La Campagne de France

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Du 20 décembre au 1er janvier 1814, des troupes étrangères venues, pour certaines, des rives de la Volga ou des montagnes du Caucase, franchissent le Rhin. Autrichiens, Prussiens, Russes, ils sont des centaines de milliers à envahir la France. Leur objectif : marcher sur Paris, abattre Napoléon et sa dynastie, en fi nir une fois pour toutes avec la Révolution française. Durant l’hiver 1814, Napoléon et une partie de la France vont ainsi tenter de résister à cette grande invasion, rivalisant d’héroïsme face à une violence qui préfi gure celle des grandes guerres du XXe siècle. Car, au-delà de son génie et de son armée, Napoléon pourra également compter sur le courage de très jeunes conscrits comme sur celui de paysans désireux de défendre la terre de France. Cette ultime phase de l’épopée napoléonienne est donc une histoire collective tout autant que celle d’un homme seul dressé contre toute l’Europe. Si le destin personnel de Napoléon y trouve une sorte de couronnement légendaire, celui de la France s’y accomplit à travers une « impossible victoire » qui aura montré la capacité d’un peuple à dire « non », à refuser jusqu’au bout l’asservissement. C’est cette épopée que nous raconte Yves Jégo.
Publié le : jeudi 21 novembre 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791021001541
Nombre de pages : 320
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YVES JÉGO
LA CAMPAGNE DE FRANCE
1814
TALLANDIER
Éditions Tallandier – 2, rue Rotrou – 75006 Paris
www.tallandier.com
© Éditions Tallandier, 2013
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo
EAN : 979-10-210-0154-1
AVANT-PROPOS
18 février 1814. À Montereau, les armées impériales tentent de repousser les Austro-Russes qui, les jours précédents, ont pris la ville semant une terreur sanglante dans toute la région. Napoléon dirige en personne l’offensive. Ce qu’il veut ? Reprendre Montereau aux Alliés. Les Alliés qui, depuis le début de l’hiver, ont franchi le Rhin, marchent sur Paris et entendent bien mettre fin, une fois pour toutes, à l’hégémonie napoléonienne. La bataille fait rage. Les boulets sifflent autour de l’Empereur. L’un d’entre eux le manque de peu. Des soldats se précipitent. Impassible, Napoléon lance sa célèbre réplique : « Allez mes amis ! Le boulet qui me tuera n’est pas encore fondu ! » Son courage, comme celui de ses hommes, fait une fois encore merveille. L’ennemi s’éparpille dans Montereau. C’est la débandade. Cette ultime victoire est assez peu connue, au fond. Je l’ai vraiment découverte lorsque je suis devenu maire de Montereau. La campagne de France m’a aussitôt passionné. On connaît Napoléon en gloire, celui d’Arcole et d’Austerlitz, on connaît Napoléon en majesté, celui du sacre et de Tilsit, on connaît Napoléon en croix, celui de Waterloo et de Saint-Hélène. Mais on en sait si peu sur celui de la campagne de France. C’est pourtant là qu’il se montre le plus grand, en tout cas le plus émouvant. C’est l’histoire d’un homme blessé, traqué, qui espère contre toute espérance et se refuse à l’inéluctable. Il rêvait de redessiner la carte de l’Europe à son profit, de bâtir une Europe unitaire, de devenir un « nouveau Charlemagne ». Il avait exporté l’idéal de la Révolution dans des États prisonniers de leurs régimes féodaux. Il leur avait donné des constitutions, des codes civils, des services publics. Il avait mis fin au servage. Mais les peuples détestent les missionnaires armés. Ils ont fini par retourner contre la France l’« idéal révolutionnaire » dont elle était le fer de lance. Face à la Grande Armée, près d’un million d’hommes venus des steppes du Caucase ou des forêts de Prusse orientale s’avancent pour anéantir celui qui, depuis quatorze ans, n’a