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La Waffen-SS - Tome 2

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773 pages


L'histoire de l'Ordre noir révélée par cette étude objective et exhaustive.



Issue de la troupe chargée dans les années 1930 de protéger Hitler, la Waffen-SS est devenue avec la guerre une composante déterminante des forces armées du IIIe Reich, associant au passage son nom au fanatisme guerrier. Surtout, elle est devenue le symbole de la barbarie nazie à travers les crimes que ses unités ont perpétrés en Europe occupée, à l'image des 642 civils massacrés à Oradour-sur-Glane par la division " Das Reich " le 10 juin 1944.
S'appuyant sur des fonds d'archives allemands d'une exceptionnelle richesse, ce livre offre la première histoire globale des soldats SS et révèle la réalité de leurs parcours. Loin d'une légende souvent complaisante ou des idées reçues, s'attachant aux anonymes comme aux chefs, Jean-Luc Leleu a brossé une fresque qui fait date.
" Une étude riche, éloignée de toute complaisance comme de tout lieu commun. " Frédéric Valloire, Valeurs actuelles




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Secrétaire générale de la collection : Marguerite de Marcillac

Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre

© Perrin, 2007 et Perrin, un département d’Édi8, 2014 pour la présente édition

12, avenue d’Italie
75013 Paris
Tél. : 01 44 16 09 00
Fax : 01 44 16 09 01

Crédit couverture : Affiche de recrutement diffusée par la SS en Estonie, vers 1943. (BArch, Plakat 3/45/13) © D.R.

ISBN : 978-2-262-04964-5

Les vecteurs et la pédagogie de l’endoctrinement

L’impact de l’éducation idéologique

16. Conditionnement idéologique et mental

Le conditionnement culturel

Le conditionnement social

La justice comme moyen de conditionnement

17. Le rôle moral de l’encadrement

18. Le principe de dureté

19. Les motivations au combat

20. Cohésion et esprit de corps

CINQUIÈME PARTIE

AU FRONT ET EN RETRAIT : LA WAFFEN-SS DANS LA GUERRE

21. L’emploi stratégique des formations motorisées et blindées SS

Rôle à l’heure du Blitzkrieg

La Waffen-SS devient la réserve stratégique du Reich

Une réserve à la « disposition exclusive » de son Führer

Les difficultés d’application de cette stratégie

Les répercussions de la prééminence stratégique accordée à la Waffen-SS

22. Des limites et de l’abus d’un concept : considérations sur les formations blindées SS en tant que « pompiers du front »

Les limites d’une image héroïque

Une participation limitée à l’effort stratégique du Reich

La politique de préservation des formations SS par Hitler

La nécessité de reconsidérer le rôle des formations SS

Pour une plus juste interprétation des pertes de la Waffen-SS

23. Les liens de subordination des formations SS à l’armée

La question de la subordination au regard de la responsabilité des crimes de guerre

L’indépendance judiciaire de la SS

L’autorité de commandement théorique de l’armée

La réalité des liens hiérarchiques

Une situation également avantageuse pour l’armée

24. L’ingérence de la Reichsführung-SS dans les opérations militaires

La quête d’autonomie dans l’espace « germanique »

1. Évolution des effectifs de la Waffen-SS pendant le conflit, 1940-1945

2. Proportions des ressortissants du Reich par rapport aux ressortissants étrangers au sein des formations militaires de la SS et de la police au 1er mai 1940 *

3. Chronologie de la constitution des divisions SS au cours du conflit en fonction de leur recrutement

4. Répartition des soldats d’active des formations SS « Tête de mort » au 31 octobre 1939 (sous-officiers et hommes du rang)

5. Répartition par classes d’âge des engagés volontaires au sein de la Wehrmacht et de la Waffen-SS (bilan en valeurs arrondies au 30 septembre 1944)

