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La Révolution française et les "complots imaginaires"

De
347 pages
Dans cet ouvrage, l'auteur examine très précisément les sources, les modes d'action, les répercussions et l'utilisation politique de ces rumeurs de complot, qui ont parcouru les combats politiques. Des rumeurs qui ne reposaient que sur d'autres rumeurs; mais aussi des rumeurs fondées, quoique rendues confuses du fait de la méconnaissance des véritables trames et, plus encore la retraduction en termes efficaces pour ce temps, ennemis, contre-révolutionnaires, traîtres, agioteurs, accapareurs, tyrans. Bien des hommes corrompus passèrent au travers en accusant d'autres, selon les opportunités.
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Philippe Riviale
La Révolution française et les « complots imaginaires » Philippe Riviale
La Révolution française et les « complots imaginaires »
À la recherche des sciences sociales
La Révolution française et les « complots imaginaires »
À la recherche des sciences sociales Collection dirigée par Philippe Riviale et Bruno Péquignot Cette collection veut faire connaître au lecteur d’aujourd’hui, étudiant, enseignant, chercheur, ou curieux des chemins divergents pris par cet ensemble, que nous nommons aujourd’hui sciences sociales, des ouvrages, et donc des auteurs méconnus. Que ces ouvrages soient méconnus ne veut pas dire qu’ils sont médiocres. Encore moins sont-ils dépassés. Car une discipline, science ou pas, se bâtit sur une succession de bifurcations. Elle laisse de côté des pensées, qui avaient fait sens dans un contexte socio-historique basculé depuis dans le bas-côté. Là, parmi les vestiges innombrables du passé, on peut reconstituer, à la façon de l’archéologue, des voies ébauchées, des espoirs perdus, des tentatives trop précoces pour leur temps, des cris de révolte au nom de principes, que jamais on n’aurait dû oublier. On trouvera aussi les précurseurs de la liberté du commerce, de l’apologie de la propriété, des apôtres de la différence sociale. Ceux-là avaient été mis au placard pour la gêne qu’ils auraient causée, parce qu’il est des choses qu’on fait, et qui ne sont pas à dire. Ces auteurs, ces pensées, ne s’inscrivent pas dans unehistoire des idées, entreprise perdue d’avance par ses présupposés mêmes : qu’il y ait un sens et une continuité dans les idées, que l’histoire sociale résulte d’une accumulation intellectuelle, chaque contribution appelant la suivante. Des auteurs ont été en vérité retenus, parce qu’ils convenaient. On entendra par là que le savoir académique pouvait s’édifier sur ces piliers-là. Aussi ont-ils été métamorphosés en lieux de mémoire, en patrimoine commun, en convention. L’objectif de cette collection est de rappeler à nous les pensées écartées, les auteurs qu’on ne connaît que par leurs critiques, c’est-à-dire généralement leurs censeurs, qui les ont pesés et jetés à la fosse, trop légers pour la lourdeur du gros animalqu’est le social ou trop lourds pour être soutenus par la légèreté d’un temps insouciant, qui ne voulut pas porter son fardeau. Déjà parus Gracchus BABEUF,Œuvres, Volume premier, 2016. Philippe RIVIALE,Le silence de Saint-Just,2016. Philippe RIVIALE,L’enseignement public dans la Révolution française. Commentaire philosophique, 2015. Philippe RIVIALE,Babeuf le tribun. Essai sur le journalLe Tribun du peuple, 2014. Philippe RIVIALE,La Révolution française dans l’infortune de la finance, 2013.
Philippe RIVIALE
La Révolution française
et les « complots imaginaires »
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editionsharmattan.fr ISBN : 9782343127491 EAN : 97823431127491
“Lorsque tout la menace, venez jurer qu’elle sera éternelle ; venez lui ju-rer l’oubli de toutes ces passions personnelles ; venez lui jurer ces vertus généreuses dont elle a besoin pour assurer à jamais votre gloire & vos prospérités. Vos divisions ont pris leur source dans le dernier ferment des vices de la monarchie ; qu’elles disparoissent toutes dans la proclama-tion d’une constitution républicaine : que le saint amour des loix épure dans toutes les ames l’ardente passion de la liberté. Bientôt tous les soup-çons, toutes les inquiétudes vont s’évanouir dans une existence sociale qui sera la même pour tous, & dans un empire gouverné par des autorités 1 éminemment populaires .”
1 Adresse pour célébrer le 10 août 93 la constitution de la République, signée Go-hier, Bouchotte, Deforgues, Dalbarade, Destournelles, Garat ; tous ministres en 41 exercice. Imprimerie nationale, l’an second de la république Françoise. BNF Lb 774 A.
Comment traiter une telle question ?
Nombre de commentateurs, et même les historiens les plus compé-tents ont pris le thème de la conspiration comme objet d’étude ; le propos est de dire que c’est à tort, et pour de mauvaises raisons que l’on imagine des complots, des manœuvres dissimulées, qui vien-draient expliquer les événements que la droite raison représente comme fortuits, ou mieux encore résultant d’effets émergents, c’est-à-dire de conséquences ni voulues ni même prévues par les acteurs qui, chacun de son côté, ne fait que défendre son intérêt. Ainsi, lorsque l’on croit voir des traîtres et des complots partout, on pousse les sus-pects à trahir et à comploter. La Révolution française fut un édifice inachevé et, en cours de chantier détourné de son objet ; ce devait être l’édification de la vie, celle des citoyens libres de leur souveraineté vécue ensemble, et non un monument à l’éternel absent ou au divinisé défunt. Après que l’anathème fut jeté sur le peuple, l’après-Thermidor prépara l’avènement d’un nouveau maître. C’est de ce chantier, sur les cimes duquel voltigeaient ses ouvriers, rivaux et enivrés du risque d’une chute mortelle, qu’il s’agit ici. On s’y interpelle vivement, d’une pas-serelle à l’autre ; très peu d’entre eux ont en tête une vue de l’ouvrage à bâtir, plusieurs ne songent qu’à leur part ; un vent violent secoue sans répit l’échafaudage. Nul ne doit ni ne peut apposer sa marque, chacun le devine, mais celui qui le leur rappelle, loin d’être maître d’œuvre, est voué au martyre. Le présent essai ne vise pas à élaborer unethéorie nouvelle ; l’inutilité, quand ce n’est pas la nocivité desthéories en sciences so-ciales sont patentes. Il en va de même des concepts supposés rendre compte de ce que l’on nomme, bien à tort,réalité; ainsi lasociété libre et ses ennemis, théorisés par Karl Popper. Cet idéaltype, dirait Max Weber, veut signifier la réalité d’un modèle de société, opposée en tous points à la société adverse, son ennemie. En résumé, la démo-
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