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La Guinée de Sékou Touré

De
346 pages
Ce qui frappe dans l'étude de l'histoire récente de la Guinée, à partir de 1945, c'est que les adversaires politiques de Sékou Touré ne veulent pas que l'on démontre que la France coloniale a subi l'ascension politique du leader guinéen. Après le "non" du 28 septembre 1958, cette France a décidé d'empêcher le développement économique de la Guinée de Sékou Touré. C'est cette hostilité politique des gouvernants français qui a fini par justifier l'existence de la prison politique devenue camp Boiro.
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Sidiki Kobélé Keita
LA GUINÉE DE SÉKOU TOURÉ Pourquoi la prison du camp Boiro ?
Préface de Kaïmba KONDE Avant-propos de Jean-Jacques de VERN
La Guinée de Sékou Touré
Sidiki Kobélé Keita La Guinée de Sékou Touré
Pourquoi la prison du camp Boiro ?
Préface de Kaïmba KONDE Avant-propos de Jean-Jacques de VERN
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02603-9 EAN : 9782343026039
Sommaire
PRÉFACE .................................................................................................. 7 En guise d’avant- propos..........................................................................13 Avertissement........................................................................................... 17 Chapitre I Nécessité de collecte de témoignages et d’approfondissement de la recherche documentaire............................................................................23 Chapitre II De la nécessité d’un rappel historique (1945-1958).................................41 Chapitre III Les conséquences immédiates du « Non » du 28 septembre 1958 (29 septembre - 12 décembre 1958)......................................................... 51 Chapitre IV France et Guinée : deux déterminations absolues.................................... 69 Chapitre V Le SDECE organise et dirige les premiers complots contre la Guinée sur instructions expresses du gouvernement français (1959-1960)............... 87 Chapitre VI Les autorités françaises encouragent et exploitent les premières contradictions internes guinéennes (1961-1965)....................................101 Chapitre VII Le président Houphouët-Boigny finance deux complots organisés par la section ivoirienne du FLNG contre la Guinée (1966-1969) ..................129 Chapitre VIII Une opération suicidaire, l’agression du 22 novembre 1970,................ 147 Chapitre IX Le mercenariat guinéen : naissance et déclin......................................... 197 Chapitre X La découverte de la tentative de « renversement du régime » de 1976...... 205
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Chapitre XI La révolte d’un groupe de femmes du marché M’Balia Camara à Madina (Conakry), les 27 et 28 août 1977.......................................................... 215 Chapitre XII Les derniers soubresauts (1980-1984)....................................................221 Chapitre XIII Le procès des complots (1959-1971)..................................................... 233 Chapitre XIV Le SDECE et la PIDE assassinent deux leaders des mouvements de libération africains afin de compromettre Ahmed Sékou Touré............ 259 CONCLUSION ...................................................................................... 273 ANNEXES ............................................................................................. 277 ABREVIATIONS .................................................................................. 337
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PRÉFACE
