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La Belle Histoire des Tuileries

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350 pages
Entrez de plain-pied dans la grande histoire !Havre de paix dédié aux muses, les Tuileries furent cet écrin où se jouèrent les grandes heures de l’histoire de France. Une destinée à la fois sublime et tragique pour ce palais, fondé en 1564 par Catherine de Médicis et achevé par Louis XIV à l’aube de son règne.Frappée à l’effigie du Roi-Soleil, la demeure captive les regards éblouis des visiteurs. Comment s’en étonner ? Les Tuileries sont une cité des arts, le haut lieu de la vie culturelle française. Mais c’est aussi une réserve de verdure en plein cœur de Paris, un don gracieux du monarque qui dispense à ses sujets bon air et douce lumière. Dans les jardins dus au génie de Le Nôtre, Précieuses et petits marquis s’y prélassent dans des tenues ébouriffantes devant un peuple bouche bée. Vient la Révolution qui sonne le glas des frivolités. Louis XVI et Marie-Antoinette subissent, sous les lambris dorés, les outrages des révolutionnaires. « Triste comme la grandeur », murmure Napoléon, en parcourant les salles glaciales du palais. Peut-être…Et pourtant il demeure le symbole de la puissance souveraine, réaménagé au fil des régimes qui se succèdent tout au long du XIXe siècle. Avant de sombrer tristement dans l’incendie allumé par les communards, en mai 1871. « Le palais des rois brûle. L’oiseau ne reviendra plus au nid », chantonnèrent les incendiaires, en soupant à la lueur des flammes…
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Juliette Glikman
La Belle Histoire des Tuileries
Flammarion Au filde lhistoire
© Flammarion, Paris, 2016.
ISBN Epub : 9782081393837
ISBN PDF Web : 9782081393844
Le livre a été imprimé sous lesréférences : ISBN : 9782081331297
Ouvrage composé et converti parPixellence/Meta-systems(59100 Roubaix)
Présentationde l'éditeur Entrezde plain-pieddans la grande histoire ! Havrede paixdédié aux muses, les Tuileries furent cet écrin où se jouèrent les grandes heuresde lhistoirede France. Unedestinée à la fois sublime et tragique pourpalais, fon ce dé en 1564 par CatherinedeMédicis et achevé parLouis XIV à laubede sonrègne. Frappée à leffigiedu Roi-Soleil, lademeure captive lesregards éblouisdes visiteurs. Comment sen étonnerLes Tuile ? ries sont une citédes arts, le haut lieude la vie culturelle française.Mais cest aussi uneréservede verdure en plein cœurde Paris, undon gracieuxdu monarque quidispense à ses sujets bon airetdouce lumière. Dans les jardinsdus au géniede Le Nôtre, Précieuses et petits marquis sy prélassentdansdes tenues ébouriffantesdevant un peuple bouche bée. Vient la Révolution qui sonne le glasdes frivolités. Louis XVI etMarie-Antoinette subissent, sous les lambrisdorés, les outragesdesrévolutionnaires. « Triste comme la grandeur», murmure Napoléon, en parcourant les salles glacialesdu palais. Peut-êtreEt pourtant ildemeure le symbolede la puissance souveraine,réaménagé au fildesrégimes qui se succèdent tout au longdu XIXe siècle. Avantde sombrertristementdans lincendie allumé par les communards, en mai 1871. « Le palaisdesrois brûle. Loiseau nereviendra plus au nid », chantonnèrent les incendiaires, en soupant à la lueurdes flammes
Docteuren histoire et chercheurassocié à luniversité Paris-Sorbonne, Juliette Glikman enseigne à SciencesPo. Son premierouvrage Louis-Napoléon prisonnier(Aubier, 2011) a été couronné parle prix Historiade la biographie.
DU MÊME AUTEUR
Louis-Napoléon, prisonnier. Du Fortde Ham aux orsdes Tuileries, Flammarion, 2011. La monarchie impériale. Limaginaire politique sous Napoléon III, NouveauMonde Éditions, 2013.
