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La guerre d'Algérie en trente-cinq questions

De
168 pages
Loin des exagérations, des simplifications, des mises en accusation unilatérales et des défoulements culpabilisants, ce livre met les choses au point sur la guerre d'Algérie. A la réécriture du passé, à l'agit-prop, au manichéisme, il oppose tout simplement les fruits de la méthode historique, de la recherche et de la consultation répétée des archives.
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La guerre d' Algérie en trente-cinq questions

(Ç)

L'Harmattan,

2008

5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-05414-1 EAN : 9782296054141

Jean MONNERET

La guerre d'Algérie en trente-cinq questions

L'Harmattan

1.

Qu'appelle-t-on

la guerre d'Algérie?

On appelle guerre d'Algérie le conflit qui s'est déroulé sur ce territoire entre 1954 et 1962. Un débat a eu lieu, en France, à propos de la date précise de sa conclusion (voir 24èmequestion). Il opposait à l'Armée française des Algériens musulmans qui avaient pris les armes pour combattre la souveraineté française, sous la direction du FLN (Front de Libération Nationale). L'Armée française recevait le soutien de la majorité des Européens vivant en Algérie, au nombre d'un million environ, soit le dixième de la population de l'époque. Elle recevait aussi le soutien de nombreux Algériens musulmans. Parmi ces derniers, les uns étaient attachés au maintien de la souveraineté française, d'autres étaient partisans de l'indépendance, mais tout en étant hostiles au Front de Libération Nationale (FLN) tenu pour une organisation totalitaire.
Les gouvernements français de ce temps étaient très réticents er à appeler guerre d'Algérie, le conflit qui s'engagea le 1 novembre 1954. Il ne fut qualifié ainsi que relativement récemment par l'Assemblée nationale, le 18 octobre 1999.

L'Administration et les responsables politiques de l'époque préféraient parler d'opérations de maintien de l'ordre. En réalité, ceci ne mérite pas que l'on polémique. En effet, la position de l'Administration et son refus de parler de guerre, s'expliquent par le fait que les combats se déroulaient sur un territoire constitué alors de départements français. Il n'y avait pas de guerre au sens juridique du terme puisque, aucune déclaration, correspondante émanant d'un état, n'avait précédé les actions militaires. Il est vrai cependant que la vigueur de celles-ci, leur durée, la violence des luttes mettant aux prises les protagonistes, ainsi que les affrontements et les divisions suscités dans la population étaient ceux d'une guerre civile.

Ceci était d'ailleurs quasi officiellement reconnu puisque le ministre de la Défense, André Morice présida le 26 juillet 1957, à Constantine, un Comité de guerre. Le 13 février 1959, le général de Gaulle déclara de son côté: « il faut en finir avec cette guerre» (Maurice Faivre. Conflits d'autorité durant la guerre d'Algérie. L'Harmattan 2004).

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2.

Quand la guerre d'Algérie a-t-elle débuté? Elle a débuté le 1er novembre 1954, à 0 heure ce qui

correspondait au jour de la Toussaint. Les journalistes ont parfois désigné cette date comme la Toussaint Rouge, par allusion au sang qui coula alors. De même, les initiateurs de cette insurrection: Ahmed Boudiaf, Mustapha Ben Boulaïd, Rabah Bitat, Mourad Didouche, Belkacem Krim et Larbi Ben M'hidi furent-ils désignés comme les Fils de la Toussaint par Yves Courrière, dans un livre célèbre ~nom qui leur est resté. Ces hommes étaient à la tête du CRUA (Comité Révolutionnaire d'Unité et d'Action plus tard devenu le FLN). Il s'agissait d'un groupuscule nationaliste qui avait décidé de lancer un mouvement armé, à l'échelle de l'Algérie, en se détournant du MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques), avatar du PPA (Parti du Peuple Algérien) de Messali Hadj. Ce dernier avait pris, vers 1928, la direction de l'Etoile Nord-africaine, organisation anticoloniale, créée en 1926, à l'instigation de l'Internationale Communiste par la section coloniale du PCF. Dans la décennie qui suivit, le tlemcenien Mesli Hadj, dit Messali Hadj, homme pieux et attaché à l'islam, s'éloigna de plus en plus du mouvement communiste. Il créa en 1937, le Parti du Peuple Algérien, sur une base strictement nationaliste. Les rapports entre les nationalistes algériens et les communistes étaient alors si mauvais que la presse du Parti les appelait les nazionalistes. Messali lui-même, ne semble pas avoir eu de sympathies pro allemandes et il épura son Comité central des germanophiles. Il est considéré, à juste titre, comme le père du nationalisme algérien (voir également 8ème question).

