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La mémoire de la seconde guerre mondiale au Japon

De
168 pages
La mémoire de la seconde guerre mondiale est, aujourd'hui encore, un sujet brûlant au Japon. Alors que la guerre est terminée depuis bientôt 60 ans et que le Japon s'est construit une respectabilité internationale, des scandales relatifs au dernier conflit mondial continuent de ternir l'image de ce pays dans l'esprit de ses principaux partenaires. En effet, la façon dont le Japon appréhende son rapport au passé est empreinte d'une certaine ambiguïté; reconnaissant sa responsabilité dans les crimes, certains éléments continuent néanmoins de montrer des signes de nostalgie envers l'époque militariste.
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LA MÉMOIRE DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE AU JAPON

@ L'Harn1attan, 2004 ISBN: 2-7475-6209-3 EAN : 9782747562096

Claire ROULLIERE

LA MÉMOIRE DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE AU JAPON

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37
10214 TOl'ino

ITALlE

Points sur l'Asie

Collection dirigée par Philippe Delalande
La collection a pour objet de publier des ouvrages brefs, (200 à 500 pages), sur l'actualité politique, éconoInique, sociale, culturelle en Asie. Ils traitent soit d'un pays d'Asie, soit d'un problèIne régional, soit des relations de ces pays avec le reste du Inonde. Ces ouvrages s'apparentent à des essais aisément accessibles, mais sur des bases documentaires précises et vérifiées. Ils s'efforcent, au-delà de l'analyse de l'actualité de prolonger la réflexion sur l'avenir. La collection voudrait, autant que faire se peut, pressentir les questions émergentes en Asie. Elle est ouverte à des téInoignages, des expériences vécues, des études systématiques. Les auteurs ont tous une connaissance pratique de l'Asie. Les lecteurs visés sont des personnes soucieuses de s' inforIner de l'actualité en Asie: investisseurs, négociants, journalistes, étudiants, universitaires, responsables d'ONG, cadres de la fonction publique en relation avec cette Asie en rapide mutation; oÙ vit la majeure partie de la population du monde.

Déjà parus Association d'Amitié Franco-vietnamienne, Ombres et lumières sur le Vietnam actuel, 2003. Laurent METZGER, La minorité musulmane de Singapour, 2003. ASIE 21-Futuribles internationale, L'Asie demain, 2003 Thierry COVILLE, L'économie de l'Iran islamique.' entre ordre et désordres, 2002. Kyong- Wool( SHIM, La Russie D'Orient à la dérive, 2002. A. WILMOTS, Gestion Politique et Centres du Pouvoir en République Populaire de Chine,2001. Alain HENRIOT et Sandrine ROL, L'Europe face à la concurrence asiatique, 2001. Alexandre MESSAGER, Timor oriental, non-assistance à un peuple en danger, 2000 Jean-Claude PETER, Comment échouer en Chine, 2000. Hélène PIQUET, Le droit du travail dans la Chine des réformes, 2000. Philippe DELALANDE, Le Viêt Namface à l'avenir, 2000. Jean-Jacques PLUCHART, La crise coréenne. Grandeur et décadence d'un modèle de performance, 1999.

A Vincent,

AVANT-PROPOS
Le Japon est pour moi, depuis quelques années, un centre d'intérêt majeur ce qui m'a conduit à passer un an d'études à l'Université de Tokyo en 2001-2002. Pendant cette année j'ai pu découvrir des aspects très divers de la culture japonaise que l'on ne peut rencontrer dans les livres. De plus, j'ai pu suivre un programme d'études dont les enseignements furent pour moi très enrichissants. C'est grâce au professeur Yamamoto Yasushi et à ses cours que j'ai pu me familiariser avec le problème brûlant que constitue la mémoire de guerre au Japon. C'est pourquoi, je tiens à remercier tout particulièrement ce professeur ainsi que tous les membres du programme AlKOM pour leur joie de vivre et leur dévotion à l'égard des étudiants étrangers. Je porte donc une pensée toute particulière au professeur John Boccellari, sans qui ce programme n'existerait pas et à Kimi-san, toujours présent et souriant dans son bureau du deuxième étage. J'adresse, par ailleurs, mes remerciements à M. Jean-Louis Clément, Maître de Conférence à l'lEP de Strasbourg, qui a accepté d'être le directeur de mes travaux et qui m'a été d'une aide précieuse par son écoute et ses conseils. Merci également à Mme Pietri, Professeur dans ce même lEP, qui a gentiment accepté de faire partie du jury. Je tiens également à remercier toutes les personnes qui, par leurs paroles et leur attention à mon égard, ont contribué à la bonne réalisation de ces travaux. Merci à mes amis, ma famille, mes proches. Enfin, un dernier remerciement à Vincent Laniol pour son soutien quotidien, sans lequel je n'aurais pas pu mener à bien cette entreprise.

