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La tradition orale de Madagascar

De
284 pages
Le personnage de Mandry a joué un rôle historique dans le village auquel il a donné son nom. Ainsi, l'appellation de Vatomandry recouvre quelques aspects de l'histoire de la ville à la lumière de l'analyse narratologique de certains des récits que nous avons recueillis auprès de différentes catégories de narrateurs. La narratologie, « science des récits », s'enrichit, par conséquent, de sa rencontre avec l'Histoire, de tradition orale, de la région de Vatomandry.
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Monique Djistera
LA TRADITION ORALE DE MADAGASCAR
Reconstitution de l’histoire de Vatomandry
LA TRADITION ORALE DE MADAGASCAR
Reconstitution de l’histoire de Vatomandry
© L’HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07313-2 EAN : 9782343073132
Monique Djistera LA TRADITION ORALE DE MADAGASCAR Reconstitution de l’histoire de Vatomandry
INTRODUCTION
Le présent ouvrage, construit à la suite d’un travail de recherche effectué dans la région de Vatomandry entre 2003 et 2005, consistant à recueillir différents types de récits oraux auprès de diverses catégories de narrateurs, vise d’abord : - à préserver le passé des habitants (des Betsimisaraka du Sud) de l’oubli, à transmettre et à faire partager leur héritage culturel. - à essayer d’établir l’authenticité des faits rapportés dans les récits. - à montrer que les apports de la littérature orale betsimisaraka de Vatomandry, dans sa rencontre avec l’Histoire de la région en question, confèrent aux récits oraux un statut littéraire.
1 Et puisque «Toute histoire est histoire des personnages», nous voudrions reconstituer l’histoire des habitants, autrement dit de la société traditionnelle betsimisaraka du Sud, à partir de récits oraux collectés dans la région, puis traduits en français et qui évoquent des personnages marquants ayant traversé l’histoire de Vatomandry, depuis l’époque protohistorique, jusqu’aux évènements insurrectionnels de 1947. Mais auparavant, définissons ce que l’on entend par le mot histoire. Histoire : «Connaissance ou relation des événements, des faits relatifs à l’évolution de l’humanité, d’un groupe social, d’une activité humaine, etc. et qui sont dignes ou jugés dignes de mémoire.»
1 Yves Reuter,L’Analyse du récit, Nathan / HER 2000 Paris, p 27. 7
«La partie des connaissances humaines reposant sur l’observation et la description des faits dont l’acquisition met en 2 jeu la mémoire» . L’Histoire qui nous intéresse ici concerne les Betsimisaraka du Sud, toutefois il nous paraît utile de retracer, rapidement, l’Histoire des Betsimisaraka en général, en nous référant à des sources écrites comme celles que nous font découvrir les travaux anthropologiques de Pascal Lahady. Le mot betsimisaraka (de «be» : plusieurs, nombreux et de «tsy misaraka» : inséparables) signifie un peuple uni. 3 Selon Pascal Lahady «les Betsimisaraka répartis en deux groupes : les Betsimisaraka du Nord et les Betsimisaraka du Sud, constituaient un groupe spécifique, historique, linguistique et culturel, avec le sentiment d’appartenir à un même groupe et même possèdaient un modèle, resté embryonnaire d’organisation étatique et un nom historique qu’ils se sont e donné. Il s’agit de la confédération betsimisaraka du XVIII siècle.» L’histoire sociopolitique du peuple betsimisaraka comporte trois grandes phases : e Avant le XVIII s ou le peuplement et la formation de groupes historiques. e 3 Le XVIII s ou l’histoire de la confédération betsimisaraka. e e Le XIX s et la première moitié du XX s ou la double colonisation (conquête merina en 1810 puis française en 1886). Les Betsimisaraka occupent la province de Toamasina qui s’étend sur le littoral Est, de Maroantsetra au Nord, à Marolambo au Sud.
2 Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française, Paul Robert, Société du nouveau Littré, Casablanca Maroc, 1957 Tome III. 3 Pascal Lahady,Le culte betsimisaraka et son système symbolique, Librairie Ambozontany, Fianarantsoa.1979, p 20 à 33. 8
4 Selon Eugène Mangalaza , du point de vue historique, la région peuplée par les Betsimisaraka connut : Avant 1800 : une période clanique marquée par le gouvernement de quelques grands chefs. En 1810 : l'occupation merina qui visait principalement la mainmise économique sur la région. En1896 : l'établissement des premiers colons français (Vazaha) qui entreprirent des travaux pour l'aménagement du canal des Pangalanes, la culture de caféiers ..., et apportèrent la tyrannie. En 1947 : l'insurrection du 29 mars 1947. En 1960 : l'époque contemporaine de l'indépendance. Cependant, le mot Histoire revêt une signification particulière pour les théoriciens du récit. Aussi, notre intérêt pour la narratologie, domaine de la Poétique, érigée en discipline autonome dans les années 70, sous l’impulsion de 5 Tzvetan Todorov , nous conduit à considérer l’Histoire telle qu’elle est définie par Gérard Genette dans son ouvrageFigures III. Il est donc indispensable de consacrer, au début de ce travail, quelques lignes à l’étude de certains concepts (formulés par Gérard Genette) nécessaires à la compréhension de notre démarche. La théorie de Genette se dirige vers le roman, non en tant que genre, mais en tant que discours narratif. L’analyse de ce discours narratif, du fonctionnement de la narrativité, c’est le propre de la narratologie. Celle-ci est une science qui cherche à formuler, selon Genette, la théorie des relations entre récit-histoire et narration.
4 Eugène Régis Mangalaza,Vie et mort chez les Betsimisaraka de Madagascar, Essai d’anthropologie philosophique, L’Harmattan, Paris, 1998, Les différentes périodes de l’histoire des Betsimisaraka, p 22 à 33. 5 Le rôle de la Poétique est – «d’essayer de ramener ce phénomène sociologique qui a été appelé “littérature” à une entité interne et théorique» ---- Tzvetan Todorov et Oswald Ducrot,Dictionnaire encyclopédiquedes sciences du langage, Paris, Seuil, 1972, p 107. 9