La Belle Histoire des Tuileries
La NuiT eT lAurore(détail), tableaude Jean-Baptistede Champaigne pourla chambredudauphin, filsde Louis XIV, aux Tuileries. © RMN-GrandPalais (muséedu Louvre) / Thierry LeMage
IL ÉTAIT UNE FOIS UN CHÂTEAU MAUDIT
L es Champs-Élysées, la plus prestigieusedes avenues au monde Qui se soucied’en contester lappréciation ? Cest oublierla pe que rspective,rêvée parja le rdinier André Le Nôtre au XVIIe siècle, estdésormais amputée. En effet, elle avait pourpivot le pavillon centrald’un château aujourd’huidisparu, les Tuileries. Laramificationdes magistrales avenuesde louest parisien était, selon la formuledu chroniqueur Louis-SébastienMercier, « mariée par la vue au château », pour offrirà limagination le plus beau, le plusrichedes panoramas. Dabordirrésistiblement attiré parle dôme monumental, lœil glissait surla façadedu château, barrede pierre perpendiculaire à la Seine. Puis leregardfilait vers les frondaisons frémissantesdu jardin, qui sunissaient audécorminéralde la ville, afind’engendrerun tableau unique. Laxe, sétirantdepuis la placede la Concorde jusquà la collinede lÉtoile, est veufde son point d’ancrage, qui lui conférait sa cohérence. Dès 1882, ledéputé Wallon militait avec ferveurpourla reconstructiondu palais, afinderestituerl à avenuedes Champs-Élysées sa « ligned’arête, une terminaison en quelque sorte indispensable pour cette belle perspective ». Peine perdue. Depuis 1871, la lignede fuite est orphelinede son principe organisateur. Les ailesdu Louvre sontdésertées parle traitd’union quireliait leurs extrémités. Les pavillonsde Flore etdeMarsan, qui formaient les terminaisonsdes Tuileries, encadrentdésormais une esplanade poussiéreuse, séparés parun videdont on ne perçoit plus la signification. Le Carrousel préserve parson nom le souvenirde la cavalcade où Louis XIV emprunta les brillancesdu Soleil pourmanifesterlaurorede sonrègne personnel. Larc de triomphedu Carrousel,dédié parà la gloi Napoléon rede ses armées, inaugure une voie curieusementdécentrée parrapport au Louvre : qui se souvient quil sagitde la porte monumentale de lademeuredisparue ? Dailleurs, les Parisiens nentretiennent aucune ambiguïté quand ils évoquent lArcde triomphe : il sagit évidemmentde celuide lÉtoile. « Surliv ce re en plein sécrivaient nos annales », professait une épître en versde 1832. Le forum où la France a joué une partiede son histoire estdésormais un angle mort. Les lieux amoncellent les paradoxes. Lademeure souveraine est édifiée parunereine, Catherinede Médicis, origine suspecte en paysde loi salique. Pendantdeux siècles, la maisonroyale est privéede présence monarchique, à lexceptionde brefs interludes. Château hors les murs ou palais intégré au maillage parisien ? Villégiaturede plaisance ourésidencerégalienne ? Thuileries ou Thuilleries, le nom même est fluctuant, tout endésignant indifféremment la bâtisse ou ses jardins. En effet, la réputationdes lieux sattached’abordà leurparurede verdure, qui forme la campagnederéservede Paris,don gracieuxdu monarque quidispense bon airetdouce lumière aux bourgeoisde sa bonne ville. Prototypedu jardin public en Europe, les Tuileries passent au XVIIIe siècle pourte une rre idéale. Le « cantondes Tuileries » sinsère surdes marges indécises, ni entièrementdans Paris ni absolument aux champs, possessionduroi fréquentée parla Ville, promenade publique où la Cour sexpose,dans un spectacle mondain où les gensdu commun ne sont pas absents. Tout bascule à la Révolution. Louis XVI,ramenéde forcedans sa capitale,résidede mauvais gré dans unedemeure où il senferme en captif, assailli parquolibets les de ses ci-devant sujets. Les caricatures exagèrent la vision fantasmagoriqued’un château voué aux manœuvresd’une cour contre-révolutionnaire. Sol maléfique contaminé par les exhalaisons méphitiquesdestyrans Le sang épandu parla guillotine,dresséedevant la façade, ne suffit pas à purger« lautelde la tyrannie » de sa noirceur. Les Tuileries sont un chancredévorant le cœurde la République une et indivisible, même si leréceptacledu trône sert à abriter la première assembléerépublicaine. Entre la crainte résurgentede complots ourdis parles clans au pouvoiret les malheursde la guerre civile, le spectre d’un château maudit simpose. Limaginaire transforme la plaisanteretraitede CatherinedeMédicis en « terredudespotisme ». Le château est craintdu peuple et mal aimédesrois, qui ne peuvent sépargnerd’y siéger. Semparerdes Tuileries est le sacrede Reimsdesrévolutionnaires, et équivaut à la consécrationde la légitimité. Lévocation fait frissonnerplume la de Victor Hugo, qui cède à lattraction maléfique exercée parce « panthéonde boue etde crachat ». Larépulsion entretient la fascination. La bâtisse, jugéedifforme et bancale, est engluéedans un quartier labyrinthique,dont le caractère inextricable favorise le crime et le vice. Filous, filles publiques hantent les abords noyésd’obscurité. Les pierresruissellentd’épouvante, leffroi imbibe
les mursdes massacresde la Saint-Barthélemy à lincendiede la Commune. À chaque insurrection, le sang est lavédans le sang. Nos luttes fratricides bouillonnent au palais, tandis que les jardins abritent les mille plaisirsde la jouissance amoureuse. La prodigieuse harmoniedes allées etdes parterres brodés parNôt Le re jouxte lantredes complots, où lesdoruresdes cabinetsdissimulent les corridors noirsde la turpitudedes puissants. LÉdendes plaisirs sensuels confronté à la tourbedes détestations civiles. Lalliancedu sublime etde lhorrifique était propre à exciter les caprices romantiques. Nul monument naura autant méritéd’intégrerde pleindroit le musée imaginairede la Nation.