Les noms de personnes de nationalité japonaise sont présentés en respect de la nomenclature en vigueur, le nom de famille étant placé avant le prénom.

INTRODUCTION

Lors de la 57e cérémonie de commémoration de la fin de la guerre dans le Pacifique, le 15 août 2002, le Premier Ministre japonais, Koizumi Jun'ichiro, exprimait ses remords les plus profonds pour les victimes asiatiques de la Seconde Guerre mondiale. Ce jour-là, il a reconnu, devant une audience de plusieurs milliers de Japonais, en présence de l'Empereur Akihito et de l'Impératrice Michiko, les exactions commises par les troupes japonaises:
"Notre pays a causé de lourds dommages et de la peine à des personnes dans de nombreux pays, particulièrement dans les nations asiatiques pendant la guerre. " Il a ajouté: "Représentant le peuple, je renouvelle notre (expression de) profond remord et offre mes sincères condoléances aux victimes. " 1

Au même moment où le Premier Ministre répétait cet acte de contrition, plusieurs membres du gouvernement se rendaient au temple shintô Yasukuni pour y honorer les soldats morts à la guerre pour défendre le Japon. Or ce temple concentre toutes les attentions et suscite de nombreuses controverses. En effet, il rassemble les âmes de tous les soldats qui se sont battus pour la construction du Japon moderne depuis la restauration de Meiji, et parmi celles-ci sont également vénérées les âmes des soldats, jugés criminels de guerre de Classe A par le Tribunal de Tokyo et condamnés à mort en 1948. Une visite au temple Yasukuni ne peut donc pas être exempte de toute suspicion de complaisance à l'égard des actes commis par ces criminels de guerre. Au regard de ces considérations, il apparaît que l'attitude officielle du gouvernement japonais actuel, comme des gouvernements précédents, présente
1 Paroles reproduites en anglais dans Ie texte: "Our country caused huge damage and pain to people in many countries, particularly in Asian Nations during the war [...] Representing the people, I renew our (expression oj) deep remorse and offer sincere condolences to the victims" in Manila Times, Ie 15/08/02. NB : les traductions de l'anglais sont l'œuvre de l'auteur.

une dualité ambiguë. Le temple Yasukuni est désormais considéré dans l'opinion publique comme l'emblème du nationalisme et de la glorification des faits de guerre japonais, c'est pourquoi chaque visite d'un représentant de l'Etat dans ce lieu de culte suscite de vives contestations sur la scène internationale et tout particulièrement dans les pays d'Asie du Sud-Est ayant souffert directement de l'agression japonaise et qui se sentent blessés de ce manque de respect à l'égard de leurs propres victimes. Une visite au temple Yasukuni peut faire douter de la sincérité des excuses proclamées par les autorités japonaises parce qu'elles se font fréquentes. Si le Premier Ministre Koizumi ne s'y est pas rendu le 15 août 2002, il y a déjà porté hommage trois fois depuis son investiture en avril 20012. Ces événements récents semblent révéler un complexe au sein de la société japonaise sur le sujet, toujours brûlant, de la guerre. En effet, au regard de l'attitude du gouvernement japonais, il semble que la place prise par le deuil des victimes japonaises dépasse les regrets pour les atrocités commises dans les pays occupés par l'armée japonaise. Le comportement ambigu des autorités japonaises, révélé à la lumière de cet exemple, est directement lié à la façon dont les Japonais se représentent le passé, dont ils s'en souviennent, dont ils en construisent une représentation. C'est donc toute la mémoire de la Seconde Guerre mondiale qui est ici en jeu. En effet, l'attitude apparemment contradictoire du gouvernement japonais ne peut être comprise sans une étude de la mémoire de la guerre. Tout d'abord, pour aborder cette question, il convient de préciser ce que l'on entend par la notion même de mémoire. Chacun est en mesure de percevoir ce à quoi elle correspond puisqu'elle se définit communément comme un "souvenir que l'on garde de quelque chose, ce qui reste ou restera dans l'esprit des hommes,,3. Ainsi, il apparaît, au premier abord, que la mémoire ne constitue pas une représentation exhaustive du passé, elle est
2

La première fois le 15 août 2001, à l'occasion de la commémoration de la fin de la guerre; la deuxième en avril 2002. Il avait choisi cette seconde date afin d'éviter de la fin de la guerre
-

au maximum la concentrationdes attentions à l'approche du 15 août - date de
commémoration appréhendant les contestations
internationales que cela susciterait. Enfin, une troisième fois en janvier 2003; 3 Petit Larousse, édition 1993, p.646.

