L'inquisition Apostolique au Mexique

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De 1521 à 1571, 1'Inquisition mexicaine a revêtu la forme d'une Inquisition apostolique qui se caractérise par la toute-puissance que la métropole déléguait à l'inquisiteur apostolique. L'Inquisition apostolique offre un visage à la fois nouveau et traditionnel. L'aspect nouveau réside dans la confrontation de l'Indien au catholicisme. L'aspect traditionnel apparaît dans la poursuite de l'hérésie dans la colonie.
Publié le : jeudi 1 janvier 1998
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EAN13 : 9782296371941
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L'Inquisition

apostolique

au Mexique

Collection Recherches Amériques latines dirigée par Denis Rolland, Pierre Ragon Joëlle Chassin et ldelette Muzart Fonseca dos Santos
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@ L'Harmattan,

1998

ISBN: 2-7384-7030-0

Bernard Grunberg

L'Inquisition

apostolique

au Mexique

Histoire d'une institution

et de son impact

dans une société coloniale

(1521-1571

)

Editions L'Harmattan
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

L'Harmattan INC 55, rue Saint Jacques Montréal (Qc) - Canada H2Y lK9

Du même auteur
. EDITION DE TEXTES:

1. Hernan Cortés, La conqu~te du Mexique, Paris, FM-La Découverte, 1982, 28 édition, 458p. (introduction, notes et cartes).

2. BernaI Diaz deI Castillo, Histoire véridique de la conqu~te de la Nouvelle Espagne, Paris, FM-La Découverte, 1980, 2 volumes, 260 et 268p. (introduction, choix de textes et cartes).
. OUVRAGES:

1. L'Univers des conquistadores. Les hommes et leur conqu~te dans le Mexique du XVIe sMcle, Paris, L'Harmattan, 1993,415p. 2. Histoire de la conqu~te du Mexique, Paris, L'Harmattan, 1995, 286p. 3. Moi, Bernai Dtaz, conquistador ment (à paraître,) du Mexique, Paris, Autre-

A PIERRE CHAUNU

INTRODUCTION

L'irruption des conquistadores sur le continent américain ne marque pas seulement la fin des civilisations précolombiennes mais aussi la naissance d'une société nouvelle au carrefour des civilisations disparues et de la civilisation hispanique. Cette société coloniale va se façonner tout au long du XVIe siècle. Au même titre que les chroniques des contemporains et mieux que des sources secondaires, les archives inquisitoriales du Nouveau Monde offrent une documentation précieuse, et trop peu exploitée, en vue de l'analyse des caractéristiques de cette société. L'étude des archives mexicaines permet de découvrir une institution qui difière de celle qui existait alors en Europe et qui dut se développer par ses propres moyens dans un cadre nouveau et dans une situation particulière engendrée par la conquête de l'Amérique, ainsi que son impact sur la société coloniale. En effet, au XVIe siècle, pendant la période de la conquête et de la colonisation, l'Inquisition exista en Amérique sous une forme particulière: l'Inquisition apostolique, du nom même dont les monarques espagnols qualifièrent les inquisiteurs dans le Nouveau Monde car ces derniers tiraient leurs pouvoirs inquisitoriaux du Saint-Siège. Les archives de Mexico ont gardé les différents procès, informations et autres accusations entrepris par l'Inquisition apostolique. Près de 700 cas sont parvenus jusqu'à nous, c'est-à-dire la quasi-totalité des affaires que l'Inquisition apostolique eut à traiter. Les quelques procès dont les dossiers ont disparu restent 7

