//img.uscri.be/pth/39611f4f174163cf225394672840106c1757d8d7
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 11,25 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

LA FEDERATION DE FRANCE DE L'UNION SYNDICALE DES TRAVAILLEURS ALGERIENS (USTA)

De
176 pages
A un moment où le général de Gaulle s’est prononcé pour l’autodétermination, le Congrès adopte des motions sur l‘indépendance syndicale, l’émancipation de la femme, les libertés démocratiques et les réformes de structure indispensables pour construire l’Algérie nouvelle avec l’aide de la classe ouvrière et du peuple français.
Voir plus Voir moins

La Fédération de France de l'Union Syndicale des Travailleurs Algériens (USTA)
Le Deuxième Congrès
Novembre 1959

Collection CREAC-HISTOIRE Centre de Recherches et d'Études sur l'Algérie Contemporaine.

Le CREAC entend: - Promouvoir la publication d'ouvrages anciens, tombés dans le domaine public dont la richesse historique semble utile pour l'écriture de l' histoire.

-

Présenter et éditer des textes et documents produits par des chercheurs, universitaires et syndicalistes français et algériens.

A paraître: - La Fédération de France de l'Union Syndicale des Travailleurs Algériens. Le deuxième congrès (novembre 1959). - La Fédération de France de l'Union Syndicale des Travailleurs Algériens. FLN contre USTA. - La Fédération de France de l'Union Syndicale des Travailleurs Algériens. Son journal : La Voix du Travailleur Algérien. - Messali Hadj (1898-1974). Chronologie commentée.

Jacques SIMON

La Fédération de France de l'Union Syndicale des Travailleurs Algériens (USTA)
Le Deuxième Congrès
Novembre 1959

L'Harmattan
L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE L'Harmattan Hongrie

CREAC-HISTOIRE
L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino IT ALlE

Hargitau. 3
1026 Budapest HONGRIE

@ L'Harmattan,

2002

ISBN: 2-7475-2959-2

Votre Congrès est pour nous un acte important. Il vient à point pour rappeler que la valeur des mots est fonction de leur contenu. Vous faites une œuvre utile et nécessaire en liant l'émancipation politique à l'émancipation sociale, en affirmant solennellement que vous entendez mener de front ces deux objectifs ,. les soucis que vous manifestez sont les nôtres, ils sont ceux du Mouvement Ouvrier International tout entier,. votre lutte et vos soucis montrent que vous voulez non seulement conquérir la liberté, mais en même temps les moyens d'en exercer et de vivre pleinement leur conquête.

Louis Houdeville
novembre 1959

Présentation
Les 27, 28 et 29 novembre 1959, s'est tenu à la Salle des Fêtes de Fives-Lille le 2ètneCongrèsde l'USTA. Les 351 délégués dont 10 Algériennes, venus de toutes les régions de France représentaient des corporations où la main-d'œuvre algérienne est importante: la métallurgie, le textile, les mines, la chimie, le bâtiment, et les travaux publics. La présence de plusieurs membres du mouvement ouvrier français et celle de Messali Hadj ont établi la continuité du combat mené depuis l'Etoile nord-africaine pour doter la classe ouvrière algérienne des instruments de son émancipation. Le Congrès manifestait aussi le fait que le massacre de la direction de l'USTA par le FLN n'avait pas obtenu tous les résultats souhaités.
Dans le rapport politique qu'il adresse le 29 avril 1958 à la à nouveau les

direction du MN A, Messali Hadj revient sur l'importance du 1er
Congrès de l'USTA en même temps qu'il précise rapports entre l'USTA et le MNA.

