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LA GRANDE ROUMANIE ALLIÉE DE LA FRANCE

De
286 pages
La France a eu le projet d'intégrer la Roumanie à un dispositif centre-européen qui garantisse sa sécurité à l'issue de la première guerre mondiale. Paris se souciait avant tout du danger allemand, alors que les roumains craignaient principalement la Russie bolchévique. Ces documents, inédits pour la plupart, illustrent le soutien de responsables français au remodelage des frontières qui aboutit à la Grande Roumanie lors de la Conférence de la Paix, dans un but avant tout stratégique.
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La Grande Rounlanie alliée de la France
Une péripétie diplomatique des Années Fol/es?
(1919-1933)

Collection Aujourd'hui l'Europe dirigée par Catherine Durandin
La fin de la guerre froide confronte les Européens à d'énormes mutations et ouvre des perspectives unitaires. Et pourtant de nouvelles frontières et fractures se dessinent. Les Européens vivent une compétition parfois hégémonique, parfois frustrante, pour accéder à un niveau de développement présupposé comme normal. La collection Aujourd'hui l'Europe a pour objectif de publier des textes de philosophie, histoire et sciences politiques qui s'interrogent sur les redéfinitions d'identité et de sécurité européennes, sur les traditions, sur les crises...

Dernières parutions
Antoine MARES (dir), Hi.~toireet pouvoir en Europe Médiane, 1996. Général Henri PARIS (CR), L'atome rouge, le nucléaire .wviétique et russe,1996. Nicolas PELISSIER, Alice MARRIE, François DESPRES (dir.), A la recherche de la Roumanie contemporaine. Approche.~ de la "transition ", 1996. Sous la direction du Général d'arme Jean COT (CR), Dernière guerre balkanique? Ex-Yougoslavie: témoignages, analyses. proposition.~, 1996. Stéphane CHAUVIER, Du droit d'être étranger. 1996. Jean PAILLER, La ligne bleue des Balkans. Témoignage.~ d'observateurs militaires français. 1875-1876, 1996. Joanna NOWICKI (dir.), Quels repère.~pour l'Europe ?, 1996. Ana POUVREAU, Une troisièJne voie pour la Ru.~.~ie, 996. 1 Patrick MICHEL, L'Europe médiane. Evolutions. tendance.~ et incertitudes. 1997. Claude KARNOOUH, Vivre et survivre en Roumanie communiste, 1997. Gilles TROUDE, Yougoslavie: un pari impossible, 1998. Maria DELAPERRIÈRE, Histoire littéraire de l'Europe mélliane, 1998. Ana POUVREAU, Les Russes et la sécurité européenne, 1998. Sorin ANTOHI, Imaginaire culturel et réalité politique dan.~ la Roumanie moderne, 1999.

Traian SANDU

La Grande Roumanie alliée de la France
Une péripétie diplomatique des Années Folles?
(1919-1933)

Préface de lean-Paul Bled

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris -FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA my

lK9

1999 ISBN: 2-7384-7872-7

@ L'Hannattan,

Préface
Il faut souligner l'initiative publier de M. Traian Sandu de

118 documents destinés à éclairer les relations francoentre 1919 et 1933. Avant d'opérer cette sélection, M Sandu a dépouillé des

roumaines

milliers de documents aussi bien dans les archives roumaines que françaises, ce qui donne un prix particulier à ce volume, car presque
tous les textes publiés sont inédits, certains le sont, pourrait-on doublement. dire,

Les éclairent
documents. réapparition

repères

chronologiques sous-jacente

retenus par

MSandu de

la problématique

à cette sélection
de novembre d'Adolf

Entre la victoire sur l'Allemagne du péril allemand

1918 et la Hitler au

avec l'arrivée

pouvoir à Berlin, la France a-t-elle réussi à bâtir un système de revers à l'Est qui prendrait la place de la Russie défaillante après la
Révolution d'octobre? Et dans l'affirmative, la Roumanie a-t-elle été

associée à ce système, et si oui, quelle place y a-t-elle occupé? La Roumanie ce recueil de documents. tient, à l'évidence, une place centrale dans

De multiples questions retiennent l'attention

dans le cadre des relations bilatérales et multilatérales. Toutes ces
questions, documents et beaucoup c'est d'autres encore, soulignent qu'à travers ces et, au-delà,

toute la politique

centre-européenne

toute l'action diplomatique de la France entre 1918 et 1933 qui se trouvent éclairés.

La France et la Roumanie ont chacune des réseaux d'alliés et d'amis communs, mais aussi d'adversaires potentiels qui ne correspondent pas toujours. Alors que la France souhaite l'intégrer à un système de revers tourné contre l'Allemagne, la

Roumanie n'est pas poussée par des intérêts vitaux à adopter une position résolument anti-allemande. Inversement, la France n'est pas
obsédée par le facteur hongrois qui constitue, au contraire, pour la

Roumanie une préoccupation

constante. à notre lecture ne nous

Dès lors, les documents proposés découvrent pas seulement

un dialogue entre des nations certes amies,

mais dont les relations sont complexes et parfois même agitées. Ils mettent aussi en scène une pièce dont les acteurs sont multiples. Tous
les Etats de l'espace centre-européen les Grandes Puissances, sont présents, l'Union mais aussi toutes Soviétique, qui ne

sans oublier

s'insère dans le jeu diplomatique que sur la fin de la période, mais dont l'ombre pèse sur toutes ces années. En conclusion, quiconque souhaite avancer dans la connaissance des rapports franco-roumains, étudier la politique de la France en Europe centrale et, au-delà, situer sa place dans

l'ensemble du système diplomatique européen, doit impérativement lire ce recueil de documents, les mettre en relation les uns avec les autres et leur appliquer sa réflexion.