6. Dénombrement des communautés de souche allemande implantées hors des frontières de l’Allemagne de 1919

7. Ventilation des « Allemands ethniques » des États danubiens engagés dans un service armé (situation au 28 décembre 1943)

8. L’origine régionale des recrues de la Waffen-SS au sein du Reich en 1940 *

9. La part des ressortissants étrangers au sein des formations militaires SS au 1er mai 1940

10. La part des ressortissants étrangers au sein du régiment d’infanterie motorisée SS « Der Führer » (situation au 25 juin 1944)

11. Origines géographiques des personnels de la 9e division blindée SS et de la 12e division de grenadiers du peuple en 1945 (en %) *

12. Répartition par âges des effectifs de la SS-Verfügungstruppe et des SS-Totenkopfverbände de 1936 à 1938

13. Répartition par classes d’âge des personnels des formations de la Waffen-SS au 1er mai 1940

14. Répartition par tranches d’âge des personnels servant dans les divisions subordonnées au commandant en chef à l’ouest en décembre 1943 *

15. Âge des prisonniers de guerre des 9e division blindée SS et 12e division de grenadiers du peuple en 1945 en fonction de leur date d’incorporation (en %)

16. Répartition par catégories socio-professionnelles des recrues de la Waffen-SS incorporées par le bureau de la VIIe région SS (Munich) en 1941

17. Profil socio-professionnel des personnels de la 9e division blindée SS et de la 12e division de grenadiers du peuple en fonction de leur date d’incorporation (en %)

18. L’appartenance confessionnelle des membres SS avant guerre

19. L’appartenance à l’Allgemeine-SS des personnels de la Waffen-SS de 1940 à 1944

20. La ventilation des membres de l’Allgemeine-SS pendant le conflit (1940-1944)

21. Évolution des critères d’âge et de taille pour l’admission dans la SS en armes 1936-1945

22. La classification médicale des prisonniers de la 9e division blindée SS et de la 12e division de grenadiers du peuple en 1945 (en %)

23. Évolution de la moyenne d’âge des commandants de troupe (officiers supérieurs) des formations SS transformées en divisions blindées au cours de la guerre

24. Âge du plus jeune officier dans chaque grade au sein de l’armée de terre, juin 1944

25. L’évolution des effectifs de combat des divisions du corps d’armée blindé SS (automne 1942-printemps 1943)

26. Différence d’effectifs entre les divisions de l’armée de terre et de la Waffen-SS au début du conflit (1939-1940)

27. Écarts de dotation en armes et véhicules entre la division blindée SS et la division blindée de l’armée de terre « type 44 »

28. L’approvisionnement des unités de la Waffen-SS non subordonnées à la Wehrmacht, mai 1941

29. Comparaison de l’équipement des divisions blindées et mécanisée à l’ouest au prorata de leurs effectifs en personnels, 1er juin 1944

30. Ventilation des chars allemands par théâtre d’opérations le 20 avril 1944

31. Sessions de formation suivies par les commandants d’unité de la 9e division d’infanterie mécanisée SS en poste au 31 juillet 1943 *

32. Programme d’instruction de la « LSSAH » 21 novembre-6 décembre 1940

33. Demandes de mariage accordées en 1942 par l’Office principal SS de la race et de la colonisation (RuSHA) aux membres SS en fonction de leur organisation

34. Nombre de condamnations à mort prononcées par les tribunaux SS et exécutées octobre 1939-30 juin 1944

35. Comparaison du moral des personnels des 9e division blindée SS et 62e division de grenadiers du peuple en janvier 1945

36. Répartition et poids respectifs des divisions motorisées et blindées de l’armée et de la Waffen-SS par théâtre d’opérations, 1940-1945

