L'Île Perrot

De
Entre François-Marie Perrot, gouverneur de Montréal dès 1670, et la seigneuresse Marie-Françoise Cuillerier, l'île Perrot passe en près d'un siècle d'un simple comptoir de traite à une communauté autonome de 300 habitants. Pendant la moitié de cette période, elle demeure le point le plus occidental de la colonie où une population prend racine dans la vie pratique d'un pays aux frontières inconnues.
Au confluent des grandes routes qu'empruntent les explorateurs, les militaires et les populations amérindiennes, l'île joue souvent le rôle de point de ralliement pour ceux qui se dirigent vers les forts et les établissements français à l'intérieur du continent, dont les plus connus sont les forts Frontenac, Michillimakinac et Détroit.
C'est ainsi que s'organise un lieu de vie dynamique où se croisent des gens aux multiples destins: soldats, esclaves, marquise, évêque, commerçants, meuniers, fermiers, missionnaires, aubergiste, bûcherons, voyageurs...
Un petit nombre demeurent sur place et forment un noyau dont les descendants habitent encore aujourd'hui l'île Perrot. Les autres se dispersent, fondent Détroit, découvrent l'Ouest, descendent en Louisiane ou se rendent jusqu'à la baie d'Hudson.
Partons donc à la rencontre des Bourdonnais, Boyer, Cuillerier, Daoust, Déloge, de Repentigny, Deschamps, Hénault, Lafleur, Lalonde, Leduc, Lefebvre, Monpetit, Poirier, Potvin, Réaume, Trottier qui façonneront l'Amérique française.
Spécialiste des communications, codirectrice du Laboratoire d'analyse de presse Caisse Chartier de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l'Université du Québec à Montréal, auteure, journaliste et femme d'affaires, Lise Chartier a fondé la Société d'histoire et de généalogie de l'île Perrot. Passionnée par les lieux patrimoniaux de cette île, elle milite au sein de plusieurs organisations pour les préserver et les promouvoir.
Publié le : lundi 1 janvier 0001
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EAN13 : 9782896645381
Nombre de pages : 272
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L i s e C h a r t i e r
LîlePerrot1 6 7 2 - 1 7 6 5
Se p t e n t r i o n Extrait de la publication
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l’île perrot 1672-1765
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Révision : Solange Deschênes Mise en pages et maquette de couverture : Pierre-Louis Cauchon Illustration de la couverture : Moulin de l’île Perrot. Photographie : Gilles-L. Caisse. Carte de Murray. Gracieuseté : Ville de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot. ANC, NMC 135035 MB NB.
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Dépôt légal : Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2009 ISBN 978-2-89448-587-3
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Remerciements
n ne peut consacrerplusieurs années de O sa vie à mener une enquête sans reconnaître la générosité des personnes qui nous accompa-gnent. Je veux donc saluer ici toutes celles qui m’ont appuyée, guidée, écoutée avec patience et compréhension et qui continuent à encourager ce projet de recherche en me donnant de leur temps. Car le temps est à la fois un ami et un handicap pour le chercheur : précieux quand on le remonte, contraignant quand on en manque. Et nécessaire aujourd’hui pour comprendre ce qu’était hier. Le premier merci s’adresse donc à celui par qui tout a commencé. Merci Gilles, mon mari et mon ami, dont je voulais mettre en valeur la série de dessins que tu as réalisés sur « les belles et vieilles maisons de l’île Perrot ». Malheureusement, je n’ai pas encore pu refaire l’histoire de chacune, mais au moins on en saura un peu plus sur quelques-unes. Merci pour ces fructueuses années d’une quête qui s’est muée en passion, pour ne pas dire obsession. Grâce à toi, à ta longue quête sur l’histoire de ton ancêtre François, charron aux forges du Saint-Maurice, et à ta patiente collaboration dans la recherche de documents, dans leur traitement graphique pour en assurer la conservation, je suis entourée d’un trésor fabuleux dont ma Françoise, courageuse seigneuresse, aurait pu s’exclamer qu’il remplit tout un cabinet. Merci aussi pour les consultations, gracieuseté d’Emmanuel et de Sébastien, ces fils qui m’ont