Jean-Paul BLED, Professeur à l'Université de ParisSorbonne (ParisIV), mars 1999.

AVERTISSEMENT
Les fonds utilisés

Ces documents illustrent les moments-clé des relations de sécurité entre la France et la Roumanie, replacées dans un contexte centre-européen large. Sélectionnés principalement dans les archives du Quai d'Orsay et du Service historique de l'armée de Terre, ils sont complétés par les fonds des Affaires étrangères et de la Bibliothèque nationale roumaines. Le dépouillement complet de la sous-série Roumanie pour la période 1918-1933 au sein de la série Z Europe du Quai d'Orsay représente plus de deux cents volumes, qui couvrent minutieusement les relations diplomatiques entre les deux protagonistes, ainsi que les grands aspects de la vie politique, économique et culturelle de la société roumaine. Divers volumes intéressant la Roumanie ont été vus au sein des sous-séries Tchécoslovaquie (au sujet de la Petite Entente et des projets d'entente balkanique) et Russie (concernant la Bessarabie); des volumes particuliers sur le début de la période appartiennent à d'autres séries, comme A Paix ou le Recueil général des actes de la Conférence de la Paix. L'accès à ces sources essentielles m'a été facilité par ma participation à la Commission de publication des Documents diplomatiques français, dirigée par Monsieur Bariéty pour les années 1920.1 Ces fonds constituent la trame principale de la présente publication, soit 84 documents sur 118. Les documents en provenance du Service historique de l'armée de Terre témoignent plus encore de la dimension régionale des relations de sécurité franco-roumaines. Si nous n'avons gardé que
Documents diplomatiques français. nationale, 1997, p.689. I 10 janvier-18 mai 1920, Paris, Imprimerie

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7 documents du SHAT, leur importance leur accorde une place de choix, ainsi que leurs dates significatives le prouvent. Le premier document, du 6 juin 1922, est une note de Weygand pour Pilsudski postérieure à Rapallo et concernant l'organisation de la défense du front oriental. Suit une série de correspondances entre diplomates et militaires du printemps 1924, au moment où Poincaré définissait la portée (politique) et les limites (militaires) des traités qu'il entendait contracter avec les anciens Alliés d'Europe centre-orientale. Enfin, une grande note du 21 janvier 1933 de l'état-major français envisage les diverses hypothèses d'un conflit européen dans le contexte de l'arrivée au pouvoir d'Hitler en Allemagne: les Alliés centreeuropéens restent les seuls dont Paris attend une intervention active en sa faveur. La sélection au sein de ces importants fonds du Château de Vincennes a porté sur la série lN (Conseil Supérieur de la Guerre), 2N (Conseil Supérieur de la Défense nationale), 4N (état-major de Foch, qui est le fonds le plus important pour les années 1922-1924) et 7N (état-major de l'armée et attachés militaires). Les documents roumains sont d'ordre diplomatique. Le ministère des Affaires étrangères détient deux séries particulièrement importantes, dans lesquelles nous avons souvent puisé: le fonds "Paris" regroupe la correspondance avec la légation dans la capitale française et le fonds "France" comprend les principales affaires bilatérales. Dans le fonds Paris, le volume I concerne les affaires politiques et nous en avons dépouillé trente-trois dossiers; le fonds France nous a surtout livré la correspondance roumaine au sujet des négociations du traité avec la France (volume 63), que nous utilisons amplement dans la présente publication, les archives françaises étant parfois lacunaires sur ce sujet. Les fonds Petite Entente et Angleterre ont également servi, ainsi que l'intéressante série "Dossiers spéciaux", dont nous avons notamment utilisé le volume 135 sur les projets français et anglais de construction de base navale à Constanta, les volumes 192 à 195 sur le plan Tardieu d'intégration danubienne et les volumes 201 à 203 sur le plan Briand d'Union européenne. A la Bibliothèque nationale roumaine, nous avons dépouillé l'important fonds Saint-Georges, consacré à la correspondance, souvent privée,

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d'hommes politiques roumains; Take Ionescu et le ministre à Paris de Bratianu, Victor Antonescu, y sont particulièrement bien représentés.