14

sélective, et c'est là qu'elle diffère de l'Histoire, en tant qu' "étude et science des événements passés" 4. Pour les spécialistes de la mémoire, il est important de distinguer clairement ces deux notions car elles n'embrassent pas du tout les mêmes enjeux. Dans un ouvrage consacré à l'étude de la mémoire du régime de Vichy dans la population française, Le syndrome de Vichy de 1944 à nos jours 5, Henry Rousso s'attache à bien définir les termes de "mémoire" et d' "histoire" et de mettre en valeur ce qui les oppose. Pour lui, "la mémoire est un vécu, en perpétuelle évolution", tandis que "l'histoire - celle des historiens - est une reconstruction savante et abstraite, plus encline à délimiter un savoir constitutif et durable" 6. Pierre Nora se fait plus précis sur la nature de la mémoire et sur les différences qui la séparent du domaine de l'histoire. Dans son œuvre majeure, Les Lieux de mémoire, il rappelle que la mémoire
"est en évolution permanente, ouverte à la dialectique du souvenir et de l'amnésie, inconsciente de ses déformations successives, vulnérable à toutes les utilisations et manipulations, susceptible de longues latences et de soudaines revitalisations. " 7

Il l'oppose donc à l'histoire qui "appelle analyse et discours critiques". La mémoire, est un phénomène complexe parce que pluriel: elle émane de divers groupes sociaux, partis politiques, Eglises, communautés régionales, linguistiques ou autres. Parler de "mémoire collective" semble consister en un amalgame artificiel de sensibilités individuelles. En effet, Rousso décrit la mémoire collective comme une" somme imparfaite de mémoires éclatées et hétérogènes ,,8. Faire l'étude de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale au Japon revient donc à s'intéresser aux principales représentations que la population japonaise se fait de ce conflit. Or, la mémoire est
4

5 ROUSSO Henri, Le Syndrome de Vichy, de 1944 à nos Jours, Paris, Point Seuil Histoire, 1990. 6 Ibidem, p.10. 7 NORA Pierre, Les Lieux de mémoire, tome 1 : la République, Paris, Gallimard, 1984, p. XIX. 8 ROUSSO, Op. Cil. 15

Ibidem,

p.516.

une notion dynamique, qui évolue selon les périodes, elle n'est en rien figée. Ainsi, la mémoire de guerre dans les années 1950 et dans les années 1990 ne correspond pas aux mêmes perceptions du passé. De plus, cette notion comprend un vaste domaine d'observation, si bien qu'il est impossible de prétendre en faire une étude exhaustive. C'est pourquoi ce travail n'entend que présenter un aperçu de la mémoire de guerre au Japon. Pour les Japonais, le terme de Seconde Guerre mondiale ne renvoie pas aux mêmes aspects du conflit que pour les Européens. Pour ces derniers, elle est perçue comme un conflit essentiellement européen, et les opérations dans le Pacifique et en Asie sont généralement reléguées en arrière plan9. Ainsi, les Européens ont une connaissance assez superficielle de cet aspect du conflit. De la même manière, les Japonais en ont une vision centralisée sur les événements qui se sont déroulés en Asie et dans le Pacifique, comme si les deux conflits n'avaient en commun que la période pendant laquelle ils se sont déroulés, avec pour seul trait d'union, la participation des Etats-Unis sur les deux théâtres d'opération militaire. Pour Edwin Reischauer, la Seconde Guerre mondiale a commencé en Chine en 1937 : le 7 juillet, des incidents survenus entre des troupes japonaises et chinoises, stationnant dans les environs de Pékin, ont marqué le déclenchement d'une guerre ouverte entre la Chine et le Japon. Cependant on ne peut exclure de l'étude de cette guerre le déroulement des opérations en Chine entre 1931 et 1937. En effet, le Japon avait entamé sa progression expansionniste dès 1931 avec les incidents de Mandchourie, sous l'impulsion d'un régime militariste et ultra-nationaliste. Ce conflit, qui a duré de 1931 à 1945 pour l'armée japonaise, ne peut cependant pas se comprendre comme un tout homogène. De 1931 à 1937, les troupes japonaises ont étendu leur prépondérance en Mandchourie avec la création d'un Etat fantoche, le
9 Pour se rendre compte de cela, il suffit d'ouvrir un manuel scolaire étudiant la période concernée. La part octroyée aux opérations en Extrême-Orient est généralement plus faible que la place accordée à l'expansion de l'Allemagne et à la libération de l'Europe. Il est intéressant de constater, par exemple, que dans un manuel français d'histoire de classe de première, dans une partie consacrée entièrement à la Seconde Guerre mondiale, totalisant 78 pages, seules 8 pages relatent les faits sur le front extrême oriental de la guerre. Histoire Première, Paris, Belin, 1988, p.329-331, 335, 362-365. 16