aidée à créer des banques de données fort utiles pour cataloguer, trier et analyser l’abondante docu-mentation accumulée. Merci à Jean-Luc Brazeau, du Centre d’histoire La Presqu’île qui, le premier, a accueilli une chercheuse qui ignorait totalement où la mènerait sa collecte de renseignements. Merci à Daniel Bissonnette et Sébastien Daviault, du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, pour les précieux échanges et les encouragements. Merci à Bertrand Desjardins du Programme de recherche en démographie historique (PRDH) qui est venu à mon secours pour retracer les actes relatifs à l’île Perrot. Merci aux historiens Marcel Trudel et Sylvie Despatie, pour les réponses et les pistes de recherche. Merci à l’abbé Laurier Farmer qui a tout grand ouvert ses archives et celles de la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal, à Julie Lefebvre,de la paroisse Sainte-Anne-de-Bellevue, à Guylaine Lauzon, de la bibliothèque Marie-Uguay, à Josiane Asselin, pour l’accès aux archives du Parc historique de la Pointe-du-Moulin. Merci à Gisèle Monarque, pour les cours de paléographie. Merci à Micheline Légaré-Morency, de la ville de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, pour les listes et les plans relatifs à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, à Nicole Émard, de L’Île-Perrot, pour l’accès aux cartes et autres documents d’archives. Merci à Benoit Aumais, historien de l’île et coauteur deLa grosse île à l’ouest, pour son accueil, ses notes et ses archives photographiques. Merci à
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Claude Arsenault, de l’Association des moulins du Québec, pour ses explications. Merci au personnel de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal et à Québec, pour leur soutien. Je suis aussi reconnaissante à la Grande Bibliothèque,cetteamiedeschercheurs,dontjaipu constater avec quelle constance elle facilitait laccèsàdiversdocumentsgrâceàsonsiteInternet.Merci à tous ceux qui, avec minutie et beaucoup de patience, archivistes, muséologues et simples bénévoles, numérisent et cataloguent des millions de pages d’une si grande utilité pour les recherches en histoire. On ne rendra jamais assez hommage au dévouement de ces personnes. En terminant, j’adresse un merci particulier aux familles Lalonde, Angell, Mongrain, Lapointe,
Morency, Fournel, Leduc, Daoust et aux nom-breuses autres qui continuent de m’ouvrir les portes de leurs maisons, greniers, caves et granges, ou qui m’ont laissée arpenter leurs propriétés à la recherche d’indices, d’images et de repères. Grâce à vous tous, l’île Perrot révèle dans cet ouvrage un peu plus de renseignements à propos de sa longue histoire. J’espère ardemment poursuivre cette quête, l’enrichir avec d’autres trouvailles et corriger ce qui méritera de l’être puisque l’histoire recèle souvent quelques nouvelles précisions aux-quelles on n’avait pas encore eu accès et dont il faut par la suite tenir compte.
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Lise Chartier Île Perrot, 28 avril 2009
Avant-propos
et ouvrage n’atteint passon objectif C d’origine, faire l’histoire des vieilles maisons de l’île Perrot, pour une raison toute simple : leurs propriétaires n’en possèdent que des bribes glanées çà et là, souvent transmises par la tradition orale. Aucune recherche systématique n’a permis jusqu’ici de reconstituer les chaînes de titres de ces propriétés depuis les premières concessions vers 1715. Nous avons donc mené une longue enquête pour trouver les propriétaires successifs et les fouilles ne sont pas terminées. Nous n’avons trouvé ni terrier ni plan cadastral jumelé à des listes de propriétaires qui auraient pu nous guider e avant le milieu duxixsiècle. Plusieurs villes et municipalités disposent de plans mentionnant les e e occupants des terres auxxviietxviiicesiècles ; n’est pas le cas pour la seigneurie de l’île Perrot où il faut attendre beaucoup plus tard. Il y a bien eu un plan cadastral en 1817 signé par Papineau et Doucet, mais la liste des lots qui l’accompagne a été laissée en pointillés. Françoise Cuillerier a fait arpenter l’île en 1742 par Janvrin Dufresne qui n’en a pas tracé de plan. Le seigneur Jean-Baptiste Leduc se réfère à une carte lorsqu’il concède des continuations de terres en 1780, mais elle est introuvable pour le moment. À la fin du régime seigneurial, en 1854, nous disposons d’une liste de propriétaires et d’un plan cadastral dont la numérotation suscite encore des questions.