A la recherche d'un ennemi commun, 1919-1933
L'élaboration franco-roumaine d'un système de sécurité: des amitiés communes, mais des intérêts différents (1919-1921) La querelle entre Clemenceau et Ion Bratianu en 1919 à la Conférence de la Paix a porté sur la rentrée tardive de la Roumanie dans le combat, ce qui put faire douter un instant de sa capacité à retrouver le statut d'allié (doc. n01 à 4). Le ralliement apparent de la Roumanie à l'intervention française contre les Bolcheviks en Russie du sud (doc. nOS) débloqua la situation: la Roumanie fut considérée comme alliée (doc. n07), mais le droit à l'auto-proclamation des annexions des provinces revendiquées lui fut refusé (doc. n06), ce qui ouvrit des débats ardus entre Paris et ses représentants à Bucarest (doc. n07) ou entre fonctionnaires du Quai d'Orsay (doc. nOlO). Cela ne doit pas masquer le soutien des militaires et de certains politiques français au remodelage stratégique des frontières qui aboutit à la Grande Roumanie: Paris espérait intégrer la Roumanie dans un bloc d'alliances de revers centre-européennes, offensives contre l'Allemagne et défensives contre la Russie bolchevique, une fois que le principe d'intervention en Russie eût perdu de son actualité et au cas où les Alliés anglo-américains se fussent montrés défaillants: ce bloc de l'Europe médiane devait assurer les communications entre Salonique et Lemberg, afin d'approvisionner la Pologne en matériel militaire; or les noeuds ferroviaires bordant la Transylvanie à l'ouest, se trouvaient sur la ligne brisée de cet axe (doc. n08 et 9i dont il fallut assurer la possession à l'Allié roumain.
2 Voir le tracé de cette ligne sur la carte de notre thèse, à paraître dans la même collection.

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La révolution bolchevique de Budapest risquait d'ailleurs d'aboutir à une jonction des troupes rouges de Hongrie et d'Ukraine (doc. 0°11) : Clemenceau voulut en profiter pour placer l'armée roumaine sous le haut commandement du général Franchet d'Espérey, sous le prétexte d'une meilleure coordination des forces antibolcheviques (doc. 0°12), pour reprendre les projets d'intervention anti-russes (doc. 0°16). Pour rassurer les Roumains, il approuva l'avancée de leurs troupes dans la totalité de la Transylvanie et de la Crisana, sans pour autant reconnaître encore officiellement l'annexion de ces provinces (doc. 0°14) ou approuver une occupation de Budapest (doc. 0°16). Mais son projet de commandement unique en Orient échoua devant le désintérêt des Roumains, qui occupèrent la ligne de la Tisza, annulant ainsi largement le danger d'une jonction hungaro-ukrainienne (doc. 0°13 à 15). Toutefois, l'offensive hongroise contre la Tchécoslovaquie en mai 1919 attira à Budapest des menaces d'occapation de la part de la Conférence des Alliés (doc. 0°17), occupation à laquelle Foch encouragea les Roumains contre l'avis de l'Entente cette fois (doc. 0°18) et qui fut réalisée au début d'août (doc. 0°19). Les tensions entre la Conférence et Bratianu, rentré à Bucarest, furent structurées par plusieurs affaires liées à la formation de la Grande Roumanie. Les réquisitions arbitraires opérées par les Roumains en Hongrie (doc. 0°20, 21 et 23) et le refus de Bucarest contre une législation protégeant spécialement les minorités, et notamment les Juifs, amenèrent les Roumains à rejeter le traité avec l'Autriche (doc. 0°21). Finalement, la Conférence se décida à expédier un ultimatum à la Roumanie, dont la diplomatie française s'employait à adoucir les termes (doc. 0°26), car elle avait de nouveau besoin de l'appui roumain aux Russes blancs (doc. 0°25). L'évacuation de Budapest et la signature des traités de paix et des minorités par la Roumanie le 10 décembre 1919 débloquèrent les relations franco-roumaines (doc. 0°28). Elles aboutirent à la promesse de la reconnaissance de l'annexion de la Bessarabie (doc. 0°29), rapidement compromise par la montée des tensions entre la Pologne et la Russie bolchevique, que la Roumanie

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ne voulait pas combattre, mais qui risquait, en cas de victoire sur la Pologne, de détruire les projets de système français en Europe centrale et de priver Bucarest du soutien de Paris dans l'acquisition de la Bessarabie (doc. n030 et 33). Ainsi Paris, après avoir d'abord soutenu sans défaillance la cause des Petits Alliés dans le partage des provinces hongroises (doc. n032), montra de la réticence face à la formation de la Petite Entente, qui rejetait la Hongrie du côté de l'Allemagne (doc. n034) et privait la Pologne d'un allié contre la Russie. La Roumanie, isolée par ['incurie tchécoslovaque et menacée de troubles sociaux et ethniques en Bessarabie, ne pouvait rien faire contre l'armée rouge (doc. n035). Finalement, la victoire polonaise ouvrit le cycle des traités centre-européens sur la base de l'unité des petits vainqueurs: l'alliance polono-roumaine s'esquissait sous les auspices de la France (doc. n036) et cette dernière se rallia enfin à la Petite Entente (doc. n037); mais Paris et Bucarest tentèrent surtout de rapprocher ces deux volets du système, que divisait la dissension polono-tchécoslovaque (doc. n038). La France et la Roumanie réagirent avec modération face à la seconde tentative de restauration habsbourgeoise (doc. n039), qui permit néanmoins aux Alliés d'associer indirectement la Petite Entente à la surveillance du désarmement hongrois (doc. n040).

