La Crète du Roi Minos

De
Publié par

Nichée au coeur de la mer Egée, la Crète fut le siège de la brillante civilisation des Minoens. De nombreux mythes grecs y ont leur racine : le Minotaure, Dédale, Ariane et, bien sûr, le roi Minos, confident de Zeus. Ce livre invite à un voyage dans le temps de quinze siècles, explorant les arcanes de la civilisation minoenne depuis les rites et cultes jusqu'aux fêtes, en passant par la vie quotidienne, sans oublier les relations des Minoens avec le monde extérieur. Il aborde également l'énigme de la fin des Minoens.
Publié le : mardi 1 juillet 2008
Lecture(s) : 205
EAN13 : 9782336251875
Nombre de pages : 210
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

4Dans ce pays
Le ciel ne diminue jamais un seul instant la flamme de nos yeux
Dans ce pays
Le soleil soulève avec nous les pierres que nous portons
Yannis Ritsos
On oublie que c’est en Crète, en un vallon boisé, que la
princesse Europe mit au monde un certain Minos, ancêtre des
Européens…
Nos vrais ancêtres ne sont pas les Gaulois mais ces premiers
Crétois jaillis de la semence d’un dieu.
Jacques Lacarrière
51
A la suite d’Icare…
La Crète est une nymphe mythique. Telle est en effet, selon
la tradition, la source du nom de cette île. La séduction qu’elle
exerce aujourd’hui est à la hauteur de son origine légendaire.
Parée de très beaux paysages, elle est la gardienne d’une
brillante civilisation ancienne. Celle-ci naquit vers 2800 av. J.-C. et
s’est éteinte brutalement autour de 1350 av. J.-C. pour laisser la
place aux Grecs venus du continent, les Mycéniens.
Pendant longtemps, c’est la Grèce classique qui a été la cible
èmede tous les regards et il a fallu attendre la fin du XIX siècle
pour que d’importantes découvertes permettent de ramener à
notre connaissance cette civilisation crétoise oubliée. Elle a
pourtant sans nul doute joué un rôle non négligeable pour la
civilisation grecque qui l’a suivie et, tout particulièrement, dans
le domaine religieux.
Pour la Grèce classique, la Crète était très importante. Le
souvenir d’un « âge d’or » crétois était même très vivace.
D’ailleurs, de nombreuses généalogies grecques renvoient à la
Crète et leurs racines remontent à des dieux, des héros ou des
héroïnes d’origine crétoise, comme Europe et Pasiphaé. Comme
le grand historien grec Thucydide, les Grecs de l’époque
classique ne doutaient pas de l’existence du roi Minos qu’Homère
représenta même comme l’ami intime de Zeus.
C’est en effet Homère qui le premier nous révèle
quelquesuns des mystères liés à cette île, la Crète « aux cent villes »,
avec son roi Minos et son palais dédaléen à Cnossos : Dans la
sombre mer est une terre belle et fertile, au milieu des flots :
c’est l’île de Crète où habitent d’innombrables hommes, avec
quatre-vingt-dix villes. On y trouve différents langages et hom-mes, Achéens, Kydoniens, braves Etéocrètes, trois tribus de
Doriens et de divins Pélasges. Ils sont dominés par Cnossos, la
grande ville du roi Minos, celui qui s’entretenait tous les neuf
ans avec le grand Zeus… (Odyssée, XIX)
De fait, la Crète est l’île de nombreux mythes : lieu de
naissance de Zeus, le Dieu des dieux pour les Grecs ; un palais à
l’architecture complexe conçue par l’ingénieux Dédale ; la
terreur exercée par le Minotaure, monstre mi-homme mi-taureau,
fruits des amours de Pasiphaé, l’épouse du roi Minos et du dieu
Zeus transformé en taureau ; Thésée, le fils du roi d’Athènes
qui réussit à tuer ce monstre grâce à la pelote de fil de la belle
Ariane, la fille de Minos. C’est aussi l’île au « prince aux fleurs
de Lys » ou encore à « la Parisienne », comme nous allons le
découvrir.
Prenons donc notre envol, à la suite d’Icare, le fils de
Dédale, pour partir à la découverte d’une Crète qui garde
aujourd’hui encore une vitalité et une personnalité léguées par ses
anciens occupants et qui exerce sur tous ses voyageurs un attrait
irrésistible.
82
Une île pleine de promesses
Après Chypre, la Crète est l’île la plus étendue de la