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Le MTLD, qui succéda au PPA le 10 novembre 1946, se divisa entre ses propres partisans, les Messalistes et les partisans du Comité central, les Centralistes, que dirigeait Rocine Lahouel. En 1954, le MTLD végétait, paralysé par les scissions et les conflits internes. Le déclenchement d'une lutte armée en 1954, fut donc, dans une certaine mesure, une surprise. Bien que peu impressionnante sur le moment, en raison du chiffre réduit des attentats commis (l'Oranie restant pour l' essentiel calme), l'insurrection allait embraser l'Est algérien, notamment les Aurès. Ceci nécessita l'envoi de renforts militaires toujours plus considérables. Les opérations prirent rapidement une vaste ampleur dans le Constantinois et la Kabylie; l'Algérois sera touché de manière plus lente. Messali et ses partisans refusèrent de se rallier au CRUA FLN et créèrent leur propre mouvement indépendantiste: le MNA (Mouvement National Algérien).

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3. Comment et pour quelles raisons la guerre a-telle débuté?
Cette question renvoie partiellement au problème des droits civiques des musulmans, qui fut un casse-tête que les Républiques successives ne surent pas résoudre (voir 14ème question). Nous traitons ici des influences extérieures à l'Algérie. Ces facteurs ont agi par l'intermédiaire de contradictions internes que nous analysons à la question suivante. Car, aux erreurs commises par l'administration française se surajoutent d'autres causes. Il convient de les évoquer succinctement. Le monde musulman a été travaillé dans la deuxième moitié du XIXè siècle, en particulier, par différentes crises. L'effondrement de l'Empire Ottoman à l'issue de la 1èreguerre mondiale, l'apparition de graves problèmes politiques en Palestine se sont accompagnés d'une exacerbation du nationalisme. Celui-ci a été précédé par un renouveau islamique important présenté, dans le monde arabe, comme une Renaissance (nahda). Ceci n'a pas manqué d'influencer l'Algérie, non seulement dans ses couches sociales les plus instruites ce qui a donné, entre autres le mouvement des Oulémas du cheikh Ben Badis, mais encore dans la masse. Celle-ci, victime de sa démographie galopante (surtout à partir

des années trente) 1, a vu ses conditions de vie se dégrader. Les
frustrations qui en découlèrent furent récupérées par les différents partis indigènes, dont le Parti du Peuple Algérien (PPA) de Messali Hadj et plus tard l'Union Démocratique du Manifeste Algérien (UDMA) de Ferhat Abbas, qui devinrent de plus en plus influents.

Guy Pervillé. Pour une histoire de la guerre d'Algérie. Picard 2002 p.61-62 et suiv. Il

1

A l'ouest et à l'est de l'Algérie, le Maroc et la Tunisie étaient demeurés des protectorats, statut qui ne remettait pas en cause leur identité arabo-islamique (encore que le Maroc englobât une très forte minorité berbère constamment menacée d'arabisation). Tout naturellement donc les deux protectorats réclamèrent, à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, une évolution vers l'autonomie puis l'indépendance. Cet exemple ne pouvait manquer de jouer sur la situation algérienne, et l'évolution des esprits. Le statut de 1947 prenait, en quelque sorte, acte de tout cela en renforçant ce que l'on commença d'appeler, à l'époque, lapersonnalité algérienne. Sur le plan extérieur, une autre influence s'exerça aussi dès 1917, et plus encore après 1945, celle de l'URSS et de ce qu'il était convenu d'appeler le camp socialiste (en fait communiste). A partir de 1949, tant l'Union Soviétique que la Chine réclamèrent la fin des Empires coloniaux et l'émancipation des peuples colonisés. Ceci aboutit notamment, et entre autres, à l'intensification de la guerre d'Indochine. La défaite française à Dien-Bien-Phu en mai 1954 eut un immense écho au Maghreb et encouragea tous les mouvements nationalistes, y compris et peut-être surtout les plus violents. Mais à cette époque, l'esprit révolutionnaire était déjà bien implanté en Algérie, en particulier dans le Constantinois. Du côté américain également, l'Empire français fit l'objet d'attaques et de manœuvres diverses. Les diatribes anticolonialistes du sénateur Kennedy devant le Congrès des Etats-Unis, en 1957, sont largement connues. Elles furent un encouragement pour le FLN. Il y aurait, aussi et surtout, un livre à écrire sur les agissements clandestins des sociétés pétrolières, des églises évangéliques et du Peace Corps dont les archives sont présentement inaccessibles. Certaines grandes sociétés, acquises à la décolonisation, ont encouragé et parfois financé le nationalisme algérien.