cessé de faire trembler les trônes. Ce que veulent détruire les Alliés à travers lui, c’est non seulement un homme ou une dynastie « bâtarde » qui tente de s’imposer au sein de la vieille Europe monarchique. Mais c’est aussi l’héritier de la Révolution française et de ses valeurs : égalité, liberté, méritocratie. Une volonté acharnée qu’il ne faut jamais perdre de vue lorsqu’on parle de cette terrible année 1814. Bien plus que le combat d’un homme seul contre tous, d’un aigle contre des faucons, 1814, c’est donc le combat d’idées contre d’autres idées. C’est surtout la matrice du monde moderne. 1814, c’est le combat d’un peuple, épuisé par vingt-cinq ans de guerres incessantes, fatigué de gloire et de discours martiaux qui, quand l’étranger foule le sol de la patrie, va se battre une fois de plus. Comme en 1793, mais pour d’autres raisons, la levée en masse accomplit des miracles. Ce courage-là n’a rien de révolutionnaire ou de bonapartiste. C’est un courage qui puise ses racines dans l’amour de la France et la fidélité à l’Empereur, un courage qui n’est pas sans rappeler celui du poilu de Verdun ou du maquisard de l’armée des ombres. 1814, c’est aussi l’année du malheur, l’année où pour la première fois depuis Charles VII l’ennemi campe dans Paris et où les cosaques trempent leurs bottes dans la Seine. 1814, c’est enfin une date clé de notre histoire. En dépit ou à cause du congrès de Vienne de 1815, l’Europe ne sera jamais plus ce qu’elle était sous l’Ancien Régime. Même battu, même défait, Napoléon, porteur de valeurs devenues universelles, marque de son sceau une histoire qu’il n’écrira plus. Autant de raisons de s’intéresser à la campagne de France. Loin des inépuisables querelles entre thuriféraires béats et détracteurs enflammés, il s’agit de suivre, tout au long de cette aventure, Napoléon qui chausse à nouveau les bottes de Bonaparte. Après avoir essayé de lutter jusqu’à l’épuisement contre l’Europe entière coalisée contre lui, après
avoir tenté au-delà du raisonnable d’inverser le cours du destin, après avoir enchaîné des succès tactiques qui ne se transforment jamais en réussites stratégiques, en quelques semaines, affaibli, trahi, il perd presque tout : le trône, l’Impératrice et même le droit de voir son fils. Fors l’honneur. Fors l’éclat de son génie militaire. Fille d’une impossible victoire, cette improbable défaite éclaire d’une autre lumière le profil de l’enfant corse devenu empereur des Français, maître de l’Europe. Cette campagne lui donne un autre visage, un visage plus proche et plus humain, un visage réfracté au prisme de la faiblesse et de l’échec.
1.
« LE TRÔNE, C'EST UN HOMME ET CET HOMME, C'EST MOI ! »
Leipzig. Allemagne. 14 octobre 1813. Cela fait des mois, depuis mai très exactement, que Napoléon s’est remis en campagne. La Prusse, ayant appelé l’Allemagne tout entière à se mobiliser contre la France, lui a déclaré la guerre le 17 mars, sachant que la Russie et l’Angleterre, ses Alliés, soutiendraient sa « croisade » contre l’ogre corse. « Une guerre de plus ! » ont pensé immédiatement les Français avec amertume. Depuis 1792, ils ont fini, hélas, par s’y habituer. Mais cette fois, la donne a changé. Les armées impériales sont prises en tenaille : au sud-ouest, en Espagne, par les Anglais, à l’est par les Prussiens et les Russes. Mais surtout, la Grande Armée n’est que l’ombre d’elle-même. Elle a beau être encore la plus rapide d’Europe, la plus mobile, la plus expérimentée, elle ne fait plus trembler le monde comme en 1805. Tous savent désormais que son invincibilité légendaire n’était qu’un mythe et que l’Empire est un colosse aux pieds d’argile. En ces jours sombres, Napoléon lui-même en est arrivé à douter parfois de sa capacité à renverser la situation et à vaincre un ennemi