«Parmi les grandes préoccupations du MNA, le problème syndical a été de tous temps, le souci permanent de toutes les directions. Ce grand problème a trouvé sa réalisation au cours de l'année 1956 dans un moment difficile de la lutte révolutionnaire du MNA. Ce fut une véritable bombe dans les milieux coloniaux et surtout chez le FLN qui à l'époque était arrivé au point culminant de son apogée. Encore une fois de plus le MNA que l'on croyait mort a fait une grande réalisation. Cette création de l 'USTA au milieu de la tempête avait la même importance et la même grandeur que la création de l'Etoile Nord-Africaine. Cette œuvre allait marquer une époque, réjouir les patriotes algériens et jeter dans le désarroi tout un monde d'affairistes. Cette première étape acquise, le mouvement syndical algérien a

7

connu ce qu'ont connu toutes les créations à leur début. D'abord ce fut une flambée de joie, de griserie et de grands projets. Ensuite les difficultés ont fait leur apparition, après la tenue du premier Congrès de l'USTA. Ce premier Congrès tenu à Paris en pleine révolution algérienne a été véritablement non seulement une grande manifestation syndicale mais plus encore une réussite. Ces débats ont été fort animés. Tous les problèmes économiques et sociaux furent effleurés. Il y avait aussi une délégation de femmes musulmanes qui a été véritablement un évènement aussi grand que l'USTA lui-même. Le peuple de Paris, des intellectuels et des personnalités syndicales ont honoré de leur présence la naissance du mouvement syndical algérien libre. Quelque temps après, l'USTA participa au Congrès de Bamako représenté par ses grands dirigeants. Enfin sur le plan international comme sur le plan national, l'USTA avait déjà acquis sa place d 'honneur et de combat. Cette grande réussite n'a pas été du goût du FLN du Caire, de Rabat, de Tunis, de Moscou et des staliniens français. C'est ainsi que dans l'ombre de ces grandes villes a été décidé la liquidation de l'USTA et l'extermination de ses dirigeants et du MNA luimême. Depuis le mouvement syndical s'est trouvé du jour au lendemain devant une situation à laquelle il ne s'attendait pas. Cependant il fit face à toutes ses difficultés et à l'adversité déchaînée contre lui. C'est l'heure du poignard... Depuis l'USTA est entrée dans une période difficile d'activités, d'éducation et d'organisation. C'est la période de création de doctrine syndicale algérienne. Il faut donc penser, réfléchir et diriger en conséquence de l'avenir de ce mouvement syndical... ...c 'est pourquoi il faut dans ce domaine revenir aux réalités et préparer une politique syndicale libre, démocratique, indépendante de tout gouvernement et de tous partis politiques. Cela ne veut pas dire que le mouvement syndical algérien reste étranger à la vie de la Nation et de ses devoirs ».

8

En septembre-octobre 1958, la direction de l'USTA a été décimée par le FLN et cela dans un contexte marqué par: 1- une répression permanente contre les syndicalistes algériens; 2- l'action des appareils du mouvement ouvrier - en particulier la CGT et le PCF- qui isolent l'USTA de la classe ouvrière française ; 3- la décomposition accélérée de la Ne république après la démission du gouvernement Guy Mollet; 4- le soutien total apporté par la CISL à l'UGTA qui a isolé l'USTA du mouvement syndicaliste mondial. En décembre 1958, la Voix du Travailleur Algérien consacre l'essentiel de son numéro au massacre de sa direction tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre son combat avec le mouvement ouvrier français et international. Les n08 Uanvier 1958), 9 (février-mars) et 10 (avril 1958) montrent que si un certain redressement s'est opéré, le recul est

manifeste. Le 1er mai 1958, c'est surtout dans le bastion du Nord
(Douai-Lille- Valenciennes-Roubaix) que l'UST A reste puissante. Puis la Voix du Travailleur Algérien cesse de paraître. Le Il janvier 1959, informé d'une prochaine libération de Messali Hadj, la grande presse qui avait ignoré le chef national, se précipite à Belle-Isle et lui consacre, du Il janvier au 3 février, plus de 85 articles et interviews. Le 13 janvier, Messali et sept mille internés algériens sont libérés, tandis que Ben Bella est transféré de la prison de la Santé à l'île d'Aix. A peine transféré sur le continent, Messali qui dispose en résidence surveillée d'une relative liberté, reconstruit l'appareil du MNA en même temps qu'il demande au Bureau politique d'aider la direction de l'USTA à préparer une Conférence syndicale fédérale. Après des mois de travail et de sacrifices, la Voix du Travailleur Algérien reparaît en avril 1959, avec pour la première fois une page et demie en langue arabe. Et, reprenant une tradition er établie depuis l'Etoile, I'DST A prépare «un grand 1 mai» pour ancrer à nouveau le syndicat dans le mouvement ouvrier français et international. 9