Le flottement du système devant l'accumulation (1922-1928)

des divergences

Ainsi, l'année 1922 inaugura le fonctionnement du système centre-européen de la France, immédiatement soumis aux questions d'un traité militaire (doc. n042) et de la préparation de la conférence de Gênes, où la Petite Entente adopta globalement [es thèses françaises (doc. n043 et 44). Rapallo donna une certaine impulsion à la coopération militaire franco-centre-européenne (doc. n045 et 47), mais Bratianu se montra tiède à l'idée de participer à un conflit franco-allemand (doc. n046). A l'inverse, Poincaré le menaça de lui refuser les crédits de cent millions de francs destinés à

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l'armement de la Roumanie si celle-ci faisait une politique anglophile en engageant des troupes contre la Turquie (doc. n048). Le gouffre continua à se creuser avec la convention militaire polono-roumaine, puisque la Pologne promettait à la Roumanie des troupes contre la Russie qu'elle avait aussi promises à la France contre l'Allemagne (doc. n049)-, même si les diplomates français à Bucarest se montraient satisfaits de cette coopération renforcée (doc. n051). L'engagement de la France dans la Ruhr l'amena à chercher la satisfaction de ses amis d'Europe centrale, et le projet de crédit à l'armement roumain fit des progrès, ainsi que le projet de ratification de la Convention bessarabe d'octobre 1920 (doc. n052). A mesure que l'isolement diplomatique de la France s'aggravait, la Petite Entente penchait du côté de la Grande Bretagne (doc. n056), y compris dans l'affaire de l'emprunt de relèvement de la Hongrie (doc. n055). Lors de la sortie de la crise, au tournant de l'année 1923, Poincaré tenta de reprendre en main les pays d'Europe centrale en leur proposant de signer des traités d'alliance (doc. n057), tout en évitant soigneusement de promettre une clause de garantie spéciale de la Bessarabie aux Roumains (doc. n058, 63 et 67). L'échec de l'emprunt d'armement roumain refroidit les relations franco-roumaines au début de l'année 1924, mais l'amorce de discussions militaires francopolono-roumaines (doc. n06O, 61, 64 et 66), la ratification par la Chambre française de la Convention bessarabe le Il mars (doc. n062 et 65) et le projet de traité relancèrent les rapports sur des bases cordiales. Contrairement à une vision de l'historiographie conservatrice, l'arrivée du Cartel des Gauches et son projet de reconnaissance de l'Union Soviétique ravivèrent l'espoir des Roumains de voir Moscou reconnaître l'annexion de la Bessarabie (doc. n068); certes, le projet échoua (doc. n072), tandis que l'éventualité d'une restitution aux Soviets de la flotte de Wrangel (doc. n069) et une insurrection bolchevique en Bessarabie (doc. n071) les effraya. Néanmoins, le projet de traité bilatéral ne fut pas abandonné (doc. n070), et fut même repris avec une vigueur nouvelle de la part des Roumains, cette fois, au début de l'année 1925 (doc.

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n073 et 74). Malheureusement pour eux, Herriot, puis surtout Briand à partir d'avril, semblaient décidés à aboutir d'abord dans l'affaire du pacte rhénan, qu'ils se refusèrent à compromettre par la signature de traités de revers avec la Roumanie et avec la Yougoslavie, malgré les insistances roumaines (doc. n074 à 80). Le traité finalement signé le 10 juin 1926 fut accompagné d'un protocole roumain de nonagression envers l'Union Soviétique et d'une convention militaire secrète (doc. n081); malgré son inocuité relative, il attira des protestations soviétiques (doc. n082) après que Mussolini eut également signé un traité avec la Roumanie du charismatique général Averescu en septembre 1926. Les assurances pacifiques de Litvinov envers Bucarest (doc. n084) ne rassurèrent aucunement le ministre de France à Bucarest (doc. n087) et n'empêchèrent pas Mussolini de ratifier la Convention bessarabe en mars 1927 (doc. n083), toujours dans le souci de concurrencer l'influence de la France en Europe centrale. Néanmoins, Paris remporta un succès dans cette épreuve de force lors de la conférence de la Petite Entente de Jachimov (doc. n085 et 86). Le premier passage de Titulescu aux Affaires étrangères détermina un nouveau tournant favorable à l'Italie (doc. n089 et 90), afin de contrer la tendance du Duce à favoriser le révisionnisme hongrois au détriment de la Petite Entente (doc. n091) et pour calmer les mouvements d'extrême-droite à l'intérieur (doc. n088). La diplomatie roumaine adhéra aussi, dans ce but de sécurité, au pacte BriandKellogg de renonciation à la guerre (doc. n092), puis à son application par les Etats circumrussiens, dans le cadre du protocole Litvinov.