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4. Quelles furent les différentes phases du conflit?
La guerre d'Algérie se divise en deux grandes périodes: la première va de 1954 à 1958. Elle se déroule, tout entière, sous la 4èmerépublique et va jusqu'aux événements du 13 mai et au retour au pouvoir du général de Gaulle. La seconde va de la fondation de la 5ème République à la proclamation de l'indépendance algérienne, le 3 juillet 1962. On peut cependant considérer que certaines très graves séquelles du conflit (enlèvements d'Européens, massacres de harkis) se sont prolongées jusqu'en décembre 1962, au moins. Il est donc injustifié que les livres traitant de I'histoire de la guerre d'Algérie s'arrêtent au 3 juillet. En particulier, nombre d'entre eux ne traitent pas des massacres du 5 juillet 1962 à Oran (voir . 32 ème questIon. ) La première période de la guerre, a été marquée par la lente mais sûre extension des opérations militaires à tout le territoire (exception faite de l'Oranie qui ne fut touchée que dans sa partie méridionale, mais durement il est vrai). Impuissante, au début à maîtriser cette évolution en raison de la tactique de guérilla utilisée par le FLN et aussi de la nécessité d'utiliser des effectifs importants, ce qui ne fut réalisé que par l'envoi du contingent, la machine militaire française commença d'atteindre toute sa capacité dans le courant de 1956, sous le gouvernement de Guy Mollet. A partir de ce moment, le potentiel du FLN (agissant par l'intermédiaire de l'Armée de Libération Nationale, ALN) ne cessa de se réduire. Sa capacité offensive fut ensuite radicalement atteinte par l'édification aux frontières avec le Maroc et la Tunisie, de barrages électrifiés qui interdirent le passage des renforts (on l'appelait la ligne Morice, du nom du ministre de la Défense d'alors). A cette époque et bien que le Parti socialiste ait eu des entretiens secrets avec le FLN en Italie et en Yougoslavie portant sur un éventuel règlement négocié, les gouvernements

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français ne s'étaient jamais officiellement écartés de la notion que l'Algérie était formée de trois départements, intégrés à la République une et indivisible. Le mot d'ordre Algérie française ne fut néanmoins jamais celui des gouvernements du moment. Ils préféraient affirmer de manière plus ambiguë, pour qui connaît les finesses de la politique, que « la France resterait en Algérie ». Ceci changea de manière significative avec le retour du Général au pouvoir. Après quelques épisodes qui ont fait couler beaucoup d'encre: «Je vous ai compris» le 4 juin 1958 au forum, « Vive l'Algérie française» à Mostaganem le 62, Charles de Gaulle annonça le 16 septembre 1959 que la solution du problème algérien passait par le recours à l'autodétermination de ce territoire. C'était là un renversement important de la doctrine officielle suivie jusqu'alors. Les commentateurs de sa pensée, et le Premier ministre de l'époque Michel Debré, ont tenté de minimiser, sur le champ, la portée de cette déclaration. Divers propagandistes officiels s'empressèrent simultanément de faire croire que dans le choix offert: francisation, association, sécession, la préférence du chef de l'Etat allait à la première option, ce qui était inexact. La déclaration du 16 septembre 1959 revenait néanmoins à considérer que l'appartenance de l'Algérie à la République n'allait plus de soi. En cela, la déclaration bouleversait, très officiellement, les données du problème algérien. En annonçant ensuite le 4 novembre 1960 que la République algérienne existerait un jour, puis, que la France envisageait de se retirer d'Algérie, le général de Gaulle avait engagé de manière irréversible un processus conduisant à l'indépendance. Celle-ci advint dans un contexte où seul le FLN, qui avait
2 Beaucoup de Français d'Algérie crurent alors que de Gaulle se ralliait à leur position. C'était en fait une manœuvre de désinformation au sens où l'a analysée Volkoff : Désinformer égale: donner à entendre que. ....sans affirmer que.. ... 14

éliminé tous ses adversaires, messalistes et communistes entre autres3, pouvait devenir le maître d'œuvre de cette accession à la souveraineté. Le référendum du 2 juillet ne fut qu'une formalité masquant à peine le fait que, dans l'Algérie nouvelle, le pouvoir serait confisqué par un parti unique. Les adversaires du général de Gaulle, les partisans de l'Algérie française, essayèrent de contrer sa politique. L'épisode des barricades Ganvier 1960), le putsch des généraux Challe, Salan, Zeller, et Jouhaud (avril 1961) puis, la création de l'OAS et la lutte clandestine jalonnée de très durs attentats qui suivit, scandent le déroulement de ce conflit, qui marqua la phase finale de la guerre d'Algérie (voir 26èmequestion).