« Il ne s’agit pas d’en rester sur des événements de caractère public, mais de réétudier l’histoire et de condamner ce qui a donné naissance à la torture, c’est-à-dire le régime colonial ».Henri Alleg «La Guinée d’Ahmed Sékou Touré (1959-1984) : pourquoi la prison au sein du camp Boiro a existé?».C’est le titre du nouvel ouvrage qui est aujourd’hui proposé à ses lecteurs par Sidiki Kobélé Kéïta, enseignant-chercheur. L’homme n’est plus à présenter à cause de son courage moral et intellectuel, s’agissant de ses prises de position irréprochables face aux événements tragiques ayant secoué la Guinée-Conakry depuis l’accession à la souveraineté nationale et internationale de cette ancienne colonie française le 2 octobre 1958. Nous savons en effet qu’à cause de son vote historique du 28 septembre 1958, notre pays, la Guinée-Conakry, est devenu la cible principale de l’ancienne puissance coloniale française et de ses alliés occidentaux, africains, américains, entre autres. Il s’agissait de passer par tous les moyens (déstabilisation politique, économique et culturelle) pour empêcher le nouvel État de fonctionner normalement. Pour ce faire, il lui fut imposé une guerre non déclarée par le biais des services spéciaux français, portugais, allemand de l’Ouest, américain, etc. Des chefs d’État africains, en particulier les présidents Houphouët-Boigny, Léopold Sedar Senghor et Albert Bongo, alliés à la France du Général Charles de Gaulle à l’époque, s’impliqueront à leur tour dans le combat contre la Guinée-Conakry, coupable à leurs yeux, de la désintégration et de la disparition des empires coloniaux européens sur le continent africain dont, entre autres, la fameuse «communauté franco-africaine» si chère au Général Charles de Gaulle, notamment. Nous savons que de 1959/1960 à 1983/1984, tout fut mis en œuvre pour faire « dansersur de la braise» notre peuple et ses dirigeants avec à leur tête le premier Président de la République, Ahmed Sékou Touré, pionnier de la liberté africaine.Face à des adversaires aussi déterminés, la Guinée-Conakry n’avait d’autre choix que d’organiser une résistance aussi déterminée pour sauvegarder sa souveraineté nationale et internationale si chèrement acquise en octobre 1958. C’était une question de survie pour les Guinéens, et pour l’Afrique.Certains compatriotes guinéens de l’intérieur comme de l’extérieur (toutes origines ethniques confondues) ayant pris fait et cause pour l’ancienne puissance
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coloniale française contre l’indépendance nationale de leur pays, il était devenu logique et nécessaire pour celui-ci d’envisager toutes les mesures ou dispositions utiles pour traiter les cas de trahison constatés de la part de ses fils et filles ainsi concernés. Il s’agissait de punir les traîtres ainsi démasqués dans des maisons d’arrêt ou prisons politiques spécifiques dont la plus connue en Guinée-Conakry fut celle désignée sous le nom de « prison du Camp Boiro ». Le cas du général de Gaulle face aux collabos français a souvent été invoqué par les cadres guinéens: il a appelé à la résistance le 18 juin1940 au lieu de négocier avec les Allemands alors qu’après avoir tenté en vain de faire admettre ses propositions au comité de rédaction de la constitution de la Communauté, Ahmed Sékou Touré avait, à plusieurs reprises, tenté de négocier les accords de coopération entre la France et la Guinée. Il essuya des refus méprisants. Pour revenir à la prison de Boiro et à titre de rappel, il faut dire ici que le nom «Boiro »donné à ladite prison, sise au camp de la garde républicaine à Camayenne, date de 1969/1970 pour immortaliser et honorer la mémoire du martyr, feu Mamadou Boiro, inspecteur de police chargé de convoyer de Labé à Conakry des parachutistes mutins appréhendés dans cette tentative de coup d’État Kaman-Fodéba de 1969. On sait qu’après avoir désarmé et assassiné l’inspecteur Boiro, ces parachutistes avaient largué le corps sans vie de leur victime de l’avion en plein vol à 2 000 mètres d’altitude. C’était l’occasion pour les autorités de donner son nom à la prison du Camp Camayenne en précisant que ce serait dans ces lieux désormais que les cas de trahison seront traités (une prison anti-trahison nationale). Les premiers cas connus du genre après 1969 furent les prisonniers pris dans l’agression portugaise du 22 novembre 1970 et autres entreprises semblables contre l’indépendance nationale guinéenne. On sait que depuis le fameux et triste coup d’État des colonels du 3 avril 1984 survenu après le rappel à Dieu d’Ahmed Sékou Touré le 26 mars 1984 à Cleveland (États-Unis d’Amérique), ce sont les nouvelles autorités politico-militaires du pays qui ont cherché à donner une autre coloration au camp Boiro en le présentant comme une sorte d’épouvantail, alors que la réalité était toute autre. C’était plutôt le lieu de pénitence des comploteurs et assimilés de tous poils qui y séjournaient. C’était une simple prison politique (anti-trahison) comme on peut en trouver un peu partout ailleurs dans le reste du monde. Faute de l’avoir renversé de son vivant et n’ayant aucun reproche sérieux à lui faire au sujet de sa gestion économique, socio-humaine, etc.