Efforts français pour entraîner (1929-1933)

la Roumanie contre l'Allemagne

L'ère des crises des années 1930 s'ouvre, dans ce recueil, avec l'offensive commerciale allemande pour concurrencer la France sur le marché aéronautique roumain (doc. n093 et 94) et avec un

Il

témoignage concernant les progrès du pacifisme et du révisionnisme au sein de l'opinion française (doc. 0°96). Le premier semestre de 1930 est dominé par les rumeurs d'agression soviétique et d'instabilité en Bessarabie, étrangement mêlées à une affaire trouble de commandes de matériel d'infanterie qui opposait entreprises françaises et tchécoslovaques (doc. 0°97 et 98). La France se heurta également à la concurrence britannique dans l'établissement de plans en vue d'une base navale en Mer Noire (doc. 0°99 et 100). La réaction française prit d'abord la forme de plans d'ensemble, avec le projet d'Union européenne de Briand. La réponse des Affaires étrangères roumaines souligne, au-delà de l'approbation formelle, le souci d'éviter la formation d'un Concert des Grandes Puissances, dictant à des Petits soudainement privés du cadre de la Société des Nations, où régnait le principe de l'unanimité dans les votes importants comme la révision des Traités (doc. 0°101). Mais le plan Briand se heurta à l'aggravation de la crise et à la tentative germano-autrichienne d'union douanière, dont les aspects commerciaux intéressaient la Roumanie et la Yougoslavie, malgré les dénégations de leurs diplomaties respectives (doc. 0°102). Depuis l'accession du roi Carol II en juin 1930, les élites roumaines avaient d'ailleurs évolué en faveur de l'Allemagne et de l'Italie, mais sans se détourner pour autant les alliances traditionnelles avec la Petite Entente et avec la France (doc. 0°103). La réaction française se précisa donc à l'égard de la Roumanie dans deux directions. La Roumanie fut discrètement invitée à conclure un pacte de non-agression avec Moscou, malgré le contentieux bessarabe, et en prenant exemple sur la Pologne et sur la France; cette dernière attendait la décision roumaine pour signer le pacte qu'elle avait paraphé en août 1931 (doc. 0°104). Mais Tardieu mit le projet de pacte en veilleuse, dans l'espoir d'aboutir rapidement un plan de relèvement de l'Europe danubienne grâce à une intégration douanière zonale qui eût exclu la prépondérance économique -et, à terme, politique- de l'Allemagne, sans faire appel au compromettant contrepoids soviétique; mais l'urgence de la crise économique roumaine poussa Bucarest à accepter la mise en vigueur du traité

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préférentiel avec Berlin plutôt que le plan Tardieu (doc. 0°105). Le Quai d'Orsay relança donc la médiation pour un pacte de nonagression roumano-soviétique, en exerçant une pression croissante sur une diplomatie roumaine rétive, d'autant que la Pologne se décida à signer sans attendre la Roumanie en juillet 1932 (doc. 0°106 à 110). Le retour de Titulescu aux Affaires étrangères scella l'échec de la France, qui signa séparément avec Moscou, et l'évolution de la classe politique roumaine vers Berlin (doc. 0°111 à 113, 116 et 118). L'étatmajor français continuait néanmoins à échafauder des plans prenant en compte les alliés centre-européens de la France (doc. 0°114). Il fallut les chocs du droit au réarmement de l'Allemagne, puis du projet de Pacte à Quatre révisionniste entre les Puissances occidentales -auquel l'Union Soviétique, la Roumanie et la Petite Entente réagirent violemment au printemps 1933 (doc. 0°115)pour que Moscou renonce implicitement à la Bessarabie par la Convention pour la définition de l'agresseur, signée avec les Etats circumrussiens à Londres, les 3 et 4 juillet 1933 (doc. 0°117). Soviétiques et Roumains semblèrent dès lors se rallier aux projets anti-allemands de la France: étaient-ils sincères?

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Liste des documents

1- Instructions de Clemenceau aux généraux Franchet d'Esperey et Berthelot du 7 octobre 1918. 2- Note de Lacombe du 9 novembre 1918 sur l'intérêt relatif à collaborer avec la Roumanie. 3- Télégramme de Saint-Aulaire à Pichon du 10 novembre 1918 sur le statut d'allié de la Roumanie. 4- Télégramme de Victor Antonescu à Bratianu du 23 décembre 1918 sur les revendications roumaines. 5- Télégramme de Ion Antonescu à Bratianu du 29 décembre 1918 sur la coopération franco-roumaine à Odessa. 6- Télégramme circulaire de Pichon du 4 janvier 1919 refusant les conclusions d'Alba-Iulia. 7- Télégramme de Pichon à Saint-Aulaire du 15 janvier 1919 transmettant un message de Clemenceau pour le général Berthelot contre les revendications roumaines abusives. 8- Procès-verbal de la séance du Il février 1919 de la Commission territoriale des affaires roumaines. 9- Note du général Alby du 19 février 1919 à la Commission territoriale des affaires roumaines. 10- Note de Kammerer à Laroche du 4 mars 1919 sur la Bessarabie. 11- Télégramme du commandant Dimitriu du 25 mars 1919 au Grande Quartier général roumain sur le front anti-bolchevik. 12- Dépêche de Clemenceau à Pichon du 8 avril 1919 accompagnée d'un projet de convention militaire franco-roumaine pour un commandement français en Orient. 13- Télégramme de Clemenceau aux généraux Franchet d'Esperey et de Lobit du 14 avril 1919 sur une éventuelle agression hongroise. 14- Télégramme de Saint-Aulaire à Pichon du 18 avril 1919 sur les réticences roumaines au sujet du commandement français unifié en Orient. 15- Note du Département du 26 avril 1919 sur l'offensive roumaine jusqu'à la Tisza.