er Le 1 mai, l'UST A tient encore de nombreuses réunions et meetings, surtout dans le Nord, avec comme perspective la prépaCongrès du syndicat, dans un contexte bien changé. ration du 2ème En effet, après le 13 mai, le général De Gaulle est revenu au république qu'il fonde est largement approuvée pouvoir. La Vème par le réferendum constitutionnel du 28 septembre 1958. Un an plus tard, le 16 septembre 1959, c'est le discours sur l'autodétermination considéré comme une ouverture positive par le MNA et négative par le FLN qui s'est constitué, le 19 septembre 1958 en GPRA. Le projet du rapport moral qui sera repris presque complètement dans le discours du secrétaire général Bensid, consacre une longue analyse à la situation économique et sociale en Algérie et à celle de l'émigration algérienne. A la différence du rapport er moral du 1 Congrès, l'orientation générale s'est quelque peu infléchie avec l'abandon de l'expropriation des grands moyens de production et l'adoption d'un modèle inspiré de la planification française. «Il ne sera pas possible aufutur État algérien, même si ses aspirations vont vers une certaine forme de socialisme, de rejeter les capitaux privés qui se présenteront: ces capitaux seront nécessaires pour la construction des usines, l'achat des machines, des matières premières, le paiement des salaires, jusqu'au moment où la production deviendra rentable. Le capital exigera sa rémunération et il ne sera guerre possible au jeune Etat algérien de la refuser, sous peine de tomber sous une nouvelle forme de domination coloniale. Mais ce qui sera possible sera la participation du mouvement syndical algérien à l'élaboration des plans ». Le Rapport s'inscrit dans le cadre du plan de Constantine lancé par le général de Gaulle, le 3 octobre 1958 en même temps qu'il reprend sans la critiquer la solution gaulliste du problème algérien. L'USTA considère que: «le principe d'autodétermination du peuple algérien, proclamé le16 septembre 1959 par le général de Gaulle, et pour laquelle elle n'a cessé de lutter, est la seule voie permettant 10

d'aboutir à la solution juste, libérale et démocratique du problème algérien. Les difficultés mineures qui font encore obstacle à cette fin doivent être surmontées, d'autant plus que, sur les principes essentiels, il n'y a plus d'opposition». Le rapport insiste sur les différences de principe et d'orientation entre l'UGTA et l'USTA qui reste, malgré les positions des syndicats français et de la CISL, armée du principe de «la solidarité prolétarienne internationale». Mais en acceptant de participer à la planification capitaliste de l'économie algérienne, Bensid reprend à son compte la démarche du syndicaliste tunisien Ahmed Ben Salah, qui en devenant ministre du Travail, avait intégré l'UGTT qu'il dirigeait dans l'appareil d'Etat. Dans son intervention, Messali Hadj, invité au Congrès, précisera que la position du MN A sur l'autodétermination ne constitue pas un alignement sur la politique du général de Gaulle pas plus qu'un soutien du plan de Constantine, mais une première avancée vers une solution démocratique du problème algérien: «L'autodétermination...cela veut dire que le peuple algérien est entièrement libre de choisir son avenir politique et de désigner lui-même, sans nulle contrainte,ses représentants. En d'autres termes, notre peuple est majeur et aujourd'hui, il a la liberté de disposer de lui-même Pour atteindre cet objectif, la conférence de la Table ronde reste la solution démocratique du problème algérien». Messali appelle tous les Algériens à se réconcilier et salue les invités qui, par les discours qu'ils ont prononcés: «ont interprété fidèlement la véritable pensée de la classe ouvrière et de la pensée révolutionnaire». L'intervention des délégués des principales régions industrielles et celle des femmes travailleuses ont mis en évidence l'ancrage de l'DST A dans l'émigration algérienne comme son attachement aux traditions du mouvement syndical et à l' internationalisme prolétarien.