Notre recherche s’amorce avec Cartier et Champlainavantderencontrerlepremierseigneur, François-Marie Perrot, et ses fermiers. Malheureusementpourleschercheurs,Perrot,tout comme ses successeurs Charles LeMoyne et Joseph Trottier-Desruisseaux, n’a pas souvent fait appel aux notaires. C’est donc par déduction que nous avons repéré les premiers censitaires. Heureusement, Françoise Cuillerier, quatrième seigneuresse, met en application la Coutume de Paris et régularise les concessions qu’elle accorde. Et elle le fait à plus de 90 reprises, ce qui constitue peut-être un record pour un même seigneur vivant en périphérie de Montréal, Québec ou Trois-Rivières.Nous devons rendre hommages à cette femme dynamique pour l’essor qu’a connu l’île Perrot e au cours de la première moitié duxviii siècle, période au cours de laquelle s’étend son action. Nous avons longuement étudié son recense-ment de 1724 afin de suivre les 40 lots qu’elle y énumère. Nous avons constaté qu’il y avait des différences entre les censitaires qu’elle identifie dans sonAveu et dénombrementet les contrats qu’elle a signés ou qu’elle signera ultérieurement. Pour comprendre ces écarts, nous avons fouillé les greffes de notaires, suivi à la trace les membres de sa famille et un grand nombre d’habitants et, par la force des choses, avons dû avoir recours à la généalogie. Le recoupement entre les lieux fréquentés par Françoise, les événements auxquels
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elle est mêlée et les personnes qui l’entourent apporte une meilleure compréhension à propos de l’occupation du territoire de l’île Perrot. Plusieurs trouvailles et l’important volume d’informations que nous avons tirées des archives nous incitent donc, pour le moment, à mettre de côté notre objectif premier et à faire l’histoire de la seigneurie par les gens que nous y rencontrons sous le Régime français. Pour mieux les connaître, nous avons enrichi leur présentation d’explications contextuelles à caractère géographique et ethno-graphique complétées par des cartes, des dessins, des extraits d’archives et des transcriptions ainsi que des photographies contemporaines qui situent les lieux dont il est question. Parmi les centaines pour ne pas dire le millier de personnes qui ont foulé le sol de l’île Perrot sous la domination française, Françoise Cuillerier s’im-pose comme une figure de proue. Son dynamisme et sa force de caractère se manifestent dans un grand nombre de décisions qu’elle a prises entre 1710 et 1752 et qui ont des répercussions évidentes sur l’île que nous connaissons aujourd’hui. L’em-preinte de la seigneuresse y est encore perceptible, bien qu’elle soit fort méconnue. Que ce soit par l’entretien du moulin à vent, l’arpentage de 1742 qui crée l’anse au Sable et la côte Saint-Joseph, la vente de l’ancien domaine à Alexis Trottier, la construction d’une chapelle ou l’échange de terres avec le propriétaire du fief Brucy à l’origine des actuelles limites de la ville de L’Île-Perrot, Fran-çoise est toujours présente. Perrot s’est fait concéder cette île pour y faire de l’argent par la traite des fourrures. LeMoyne
l’a ajoutée à ses possessions pour la même raison. Trottier voulait en faire un lieu de vie, mais l’attrait du commerce lui a été fatal. Françoise a réussi ce que ses prédécesseurs ont raté. Elle n’en tirera pas de gloire puisque son œuvre sera gâchée en 1750 par les incartades de Marin Hurtubise, l’un de ses deux gendres. La seigneurie demeurera tout de même au sein de sa famille pendant 35 ans grâce au second gendre, Jean-Baptiste Leduc, avant d’être soumise à de nouvelles tribulations reliées au commerce. Mais il s’agit là d’une autre histoire.
Plaque commémorative devant l’église Sainte-Jeanne-de-Chantal à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot. Cette île fut concédée par l’intendant Talon à François-Marie Perrot, gouverneur de Montréal, le 29 octobre 1672.La version anglaise indique erronément la date du 26 octobre. Archives de l’auteure.
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