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16- Télégramme de Clemenceau à Franchet d'Esperey du 30 mai 1919 contre une éventuelle occupation roumaine de Budapest et pour l'intervention roumaine en Russie. 17- Télégramme de Clemenceau au général Mittelhauser du 7 juin 1919 sur une éventuelle offensive alliée contre Budapest. 18- Dépêche du colonel Dumitrescu au général Prezan du 28 juillet 1919 sur les encouragements de Foch à occuper Budapest. 19- Télégramme de Clemenceau à Bucarest, Londres et Rome du 3 août 1919 contre l'occupation roumaine de Budapest. 20- Télégramme de Clemenceau à Cambon du 6 août 1919 contre l'armistice imposé par les Roumains à Budapest. 21- Télégramme de Victor Antonescu à Bratianu du 19 août 1919 sur les tensions avec la Conférence. 22- Télégramme de Victor Antonescu à Bratianu du 10 septembre 1919 sur les minorités et sur la Bessarabie. 23- Télégramme de Pichon à Bucarest du 12 septembre 1919 pour J'évacuation concertée de Budapest. 24- Télégramme de Victor Antonescu à Bratianu du 23 septembre 1919 sur le contentieux avec la Conférence. 25- Télégramme de Maugras à Pichon du 26 octobre 1919 sur la reconnaissance de la Bessarabie roumaine par Koltchak. 26- Télégramme de Victor Antonescu à Misu du 13 novembre 1919 sur le contentieux avec la Conférence. 27- Note du Département du 8 janvier 1920 sur le contrôle militaire de la Hongrie. 28- Télégramme de Saint-Aulaire à Pichon du 14 janvier 1920 sur un éventuel traité franco-roumain. 29- Télégramme de Millerand à Bucarest du 23 janvier 1920 sur l'attribution de la Bessarabie à la Roumanie. 30- Télégramme de Cambon à Pichon du 25 février 1920 sur les réticences roumaines à collaborer avec les Polonais. 31- Télégramme de Ghica à Vaida-Voevod du 4 mars 1920 sur le veto français aux négociations roumano-soviétiques. 32- Télégramme de Boerescu à Zamfirescu du 22 mars 1920 sur la frontière avec la Hongrie.

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33. Dépêche de Cambon à Pichon du 25 mars 1920 sur les réticences roumaines à aider les Polonais. 34. Té]égramme de Millerand à Athènes et à Varsovie du 24 août 1920 contre ]a Petite Entente. 35. Dépêche de Daeschner à Millerand du 25 août 1920 sur l'instabilité en Bessarabie. 36- Télégramme de Ionescu à Ghica du 7 janvier 1921 sur les efforts franco-roumains de rapprochement polono-tchécoslovaque. 37- Note de Montille du 14janvier 1921 sur la Petite Entente. 38- Télégramme de Ghica à Ionescu du 4 février 192] sur la pression française pour rapprocher la Pologne de la Petite Entente. 39- Télégramme de Daeschner à Briand du 27 octobre 1921 sur la modération franco-roumaine à l'égard de la restauration de Charles de

Habsbourg.

'

40- Télégramme circulaire de Peretti du 23 novembre 1921 sur la surveillance militaire de la Hongrie. 41- Télégramme de Ghica à Ionescu du 27 décembre 1921 sur la démission de Berthelot. 42- Dépêche du général Pétin à la Guerre du 13 janvier 1922 sur la collaboration militaire franco-roumaine. 43- Télégramme de Ghica à Bratianu du 30 janvier 1922 sur la collaboration avec la France à Gênes. 44- Télégramme de Clément-Simon à Poincaré du 14 mars 1922 sur la pré-conférence de Belgrade. 45- Lettre de Weygand à Buat du 6 juin 1922, accompagnée d'une note de Weygand pour Varsovie sur la défense du front oriental. 46- Dépêche de Daeschner à Poincaré du 8 juin 1922 sur la volonté roumaine de rapprochement franco-allemand. 47- Note pour Peretti du 13juillet 1922 sur le transport de matériel de guerre vers la Pologne et vers la Roumanie. 48- Télégramme de Poincaré à Daeschner du 23 septembre 1922 pour une politique pro-française de'la Roumanie dans les Balkans. 49- Dépêche de Daeschner à Poincaré du Ier octobre 1922 accompagnée d'une note sur la convention militaire polono-roumaine.