Méditerranée orientale.
Sa situation constitue un sérieux avantage, comme le
soulignèrent d’ailleurs Homère ou encore Aristote. En effet, la Crète
se trouve au sud des îles appelées cycladiques, avec lesquelles
les relations ont été importantes. Elle est également à peu de
distance du continent grec et des autres îles situées plus à l’est
comme Rhodes. De même, les côtes africaines, grâce aux vents
étésiens, ne sont qu’à quelques jours de mer de la Crète.
Ainsi, il n’est pas étonnant de retrouver les Crétois un peu
partout en Méditerranée.
FIG. 1. Situation de la Crète en Méditerranée.FIG. 2. Sites minoens importants.
10Des montagnes pour les dieux et des plaines pour les
humains
La variété du milieu naturel crétois est une chance pour les
Minoens. De larges plaines fertiles s’étendent à l’intérieur de ce
territoire, comme la plaine de la Messara située au centre de la
Crète, et elles ont permis à l’agriculture de se développer
rapidement.
En outre, quatre grands ensembles montagneux, orientés
estouest, occupent une large place et se prolongent souvent, au
nord et au sud, par de riches plaines côtières. D’ouest en est, ces
montagnes sont les Montagnes Blanches, l’Ida (Psiloritis), le
Dikté central (monts du Lassithi) et le Dikté oriental (les monts
de Sitia). Ce sont les plus élevées de tout l’archipel égéen avec,
par exemple, le Mont Ida frôlant les 2500 mètres d’altitude.
Leurs hauteurs remarquables ont aussi contribué à en faire les
lieux de naissance de divinités majeures.
Des plateaux propices à l’installation humaine, comme celui
du Lassithi, complètent le tableau.
FIG. 3. Plaine du centre de la Crète.
Les côtes crétoises sont assez variées. Celle du nord est
assez découpée et dessine des caps et des golfes favorables aux
mouillages des bateaux. En revanche, au sud, les côtes
n’abritent presque pas de ports car leur relief est rendu abrupt
11par les montagnes qui tombent le plus souvent à pic dans la
mer.
Malgré ce relief fragmenté, les communications et les
contacts entre les différentes régions demeurent relativement
aisés, comme l’attestent en particulier les nombreux tronçons de
routes minoennes retrouvés sur l’ensemble du territoire.
La géologie de la Crète est aussi une chance pour les Crétois
car les ressources minérales y sont également variées : gypse,
albâtre, schistes, calcaires, grès, argile à potier, même si de
nombreux matériaux utilisés par les Crétois proviennent de
l’extérieur, comme par exemple l’obsidienne de l’île de Mélos
et l’argent du continent.
Facteur essentiel de l’installation humaine : l’eau, en Crète,
est fournie à profusion par de nombreuses sources de montagne.
L’écran forestier, sans doute assez abondant à l’époque de
Minos, pondérait plus qu’aujourd’hui le cycle hydrologique. Au
cours de l’été et aussi pendant les années les plus sèches, les
forêts permettaient à l’eau de rester dans les sols, d’où la
progression des cultures et de l’élevage.
Pour toutes ces raisons, la Crète fut un des premiers lieux
d’implantation humaine à l’époque néolithique en Égée. Il
existe cependant un problème géographique car la Crète fait
partie d’une zone où les tremblements de terre sont fréquents.
En effet, dans l’ensemble du bassin égéen, l’écorce terrestre est
très fragile. Ceci explique en partie les nombreuses destructions
qui affectèrent la Crète minoenne.
Un environnement plutôt bénéfique
Le climat en Crète est plus tempéré que dans le reste de
l’Égée. Les plaines sont épargnées aussi bien par les sévères
périodes de sécheresse en été que par les rudes gelées en hiver.
Ceci favorise la fertilité des terres et la relative homogénéité de
leur peuplement. A l’inverse des autres îles de l’Égée, la
population ne s’est donc pas contentée de s’installer sur les pourtours
mais aussi à l’intérieur de l’île.
La végétation, de type méditerranéen, comportait sans doute
en Crète de grandes zones forestières au début de l’implantation
12humaine mais le déboisement a dû y commencer très tôt,
