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Préface du Professeur Bonata Dieng

Sommaire Préface .............................................................................. 9 Remerciements .................................................................. 13 Mise au point ..................................................................... 15 Introduction ..................................................................... 17 Points de repères................................................................ 18 I – Présentation................................................................ 1 - Les différents pays qui portent le nom Guinée ............ 2 - D'où viendrait le nom Guinée ? ................................... 3 - La Guinée française ..................................................... 4 - La résistance................................................................. 5 - La réorganisation du territoire ..................................... 6 – La gestion du territoire ................................................ 7- La prise de conscience des peuples colonisés............... a) La décolonisation................................................. b) La communauté franco-africaine ......................... II- La marche de la Guinée vers l'indépendance.......... 1 - Les lendemains de la Seconde Guerre mondiale ......... 2 - La Loi-cadre................................................................. 3 - L'avènement au pouvoir du général de Gaulle, et le référendum ........................................................................ ...........a) La tournée africaine du général de Gaulle et l'escale à Conakry ................................................ 4 – Le référendum ............................................................. 21 21 21 22 23 25 26 28 28 31 33 33 37 38 39 42

III - La Guinée indépendante : Elle vire d'un camp à un autre ......................................................................... 43 A. La Première République ou du défi au dépit.............. 1. L'épopée d'un peuple dans la construction d'une Nation, ou le défi du PDG-RDA ....................................... 2. La dérive vers la dictature d'un homme et d'un parti, ou le dépit de la République populaire révolutionnaire de Guinée ............................................................................... 3. Les complots, la douleur, les morts et les pleurs........... 43 45 66 79
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4. Témoignages de quelques acteurs ................................. 103 5. Bilans socio-économique et politique ........................... 110 B - Une transition militaire qui prône le redressement par le libéralisme à partir du camp Samory .................... a. Les mesures d'ouverture....................................... b. Les différents gouvernements .............................. c. Des succès indéniables......................................... d . La tâche que représente l'arrestation des dignitaires du régime déchu, et les liquidations après la tentative de coup d'État de juillet 1985....... e. Le bilan général.................................................... C - La Deuxième République, ou trop de vœux pieux restés Lettre morte ........................................................... a. L'avènement de la démocratie.............................. b. Les élections et les gouvernements successifs..... c. La politique économique...................................... d. Les crises ayant marqué la Deuxième République ............................................................... 115 115 116 118 119 121 121 121 122 132 135

IV - Leçons à tirer des cinquante ans d'indépendance 155 V - De quoi demain sera-t-il fait ?.................................. 161 VI - Le changement ........................................................ 175 VII - La Guinée après neuf mois de gestion par le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (C.N.D.D.) ............................................. 185 VIII - L'espoir.................................................................. 197 Références ........................................................................ 201

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Préface Après le terrifiant témoignage qu’il a publié sous le titre Camp Boiro Parler ou Périr, j’ai lu comme un conte ce présent ouvrage de Alsény René Gomez. Mais ce n’est pas un conte de grand-père que l’auteur offre à ses concitoyens pour les bercer, pour qu’ils ferment les yeux après l’avoir lu. C’est davantage une chronique faite dans le vif de l’odyssée de cette République que les Guinéens d’hier, d’aujourd’hui et de demain se défient de bâtir. Ainsi se veut La Guinée peut-elle changer que présente cet auteur qui a eu le privilège d’en être un des acteurs, souvent dans la douleur d’une évolution qui malmène ses propres enfants. C’est comme dans un feuilleton moderne qui décrit, telle une tragédie grecque, le scénario d’un Prométhée guinéen, puni pour avoir oser entonner un hymne de liberté. Mais cette fois-ci, Alsény René Gomez détonne plus que Parler ou Périr il nous prescrit de changer pour réussir. Comment ? Par le biais d’une transition dont il ébauche ici des tenants et aboutissants. Avec l’expertise de l’homme d’État qu’il est et le didactisme de l’historien qu’il souhaite être. Sûrement inspiré par le jeune messie de l’Amérique du XXIe siècle, Barrack Obama, Gomez le guinéen nous invite, lui aussi, à écrire : The change, yes we can. Professeur Bonata Dieng Sociologue chercheur en service à l’université de Labé. Ancien Ambassadeur, vice-président du conseil régional de la Société Civile.
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Je dédie cet ouvrage à mes charmants petits-enfants : Mohamed, Baïdi, Kadidja et Alsény, avec l’espoir qu’ils seront demain des acteurs et fervents artisans pour la réalisation de ce dont grand-père a toujours rêvé, à savoir : la Guinée du changement.