cependant mentionnés soit dans des enquêtes postérieures, soit. dans d'autres sources. L'étude des procès soumis à l'Inquisition apostolique mexicaine consiste surtout à parvenir, selon l'heureuse expression de Pierre Chaunu, à «une histoire des comportements»(1). Sans négliger pour autant l'évolution de l'Inquisition apostolique mexicaine ni la procédure inquisitoriale, l'objectif de cet ouvrage est de dresser un tableau des mentalités à travers les délits poursuivis par les inquisiteurs. Le cadre choisi est celui de la Nouvelle Espagne à travers les évêchés de Mexico, Puebla-Tlaxcala, Oaxaca (Antequera), Michoacan, Nouvelle Galice et Yucatan. Ces régions (la moitié du Mexique actuel) s'étendent sur près d'un million de kilomètres carrés, pour une population indienne qui tombe de 22 millions en 1519 à 2,6 millions en 1570, à laquelle s'ajoutent une population d'origine européenne en plein essor, puisqu'elle passe de quelques milliers d'individus, à la chute de Mexico, à près de 60.000 en 1570, et quelques 20.000 noirs. La durée de l'Inquisition apostolique est marquée par l'extension de la conquête et par les débuts de la colonisation espagnole au Mexique. L'Inquisition, en tant qu'institution, naquit au Moyen-Age pour protéger l'orthodoxie contre la renaissance et l'expansion des doctrines manichéennes(2), Les menaces contre l'ordre chrétien poussèrent le pape Grégoire IX à fonder en 1231 un tribunal de l'Inquisition, directement subordonné à Rome, même si la lutte contre l'hérésie avait déjà débuté au siècle précédent, notamment grâce aux évêques. Ce tribunal d'exception qui recherchait d'où son nom les suspects d'hérésie, étendit progressivement ses compétences à la superstition, la magie, la sorcellerie, l'apostasie. Il s'établit en France, en Italie, en Allemagne, en Bohême et en Espagne, puis déclina et périclita au XVe siècle. En Espagne, cependant, l'Inquisition ne fut pas omniprésente. Installée dès 1238 dans le royaume d'Aragon, elle parvint ensuite en Navarre et à Valence puis disparut presque complètement dans la première moitié du XVe siècle. Si l'Inquisition pontificale fut absente de Castille, les hérétiques n'en étaient pas moins sévèrement punis par un ensemble de lois civiles. Ainsi le Fuero Juzgo prévoyait que tout homme,

-

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1 P. Chaunu, «Inquisition et vie quotidienne dans l'Amérique espagnole du XVIe s.», Annales (Économies, Sociétés et Civilisation), 1956, 2, pp.228-236, cit. p.230. 2 H.-C. Lea, HistQire de l1nquisition au Moyen.Âge, 3 vols., Grenoble, 1986-90; J. Guiraud, HistQire de l'Inquisition au Moyen-Âge, 2 vols., Paris, 1935-38. 8

puissant ou faible, allant à l'encontre des lois de Dieu et de l'Eglise '
perdrait dignité et honneur, serait dépouillé de ses biens et banni. Le Fuero Real prévoyait même le bûcher pour tout hérétique qui refuserait d'abjurer. Les Skie Partidas étaient tout aussi
explicites(S)

Malgré les tensions ethnico-religieuses qui la secouaient, l'Espagne chrétienne pratiquait une certaine tolérance vis à vis des minorités juives et maures qui, avec le progrès de la Reconquista, s'incorporaient en son sein. Or cette tolérance allait disparaître avec l'apparition des conversos théoriquement catholiques mais qui, souvent, pratiquaient plus ou moins ouvertement leurs anciens rites. Les vieilles rancunes, attisées par le malaise économique de la fin du Moyen-Age, les massacres de juifs et la nécessité de renforcer le pouvoir royal face aux particularismes et aux privilèges poussèrent à la création d'une Inquisition typiquement
espagnole(4)

.

Le premier novembre 1478, par la bulle Exigit Sincerae Devotionis, le pape Sixte IV confère aux Rois Catholiques le droit d'établir une Inquisition espagnole et de désigner des inquisiteurs. Ce tribunal est une institution nationale: il reste sous la dépendance de l'Etat, grâce à un étroit contrôle civil des activités inquisitoriales (cette surveillance se fonde sur le Real Patronato(5)).Son objectif est d'assurer l'orthodoxie religieuse et il n'a d'autorité que sur les chrétiens baptisés. Dès 1480, les premiers inquisiteurs, des dominicains, se mettent à l'oeuvre. Mais bien vite, ils rencontrent des résistances en Castille, à Valence et surtout dans le royaume d'Aragon, qui tente de préserver ses tueros ou libertés constituFuero Juzgo, livre 12, loi 2, titre 2; Fuero Real, livre 4, loi 2, titre 1; Alfonso el Sabio, Antologia, Mexico, 1976, pp.142-147. 4 H.-C. Lea, A history of Inquisition of Spain, 4 vols., New York, 1906-1907; H. Kamen, La Inquisicwn espaiiola, Barcelone, 1992; B. Bennassar (s. dir. ), L'ln. quisition espagnole, XV.XIXe siècles, Paris, 1979; J. Pérez Villanueva & B. Escandell Bonet, Historia de la Inquisicwn en Espana y América, 2 vols., Madrid, 1984-1993; F. Bethencourt, L1nquisition d l'époque moderne. Espagne, Portugal, Italie, XVe-X1Xe siècle, Paris, 1995. Pour une bibliographie exhaustive cf.: E. van der Vekene, Bibliotheca bibliographica historiae sanctae inquisitionis, 3 vols., Topos Verlag AG, Vaduz, 1982, 1983, 1992. 5 Le patronat est un «droit, que les rois d'Espagne ont obtenu du pape, de nommer ou au moins de présenter les titulaires des principaux bénéfices ecclésiastiques... le droit de patronat ne devint une institution officielle, reconnue par le pape, qu'à partir de 1523... Il, cf. Amalric, Bennassar, Pérez et Temine, Lexique historique de l'Espagne, Paris, 1976, p.I68; cf. aussi: E. Dussel, Les évêques his. pano-américains défenseurs et évangélisateurs de l'indien, Wiesbaden, 1970; J. Gutierrez Castillas, Historia de la Iglesia en México, Mexico, 1974,. 9 3