supérieur en nombre. Est-ce pour cette raison qu’il n’est pas entré immédiatement dans Leipzig ? Berthier lui a fait remarquer que les forces ennemies étaient deux fois supérieures aux siennes, que les munitions manquaient et que les hôpitaux étaient désorganisés. Mais Napoléon a balayé l’objection d’un revers de main. Il veut encore croire en son étoile et ne saurait tolérer le moindre défaitisme. Il est cinq heures du soir quand, ce 14 octobre, aux portes de la ville, il demande qu’on lui apporte une table et un fauteuil au beau milieu d’un champ. Comme à l’accoutumée, il a étalé ses cartes et examiné la situation dans ses moindres détails. Puis il a donné ses ordres aux généraux et aux officiers d’état-major successifs. « Une douzaine de factionnaires formaient le cercle à cent pas de lui, raconte le capitaine de Gauville ; il avait son chapeau sur la tête et, souvent, par des mouvements d’impatience marquée, il donnait des coups de pied aux tisons d’un petit feu qu’on avait fait auprès de lui. Chacun restait réfléchi, concentré… » Gauville note toutefois des signes de découragement sur son visage. Napoléon est épuisé. Peut-être songe-t-il à l’effroyable retraite de Russie, à cet hiver implacable qui a décimé ses troupes plus sûrement que les assauts des cosaques, à ces plaines de neige immenses, uniformément blanches, jalonnées de cadavres gelés et de chevaux morts, à ces débris de la Grande Armée titubant dans le vent glacial tout en maudissant la guerre et le jour où Napoléon est devenu empereur des Français. Et comment oublierait-il ce spectacle d’une armée en pleine débâcle ? Près de quatre cent mille hommes tués, blessés, prisonniers, déserteurs, tous confondus dans cet immense creuset de la souffrance humaine. Qu’avait-il besoin d’aller défier son ancien allié, le tsar Alexandre, sur son propre terrain ! Beaucoup ont cherché à élucider cette question et n’y ont trouvé que des réponses négatives : l’orgueil du despote, la folie guerrière, l’inconscience d’un stratège autrefois génial et aujourd’hui vieillissant… Napoléon n’a pourtant que quarante-cinq ans et, de cette souffrance des hommes, il a eu sa part. Lui aussi est amer et désabusé, mais pas pour les mêmes raisons. Il s’est donné tout entier à la France depuis vingt ans et voilà que cette nation qu’il a portée au pinacle commence de regimber, de traîner les pieds, de contester son autorité. Un an plus tôt, une conspiration d’opérette l’a obligé à abandonner ses hommes à Smorgoni pour revenir précipitamment vers Paris. Ses généraux le lui ont reproché sans précautions oratoires, et les hommes de troupe l’ont presque haï pour cela. Impensable d’imaginer que celui qui se prétend leur « père » puisse fuir sous prétexte de reprendre le pouvoir en main et reconstituer une armée. Son
départ a achevé de démoraliser ce qui restait de la Grande Armée qui, dès lors, n’a plus été qu’un fantôme. Mais Napoléon n’a pas eu vraiment le choix. Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1812, le médiocre général Malet à l’équilibre mental incertain, s’évadant d’une maison de santé avec quelques complices, est parvenu pendant quelques heures à prendre le pouvoir. Grâce à de faux ordres et de faux senatus-consultes, il a convaincu une partie de la garnison de la capitale que Napoléon était mort sous les murs de Moscou. Il a fait arrêter sans la moindre difficulté les trois chefs de la police impériale : Savary, Pasquier, Desmarets. Même Frochot, le préfet de la Seine, s’est mis à sa disposition. Seul le gouverneur de Paris, Hulin, a tout de suite flairé la supercherie. Malet lui a tiré un coup de revolver au visage. L’opération n’aura duré que quelques heures, mais quelques heures fatales à la confiance que Napoléon avait en la solidité de son pouvoir. D’où sa décision