37. Délais accordés pour la mise sur pied de divisions rapides constituées à l’ouest en 1943

38. Répartition des pertes de l’armée de terre et de la Waffen-SS par année (en %)

39. Soldats de la Waffen-SS tués lors des premières campagnes militaires de la guerre 1939-1942

40. Répartition des pertes de l’armée de terre et de la Waffen-SS par théâtre d’opérations et en captivité (en %)

41. Instruction militaire des personnels des 9e division blindée SS, 12e et 62e divisions de grenadiers du peuple en 1945 (en %)

42. Nature des pertes humaines de la « LSSAH » au cours de sa première année d’engagement sur le front de l’Est (1er juillet 1941-31 juillet 1942)

43. Les pertes humaines des divisions allemandes engagées en Normandie à l’été 1944

Abréviations

Tableau et équivalence des grades

Organisation de la Reichsführung-SS, 26 novembre 1940

Liste des organes de commandement et des divisions SS

Sources et bibliographie

Notes

Index des noms de personnes

Remerciements

QUATRIÈME PARTIE

CONDITIONNEMENT ET MOTIVATIONS

15

L’endoctrinement

Des « nazis fanatiques ». Assurément, l’expression (et d’autres analogues) revient tel un leitmotiv dans la bouche et sous la plume de leurs contemporains pour qualifier les soldats SS. Cette opinion largement partagée a sous-tendu celle que ces hommes avaient subi un endoctrinement particulièrement intensif. La Reichsführung-SS n’a d’ailleurs pas ménagé ses efforts pour accréditer cette idée. Au début de 1944, il était admis que « les succès de la Waffen-SS [devaient] être attribués en premier lieu à la claire orientation idéologique de la troupe 1 ». Or, la réalité a été bien plus complexe. Les programmes d’éducation politique étaient en effet très loin de tenir une place importante dans l’instruction, y compris au sein des écoles d’officiers SS, pourtant destinées à forger l’élite militaire et idéologique de l’Ordre noir 2. Le mythe du soldat SS fanatisé à l’extrême doit donc être sérieusement révisé en revenant sur les fonctions, la conduite et la pédagogie de l’idéologie SS, au-delà du fond du message qui a déjà fait l’objet d’études très fouillées 3.

Les fonctions de l’éducation idéologique

« Mon âme à Dieu, mon épée au Roi, mon cœur aux dames. » C’est en citant cet adage de la vieille noblesse huguenote que Berger avait déclaré à Himmler que « c’était vraiment facile » à l’époque. Et d’ajouter que « le national-socialisme exige[ait] tout à présent, l’âme, l’épée et le cœur pour l’idée 4 ». C’était donner une assez bonne définition du totalitarisme et des exigences envers les individus qu’il asservissait. Tout au long de la guerre, l’éducation politique a eu plusieurs fonctions : imposer les valeurs de la SS, légitimer le combat, soutenir le moral, et finalement justifier l’existence sociale de la SS.

Imposer les valeurs de la SS

La première fonction de l’idéologie a logiquement consisté à enseigner aux membres de la SS les règles de vie de leur « ordre ». Ces « lois fondamentales de la SS » étaient en réalité une série de directives établies au fil des années : l’« ordre de fiançailles et de mariage » (31.12.1931) destiné à assurer l’« intégrité raciale » de l’Ordre ; la « loi d’honneur de la SS » (9.11.1935) accordant à chaque membre SS le droit (et le devoir) de défendre son honneur par les armes ; la « fondation de l’association “Lebensborn” » (13.9.1936) destinée à favoriser la natalité des membres SS par redistribution de cotisations et avec l’objectif déclaré d’engendrer au moins quatre enfants par couple SS ; le « caractère sacré de la propriété » (9.11.1936) qui a notamment conduit à interdir l’emploi de cadenas dans les cantonnements SS ; l’« épargne du devoir » (9.11.1937) obligeant une épargne mensuelle d’un Reichsmark à tout membre SS gagnant sa vie ; la « prise en charge des veuves et des orphelins » (9.11.1937) obligeant à assister les familles de camarades SS décédés. À ces « lois fondamentales » se sont ajoutées des directives générales tenant compte des conditions de guerre : le devoir pour le membre de la SS servant sous les drapeaux de procréer – au besoin en dehors du mariage – pour peu que la mère soit « de bon sang » (28.10.1939), l’interdiction de séduire la femme d’un membre de la SS engagé au front (30.1.1940), et enfin l’ordre de ne pas déshonorer une jeune fille pour l’abandonner ensuite (6.4.1942). À cela s’ajoutait une vague affirmation de « foi en Dieu », mais dans une religion vidée de sa substance. Sur le fond, ce catalogue de directives disparates n’avait pour autre ambition que de fixer la règle de vie et l’éthique d’une nouvelle aristocratie raciale, appelée à gagner en poids et en influence dans la société 5.