tionnelles. En 1483, se crée le Conseil de la Suprême et Générale' Inquisition, encore appelé la Suprema, organisme de direction présidé par l'inquisiteur général. Celui-ci est nommé par le roi, confirmé par le pape; il crée des tribunaux provinciaux, nomme les inquisiteurs et recrute le personnel nécessaire. Il a sous son contrôle, comme la Suprema, tous les Espagnols et les étrangers catholiques habitant le royaume. Le premier à remplir cet office est Tomas de Torquemada. Ses Instructwnes(B)vont servir de références aux futurs inquisiteurs. La Suprema sera le principal artisan de l'unité religieuse Elle luttera contre toute les déviations de l'orthodoxie, disciplinant ou châtiant tous ceux qui par leurs paroles, leurs écrits ou leurs actes, s'écarteront des normes établies ou menaceront le dogme. En 1492, à la fin de la Reconquista, il n'y avait plus qu'à expulser les juifs et les musulmans pour parachever l'unité religieuse et purifier le pays. Ainsi l'Espagne ne devait plus, en théorie, compter que des catholiques, à l'image de ses rois. Mais la foi des nouveaux chrétiens, qui, pour échapper à l'exil, s'étaient tout récemment convertis, demeura suspecte et l'Inquisition fut conduite à surveiller plus particulièrement marranes et morisques. Et, avec la découverte de l'Amérique le problème allait s'étendre outre-atlantique.

6

H.-C. Lea, A history of the Inquisition, op.cit., voLl, pp.571-580; E. Pallaras, El procedimiento inquisitorial, Mexico, 1951, pp.99-169. 10

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CHAPITRE

I

L'INQUISITION

APOSTOLIQUE

MEXICAINE

I

- LES

ORIGINES

Le 3 mai 1493, la bulle Inter Caetera, concédée aux Rois Catholiques par le pape Alexandre VI, justifie les prétentions espagnoles sur le Nouveau Monde et détermine la voie à suivre: «Vous enverrez, dans les terres fermes et îles citées, des hommes probes et craignant Dieu, savants, instruits et expérimentés pour endoctriner les indigènes de ces contrées dans la foi catholique et leur imposer les bons usages en faisant diligence... »(7),Aussi à Barcelone, en mai 1493, Ferdinand et Isabelle affirment, à l'occasion du second voyage de Christophe Colomb, que le but principal de leur entreprise est la conversion des indigènes et ils chargent de cette tâche Fray Buyl en lui adjoignant quelques religieux. Buyl est un familier et un homme de confiance de Ferdinand d'Aragon, qui l'envoie peut-être aussi pour surveiller Colomb. Il obtient du souverain une bulle d'Alexandre VI (Piis {idelium, juin 1494) qui lui donne tout pouvoir pour évangéliser les peuples des terres nouvellement découvertes. Après de sérieux démêlés avec l'Amiral, il rentre en Espagne en novembre 1494; il n'aura baptisé aucun Indien mais seulement célébré quelques messes(S). Conscients des problèmes qui pouvaient se poser, les monarques catholiques ont, dès les premières années, veillé particulièrement à ne laisser passer aux Indes que les vieux-chrétiens, au-dessus de tout supçon d'hérésie ou de mauvais lignage. Le gouvernement de Nicolas de Ovando à Saint-Domingue, en 1502, l'illustre bien. Le déploiement de tous ces efforts n'empêche pas la
7 8 F. Morales Padron, Teoriay [eyes de la conquisla, Madrid, 1979, pp.174-175. F. Morales Padron, Historia del descubrimiento y conquisla de América, Madrid, 1973, pp.104-105; J.T. Medina, La primitiua InquisiciOn, pp.17-24;Torquemada, Monarquia indiana, XVIII,6; Las Casas, Historia de las [ndias, 1,81, 92, 109. 13