Remerciements Mes remerciements au professeur Bonata Dieng et à son épouse née Zénab Koumanthio Diallo, pour leur contribution dans la correction du manuscrit et surtout pour avoir accepté d’en faire la dédicace. Je tiens aussi à remercier tout particulièrement les ambassadeurs : André Lewin et Rafiou Barry, pour leur intérêt tout particulier pour l’ouvrage et leurs pertinentes remarques. Mes remerciements vont également aux honorables députés : Baniré Diallo, Sékou BK Bangoura et Ahmed tidiane Cissé, ainsi qu’aux anciens ministres Mamadou Lamarana Diallo et Ibrahima Sylla et à mon frère et ami Facely II Mara, ancien journaliste à la RTG et présentement fonctionnaire du Pnud, pour leur contribution toujours souhaitée et appréciée.

Mise au point J'ai débuté la rédaction de cet ouvrage au début de l'année 2008 et sa publication était prévue pour la fin du premier trimestre de l'année 2009. L'objectif visé était double : 1- Permettre à la nouvelle génération guinéenne d'avoir des points de repère sur leur pays, afin d'éviter la réédition des erreurs du passé, mieux comprendre les réalités du présent et se préparer pour un futur voulu et non subi. 2- À partir du constat et de l'analyse du passé et du présent, essayer de faire des prévisions pour le prochain passage de témoin. Le premier jet était prêt fin novembre 2008. Entre-temps, j'ai été rattrapé en cours de route par les événements de décembre 2008, consécutifs au décès du président Lansana Conté le 22 décembre 2008 et à la prise du pouvoir le 23 décembre 2008 par le C.N.D.D. (Conseil National pour le Développement et la Démocratie). Puis, il y a eu les massacres du 28 septembre 2009, et la tentative d’assassinat du président le 3 décembre 2009. Ainsi, nous sommes passés, en l'espace d'une nuit, des prévisions à l'actualité en temps réel. Qu'à cela ne tienne, avec l'avènement de la nouvelle transition, il faudra prendre le recul nécessaire pour laisser le temps au temps, afin de pouvoir apprécier la pertinence des recommandations.

INTRODUCTION La République de Guinée aura cinquante années de souveraineté le 2 octobre 2008. Le peuple de Guinée célébrera ce cinquantenaire en portant un double regard, pour revisiter son passé et scruter son avenir. Toutefois, ce regard sur le passé ne sera pas seulement un moment de rétrospection, mais aussi et surtout, une occasion de projection de la Guinée pour les cinquante prochaines années. Il se trouve que depuis l'annonce des préparatifs pour la commémoration du cinquantenaire de l'indépendance, des voix se sont élevées en Guinée et au sein de la diaspora guinéenne, pour demander au gouvernement de faire du dialogue et de la réconciliation une des priorités, sinon la priorité du programme. S'il est vrai que cinquante années, c'est peu dans la vie d'une nation, il se trouve qu'aujourd'hui, seule une minorité de Guinéens et de Guinéennes se souvient encore du 2 octobre 1958. Alors et les autres, ceux et celles qui représentent la majorité de notre population, ne sont-ils pas en droit de savoir ce qui a pu se passer dans notre pays qui puisse avoir eu à porter préjudice à une frange de notre population, à un certain moment, à certains endroits du pays et pour quelles raisons ? Ce présent ouvrage propose quelques points de repères à la jeune génération pour lui permettre de mieux connaître son passé avec l'espoir qu'elle puisse trouver un début de réponse aux différentes causes qui ont conduit à un présent quasi insupportable et de savoir si le futur peut encore être réellement porteur d'espoir.