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50- Dépêche de Sartiges à Poincaré du 28 octobre 1922 au sujet d'incidents parlementaires roumano-hongrois. 51- Dépêche de Sartiges à Poincaré du 4 novembre 1922 sur la convention militaire polono-roumaine. 52- Projet de loi du 7 février 1923 pour un emprunt roumain de cent millions de francs. 53- Dépêche de Manneville à Poincaré du 25 février 1923 sur l'inquiétude de Bratianu quant à la rupture de l'Entente cordiale. 54- Note de Peretti du 6 mars 1923 sur l'emprunt de cent millions et la ratification de la convention bessarabe. 55- Télégramme circulaire de Poincaré du 26 juillet 1923 sur l'emprunt hongrois. 56- Télégramme de Duca à Victor Antonescu du 21 novembre 1923 sur le refus roumain à intervenir à Londres contre l'Allemagne. 57- Télégramme de Victor Antonescu à Duca du 26 janvier 1924 sur les traités entre la France et les pays d'Europe centrale. 58- Note de Peretti du 29 janvier 1924 sur un traité avec la Roumanie. 59- Télégramme de Victor Antonescu à Duca du 4 février 1924 sur la reconnaissance de la Bessarabie roumaine lors d'une éventuelle reconnaissance des Soviets par Poincaré. 60- Dépêche du général Dupont à Maginot du 10 février 1924 sur la collaboration militaire franco-polono-roumaine. 61- Dépêche de Manneville à Poincaré du 1er mars 1924 sur la collaboration militaire franco-polono-roumaine. 62- Dépêche de Poincaré à Foch du 14 mars 1924 sur le futur traité franco-roumain. 63- Note de Laroche du 28 mars 1924 sur le danger à garantir la Bessarabie dans un éventuel traité avec la Roumanie. 64- Dépêche de Poincaré à Maginot du 29 mars 1924 sur la prudence dans les discussions militaires avec les Roumains. 65- Loi du 9 avril 1924 portant approbation du Traité relatif à la Bessarabie. 66- Dépêche de Poincaré à Maginot du Il avril 1924 sur les discussions militaires franco-polono-roumaines.

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67- Dépêche de Poincaré à Couget du 6 mai 1924 sur le projet de traité franco-roumain. 68- Télégramme de Duca à Victor Antonescu du 13 juin 1924 sur la volonté roumaine de se voir reconnaître la Bessarabie lors de la reconnaissance des Soviets par Herriot. 69- Lettre de Duca à Manneville du 24 juin 1924 contre la restitution aux Soviets de la flotte de Bizerte. 70- Dépêche de Herriot à Manneville du 28 juin 1924 sur le traité franco-roumain. 71- Dépêche de Manneville à Herriot du 23 septembre 1924 sur l'insurrection bolchevique de Tatar-Bunar, en Bessarabie. 72- Télégramme de Herriot du 23 octobre 1924 à Belgrade, Bucarest et Varsovie sur la reconnaissance des Soviets. 73- Télégramme de Diamandi à Duca du 29 janvier 1925 sur le traité franco-roumain. 74- Télégramme de Diarnandi à Duca du 21 février 1924 sur le traité franco-roumain. 75- Lettre de Diamandi à Briand du 30 mai 1925 sur le traité francoroumam. 76- Télégramme de Berthelot à Belgrade et à Bucarest du 1er août 1925 sur les traités franco-roumain et franco-yougoslave. 77- Dépêche de Briand à Billy du 10 septembre 1925 sur le traité franco-roumain. 78- Télégramme de Billy à Briand du 18 février 1926 sur le renouvellement du traité polono-rournain. 79- Télégramme de Billy à Briand du 19 février 1926 sur les traités franco-roumain et polono-roumain. 80- Dépêche de Billy à Briand du 5 juin 1926 sur le traité francoroumain. 81- Traité franco-roumain du 10juin 1926 et ses annexes. 82- Télégramme de Briand à Herbette du 24 janvier 1927 contre les protestations soviétiques. 83- Dépêche de Laroche à Briand du 14 mars 1927 sur l'influence italienne en Roumanie.

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84- Dépêche de Herbette à Briand du 4 mai 1927 sur les relations franco-russo-roumaines. 85- Télégramme de félicitations du 19 mai 1927 de Briand à la Petite Entente après la Conférence de Jachimov. 86- Télégramme de félicitations du 19 mai 1927 de Berthelot à la Petite Entente pour sa politique envers l'Anschluss. 87- Dépêche de Clinchant à Briand du 3 juin 1927 contre le rapprochement roumano-russe. 88- Dépêche de Laigue à Briand du 22 décembre 1927 au sujet de manifestations antisémites en Transylvanie. 89- Note du 3 février 1928 sur une conversation avec Titulescu. 90- Télégramme de Briand à Berlin du 7 février 1928 sur la politique de Titulescu. 91- Télégramme de Louis de Vienne à Briand du 19 juin 1928 sur l'intégration de la Hongrie à la Petite Entente. 92- Déclaration roumaine du 4 septembre 1928 d'adhésion au pacte Briand-Kellogg. 93- Télégramme de Berthelot à Puaux du 16 octobre 1929 sur l'influence aéronautique allemande en Roumanie. 94- Télégramme de Puaux à Briand du 19 octobre 1929 sur la fidélité roumaine à la France en matière de coopération aéronautique. 95- Télégramme de Corbin à Puaux du 28 décembre 1929 sur ['équilibre budgétaire et l'armement roumain. 96- Dépêche de Louis de Vienne à Briand du 5 février 1930 sur des publications pacifistes françaises. 97- Télégramme de Berthelot à Puaux du 21 février 1930 sur la menace soviétique en Bessarabie. 98- Télégramme de Puaux à Briand du 14 mars 1930 sur les commandes roumaines d'armement. 99- Télégramme de Titulescu à Mironescu du 14 mars 1930 sur la base navale à la Mer Noire. 100- Note de Costiescu Ghica du 26 juin 1930 sur la base navale à la Mer Noire. 101- Lettre de Mironescu à Puaux du 9 juillet 1930 sur le Mémorandum Briand.