notamment pour la construction et le chauffage, et être encore
accentué par l’extension de l’élevage des chèvres et des
moutons. Comme aujourd’hui, de nombreuses plantes aux vertus
médicinales parsemaient les terres crétoises.
13143
Evans découvre les Minoens
Les premières découvertes
Une ruée vers l’or grec
Au dix-neuvième siècle, les Minoens ne sont pas encore
connus mais la Grèce classique est à la mode ! Philologues,
topographes, géographes, botanistes et numismates s’élancent à
la recherche des lieux et paysages décrits par Homère. Parmi
ces amateurs d’antiquités, il en est un qui a déjà quelques titres
de gloire en la matière.
Schliemann l’infatigable
Il s’agit d’Heinrich Schliemann. Entre 1870 et 1890, en
suivant à la lettre le texte d’Homère, cet Allemand découvre Troie,
la « ville aux larges rues » et Mycènes, la « riche en or ». A
Troie, dans l’actuelle Turquie, il met au jour le « Trésor de
Priam ». Le sol de Mycènes, sur le continent grec, lui livre en
outre le fameux « Trésor d’Atrée », dont fait partie le célèbre
« masque d’or d’Agamemnon ».
Ces premières découvertes fabuleuses entraînent de
multiples questions sur l’origine de la civilisation grecque. Grand
lecteur d’Homère, Schliemann se demande s’il ne faut pas la
rechercher dans l’île de Crète, à laquelle l’auteur antique
accorde une grande importance. Il n’est d’ailleurs pas le premier à
s’intéresser à la Crète. Par exemple, l’Américain W. J. Stillman
et Minos Kalokairinos, un homme d’affaire crétois originaire
d’Héraklion, ont déjà commencé à fouiller le sol crétois. Nonsans quelques succès puisque, dès 1878, Kalokairinos dégage
de grandes jarres (pithoi) et des fondations de bâtiments.
Suivant son idée, Schliemann vient faire lui aussi quelques
recherches sur les mêmes lieux. Entre juin 1878 et février 1879,
il se livre ainsi à des investigations sur la colline de Kephala,
dans la plaine du Kairatos, non loin de la côte nord de l’île. Son
intuition est bonne. En effet, cette colline est en réalité le
résultat de l’amoncellement de restes d’occupations qui se sont
accumulés à cet endroit depuis l’époque du néolithique. Peu de
temps après, en 1881, on y signale d’ailleurs des murs et de
grands blocs de pierre portant des inscriptions. Seulement voilà,
Schliemann rencontre un sérieux obstacle !
Heinrich Schliemann
La carrière d’Heinrich Schliemann est atypique. Né en 1822,
autodidacte et fils d’un pasteur ruiné, il est d’abord négociant et parcourt le
monde entier. Il s’enrichit rapidement, notamment dans le commerce
de l’indigo. A 45 ans, il délaisse ce métier et s’intéresse désormais à
la civilisation grecque.
Il commence par des fouilles à Ithaque, île au nord-ouest du
Péloponnèse, où il recherche les traces du palais d’Ulysse décrit par Homère.
Outre Troie, Mycènes et Cnossos, il explore aussi d’autres sites
comme Orchomène et Tirynthe.
Sa réputation n’est pas des meilleures chez les spécialistes, qui
critiquent ironiquement ses méthodes de travail et les conclusions souvent
hâtives qu’il tire de ses découvertes. Malgré tout, il est quand même
l’un des premiers vrais archéologues et non un simple chercheur d’or.
Il souhaite en effet avant tout confronter les écrits homériques à la
réalité historique. D’ailleurs, il lui arrive de refuser une invitation à
fouiller en Italie, prétextant qu’il n’y avait aucun problème à résoudre
et que ces fouilles étaient donc inutiles. Cette façon de voir est très en
avance sur son temps. De plus, autre rupture avec les fouilleurs de
son époque, Schliemann est soucieux de tenir à jour un journal de
fouilles comprenant de nombreux croquis. Enfin, et c’est encore un
phénomène nouveau, il publie beaucoup et dans plusieurs langues.
Tout ceci explique sans doute pourquoi M. Ventris et J. Chadwick ont
choisi de lui dédier leur livre sur le déchiffrement du Linéaire B.
16A cette époque, la Crète est occupée par les Turcs.
Convaincu de l’intérêt de sa colline, Schliemann souhaite l’acheter mais