Légitimer le combat

La seconde fonction de l’éducation idéologique a consisté à légitimer le combat du Reich. Déjà présente avant guerre en raison du caractère intemporel de la lutte menée par la SS, cette fonction s’est trouvée renforcée une fois les hostilités déclenchées. En soi, ce travail de pédagogie est propre à tout État en guerre. En effet, « aucun dirigeant politique ne peut envoyer ses soldats au combat en leur demandant de risquer leur vie et de tuer d’autres individus sans les assurer de la justice de leur cause et de l’injustice de celle de leurs ennemis 6 ». Le rappel aux troupes de l’« attachement à la paix » manifesté par Hitler participait de cette démarche de légitimation, de même que la présentation des tentatives de conciliation initiées par l’Allemagne dans les années trente et torpillées pêle-mêle par les revanchards français, les ploutocrates anglo-saxons, les bolchevistes, et naturellement les Juifs de tous bords 7. Pour cette raison, les références à l’Histoire étaient nombreuses et servaient deux objectifs. En posant le régime comme l’héritier de l’Empire germanique, elles permettaient tout d’abord de le légitimer et de justifier sa politique en la présentant comme l’aboutissement de celles jusqu’alors menées sans le même succès. Inscrit dans le sens de l’Histoire, le conflit était présenté comme la réparation des injustices passées, à l’image du combat salvateur mené par Hitler et la NSDAP en Allemagne. Il s’agissait dès le début de démontrer que le combat était une guerre défensive, même si celle-ci imposait le recours à l’agression et à la conquête. Le second objectif était d’utiliser les leçons du passé afin de tirer les enseignements pour le présent et l’avenir en donnant des exemples à suivre. Comme l’éducation idéologique, l’Histoire n’était donc « pas une science morte 8 ».

Fanatiser

La SS allait encore plus loin en voulant susciter une adhésion aveugle et enthousiaste à la lutte engagée. En somme, il fallait communiquer une foi ardente aux hommes. La tâche était d’autant plus facile que le national-socialisme avait érigé le fanatisme en valeur positive au sein de la société allemande, en substituant la notion d’aveuglement à celles d’héroïsme et de vertu 9. Il ne s’agissait donc pas d’une « instruction idéologique », mais d’une « éducation idéologique ». « Instruire, instruire bêtement, cela ne mène à rien », affirmait encore le chef du SS-FHA. En fait, il s’agissait bien moins de transmettre un savoir qu’une conscience 10.

Aux yeux du commandant de la 10e division SS, ce chapitre de la formation était « d’une exceptionnelle importance pour l’esprit combatif ». Et, pour appuyer ses dires, de citer tour à tour en exemples la foi des guerriers luttant au nom de l’islam, la religion inspirant les troupes puritaines de Cromwell, l’élan des armées de la Révolution française, ou encore les effets du fanatisme militaire au Japon. Mais, en ce domaine comme en d’autres, la référence venait de l’est : « La guerre en Russie a clairement démontré qu’une armée politiquement éduquée combat brutalement. Nous opposons au fanatisme communiste la foi combattante émanant de l’idée nationale-socialiste 11 ».

 

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