que, parmi les ho rreurs de ce jugement, l’illustre
écrivain cité plus haut n’ait jamais aperçu en aucu n cas l’injustice personnelle et
volontaire des juges. J’ai voulu dire seulement qu’ il ne s’était pas proposé
d’examiner quelle y fut la part de cette injustice ; beaucoup moins encore de
démontrer quelle en fut la principale, et, pour parler plus nettement, la seule cause.
Et j’ajoute maintenant qu’il ne l’eût pu faire sans nuire à son dessein particulier. Les
partisans de la torture (car les institutions les p lus absurdes ont des partisans tant
qu’elles ne sont pas entièrement mortes, et souvent encore après, par la raison
même qu’elles ont pu vivre) auraient trouvé une man ière de la justifier ici. « Voyez,
auraient-ils dit. La faute est dans l’abus, et non dans la chose. » Ce serait, en vérité,
une façon singulière de justifier une chose, de faire voir que, outre qu’elle est
absurde dans tous les cas, elle a pu, dans certains cas particuliers, servir
d’instrument aux passions pour commettre les actes les plus absurdes et les plus
atroces. Mais c’est ainsi que l’entendent les idées fixes. Et, d’un autre côté, ceux
qui, à l’exemple de Verri, voulaient l’abolition de la torture, auraient été mécontents
de voir embrouiller leur cause par des distinctions , et amoindrir l’horreur que doit
inspirer la torture, en ne lui laissant pas toute la faute. Voilà du moins ce qui arrive
d’ordinaire. Voulez-vous mettre en lumière une vérité contestée, vos partisans, pas
plus que vos adversaires, ne vous permettent de l’e xposer dans sa forme pure ;
reste pour vous, il est vrai, cette grande masse d’hommes sans parti pris, sans
préoccupation, sans passion, qui n’ont souci de la connaître sous aucune forme.
Quant aux matériaux dont nous nous sommes servi pou r compiler cette courte
histoire, nous devons dire, avant toute chose, que les recherches faites par nous
pour découvrir le procès original, bien que facilitées, aidées même par la plus
gracieuse et la plus active obligeance, n’ont abouti qu’à nous convaincre de plus en
plus qu’il est absolument perdu. Il reste cependant une copie de la meilleure partie,
et voici comment. Parmi ces malheureux accusés se trouva, sans doute hélas ! par
la faute de quelque autre, une personne considérable, don Giovanni Gaetano de
Padilla, fils du commandant du château de Milan, ch evalier de Saint-Yago et
capitaine de cavalerie. Celui-ci put faire imprimer sa défense, et l’appuyer d’un
extrait de la procédure qui lui fut communiquée en sa qualité d’accusé constitué. Et,
assurément, ces juges ne se doutaient pas alors qu’ ils laissaient élever par les
mains d’un imprimeur un monument plus durable et pl us irrécusable que celui dont
ils avaient commis le soin à un architecte.
Il reste encore de cet extrait une autre copie manu scrite, plus restreinte en
certains passages, plus étendue en d’autres, laquel le a appartenu au comte Pietro
Verri, et ensuite à son digne fils, le comte Gabrie le, qui, avec une libérale et patiente
courtoisie, a daigné la mettre et la laisser à notre disposition. C’est celle dont se
servit l’illustre écrivain pour composer l’opuscule que nous avons cité, et elle est
semée de notes qui sont ou des réflexions rapides o u des élans soudains de
compassion douloureuse et de sainte indignation. El le porte pour titre :Summarium
offensivi contra Don Johannem Cajetanum de Padilla(7). On y trouve au long
beaucoup de choses qui, dans l’extrait imprimé, ne sont qu’en résumé. On y voit en
marge l’indication des pages du procès original d’o ù l’on a tiré ces divers lambeaux.
Elle est semée, en outre, de très courtes annotatio ns latines, toutes de la même
main que le texte :Detentio Morae ; Descriptio Domini Johannis ; Adversatur
Commissario ; Inverisimile ; Subgestio(8); et d’autres semblables, qui sont
évidemment des notes prises par l’avocat de Padilla pour sa défense. D’où il paraît
évident que c’est là une copie littérale de l’extra it authentique qui fut communiqué
au défenseur, et que celui-ci, en le faisant imprim er, laissa de côté diverses choses
comme étant de moindre importance, et, pour d’autre s, se contenta de les indiquer.
Mais d’où vient que l’on trouve dans l’imprimé certaines choses qui manquent au
manuscrit ? Il est probable que le défenseur aura p u de nouveau dépouiller le
procès original et y reprendre ce qui lui parut de nature à servir la cause de son
client.
De ces deux extraits nous avons naturellement tiré tout ce que nous avons pu,
et comme le premier, autrefois très rare, a été réimprimé depuis peu de temps(9)le
lecteur pourra, s’il le veut, par un simple rapproc hement reconnaître les endroits
que nous avons empruntés à la copie manuscrite.
Les défenses précitées nous ont également fourni di vers faits et la matière de
quelques observations. Comme elles n’ont jamais été imprimées, et que les
exemplaires en sont fort rares, nous ne manquerons pas de les citer chaque fois
que nous aurons l’occasion de nous en servir.
Enfin, nous avons pu pêcher aussi çà et là quelques minces détails épars dans
ce petit nombre de documents isolés, mais authentiq ues, qui ont survécu à cette
époque de trouble et de confusion, et que l’on cons erve en ces archives tant de fois
citées dansLes Fiancés.
Après la courte histoire du procès, il nous a paru qu’il ne serait pas hors de
propos d’essayer l’histoire plus courte encore de l’opinion qui a dominé jusqu’à
Verri, relativement à ce procès, c’est-à-dire penda nt un siècle environ. Je dis,
l’opinion exprimée dans les livres, qui, la plupart du temps, est, en grande partie, la
seule que la postérité puisse connaître, et qui a, dans tous les cas, son importance
particulière. Pour ce qui est du nôtre, il nous a p aru que ce pourrait être une chose
curieuse que de voir une suite d’écrivains aller à la queue l’un de l’autre, comme les
moutons du Dante(10), sans songer à s’informer d’un fait dont ils croya ient devoir
parler. Je ne dis pas une chose divertissante ; car, après avoir assisté à cette lutte
cruelle et à cette affreuse victoire de l’erreur su r la vérité, et de la fureur puissante
sur l’innocence désarmée, on ne saurait entendre sa ns déplaisir mortel, je dirais
volontiers sans colère, de quelque bouche qu’elles sortent, ces paroles qui viennent
à l’appui de l’erreur, et, pour l’exalter encore, c ette affirmation si sûre d’elle-même,
et qui a pour base une opinion si inconsidérée, ces malédictions contre les victimes,
cette indignation à contresens. Mais un tel déplais ir porte avec lui son avantage : il
ajoute à l’aversion et à la défiance que doit inspi rer cet usage déjà trop ancien, et
qu’on ne saurait discréditer assez, de répéter sans examen, et, si on veut bien
laisser passer le mot, de mêler au vin du peuple so n propre vin, souvent même
celui qui déjà lui a porté à la tête.
À cette fin, nous avions songé d’abord à présenter au lecteur l’ensemble de tous
les jugements sur ce fait qu’il nous avait été poss ible de recueillir dans tous les
livres. Mais, dans la crainte de mettre sa patience à une trop grande épreuve, nous
nous sommes borné à un petit nombre d’écrivains, il lustres pour la plupart, et dont
aucun n’est tout à fait obscur : à savoir ceux dont les erreurs mêmes sont les plus
instructives quand elles ne peuvent plus être conta gieuses.
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