les Turcs lui en demandent un prix élevé car le terrain compte
un grand nombre d’oliviers, plus de 2000 selon eux.
Schliemann estime qu’il n’y en a en fait qu’autour de 900 et trouve le
prix exorbitant. Il renonce donc à l’objet de sa convoitise… et
la découverte de Cnossos doit encore attendre un peu.
Evans le chanceux
Un riche érudit
Quelques années plus tard, un
autre érudit, Sir Arthur Evans,
directeur de l’Ashmolean Museum
d’Oxford, s’intéresse à la Crète. En
1894, il vient visiter la collection de
vestiges mis au jour par
Kalokairinos. Il cherche aussi des indices
pour déchiffrer des inscriptions
énigmatiques trouvées sur des
sceaux, qui l’intéressent
particulièrement car il est collectionneur. Il
explore donc la Crète à la recherche
d’objets qui pourraient alimenter sa
collection d’inscriptions. Il
s’intéresse ainsi aux « galopètres »,
les « pierres de lait » portant des
signes, que les jeunes Crétoises
s’attachent au cou pour favoriser
l’allaitement.
FIG. 4. Buste de Sir ArthurEn 1895, il diffuse les résultats
Evans, dressé à l’entrée du site
de ses recherches dans une publica- de Cnossos.
tion intitulée « Cretan pictographs
and pre-Phoenician Script ». Il y présente des hiéroglyphes,
qu’on sait maintenant être minoens, ainsi que deux autres
écri17Sir Arthur Evans
Evans naît en Angleterre dans le Hertfordshire en 1851. Il acquiert
une formation en philologie classique (il n’y a pas à l’époque de
formation en archéologie) d’abord à l’Université d’Oxford, puis à
celle de Göttingen. Il s’intéresse alors particulièrement aux sceaux
présentant des inscriptions et provenant des anciennes civilisations
de la Méditerranée. Evans hérite en cela de son père, Sir John
Evans, directeur d’une manufacture de papier et grand amateur
d’antiquité. C’est de plus grâce à la fortune héritée de son père
qu’Evans peut assouvir sa passion. Il est directeur de l’Ashmolean
Museum d’Oxford de 1884 à 1908. Jusqu’en 1932, il se consacre
ensuite exclusivement à ses fouilles de Cnossos, qui ne seront
interrompues que lorsque la guerre éclate. En 1935, il inaugure sa
statue, dressée à l’entrée du site de Cnossos. Evans meurt à Oxford
en 1941.
tures syllabiques ou pré-alphabétiques, appelées aujourd’hui
linéaire A et linéaire B.
Sir Evans est aussi attiré par la colline de Kephala mais, à la
différence de Schliemann, il va être servi par l’Histoire. En
effet, à la fin du siècle, la Crète reprend de haute lutte son
indépendance vis-à-vis des Turcs. Du coup, les négociations sont
plus faciles et Sir Evans peut utiliser sa notable fortune
personnelle pour acheter la fameuse colline.
Il y donne son premier coup de pioche le 2 mars 1900 avec
l’idée d’y trouver un site important de l’Age du Bronze. Au
début, la fouille ne comprend qu’une trentaine d’ouvriers mais,
très vite, elle en rassemblera plus de cent. En peu de temps, aidé
par ses collaborateurs, Hogarth, Mackenzie, Fyfe, Doll,
Pendlebury, Pie de Jong et Wace, entre autres, il met au jour ce qui
sera considéré comme le plus important palais de la civilisation
minoenne, par ses dimensions mais aussi par son influence.
Deux années de travail permettent de dégager presque
entièrement le palais mais Evans y travaille encore un bon tiers de
siècle ! Il publie les résultats de ses fouilles de 1901 à 1935
dans quatre importants rapports intitulés « le Palais de Minos ».
Cette étude devient vite un des plus grands classiques de
l’archéologie.
18Et la « vaste Cnossos » renaît…
Les fouilles d’Evans dégagent assez rapidement le
rez-dechaussée de l’ensemble du palais et les soubassements de murs
indiquant que des étages supérieurs ont existé. Ceci est
également conforté par la découverte des « Mosaïques de la ville »,
expression qui désigne une série de deux douzaines de plaques
en faïence qui représentent des façades de bâtiments.
Titre 1
Titre 2
Titre 3
Titre 4
Alinéa
Paragraphe
• Puce ronde puce ronde puce ronde puce ronde
puce ronde puce ronde puce ronde puce ronde
puce ronde puce ronde puce ronde