violation de la loi. De nombreuses cédules royales réaffirment le .
souci constant d'éviter la propagation de l'hérésie. Dans celle de Burgos, le 5 octobre 1511, la reine Jeanne rapporte qu'elle a appris que de nombreux fils et descendants de condamnés au bûcher par l'Inquisition sont passés en Amérique malgré l'interdiction; elle rappelle fermement la réglementation en vigueur. D'autres cédules sont adressées aux autorités compétentes: «Nous ordonnons qu'aucun réconcilié, ni fils ni descendant de celui qui a revêtu publiquement un sanbenito, ni fils ni descendant de mort sur le bûcher ou condamné pour hérésie et apostasie, en ligne masculine ou féminine, ne puisse passer ou ne passe dans nos Indes et îles voisines, sous peine de perdre tous ses biens à notre profit et d'être banni définitivement des Indes, et, s'il n'a point de biens, de recevoir cent coups de fouet en public»(9). Des rappels incessants se succéderont durant toute la première moitié du XVIe siècle, tant la loi était bafouée. Les exemples abondent: «Qu'aucun nouvellement converti d'origine juive ou maure ou ses descendants ne passent aux Indes sans licence parti. culière du roi» [Valladolid, 15/IX/1522]; «Qu'aucun noir parlant espagnol ne passe aux Indes... » [Séville, 11N/1526]; «Que ne passent ni esclaves blancs, noirs, basanés, mulâtres, ni barbaresques sans licence particulière du roi» [Madrid, 25/II/1530]. Des interdictions identiques frappèrent les gitans, les mulâtres, les habitants du Levant. Elles visent aussi les religieux étrangers. Les ecclésiastiques espagnols ont besoin d'une licence spéciale(lO).Les souverains exigent, en effet, que ce soient des hommes exemplaires qui administrent les sacrements aux Espagnols et prêchent l'Evangile aux indigènes. Si la monarchie nomme dès le début du XVIe siècle un évêque à Saint-Domingue, la première trace véritable d'Inquisition en Amérique date du 22 juillet 1517. Le cardinal Francisco Jiménez de Cisneros, cardinal et inquisiteur général d'Espagne, délègue aux évêques du Nouveau Monde un pouvoir inquisitorial contre les catholiques européens coupables de mauvaise conduite et plus spécialement contre les juifs et les maures convertis. Le 7 janvier 1519, l'inquisiteur général, le cardinal de Tortosa, Adrien d'Utrecht, désigne conjointement l'évêque de Porto Rico Alonso
9 F. L6pez de Gomara, Historia general de las India8, Madrid, 1946, p.175; C.D.I.A., tome V, pp.307-309; £eyes de India8, tome IV,livre 9, titre 26,loi 16. 10 £eyes de India8, loi 15, 17, 18 + loi 19, 20, 21 + livre l, titre 14, loi 12. et livre
9, titre 26, loi 11; cf. aussi La InquisiciOn de México, Mexico, 1974, pp.445, 457.

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Manso et le dominicain Pedro de Cordoba comme inquisiteurs. apostoliques pour toutes les contrées des Indes. Une cédule royale de Charles Quint, datée du 20 mai 1519 le confirmera(I!). Notons que Bartolomé de las Casas avait demandé, dès 1516, l'établissement de l'Inquisition aux Indes(12). La faiblesse numérique du clergé séculier en Amérique avait reporté l'essentiel du fardeau missionnaire sur les ordres mendiants, très tôt parvenus dans le Nouveau Monde. Mais comme ces derniers ne jouissaient pas des mêmes privilèges que les séculiers dans l'administration des rites sacramentaux de l'Eglise, ils firent appel au souverain pontife pour obtenir des pouvoirs extraordinaires. Aussi, deux franciscains désireux de convertir les indigènes obtinrent du pape Leon X, le 25 avril 1521, la bulle Alias Felicis, qui donnait à l'ordre franciscain les mêmes droits qu'au clergé séculier dans les endroits dépourvus de prêtres et d'évêques. A la demande de Charles Quint, Adrien VI concéda un bref le 9 mai 1522, l'Exponi Nobis Fecisti, plus connu sous le nom d'Omnimoda(l3). Il étendait à tous les ordres les privilèges de la bulle de Léon X. Le clergé régulier put ainsi exercer tous les pouvoirs épiscopaux, sauf l'ordination, là où il n'y avait pas d'évêque résident ou dans les contrées situées à deux jours de distance d'un évêché. L'Omnimoda sera confirmée par le bref du pape Clément VII Devotionis et religionis le 8 mars 1533 et par celui de Paul III Alias Felicis le 15 février 1535(14).
En 1524, l'Inquisition semble bien implantée dans le Nouveau Monde puisque, dans un décret du 24 décembre 1524, l'inquisiteur général Manrique assigne un salaire annuel aux inquisiteurs et officiers inquisitoriaux: 300 ducats d'or à l'évêque inquisiteur Alonso Manso, la même somme à l'inquisiteur Hernando Marcos de Aguilar, 200 ducats au fiscal Alvaro de Castro, 150 ducats à
Garcia Padilla fut le premier évêque de Saint-Domingue, mais il mourut avant son départ pour les Indes [Torquemada, Monarqula indiana, XVIII.6). Son successeur fut Pedro Xuarez Deza. En 1511, Alonso Manso fut nommé évêque de Porto Rico. où il n'arriva qu'en 1512 [Las Casas, Historia de las lndias, III,2); A. de Herrera y Tordesillas, Descripciones de las lndias occidentales, Madrid, 1725. cf. décade l, p.200); J. T. Medina, La primitiva InquisiciOn, vo1.2, pp.3-5 + 24-26. 12 B. de Las Casas, Memorial de los 14 remedios, C.D.I.A. , tome VII, p.37. 13 Ces deux religieux étaient Juan Clapion et Francisco de los Angeles, cf. G. de Mendieta, Historia eclesidstica, III,S-6. cf.appendice. 14 E. Dussel, Les évêques hispano-americains, op.cit., pp.261-262. 11