de quitter l’armée et de rentrer précipitamment à Paris. Treize jours de voyage à bride abattue depuis Smorgoni, et une question lancinante : les hommes sur lesquels il pensait pouvoir s’appuyer sont-ils prêts à l’abandonner aux premiers soubresauts, à la première tentative de putsch d’un général d’opérette insignifiant ? Ce qui a le plus ulcéré encore l’Empereur, c’est que nul n’a songé à proclamer son héritier légitime : son fils, le roi de Rome. Ni Marie-Louise comme possible régente. Tout en tisonnant son feu, sans doute songe-t-il encore à ces fidélités qui, autour de lui, se font de plus en plus fragiles. Il sait que son frère Joseph est en train de perdre son trône d’Espagne, que les armées françaises ne tiendront pas longtemps encore la Hollande, que Talleyrand, son ancien ministre des Relations extérieures, négocie déjà en secret avec les Bourbons et que son beau-frère, Murat, malgré ses protestations de fidélité, est prêt à tout pour conserver son royaume de Naples, y compris à la trahison. Et que dire des élites politiques ou économiques, de ses généraux, découragés eux aussi ! La confiance s’est effritée au fil des mois. Même la rente à 5 % n’a pas cessé de baisser depuis le printemps. Certains ne vont-ils pas jusqu’à murmurer que tout est déjà perdu, qu’il faut désormais faire la paix à n’importe quel prix, que le pouvoir a usé l’empereur au point de lui ôter toute lucidité ! … L’indiscipline, peu à peu, s’est installée au sein des armées. Les ordres ne sont plus exécutés avec la même obéissance aveugle ni le même enthousiasme que par le passé. Nombre de généraux et de maréchaux, lassés de la guerre et désireux de jouir de leur fortune, de leurs châteaux, de leurs rentes, grondent en coulisses, parfois même ouvertement. Pourquoi continuer à se battre lorsque l’on possède tout mais que l’on se trouve dans l’impossibilité de jouir de rien ? Comment résister enfin à cette vague de découragement qui, lentement, submerge aussi les milieux populaires ? La naissance du roi de Rome avait rendu l’espoir aux Français, les guerres incessantes, la conscription, la catastrophe de Russie le leur ont fait perdre. À leurs yeux, il est temps de mettre un terme à la guerre. Mais la leçon de l’hiver russe semble n’avoir porté aucun fruit et le répit a été de courte durée. À présent, c’est sur deux fronts – en Espagne et en Allemagne – que se déroule la nouvelle campagne. Pendant quelques semaines cependant, Napoléon a pu croire de nouveau en son étoile. Le 2 mai, il a vaincu les Alliés à Lützen, puis le 21 mai à Bautzen. Or Napoléon ne veut pas poursuivre une guerre à outrance. Son entourage ne cesse d’ailleurs ne lui conseiller une « paix à tout prix » et il sait l’opinion lasse de la guerre. L’armée est épuisée et l’Autriche, en entrant dans le conflit, rendrait la situation intenable. Voilà pourquoi il a accepté à la fin du mois de mai un armistice, signé le 4 juin à Pleiswitz. Les hostilités ont donc été suspendues jusqu’au 20 juillet. En arrière-plan, la réunion d’un congrès, à Prague, pour déterminer les conditions d’une paix durable. Napoléon, pourtant, n’est pas convaincu. « On a à Paris des idées bien fausses si l’on croit que la paix dépend de moi », a-t-il écrit à son archichancelier, Cambacérès. Il a raison. Ce qu’il soupçonne mais ignore encore, c’est que les Alliés n’ont accepté l’armistice que pour gagner du temps. Il a encore raison. Les Alliés ont élaboré une stratégie en deux temps. D’abord, demander à l’« ogre corse » de restituer l’Illyrie à l’Autriche, puis le duché de Varsovie à la Russie, et Dantzig à la Prusse. Ensuite, au cas où l’ogre accepterait de renoncer à ses appétits, exiger le démantèlement de la Confédération du Rhin ainsi que la fin du royaume de Westphalie au profit de la Prusse. Le but : proposer l’inacceptable et rendre Napoléon responsable de la poursuite de la guerre. Les 14 et 15 juin, à Reichenbach, des traités ont été signés entre Alliés par lesquels les puissances se sont engagées mutuellement à tout faire pour provoquer la ruine de l’empire français. Forte de ses deniers – elle a promis de verser deux millions de livres à ses alliés – l’Angleterre s’est