FIG. 5. Une plaque en faïence des mosaïques de la ville.
Par ailleurs, le palais est bâti en gypse – appelé aussi « pierre
à plâtre » – et, dès le début des travaux de fouille, il apparaît
que ce matériau est trop friable pour laisser les découvertes
exposées à l’air libre en l’état. Evans estime donc nécessaire de
consolider les ruines dégagées. En s’appuyant sur les indices
retrouvés, il engage la reconstitution des parties supérieures
manquantes. Les plaques de faïence lui sont donc très utiles
pour la restitution des étages et des ouvertures pratiquées dans
les façades.
Le plus souvent, ces reconstitutions sont faites en ciment par
les ouvriers d’Evans. Certaines fresques retrouvées dans le
palais sont également restaurées, complétées… voire plus !
C’est ainsi que l’on peut aujourd’hui visiter à Cnossos
plusieurs niveaux du palais.
Certes, d’un point de vue strictement scientifique, cette
reconstitution peut susciter des réserves, bien que des maquettes
19de bâtiments, retrouvées depuis, semblent accréditer la vision
d’Evans.
Toutefois, le principal mérite de ses travaux est d’avoir
matérialisé la complexité de la structure de ce vaste palais et
d’avoir ainsi rendu bien vivantes les dénominations de
« labyrinthe » et de « dédale » attribuées au palais de Cnossos.
De là à dire que le Minotaure dans son labyrinthe est une
représentation légendaire du puissant roi Minos dans son palais, il
n’y a qu’un pas que certains n’ont pas hésité à franchir.
204
Quinze siècles vous
contemplent
Une chronologie un peu complexe
La civilisation crétoise minoenne se développe sur plusieurs
siècles, d’environ 2800 à 1300 av. J.-C. Cas extrême, le site de
Cnossos présente une durée de vie exceptionnelle puisque,
occupé depuis l’époque néolithique, il restera habité jusqu’au
moment de la conquête de la Crète par les Arabes, au neuvième
siècle après J.-C. !
La difficulté à établir une chronologie, c’est-à-dire à
identifier de façon « sûre » les différentes périodes du monde minoen,
est donc facilement compréhensible. En effet, la complication
vient du fait que la connaissance de ces périodes s’est construite
au fur et à mesure des découvertes archéologiques.
La première chronologie de la civilisation minoenne est dite
« relative » car elle fut fixée par Evans en comparant des
poteries de différentes origines (minoenne, égyptienne…),
découvertes sur des sites crétois ou autres. La clef de la chronologie
repose alors sur la connaissance des périodes de fabrication de
certaines poteries non crétoises, comme les céramiques
égyptiennes. Au moyen de cette méthode, Evans isola trois grandes
périodes appelées Minoen Ancien, Minoen Moyen et Minoen
Récent.
Evans ne s’est d’ailleurs pas arrêté là. Il a encore divisé
chacune de ces trois grandes périodes en trois phases (Minoen An-

Les commentaires (1)
Écrire un nouveau message

17/1000 caractères maximum.

LynnMarinacci

Je n'arrive pas à accéder au livre. Le document est perpétuellement en cours de traitement.

dimanche 6 mars 2016 - 18:44