15

l'alguazil qui s'occupe des prisons, le même salaire au secrétaire' Lope de Vergara et au receveur Juan de Villoria, 100 ducats au portier. Quelles furent les activités inquisitoriales de Mansoet de Cordoba? A vrai dire, nous ne savons presque rien de leurs débuts. Cependant deux lettres nous informent de l'arrestation du licencié Sancho Velazquez par l'inquisiteur de Saint-Domingue mais aucun indice ne nous fournit les motifs de son incarcération; nous savons seulement que l'accusé mourut peu après, dans sa prison. Par ailleurs, sur l'ordre de l'Inquisition de Séville, l'évêque de San Juan jugea pour détournements de fonds Alonso Fernandez de las Varas, qui avait affermé les droits de douanes (alnwjarilazgo) de Saint-Domingue et son père, Juan Fernandez de las Varas, qui l'avait cautionné; leurs biens furent mis sous séquestre(l6). Alonso Manso a peut-être célébré un auto de le, en 1523, lors du jugement d'Alonso de Escalante, qui fut brûlé à Cuba, vraisemblablement comme hérétique. En outre, Manso condamna un habitant de Saint-Domingue, Martin Garcia, à une pénitence publique pour blasphème hérétique06). Quant à Pedro de Cordoba, bien connu grâce à l'admirable portrait qu'en a brossé Las Casas, arrivé en 1510 aux Indes, il prêcha pour les indigènes dont il se fit l'ardent défenseur, il vilipenda les encomenderos et mourut en 1525(17).

II - LA PÉRIODE DES TATONNEMENTS La période de la conquête de Mexico (1519-1521) a opposé une civilisation chrétienne à une civilisation polythéiste. Dans l'incertitude des premiers moments, le mercédaire Bartolomé de Olmedo sut modérer son zèle missionnaire et imposer une certaine retenue à Hernan Cortés. Pour faire respecter l'orthodoxie dans son propre camp, le chef des conquistadores fit appliquer les lois d'ordonnances militaires, souvent identiques à celles en vigueur en Europe. Les plus connues sont celles de Tlaxcala (22 décembre 1520) et celles de Texcoco (pentecôte 1521): ((Premièrement, que personne ne blasphème le nom de notre seigneur Jésus Christ, ni celui de sa mère bénie, ni ceux des saints apôtres et autres saints, sous peine de graves châtiments». Après la destruction de
IS
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J. T. Medina, La primitiva InquisiciOn, op.cit., vo1.2, pp.8-12 et p.79.
Idem, pp.28-31.

17 Las Casas, Historia de las lndias, II,54; J. T. Medina, La primitiva lnquisiciOn,op.cit., vaU, pp.89-90; Remesal, Historia general, II,7. 16

Tenochtitlan et le démantèlement de l'empire aztèque, la conquête spirituelle pouvait commencer. Devant le petit nombre d'ecclésiastiques qui l'accompagnaient au Mexique, Cortés demanda à la couronne de lui envoyer des moines dotés de pouvoirs spéciaux et non pas des séculiers, devait-il préciser - en vue de la conversion des indigènes(18). En fait, contrairement à ce qu'affirme R.E. Greenleaf pour qui il ne fait aUC\ln doute que le clergé qui était arrivé avec Cortés détenait des pouvoirs inquisitoriaux(19), aucun document, aucune allusion ne fait état de cela: seuls, peut-être, les premiers franciscains (des flamands originaires du couvent de Gand) qui arrivèrent en Nouvelle Espagne en août 1523 avaient de tels pouvoirs mais rien ne l'indique(20).

