La lumière descendue dans l'abîme

De
Publié par

À 17 ans, Simone Thomas, résistante dénoncée aux nazis, fuit Nevers où elle est née pour Paris. Recherchée par la police française et la Gestapo, elle sillonnera la France, de cache en cache, parcourant cette toile immense de la Résistance tissée au prix du courage. Protégée par des forces inconnues, c'est au plus profond de l'abîme que lui sera donné de vivre une expérience intérieure intense. Des Jeunesses communistes aux réseaux gaullistes elle sera un des agents du Un plus Un égal Un. Ce livre offre une vision d'ensemble de l'organisation de la Résistance française en même temps qu'il dépeint avec force l'héroïsme qui animait ces femmes et ces hommes.
Publié le : dimanche 6 mars 2016
Lecture(s) : 3
EAN13 : 9782140004476
Nombre de pages : 288
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Chantal Dalenne
La lumièredescendue dans l’abîmeParcours initiatique d’une jeune résistante
La lumière descendue dans l’abîme Parcours initiatique d’une jeune résistante
Chantal Dalenne La lumière descendue dans l’abîme Parcours initiatique d’une jeune résistante
© L'HARM ATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07670-6EAN : 9782343076706
Je remercie de tout cœur Maurice Rouzier, historien qui nous a quittés trop tôt. Son travail, son aide, les documents et renseignements qu’il m’a procurés m’ont poussée à écrire. Merci à Maryse, sa femme, qui a été d’un grand soutien. Jacqueline Baynac, fille de Camille Baynac, professeure d’histoire férue de la période 39-45. Merci pour le recadrage historique et pour le plaisir pris ensemble à démêler certains fils de cette intrigue. Ma mère, Simone, qui m’a époustouflée lorsque la partie de sa vie de résistante a resurgi du passé. Elle va toujours à la rencontre des gens… Il faudrait fêter les centaines d’endroits qui ont été ses lieux de résidences ! Mon père, André, plein d’une énergie exceptionnelle, qui n’a jamais loupé une occasion de faire les quatre-cents coups jusqu’à ses 88 ans, âge où il nous a quittés. Odette, ma sœur, un des maillons essentiels de la chaîne de cette saga des guerriers de l’ombre et Hélène, sa mère. Jean-Yves Pinault qui m’a présenté la fille de René et Madeleine Julé. Ils ontplanqué ma mère après son évasion et lui ont fourni ce dont elle avait besoin pour continuer la lutte. Merci pour la visite de Thouars, de Parthenay et dela maison du bout du monde, où vivait la famille Julé. Simone Thibault pour le témoignage concernant ma mère qu’elle a pris la peine de transmettre à la Police en 1945 alors qu’elle revenait des camps de l’Est, et ceci malgré son état critique. Les musées de Compiègne, de Champigny, Claude Pennetier et lesAmis du Maitron,Mémoire vive etMadame Cardon-Hamet ainsi que tous ceux qui m’ont aidée à retrouver des documents. Nadine, pour une première relecture, ses remarques et ses encouragements. Merci à Jacqueline et Annie, deux amies chères depuis de longues années, pour leur soutien et leur avis. Bettina Mrosowski, pour son professionnalisme et la rigueur de ses conseils au cours de la relecture finale. Cathy mon amie d’enfance, Kate dans son travaildu corps et de l’âmepour aider à soigner la souffrance humaine. Merci à son compagnon dont l’avis m’a encouragée à poursuivre ce travail. Fred, pour son soutien. Grâce à lui, je baignais dans le contexte historique adéquat, moi dans mes documents, lui, dans sa réparation d’engins militaires 39-45 et ses interventions au sein de l’associationKoufra lors de défilés officiels et de démonstrations en France. L’ensemble vocal Entrevoix, franco-québecoise, àgéométrie variable, dirigé par Marie-Hélène Martin ; merci pour nosChants-Présence qui nous guident sur nos chemins de vie. Jean-Louis, mon compagnon pour les aides techniques multiples.
7
Et tout recommença… L’espoir est dans le plus haut. Il est au plus profond de nous, caché ; petite graine d’amour éternel qui attend le labourage de notre terre, la préparation de notre compost intérieur, la descente de la rosée céleste qui va la faire croître, afin que l’humain quitte la bête, se redresse doucement pour devenir Homme entre ciel et terre et que l’amour chante en son cœur. er Nous prîmes la route, dans l’après-midi du 1 juillet 1997, et roulâmes sans relâche, excepté un très bref arrêt dans une station service entre la région parisienne et Valencia. Le coup de fil de ma mère dans la matinée du 30 juin 1997 avait été comme l’annonce d’un cataclysme : « Ton père est mort au petit jour ! ». Nous n’y croyions pas ; lui, cet homme baraqué et encore actif malgré ses 88 ans ! Il avait toujours décrété qu’il s’en irait pour ses 96 ans. Cela lui avait été prédit par une bohémienne sur le marché de Clamart ; elle lui avait attrapé la main, et, soudain, son visage avait pali. Elle regarda mon père, terrifiée par ce qu’elle semblait y lire. Elle prononça juste d’une voix rauque : « Je vois le chiffre 96 ! », avant de s’enfuir sans demander d’argent, comme si mille diables étaient à ses trousses. Voyant la tête ahurie de mon père, ma mère lui souffla d’un ton rassurant : « N’y pense plus, parce que si c’est l’annonce de ta mort qui l’a effrayée à ce point, c’est que tu vas vivre bien vieux, dis donc ! ». Nous arrivâmes juste à temps, les autorités locales ayant bien voulu retarder d’un jour l’inhumation. Ma mère était désemparée. Ma sœur, sa fille et moi-même, accompagnées par nos conjoints respectifs, ainsi que mon fils, nous rendîmes au cimetière de Cullera avec elle. Il s’étalait à la sortie du quartier gitan sur les contreforts de la montagne couronnée par le Sanctuario, le lieu de prédilection de mon père. Ma mère vint habiter quelques mois chez nous et prit l’habitude de vivre entre Cullera et Paris. Elle nous cacha pendant plusieurs années une tumeur cancéreuse, qu’elle ne soignait pas. L’ablation du sein gauche fut inévitable, la tumeur ayant pénétré profondément et n’étant plus qu’à deux millimètres des côtes. Durant cette phase de lutte contre la maladie, les portes du souvenir s’ouvrirent et ma mère parla. Le médecin qui la suivait, pratiquant également une médecine diteholistique, me confia que son cancer résultait de la peur non évacuée de son corps et du secret enfoui de cette période. Je 1 savais qu’elle et mon père avaient été des résistants durant la dernière guerre, mais je n’avais jamais pensé qu’ils pouvaient avoir été impliqués à ce point-là dans le combat contre le nazisme. Il est vrai que quelques mois plus tôt, la dernière fois que je vis mon père vivant, il se mit à me relater certains 1 Voir schéma en annexe pour la compréhension des relations de la famille Dalenne - Thomas.
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.