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L'OAS ayant été réprimée, elle, par le gouvernement français. 15

5. Quel était le statut de l'Algérie et quels étaient ses rapports avec la France?
En 1954, l'Algérie était formée de trois départements français et elle faisait partie intégrante de la République française. Le décret du 7 novembre 1959, créa 13 départements nouveaux et divisa le Sahara en deux départements supplémentaires: les Oasis et la Saoura. Aux termes du statut voté en 1947 par l'Assemblée nationale, les habitants de l'Algérie étaient tous citoyens français. Ils étaient néanmoins répartis en 2 collèges électoraux4, élisant un nombre égal de députés. Comme le 2èmecollège englobait des électeurs plus nombreux que dans le premier, cette disposition a été critiquée car un électeur du second collège avait en définitive moins de poids qu'un électeur du premier. Le concepteur du statut, le socialiste Edouard Depreux considérait cette disposition comme provisoire. Pour lui, le premier collège finirait par absorber tous les électeurs du second. Il est inexact de dire, comme on le fait trop souvent aujourd'hui, que le premier collège regroupait les Européens et le second les musulmans. Tous les Européens votaient certes dans le premier collège, mais de nombreux musulmans aussi, étaient électeurs dans le premier collège. Ils y avaient été inscrits par décret, sans qu'ils aient à renoncer explicitement à leur statut personnel coranique. Les observateurs de la politique algérienne n'ignoraient pas que les musulmans deviendraient, plus ou moins rapidement, majoritaires dans le premier collège (voir 13ème et 14ème questions).

4 Dans le premier, les citoyens étaient de statut de droit commun ~ils étaient soit européens, soit musulmans ~ces derniers y ayant été admis par décret ou filiation et sans renoncer formellement au statut personnel coranique. Dans le second, les électeurs étaient tous musulmans, ils étaient citoyens français de droit local, c'est-à-dire que le droit islamique régissait leur vie personnelle et familiale. 16

Ceci posé, il faut remarquer que la politique française envers l'Algérie a connu des phases nombreuses et différentes. La deuxième République avait posé le principe, dès 1848, que l'Algérie serait constituée de départements français. L'Empereur Napoléon III envisageait, pour sa part, d'y édifier un «Royaume Arabe ». Il serait ainsi, disait-il, Empereur des « Français» et des «Arabes ». Cette vision, influencée par la conception britannique de la colonisation, disparut en 1870 à l'avènement de la IIIèmeRépublique, au profit d'une conception jacobine classique. La politique suivie fut donc une politique de francisation et d'assimilation de l'Algérie, plus ou moins analogue à celle que la France appliqua dans les nombreux territoires qu'elle engloba au cours de son édification nationale. Cette politique s'est heurtée à la formidable expansion démographique des musulmans, qui préserva leur identité islamique et maintint les nombreux immigrés européens, venus s'installer outre Méditerranée, dans une situation minoritaire. En 1936, le projet Blum Violette, prenant acte de cette situation, voulut poursuivre, timidement, une évolution commencée en 1919 et tenant compte des réalités locales, notamment de la natalité. Le projet fut enterré en 1939 (voir 14ème question). L'ordonnance de 1944, puis, le statut de 1947, consacrèrent la personnalité algérienne, en affinnant une autonomie plus grande du territoire. Le rôle accru de l'Assemblée locale, une véritable spécificité s'affirmèrent. La politique d'assimilation n'avait plus cours alors.

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6. Quelles erreurs, quelles fautes, les administrations françaises ont-elles commises avant 1954 ?
Une administration qui ne commettrait ni erreurs, ni fautes, cela relèverait d'une vue de l'esprit. Deux écueils sont à éviter ici: peindre l'Algérie française en rose ou noircir le tableau jusqu'à la caricature et y présenter l'œuvre nationale comme une succession de crimes et de massacres, pour lesquels nous devrions revêtir le cilice et nous couvrir la tête de cendres. Nous aborderons ultérieurement l'examen de ce que la France a apporté à l'Algérie. Mais comment ne pas constater que l'aventure française dans ce pays s'est terminée en révolution, c'est-à-dire dans le sang et l'horreur? Evidemment, les gouvernements qui ont géré les affaires françaises durant la guerre d'Algérie ont une part substantielle de responsabilité dans cette fin tragique. Les influences étrangères, islamistes, soviétiques, chinoises, américaines ont joué un rôle que nous avons rappelé. Mais ce qui retiendra notre attention ici, c'est la part de responsabilité des administrations françaises par leur politique, et parfois, par leur absence de politique, au cours des décennies précédentes. Nous allons nous efforcer d'en faire la description. Peut-on d'abord reprocher à la France d'avoir mené une guerre de conquête en Algérie? Chacun connaît ou devrait en connaître les prolégomènes, comme le déroulement de cette curieuse histoire qui, depuis les créances Bacri, sur fond de piraterie barbaresque jusqu'au coup d'éventail et à l'expédition de 1830 dura ensuite près de 20 ans. Les méthodes des soldats de la conquête furent dures. Celles de leurs adversaires ne l'étaient pas moins. Des historiens de grand talent et plus complets que je ne puis l'être ici, en ont donné un tableau sans

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