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102- Télégramme de Charles-Roux à Briand du 24 mars 1931 sur l'Anschluss économique. 103- Note de la Baume du 5 décembre 1931 sur le voyage du général Le Rond à Bucarest. 104- Lettre de Massigli à Berthelot du 10 mars 1932 sur le pacte de non-agression roumano-soviétique. 105- Télégramme de Ghica à Cesianu du 16 mars 1932 sur le traité commercial germano-roumain. 106- Lettre de Massigli à Berthelot du 24 mai 1932 sur le pacte roumano-soviétique. 107- Télégramme de Léger à Bucarest du 16 juin 1932 pour le pacte roumano-soviétique. 108- Télégramme de Léger à Bucarest du 1er septembre 1932 pour le pacte roumano-soviétique. 109- Télégramme de Puaux à Herriot du 20 septembre 1932 sur le pacte roumano-soviétique. 110- Télégramme de Léger à Puaux du 27 septembre 1932 pour le pacte roumano-soviétique. 111- Télégramme de Berthelot à Puaux du 13 octobre 1932 sur le pacte roumano-soviétique. 112- Note de Berthelot du 27 octobre 1932 après une visite de Dovgalevsky sur le pacte avec la Roumanie 113- Note interne du Département du 17 décembre 1932 sur la politique francophobe du roi et de Titulescu. 114- Note de l'état-major français du 21 janvier 1933 sur la coopération militaire entre la France et les pays d'Europe centrale. 115- Dépêche de Titulescu au roi Carol et au Premier ministre VaidaVoevod du 9 avril 1933 sur le Pacte à Quatre. 116- Dépêche de Puaux à Paul-Bon cour du 17 avril 1933 : rapport de fin de mission. 117- Télégramme de Corbin à Paul-Boncour du 28 juin 1933 sur la Convention de définition de l'agresseur et le rapprochement entre Titulescu et Litvinov. 118- Dépêche d'Ormesson à Paul-Bon cour du 9 juillet 1933 sur la germanophilie de Carol II et du Premier ministre Vaida-Voevod.

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Liste des abréviations

AMAEF : Archives du Ministère des Affaires étrangères français

AMAER : Archives du Ministère des Affaires étrangères roumain BNR : Bibliothèque Nationale roumaine
D : dépêche

f. : folio fd : fonds L : lettre
SHA T : Service historique de l'armée de Terre s.d., s.n. : sans date, sans numéro

T : télégramme Z Roumanie: série Z Europe, sous-série Roumanie, des Archives du Ministère des Affaires étrangères français

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Documents

-1M.Clemenceau, président du Conseil, ministre de la Guerre,
au général Louis Franchet d'Esperey, commandant en chef les Armées Alliées d'Orient, et au général Henri Berthelot, chargé de mission en Roumanie. Paris, le 7 octobre 1918. Instruction personnelle et secrète.
PLAN D'ACTION MILITAIRE EN ORIENT

IJ Les buts de l'Entente L'armistice que vient de conclure la Bulgarie ouvre une phase nouvelle de la guerre, caractérisée par la possibilité, pour l'Entente, de porter la guerre sur la frontière même de l'Autriche, et d'étendre son action militaire et maritime vers la Roumanie et la Russie méridionale. Les Puissances de l'Entente doivent exploiter cette situation pour réaliser les buts généraux ci-après définis: 1°- Libération intégrale de la Serbie; 2°_ Reprise du contact avec la Roumanie, puis avec la Russie méridionale, en vue de la reconstitution progressive d'un front oriental formant barrage à l'expansion allemande, et pouvant servir ultérieurement de base de départ pour de nouvelles actions offensives contre les Puissances centrales; 3°- Isolement de la Turquie par terre et par mer pour la contraindre à son tour à un armistice et nous ouvrir la libre communication entre la Méditerranée et la Mer Noire.

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III Les possibilités de l'ennemi 10_Les Puissances Centrales, dont les forces occupent la Roumanie, l'Ukraine et l'Albanie, et qui ont participé avec les Bulgares à l'occupation de la Serbie, peuvent chercher à couvrir leur emprise sur ces territoires: - soit par l'organisation d'une solide défense en Vieille Serbie et sur le Danube, -soit par des actions offensives, partant de ces bases, et dirigées contre les Armées Alliées. Cette dernière attitude leur est rendue difficile en raison de la situation à laquelle elles ont à faire face en Russie-Roumanie, et de la nécessité qui leur est imposée de réserver leurs disponibilités pour le front occidental. Il convient néanmoins d'en prévoir l'éventualité pour éviter toute surprise. 20_ Quant à la Turquie, une réaction sérieuse de sa part semble improbable, en raison de l'état de ses armées au lendemain de la victoire britannique de Palestine et de la rupture de ses communications terrestres avec les Puissances Centrales. L'interdiction de ses communications maritimes avec ces mêmes Puissances la mettra, sans doute, dans l'obligation de renoncer à la lutte. Dans l'hypothèse contraire, une action militaire, partant de la frontière bulgare, et orientée en direction de Constantinople, pourra être entreprise, dès que la situation du front d'Orient permettra de disposer des forces suffisantes pour cette opération. TIll Plan d'action militaire Le développement de l'action militaire nécessairement plusieurs phases successives. comportera

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