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POINTS DE REPÈRES

Le 2 octobre 2008, la Guinée a commémoré son cinquantenaire. Cependant, seule une minorité de Guinéens se souvient du 28 septembre 1958 et du 2 octobre 1958. Ce n’est pourtant pas de l’indifférence, loin s’en faut. Il se trouve que la jeune génération qui constitue la majorité de notre population n’était pas encore née. Il reviendra aux historiens le moment venu la responsabilité d’écrire l’histoire de notre pays. Toutefois, puisque le public, cible du présent ouvrage, est représenté par cette majorité, j’ai pensé qu’il serait utile de faire un rappel de la distance déjà parcourue et des obstacles déjà franchis. Après cinquante années de parcours, on peut affirmer, sans trop de risques de se tromper, que les guinéens sont dans la grande majorité mécontents de leurs conditions de vie. Face à une telle situation, ils ne peuvent penser avec sérénité à un avenir lointain, donc incertain, alors qu’ils vivent un quotidien quasi insoutenable. Tout ce qu’ils souhaitent aujourd’hui, c’est un changement radical et immédiat dans leurs conditions de vie. Mais comme cela est difficile à réaliser dans l’immédiat, les gouvernants du moment font des promesses et ciblent parfois quelques boucs émissaires pour faire diversion. C’est ainsi qu’après l’euphorie vient tout naturellement la déception et parfois la révolte. Alors, nous assistons impuissants à un changement à reculons, avec la destruction de biens publics et privés, et fort malheureusement avec des pertes en vies humaines. J’ai donc voulu faire comprendre aux guinéens et aux guinéennes que nous sommes tous ensemble engagés dans une même et unique course. Mais c’est une course spéciale, qui a la spécificité d’être en même temps, une course de fonds, d’obstacles et de relais. Il faut aussi préciser que non seulement la distance est indéterminée mais aussi et surtout, tout abandon est exclu. Au départ de la course en 1958, l’histoire et le monde entier ont attesté que le 28 septembre, après le référendum,
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nous avions pris un très bon départ, à tel point qu’après seulement quelques enjambées, nous étions seuls en piste. Le 2 octobre, après la proclamation de l’indépendance, nous avions même accentué notre avance. Avec l’adoption de la constitution le 15 novembre de la même année, nous avons changé de crampons sans nous rendre compte que, dans la précipitation, nous avions chaussé une pointure non adaptée. Puis, d’octobre 1958 au 3 avril 1984, que d’obstacles franchis sur une piste semée d’embûches de toutes sortes, avec comme résultats des dégâts importants sur le terrain et sur les participants. Toutefois, entre-temps, dans les autres couloirs, certains de ceux qui avaient fait un faux départ en 1958 avaient repris la course. Beaucoup d’entre eux nous avaient rattrapés alors que d’autres nous avaient même dépassés. Le 3 avril 1984 ce fut le passage de témoin après un petit temps de pose. À la reprise, après une courte accalmie, d’autres obstacles ont été franchis parfois avec des séquelles (4 juillet 1985 : élections, mutineries, agressions, révoltes). Cependant, cinquante années après le départ de la course, alors que nous sommes avec la troisième génération de compétiteurs, nous constatons que nous avons été non seulement rattrapés, mais que la plus part de ceux qui avaient démarré après nous nous ont dépassés. Alors que devonsnous faire puisque l’abandon est exclu ? Il s’agira de bien préparer le prochain passage de témoin, ce qui n’avait pu être fait jusqu’à présent. Pour y parvenir, il faudrait avant tout veiller aux critères de choix des futurs postulants. Ensuite, après le passage du témoin, se prémunir de moyens légaux devant empêcher toute sortie du couloir tout en veillant à ce que le porteur du relais respecte scrupuleusement les règles de la course. Il ne faudrait surtout pas oublier de prévoir les sanctions à encourir en cas de défaillance ou de faute grave.

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