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-

Certes le premier procès «mexicain» que contenaient les archives de l'Inquisition date de 1522: un Indien d'Acolhuacan, nommé Marcos (donc certainement baptisé comme l'indique son nom espagnol), fut jugé pour concubinage(21). Mais rien ne permet d'affirmer que ce fut un procès d'inquisition car ce document a aujourd'hui disparu. Ce procès fut-il le seul? Même si les sources ne mentionnent que celui-ci pour les premières années, elles sont trop fragmentaires. On peut supposer qu'il y en eut d'autres, instruits par des missionnaires trop zélés (souvent sans aucun contrôle de la hiérarchie, trop éloignée pour en être informée) mais qui n'avaient probablement pas de véritable pouvoir inquisitorial, d'où le manque de documentation. Mais préserver l'orthodoxie religieuse des Espagnols au Mexique n'en demeure pas moins une importante préoccupation de la métropole. En 1523, à la suite de pressantes cédules royales, les autorités politiques de la colonie promulguent deux édits. Le premier concerne les hérétiques et les juifs. Nous connaissons cet édit, dont les archives n'ont conservé aucune trace, grâce à Bernal Diaz deI Castillo, conquistador et historien de la Nouvelle Espagne: ((On fit publier l'ordre à tous les descendants de juifs et de Maures qui avaient été condamnés par l'Inquisition à être brûlés vifs et à
R. Ricard, La conquête spirituelle du Mexique, Paris, 1933; Diaz deI Castillo, Historia verdadera, CXLVIII, p.364; Cortés, Gartas, pp.238-239 + 336-341. 19 R.E. Greenleaf, InquisiciOn y sociedad, Madrid, 1985, p.lS.
il s'agit de Juan de Tecto, Juan de Aora et Pedro de Gante; cf. Mendieta, Historia eclesi6.stica, V,17-l9. 21 A.G.N., InquisiciOn, 1,1. Ce procès n'est connu que par l'index qui établit sa cote et son intitulé; il n'yen a aucune autre trace dans les archives.
3)

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porter le sanbenito, jusqu'au quatrième degré par leur père ou leurs oncles, qu'ils quittent la Nouvelle Espagne dans un délai de six mois sous peine de perdre la moitié de leurs biens. On vit à cette époque les gens s'accuser les uns les autres, se jeter l'infamie»(22). t le chroniqueur d'ajouter que deux personnes seuleE ment quittèrent le Mexique, l'un marchand à Veracruz, l'autre écrivain à Mexico. Sur sa demande, ce dernier reçut au bout d'un an une licence pour rester en Nouvelle Espagne. Toujours en 1523, un second édit frappa toute personne qui, par ses actes ou ses paroles, portait atteinte à la foi(23).