réservé un « droit de regard » sur la Hollande et l’Espagne. L’Autriche, elle, songe à reconquérir ses États italiens. Dans l’esprit de tous, le congrès de Prague est déjà lettre morte. De son côté, le 26 juin, Napoléon a rencontré Metternich à Dresde, au palais Marcolini. Les deux hommes, qui se connaissent bien, se sont longuement entretenus lors d’une promenade informelle. Discussion orageuse tout d’abord, puis hésitante, mélange de menaces et d’atermoiements. – Vous voulez la guerre, vous l’aurez ! a tout d’abord lancé Napoléon. Avant d’ajouter : – Si vous voulez la paix, pourquoi venir si tard ? Il paraît qu’il ne vous convient plus de garantir l’intégrité de l’empire français, pourquoi ne pas l’avoir déclaré plus tôt ? Napoléon a ensuite réitéré son désir de paix, mais pas au prix de son honneur. « Je suis un soldat parvenu ! » a-t-il déclaré, tout en refusant le démembrement de son empire. Il a même évoqué la neutralité de l’Autriche. Mais, l’heure n’était déjà plus à la neutralité. Napoléon a reparlé alors de er l’Illyrie offerte à François I , de restituer une partie de duché de Varsovie au tsar Alexandre, et même quelques anciens territoires à la Prusse contre compensation. En vain. Metternich, se gardant bien de dévoiler ses plans, est demeuré évasif, impénétrable. Napoléon, exaspéré, s’est alors écrié : – Au fait, vous voulez l’Italie, la Russie veut la Pologne, la Prusse la Saxe, et l’Angleterre veut la Hollande et la Belgique. Vous n’aspirez tous qu’au démembrement de l’empire français ! A-t-il dit également sous le coup de la colère : – Vous n’êtes pas soldat, vous ne savez pas ce qui se passe dans l’âme d’un soldat. J’ai grandi sur les champs de bataille et un homme comme moi se soucie peu de la vie d’un million d’hommes ! Puis, jugeant sans doute cette diversion inefficace, il a confié d’une voix grave : – Savez-vous ce qui arrivera ? Vous ne ferez pas la guerre ! Il avait tort. Metternich savait déjà que l’Autriche rejoindrait le camp des Alliés. Napoléon n’a donc refusé qu’une cession exorbitante de territoires remettant en cause l’intégrité de la France impériale, nullement la paix. Metternich, quant à lui, a temporisé. Le 30 juin, l’Empereur a même accepté le rôle de médiateur de l’Autriche, ainsi qu’une prolongation de l’armistice jusqu’au 10 août. Les Alliés ne sont pourtant d’accord que sur un point : la destruction du système continental mis en place par la France depuis 1806. Hormis ce facteur clé, tous tirent à hue et à dia, cherchant à imposer des conditions permettant de restaurer leur ancienne puissance. Metternich n’en a pas moins berné Napoléon. Au congrès de Prague – ouvert le 27 juillet – l’Autrichien n’a dévoilé les propositions alliées à l’envoyé français, Caulaincourt, que le 7 août, rendant la négociation impossible dans un délai aussi court ! À Dresde, l’empereur, à la surprise générale, a pourtant tout accepté. Il a simplement réclamé quelques aménagements, comme une indemnisation au profit du roi de Saxe pour la perte du duché de Varsovie. Mais la farce était jouée. Le 10 août, à l’expiration du délai fixé, le congrès a mis fin à ses travaux et, le lendemain, l’Autriche a déclaré la guerre à la France, sortant de « cette négociation, dont le résultat a trompé ses vœux les plus chers, avec la conscience de la bonne foi qu’elle y a portée ».
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