…, il fallait chercher à nuire à la mémoire du premier Président de la République, Ahmed Sékou Touré (paix et salut sur lui). Des associations fantômes, telles que celle dite des « victimes ou des enfants des victimes du Camp Boiro », ont été autorisées à manifester un peu partout à Conakry avec la bénédiction du CMRN (Comité militaire de redressement national) pour se gargariser avec des slogans creux en faveur des traîtres présentés comme des «victimes »sinon des «héros »qu’ils sont loin d’être. Comme il le souligne dans des ouvrages précédents et dans celui qui nous 8
concerne ici, Sidiki Kobélé Kéïta a mis le doigt dans la plaie en dénonçant les gesticulations puériles d’éléments arrogants sinon insolents et tricheurs. C’est l’occasion de citer, avec son autorisation, les réflexions d’Ibrahima Fofana, avocat à la Cour, un ancien prisonnier politique, qui a passé six ans au camp Boiro, sur les résultats de recherche de Sidiki Kobélé Keita. « C’est toujours sur le mode de la conspiration, du complot, que commence, puis se conçoit et se réalise une entreprise de déstabilisation, de renversement d’un régime politique, tel que celui instauré par le parti démocratique de Guinée (PDG). Lorsqu’un régime politique a su répondre aux aspirations d’un peuple dont il a, de ce fait, réussi à acquérir la confiance et le soutien et lorsque, en dépit de cette confiance et de ce soutien, des adversaires résolus de ce régime, pour des motifs qui leur sont propres, mais qu’ils savent ne pas être partagés par le peuple, dans sa masse, décident d’en découdre et d’en finir avec ce régime, si celui-ci est contraint d’assurer sa défense et sa survie par tous les moyens, y compris la force, la répression, le seul recours dont disposent ses adversaires, pour parvenir à leurs fins, est la lutte armée. Mais la lutte armée a ses exigences et ses contraintes propres, qui requièrent, de ceux qui s’y engagent, foi en leur cause et à son issue victorieuse, abnégation, courage, endurance et sacrifice de toutes sortes. Or, il semble que ce ne soit pas cette voie royale, mais escarpée, qui a eu la faveur des adversaires du régime guinéen de Sékou Touré et de ses compagnons de lutte, dès les premières années de l’indépendance; bien que de sérieuses tentatives d’implanter des maquis au Fouta aient été enregistrées avec, entre autres, la découverte, en 1960, par le Gouvernement guinéen, le long de la frontière guinéo-sénégalaise, de caches d’importantes quantités d’armes de guerre et de munitions. Il est donc indéniable que dès l’indépendance de la Guinée, il y a eu volonté et tentatives de déstabilisation, de renversement du régime guinéen. La publication de l’ouvrage de l’historien Sidiki kobélé Keïta,Des complots contre la Guinée de Sékou Touré de 1958 à 1984, est venue montrer que s’il y a eu Camp Boiro, c'est-à-dire la répression, c’est parce qu’il y a eu d’abord et nécessairement complots, pour tenter de renverser un régime politique instauré par la volonté du peuple de Guinée. C’est cette filiation indiscutable que la « littératurede douleur» a invariablement et constamment tenté d’occulter ou d’escamoter. Et c’est sur cette filiation que Sidiki kobélé Keïta revient pour faire entendre mieux qu’il ne saurait y avoir de fumée sans feu, qu’il n’y a pas d’effet sans cause. Il est remarquable que depuis la publication de son premier ouvrage sur les complots, il ne s’est trouvé personne, absolument personne, qui ait entrepris de le réfuter, à la manière du Professeur Samba Diarra, auteur d’un ouvrage,Les faux complots d’Houphouët-Boigny; de mettre en doute la pertinence des
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