III - L'INQUISITION

MONASTIQUE

1 - LA PÉRIODE

FRANCISCAINE

En 1524, à la mi-mai, les Douze arrivent au Mexique(24). Parmi eux, fray Martin de Valencia, avait les fonctions de commissaire de l'Inquisition. Deux chroniqueurs du XVIe siècle sont à l'origine d'une controverse sur les débuts et la fin de son pouvoir. Pour fray Antonio de Remesal (que suivent Joaquin Garcia Icazbalceta, José Toribio Medina et Yolanda Mariel de Ibaiiez), Martin de Valencia, qui s'était arrêté à Saint-Domingue avant d'aller au Mexique, aurait reçu de Pedro de Cordoba une délégation de ses pouvoirs inquisitoriaux jusqu'à l'arrivée d'un prélat dominicain à Mexico: ((Quand en 1524, le père fray Martin de Valencia passa au Mexique avec ses religieux de Saint François, le père fray Pedro de Cordoba n'était pas mort et ainsi, par l'autorité inquisitoriale que ce dernier détenait, il le nomma commissaire pour toute la Nouvelle Espagne, avec pouvoir de châtier, dans certains cas, les délinquants... Le pouvoir que le père fray Pedro de Cordoba délégua au père fray Martin de Valencia devait cesser avec l'arrivée au Mexique des dominicains, dont le supérieur prendrait alors la charge de commissaire de l'Inquisition...». Le second chroniqueur, Agustin Davila Padilla, affirme que Martin de Valencia tenait son autorité de la bulle d'Adrien VI: (([Martin de Valencia détenait] la charge de commissaire de l'Inquisition par autorité apostolique, parce qu'il
22 Diaz deI Castillo, Historia verdadera, CXCVI,p.592; A.G.N., InquisiciOn, 1,2, manquant. 23 A.G.N., InquisiciOn, 1,3, manquant. 24 L. G6mez Canedo, EvangelizaciOn y conquista, Mexico, 1988; R. Ricard, La conquête spirituelle, op.cit. ; Ch. Duverger, La conversion des Indiens de Nouvelle Espagne, Paris, 1987; Diaz deI Castillo, Historia verdadera, CLXXI.
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n'y avait pas encore d'évêque dans ce pays, et par une bulle. d'Adrien VI donnant au prélat des franciscains les affaires épiscopales et la mission apostolique pour tout ce qui concernait le SaintOffice de l'Inquisition... »(26). la mort de Pedro de Cordoba, l'AuA dience de Saint-Domingue assuma sa tâche jusqu'à l'installation d'une nouvelle autorité venue de la métropole. H. C. Lea insiste sur la reconfirmation des pouvoirs de Martin de Valencia par l'Audience. Pour R.E. Greenleaf, la bulle Omnimoda donna des pouvoirs inquisitoriaux à fray Martin. Les deux thèses ne sont pas incompatibles. Selon toute vraisemblance, Martin de Valencia est passé à Saint-Domingue consulter son supérieur qui lui a transmis ses pouvoirs pour la Nouvelle Espagne, comme le prévoyait d'ailleurs l'Omnimoda. Mais d'après Remesal, Pedro de Cordoba se réservait les affaires les plus importantes(26). En tout cas, les instructions de Martin de Valencia ne devaient pas être des plus claires puisqu'elles suscitèrent beaucoup d'hésitations chez les autorités civiles. Le 9 mars 1525, Martin de Valencia présente devant le conseil municipal de Mexico les bulles et brefs qu'il détient. Le 28 juillet de la même année, le cabildo déclare que, contrairement à ses affirmations, le franciscain n'a pas le pouvoir de juridiction criminelle et civile; il ordonne au représentant de Martin de Valencia, fray Toribio de Motolinia, de montrer aux membres du conseil municipal bulles et brefs pour un réexamen (ces textes sont d'ailleurs incorporés aux actes du cabildo de Mexico). Les autorités civiles informent Motolinia qu'elles ne trouvent dans les documents présentés aucune clause donnant la juridiction criminelle et civile à fray Martin(27).Non sans raison. Ce conflit pour la prééminence sur le pouvoir judiciaire est en relation avec des facteurs historiques. En octobre 1524, Cortés est parti en expédition au Honduras; il a laissé le gouvernement au trésorier Alonso de Estrada et au contador Albornoz qui ont pour mission de veiller à la conversion des Indiens, tout comme
25 Remesal, Historia General, II,2; J. Garcia Icazbalceta,Bibliogra{iamexicana
del sigla XVI, Mexico, 1888, p.452; J. T. Medina, La primitiva InquisiciOn, op.cit., voLl, p.104 et suivantes; Y. Mariel de Ibat1ez, El tribunal de la InquisiciOn, Mexico, 1979, p.32; A. Davilla Padilla, Historia de la {undaciOn y discurso de la provincia de Santiago de México, Mexico, 1955, l, 12. 26 H.-C. Lea, The Inquisition in the spanish dependencies, New York, 1908, p.l96; R.E. Greenleaf, Zumarraga and the mexican Inquisition (1536-1543), Washington, 1961, pp.9-1O; Remesal, Historia general, II,2. ZT Acta8 del Cabildo de México, voLl, p.33 et pp.49-50.
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fray Bartolomé de Ol~edo et fray Toribio de Motolinia. C'est une. époque de troubles politiques où les différents clans et factions tentent de s'emparer du pouvoir jusqu'à l'installation de la première Audience en 1528(28).En 1525, le pouvoir civil semble l'avoir emporté sur les ecclésiastiques, comme en témoigne l'affaire suivante. Une Espagnole, Juana de Mansilla, fut accusée de sorcellerie et les autorités civiles la condamnèrent au fouet, en dépit des faux témoignages. Peu après le retour de Cortés, il lui fut rendu justice(29) . Qui était Martîn de Valencia? Né vers 1474, dans la ville de Valencia, dans la province de Leon, il revêtit l'habit de franciscain et s'embarqua pour l'Amérique. En 1524, il arriva parmi les Douze pour évangéliser les Indiens de Nouvelle Espagne. Il fonda la seconde école de Mexico (1525) et se consacra à l'apostolat. Dans la lettre du 17 novembre 1532, adressée à Charles Quint, il dit avoir baptisé 1.200.000 indigènes depuis son arrivée. Il n'apprit pas les langues indiennes, mais cela ne l'empêcha pas de prêcher. En 1527, il résidait à Tlaxcala, puis se retira au couvent de Tlamanalco, dont il ne sortit que pour aller se recueillir dans une grotte à Sacramonte de Amecameca. Ses biographes lui attribuent divers
miracles(30)! Nous ne connaissons guère ses activités inquisitoriales; selon les archives, il n'y a pas eu de procès d'Inquisition avant 1527. Cependant, nous avons des traces d'un procès instruit par fray Martîn à Tlaxcala: il y avait condamné au bûcher quatre Indiens idolâtres(31).
2 - LA PÉRIODE DOMINICAINE