Il

Plusieurs messages ont été lus: M-A Bernard, secrétaire de la Fédération du livre CGT de la région parisienne, Jean Rous, Pierre Monatte, Yves Dechezelles, Raymond Guilloré, Adolphe Sidro, A.Gauteng, Louis Houdeville. Ils exprimaient leur solidarité avec un syndicat resté fidèle aux principes du mouvement ouvrier révolutionnaire. Après Auguste Lecoeur, Alexandre Hébert dénoncera le lobby français du FLN et il apportera son soutien à une solution démocratique du problème algérien. Il rendra hommage à Abdallah Filali et il établira une comparaison entre la tragédie vécue par le peuple algérien et celle du peuple espagnol. «... nous avons connu la liquidation systématique de nos camarades, ceux de la FAI, ceux du POUM, en Espagne et nous avons reconnu ces méthodes qui visaient à priver le prolétariat de ses militants, de ceux qui n'acceptent pas de se plier, de ceux dont on sait qu'on ne pourra pas ni les intimider ni les corrompre, et c'est pourquoi, camarades, dans votre attitude, dans la façon de mener vos luttes, votre attitude y compris avec les ouvriers français lorsqu'ils étaient incompréhensifs à votre égard, nous avons senti que vous, vous étiez effectivement dans la tradition du Mouvement Ouvrier Révolutionnaire». Les trois journées de débats, ainsi que les treize résolutions votées, ont établi que, malgré la répression, le soutien des appareils syndicaux et des partis ouvriers au FLN-GPRA et le silence de la presse, les travailleurs algériens ont manifesté, leur volonté de construire l'organisation syndicale indépendante de la classe ouvrière algérienne. Et cela à un moment où le rouleau compresseur des forces de l'ordre (le plan Challe) avait disloqué l' ALN intérieure et que le GPRA se proclamait comme la seule organisation représentative et légitime de tout le peuple algérien. Mais depuis le discours du général de Gaulle sur l'autodétermination, des approches différentes des questions économiques et sociales sont apparues au sein de la direction de l'USTA. Elles s'amplifieront au moment où les discussions s'ouvrent pour mettre fin à la guerre d'Algérie.

12

Disco urs d' 0 uverture du secrétaire de Lille

Discours d'ouverture de G.H. de Lille
Chers Camarades, il est dans les traditions que le Secrétaire de la Région où se tient le Congrès préside la séance d'ouverture des travaux. C'est à ce titre qu'aujourd'hui je suis appelé à prendre la parole le premier. Je ne vous cacherai pas mon émotion, et vous voudrez bien être indulgents à mon égard car je me sens quelque peu impressionné devant vous. Je vous confesserai toutefois que derrière mon trac je cache un petit sentiment d'orgueil qui vous honore tous. Votre nombre me remplit de fierté, fierté d'appartenir à une grande organisation, fierté d'être membre d'une immense famille d'hommes libres, dignes de ce nom. Et puis, je l'avoue honnêtement, majoie est grande de constater que notre organisation syndicale se porte bien, qu'elle est pleine de sève. J'adresse un appel pressant à tous les jeunes travailleurs qui n'ont pas encore rejoint nos rangs et qui restent à la merci des aventuriers et des profiteurs, et les invite à nous apporter leur précieux concours et leur dynamisme. C'est pour leur bien-être, pour leur bonheur, pour une Algérie prospère et heureuse, que tant de sacrifices ont été consentis. Il y a place pour eux dans notre maison où ils recevront le meilleur accueil. L'V.S.T.A. a été calomniée et méconnue. Grâce à votre fermeté, à votre courage, à votre ténacité, elle a tenu bon. L'V.S.T.A. est aujourd'hui un pôle d'attraction. Hélas! chemin faisant, nous avons perdu des frères, des militants, des hommes, des patriotes. Abdallah Filali, Bekhat Ahmed, Semmache Ahmed, Ben Ali, Nadji Mohamed, Hocine Maroc, et tant d'autres militants pleins de dévouement, furent tous combattants de la liberté et du droit du peuple algérien à disposer de lui-même. Ces vaillants patriotes et syndicalistes purs, sont morts, assassinés lâchement par des tueurs à la solde des cliques réactionnaires et féodales frontistes.