Mandchoukouo, à la botte des autorités japonaises. A partir de 1937, dans un climat de mobilisation quasi générale au Japon, l'armée a cherché à envahir le sud et l'ouest de la Chine puis à s'étendre dans la péninsule indochinoise, utilisant tous les moyens pour arriver à ses fins, comme la violation du droit international. En 1941 est venu se superposer un autre front: le 7 décembre, le Japon a lancé une attaque sur Pearl Harbor, en territoire américain, provoquant l'entrée en guerre des Etats-Unis. Malgré la diversité des acteurs et des enjeux en présence, ce conflit est présenté comme un tout indissociable au Japon, mais il apparaît peu satisfaisant de se référer à cette période sous le terme trop générique de "Seconde Guerre mondiale". A cet égard, il est intéressant de remarquer que les Japonais n'ont jamais adopté un vocable très clair sur la façon de se référer à ce conflit. Ainsi, Ienaga Saburô, universitaire japonais, a fait remarquer dans la préface de son ouvrage intitulé The Pacific War, les écueils rencontrés pour le choix de ce titre. Il fait part au lecteur de ses considérations sur les défauts que comportent les différentes dénominations de la guerre. Il précise que ce terme de "Guerre du Pacifique" 10,retenu pour son livre, couvre la période allant de 1931 à 1945 et "inclut toute la série des affrontements militaires avec les autres pays" Il. Cette précision révèle l'ambiguïté d'une telle dénomination qui pourrait faire penser au lecteur que l'œuvre en question ne traiterait que des opérations ayant opposé les EtatsUnis et le Japon dans le Pacifique. C'est pourquoi il lui apparaît essentiel de préciser que le théâtre du Pacifique et de l'Asie forment un tout inséparable. Il précise par la suite qu'il n'aurait pas pu choisir le terme de "Seconde Guerre mondiale,,12car il n'entend traiter que de l'implication japonaise dans le conflit et nullement des opérations qui se sont déroulées en Europe. Il constate, par ailleurs, que le choix d'un titre tel que "la guerre de quinze ans" 13, plus neutre, serait sans doute plus judicieux, mais il explique qu'à la date d'écriture, en 1968, son usage n'a pas encore été accepté par l'opinion publique japonaise. Aujourd'hui encore, ce titre ne suscite
10 "Taiheiyô sensô" 11 IENAGA Saburô, The Pacific War, World War II and the Japanese New York, the Pantheon Books, 1968, p.XII!. 12 "dainiji sekai taisen" 13 ''jûgonen sensô" 17

1931-1945,

pas de reconnaissance de la part du lectorat. Enfin, il ajoute qu'une autre terminologie serait encore moins acceptable que les précédentes, mais pour des considérations idéologiques cette foisci. En effet, le terme de "Guerre de la Grande Asie,,14a été écarté car il appartient à la nomenclature officielle utilisée pendant la guerre et porte donc avec lui des connotations militaristes et ultranationalistes. Les auteurs se gardent désormais d'utiliser ce vocabulaire. Il apparaît ainsi délicat pour les Japonais de trouver un terme qui pourrait englober l'ensemble de la guerre sans en altérer l'approche. Le malaise révélé par les considérations liminaires d'Ienaga illustre parfaitement la complexité avec laquelle les Japonais appréhendent aujourd'hui ce conflit. En outre, il est intéressant de constater que la façon dont les Japonais font référence à la fin de la guerre est également symptomatique de la complexité avec laquelle ils construisent leur mémoire de cette période. En effet, le jour du 15 août 1945 qui marque la défaite écrasante du Japon, est communément connu sous l'appellation de "fin de la guerre" 15, plutôt que "jour de la défaite" 16. Cette atténuation dans la force des termes utilisés, pour caractériser ce qui a trait à la guerre, contribue à dépeindre le peuple japonais comme la victime de la guerre et du militarisme, plutôt que comme les agresseurs. Dans cette perspective, les visites au temple Yasukuni par des représentants officiels de l'Etat japonais, à l'instar de celle du 15 août 2002, participent de ce sentiment de "victimisation" observable dans la société japonaise après la capitulation. Le terme de "victimisation" renvoie à l'idée que les souffrances subies par la population japonaise pendant la guerre, les bombardements massifs des grandes villes comme Tokyo ou plus particulièrement la destruction des villes d'Hiroshima et de Nagasaki par des bombes atomiques à la veille de la capitulation japonaise, tendent à occulter les souffrances que les troupes militaires ont fait subir pour leur part aux populations dans les territoires conquis. La guerre s'est terminée sur des images apocalyptiques de villes rasées et d'hommes mutilés, au cœur même de l'archipel japonais. Pendant tout le déroulement du
"daitôa sensô" 15 "shûsenbi" 16 "haisenbi" 14

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