Le successeur de Martîn de Valencia, fray Tomas de Ortiz, arriva au Mexique en 1526. Ses démêlés avec Cortés le poussèrent-ils à repartir? Toujours est-il qu'à peine arrivé, il retourna en Espagne. Il laissa comme prélat de l'ordre, et par conséquent
Diaz deI Castillo, Historia verdadera, CLXXIV, CLXXXVI-CXC; CorMs, 4e et 5e lettres de relation; A.G.I., Patronato, CLXXX,12; lettre du licencié Marcos de Aguilar à l'empereur, Mexico (30IVIIII1526), E.N.E., voLl, p.97; B. Grunberg, L'univers des conquistadores, Paris, 1993. 29 Diaz deI Castillo, Historia Verdadera, CLXXXV, p.548, CLXXXXVIII, p.556. 30 Motolinia, Historia de las Indias, III,2; Mendieta, Historia eclesùistica, V,1-16; A. L6pez, ..Vida de Fray Martin de Valencia escrita por su compaftero Fray Francisco Jiménez>., Archiva Ibero-Americano, juillet-aoClt 1926, pp.48-83. 31 Cf. Torquemada, Monarquîa indiana, XV,31 et Ch. Gibson, Tlaxcala in the sixteenth century, Stanford, 1967, pp.34-37. 28

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responsable de l'Inquisition, fray Domingo de Betanzos qui accom-' plira sa mission jusqu'en 1528. C'est lui le véritable installateur de l'Inquisition monastique. Il fut aidé dans sa tâche par le fiscal Sebastian de Arriaga et les juges Rodrigo de Torres et fray Toribio de Motolinia. En 1527, il engagea à Mexico 25 procès pour
blasphèmes(32)

.

Arrivé au Mexique avec Tomas de Ortiz, Vicente de Santa Maria s'en était retourné en Espagne avec lui. Il revint deux ans plus tard en Nouvelle Espagne, en compagnie d'autres religieux, avec le titre de vicaire général de l'ordre. Puis il fut élu supérieur du couvent des dominicains à Mexico, ce qui libéra Betanzos et lui permit de partir au Guatémala. Ce titre fit de fray Vicente de Santa Maria le nouveau commissaire inquisitorial. Il jugea 3 blasphémateurs, 3 judaïsants, 1 cas d'inceste, s'occupa d'un cas de proposition hérétique, d'un bénéficier accusé à tort et il poursuivit également l'écrivain Juan Fernandez deI Castillo, qui encourageait les Indiens à l'idolâtrie, avant de partir établir son ordre au Guatémala. Si son activité fut de courte durée, elle n'en marqua pas moins l'histoire de l'Inquisition mexicaine car fray Vicente de Santa Maria organisa, en 1528, le premier auto de fe où deux judaïsants furent conduits au bûcher(33).Il ne devait plus exercer sa charge, d'abord du fait de cette triste affaire, mais également en raison de la création de l'évêché de Mexico en 1528 et de la délégation des pouvoirs inquisitoriaux à l'évêque de la capitale mexicaine en 1535. Entre ces deux dates, il semble que l'Inquisition ait cessé pratiquement toute activité.

32 Remesal, Historia general, II,2; Mendieta, Historia eelesid.stiea, IV,I; Diaz deI Castillo, Historia verdadera, CXCI-CXCII; A.G.N., InquisieiOn, XL,4+ 1+ la. 33Remesal, Historia general, II,S; Mendieta, Historia eelesid.stica, IV,I, p.364; J. T. Medina, La primitiva InquisiciOn, op.cit., vaU, p.12D et suivantes; A.G.N., InquisiciOn, 1,8 + l,3D (cf. aussi Aetas de cabildo de la ciudad de México, pp.I66167) + XLII,l4 + LXXVII,25 + 1,2 + 1,13, LXXVII,25. 21

L'INQUISITION

MONASTIQUE

(1524-1535)

Pape
I

<= ~
I

~
u.
et générale Inquisition

oConseil de la suprême oInquisiteur général
u.

Evêque de Puerto Rico ou Vice-provincial des dominicains aux Indes

u.
NOUVELLE ESPAGNE Prélat des Franciscains Prélat des Dominicains au Mexique Martin de Valencia 0 Tomas Ortiz (1526) (1524-1526) 0 Domingo de Betanzos (1526-1527) o Vicente de Santa Maria (1528-?)

o

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