15

Rendons-leur à tous un dernier hommage. Chers disparus, soyez assurés de notre affectueux souvenir. Votre œuvre, nous la poursuivons. Camarades congressistes, c'est à vous que maintenant je m'adresse plus particulièrement. L'Union locale de l'U.S.T.A. de Lille vous souhaite la bienvenue. Je puis vous assurer des sentiments les plus fraternels de tous les travailleurs algériens de la Région Lilloise organisés dans nos syndicats. Nos assises leur sont d'un puissant réconfort. Ils sont heureux de vous accueillir. En votre nom à tous, je salue la présence de nos camarades délégués des organisations syndicales françaises et d'autres pays. En assistant à nos travaux, ils nous transmettent la confiance que nous témoignent les travailleurs libres pour qui n'existent pas de frontières. Leur présence atteste notre volonté commune d'assurer la paix par la compréhension des travailleurs de tous pays. Elle réaffirme notre attachement indéfectible à la liberté. Camarades de la délégation étrangère, au nom du Congrès je vous assure de notre plus sincère affection et de nos sentiments les plus fraternels. Soyez les bienvenus. Vous êtes nous. Dans quelques minutes commenceront nos travaux. Ils dureront trois jours pleins. Il est bon d'en souligner l'importance. Congrès se tient à un tournant décisif de l'histoire Notre 2ème du Mouvement ouvrier algérien et également de la Révolution algérienne et de l'avenir de notre patrie. Autrement dit, une analyse de la situation des travailleurs algériens en France ainsi que de la situation sociale générale des masses laborieuses dans notre pays et par conséquent des revendications immédiates qui en découlent est inséparable des évènements que traverse notre pays

depuis le 1er novembre 1954,de son avenir, des problèmeséconomiques qui s'y posent, de ses rapports avec le reste du Maghreb, avec la France et l'ensemble de la Communauté.

16

C'est dire que nos débats revêtiront une grande importance et seront riches d'informations de toutes sortes pour quiconque se penche sur le drame algérien, essaye d'en connaître les causes multiples et par conséquent d'en entrevoir l'issue qui s'impose. Qui sommes-nous? Que représentons-nous? Nous qui sommes rassemblés ici, nous n'avons pas l'ambition comme l'affirment gratuitement d'autres formations syndicales ou politiques algériennes imbues de totalitarisme et de sectarisme, de représenter exclusivement 10 millions d'Algériens et d'Algériennes. Mais étant donné que nous sommes mandatés par des camarades organisés dans notre U.S.T.A. et originaires des différentes régions d'Algérie, nous avons la prétention de traduire mieux que quiconque le drame social de notre pays, les besoins des masses travailleuses et les aspirations sociales et nationales qui les préoccupent. Notre organisation syndicale n'a pas seulement un nom, elle a un renom. Elle joue un rôle incontestable dans la vie de notre pays. Son influence est grande en France et à l'étranger. En Algérie elle a des racines profondes au sein de toutes les différentes couches laborieuses de notre pays. Bien des regards sont fixés sur elle. Qu'ils soient amis ou ennemis. C'est dire quel doit être le sérieux de nos débats. C'est dire combien peuvent être graves de conséquences les décisions que nous prendrons. Notre souci ne sera pas seulement axé sur l'aboutissement des revendications matérielles. Nous aurons également à cœur de promouvoir un syndicalisme où l'homme aura la plus grande place, où sa dignité, son émancipation en seront l'essence. Pour le respect de la condition ouvrière, pour le mieux-être dans la liberté et la paix, pour la grandeur de l'U .S.T.A., émancipons et construisons. Sur cette conclusion qui est tout un programme je déclare Congrès. ouvert le 2ème Je donne maintenant la parole à notre Secrétaire Général, le camarade Abderrahmane Bensid.

17