La grande guerre, une histoire franco-allemande

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«En croisant leurs regards et les histoires nationales dont ils sont porteurs, Jean-Jacques Becker et Gerd Krumeich, deux des plus grands spécialistes de 14-18, signent l’un des livres sans doute les plus originaux et les plus stimulants. Au fil des chapitres qui embrassent largement l’histoire de la Grande Guerre, depuis l’histoire militaire jusqu’à l’histoire sociale et culturelle du conflit, notre connaissance est sans cesse renouvelée par la perspective comparée adoptée par les auteurs. »
L’Histoire
Publié le : vendredi 12 septembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791021002494
Nombre de pages : 384
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L’Histoire
Professeur émérite d’histoire contemporaine à Paris X-Nanterre, Jean-Jacques Becker est président d’honneur du Centre de recherche de l’Historial de la Grande Guerre à Péronne. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et a en particulier co-dirigé uneEncyclopédie de la Grande Guerre(Bayard, 2004). Gerd Krumeich, professeur d’histoire moderne et contemporaine à la Heinrich-Heine-Universität de Dusseldorf, est l’auteur de travaux marquants consa-crés à Jeanne d’Arc, à la guerre de 14 et à la paix de Versailles.
ISBN : 978-2-84734-996-2
Jean-Jacques becker gerd krumeich
La Grande Guerre Une histoire franco-allemande
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T E X T O Collection dirigée par Jean-Claude Zylberstein
LA GRANDE GUERRE
JEANJACQUES BECKER GERD KRUMEICH
LA GRANDE GUERRE UNE HISTOIRE FRANCOALLEMANDE
TALLANDIER
© Éditions Tallandier, 2008 Éditions Tallandier2, rue Rotrou, 75006 Paris www.tallandier.com
SOMMAIRE
Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Première partie. Pourquoi une guerre francoallemande ?
Chapitre premier. Les opinions française et allemande, e e finXIXdébutXXsiècle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Chapitre II. Le raidissement des rapports francoallemands après 1911 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Chapitre III. La crise de juillet 1914 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Deuxième partie. Une guerre des peuples ?
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39 61
Chapitre IV. « Union sacrée » en France etBurgfrieden en Allemagne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77 Chapitre V. Les régimes politiques à lépreuve de la guerre . . . . . . . . . 83 Chapitre VI. Lévolution politique de lsacrée »« Union et duBurgfrieden95. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Chapitre VII. Mentalités et « culture de guerre » . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 Chapitre VIII. Le moral et ses aléas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
Troisième partie. Une guerre d?une violence inconnue
Chapitre IX. La mobilisation des hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133 Chapitre X. La mobilisation de lindustrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141 Chapitre XI. La violence des champs de bataille . . . . . . . . . . . . . . . . . 159 Chapitre XII. La violence contre les civils . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
Quatrième partie. Pourquoi une si longue guerre ?
Chapitre XIII. La guerre courte devient un mythe . . . . . . . . . . . . . . . Chapitre XIV. Léquilibre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Chapitre XV. Les tentatives de paix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Cinquième partie. La rupture des équilibres
Chapitre XVI. La rupture en faveur de l. . . . . . . . . . . .Allemagne . Chapitre XVII. La victoire et la paix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Chapitre XVIII. Après la guerre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
En guise de conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Notes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Des mêmes auteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
191 209 239
253 275 293
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309 337 361 377
PRÉFACE
La guerre qui éclate en Europe en 1914 a tout naturellement été dénomméeguerre de 1914,puis assez rapidementla Grande Guerre,en raison de lampleur quelle avait prise. Jamais, jusquelà, dans lhistoire humaine, on navait vu une telle guerre, engageant un tel nombre de combattants, environ six millions dès le mois daoût 1914. Ce ne fut quà la suite de la Seconde Guerre mondiale quon la baptisaPremière Guerre mondiale.Formule en même temps juste et fausse : il est vrai quà côté de la plupart des pays européens, de nombreuses nations extra européennes y participèrent, des pays dAmérique latine, le Japon, la Chine, mais cette participation fut relativement ou totalement symbo lique. En revanche, la participation des ÉtatsUnis, celle des dominions blancs de lempire britannique, de lInde, des colonies françaises, elle, ne le fut pas, de sorte quil nest pas inexact de constater que les différentes parties du monde ont pris part à cette guerre européenne. Mais ce fut incontestablement et dabord une guerre européenne. La dénomination la plus juste aurait été celle deGrande Guerre européenne,mais, pour la France, elle fut et resta une guerre francoallemande, la deuxième grande guerre francoallemande. Pour l:Allemagne, il en alla différemment dans le passé, le territoire allemand avait souvent été envahi et quelque fois ravagé par des armées françaises, mais en 18701871, puis de nou veau en 1914, la guerre se déroula entièrement ou presque en dehors de celuici. De sorte que, pour les Allemands, lessentiel cétait moins le conflit avec la France que celui avec le pays quils considéraient comme la principale puissance chez leurs ennemis, cestàdire le RoyaumeUni. Dautant plus que sy ajoutait lamour trompé. Les Allemands se consi déraient presque comme appartenant à une même race que les Anglais Guillaume II était dailleurs le petitfils de la reine Victoriaet ils avaient cru jusquau dernier moment que ceuxci ninterviendraient pas. Plus quun conflit francoallemand, la guerre leur apparut comme un conflit avec lAngleterre, dont la France nétait quun bras armé. De ce
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LA GRANDE GUERRE
point de vue, ne peuton se demander si le succès dun ouvrage comme celui dErnst Jünger,Orages dacier, nest pas lié partiellement au fait que la guerre quil conte est presque toujours une guerre germano britannique ? Il nen reste pas moins que la dénomination de guerre franco allemande nest pas inexacte au vu des faits. Les opérations militaires les plus importantes et les plus prolongées ont eu lieu sur le territoire français. Les deux principales forces mili taires, rapportées à lensemble de la guerre, ont été larmée française et larmée allemande. Si, dun côté, larmée allemande, de lautre, larmée française navaient pas tenu, la guerre naurait pu se prolonger. La guerre sest terminée lorsque le commandement allemand a eu la conviction que son armée risquait de sécrouler sur le front français. Certes, sur ce front combattaient, entre autres, les Britanniques et les Américains, mais larmée française nen était pas moins la force principale, à la fois par le nombre de ses combattants et par lexpérience que ses généraux avaient accumulée. Même si ce fut très tardif, on ne peut négliger le fait que commandement suprême des forces alliées ait été confié en 1918 à un général français, Foch. La guerre naurait pu durer autant, si tant le peuple français que le peuple allemand, de façon presque unanime au début, de façon largement majoritaire ensuite, navaient pas été convaincus de ne pas cesser le combat avant davoir obtenu la victoire, quelles que soient la cruauté des pertes subies et celle des sacrifices consentis. Du côté allemand, comme du côté français, la guerre fut au moins autant une guerre des peuples quune guerre des combattants, avec encore ce bémol que, bien que le peuple allemand ait connu des conditions de vie pires que celles du peuple français, il sest senti concerné dune autre façon, parce que la guerre ne se déroulait pas sur son sol, mais quen contrepartie il avait davantage conscience que, dorigine récente, lentité allemande, lunité allemande, risquait dêtre anéantie par une défaite. Dans les mentalités des deux peuples, avec des nuances importantes, laspect francoallemand du conflit ne pouvait manquer de rester central à travers les années.
* * *
Il nest donc pas illégitime décrire une histoire de la guerre vue en même temps du côté allemand et du côté français, ni quelle soit le fait du travail en commun dun historien allemand et dun historien français.
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