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Le cimetière médiéval de Marsan (Gers)

De
158 pages
En 2008, une équipe de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a effectué une fouille préalablement à un aménagement entre Aubiet et Auch, et où 209 tombes de la seconde partie du Moyen Âge ont été dégagées. L'étude présentée détaille la démarche scientifique qui permet de restituer l'architecture disparue des tombes et révèle la diversité des pratiques funéraires adoptées dans ce cimetière rural gersois.
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Sacha Kacki
Patrice GeorgesZimmermann Sacha Kacki
LE CIMETIÈRE MÉDIÉVAL DE MARSAN (GERS) Lecture archéothanatologique
LE CIMETIÈRE MÉDIÉVAL DE MARSAN (GERS)
Le cimetière médiéval de Marsan (Gers) Lecture archéothanatologique
Mourir à travers les siècles Collection dirigée par Patrice Georges-Zimmermann
La collection « Mourir à travers les siècles » vise à montrer la diversité des approches permettant d'interroger les morts, soit directement (étude des squelettes), soit indirectement par leur contexte de découverte, de la grotte la plus ancienne au cimetière le plus récent, et les gestes portés sur ou autour d'eux. Il s’agit de placer le défunt au cœur des préoccupations et, par conséquent, d’axer le discours sur le corps. Cette collection a pour but de présenter les pratiques funéraires sous un nouveau jour, sans aucune frontière chronologique, géographique ou méthodologique. Les ouvrages sont sélectionnés par un comité de lecturead hocen fonction de critères touchant à leur originalité, leur rigueur scientifique et leur apport à la connaissance des pratiques funéraires. Les manuscrits sont adressés au Président du comité de lecture, Patrice Georges-Zimmermann, Centre archéologique de Midi-Pyrénées nord, Inrap, ZAC Albasud, impasse de Lisbonne, F-82000 MONTAUBAN. Renseignements : patrice.georges@inrap.fr
Patrice GEORGES-ZIMMERMANNSacha KACKILe cimetière médiéval de Marsan (Gers)
Lecture archéothanatologique
Des mêmes auteurs Patrice GEORGES-ZIMMERMANNLes sépultures prestigieuses de l’église Notre-Dame de Cléry-Saint-André(Loiret). Etudepluridisciplinaire du caveau de Louis XI. Contribution à l’histoire de l’embaumement médiéval, L’Harmattan, Paris, 2015. De corps en corptraitement et devenir du cadavre,s :  édition d’Isabelle Cartronet al., Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, Bordeaux, 2010.Les momies, savoirs et représentations. De l’Egypte ancienne à Hollywood, Editions Atlante, Neuilly, 2009, p. 19-33. Sacha KACKICimetières et identités, Thanat’Os 3, Bordeaux, 2015. OUVRAGE PUBLIÉ AVEC LE CONCOURS DEl’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap)
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole polytechnique 75005 Paris http///www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-11099-8 EAN : 9782343110998
INTRODUCTION Le projet de mise en voie rapide (2 x 2 voies) de la RN 124 a été à l’origine de nombreuses opérations d’archéologie préventive. En 2004 et 2005, une phase de diagnostics et d’évaluations a en particulier permis de découvrir le site dont cet ouvrage est l’objet (Chopin 2006). À hauteur du village 1 de Marsan (Gers), au lieu-dit « Lasserre » où la Direction Interdépartementale des Routes du Sud-Ouest (DIR Sud-Ouest, ex-Direction Départementale de l’Équipement) projetait l’aménagement d’un rond-point, la mise en évidence de vestiges médiévaux, et notamment de sépultures, a nécessité la réalisation d’une importante fouille archéologique (Georges 2011 ; Georgeset al.Cette intervention, qui a concerné 2011). 2 une surface de près de 6000 m d’un terrain initialement localisé à proximité du carrefour de la RN 124 et de la route communale reliant le bourg de Marsan à Lussan (prolongement de la RD 272), a été menée par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), sous la direction de Patrice 2 Georges-Zimmermann. Sur une durée de 24 semaines , une équipe d’archéologues s’est évertuée, quelles que soient les conditions, à sauver par l’étude l’ensemble des vestiges rencontrés. Qu’ils soient d’ores et déjà remerciés ici. La fouille du site de « Lasserre » avait trois objectifs principaux : 1/ appréhender le cimetière dans ses développements
1 e Ce terme, qui n’apparaît pas dans les textes avant le X siècle (Vincent 1937 : 206), découle deserra,serre; il existe dans différents dialectes avec le sens desommet, hauteur, plateau. Ce toponyme est relativement courant dans le Gers. On le retrouve en effet dans plusieurs communes situées à proximité du site. 2 Cette opération s’est déclinée en trois phases principales : 1/ la préparation, comprise entre le 15/10/2007 et le 04/01/2008 ; 2/ l’opération de terrain, du 07/01 (semaine n° 2) au 13/06/2008 (semaine n° 24), avec une interruption totale du 05/05 au 09/05/2008 (semaine 19) ; 3/ la phase dite de post-fouille, qui a consisté en l’étude du site à proprement parler, réalisée dans la période allant du 16/06/2008 au1/09/2010.
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chronologique et spatial,2/ aborder la question des pratiques funéraires, en particulier par l’étude des squelettes humains dans leur contexte selon une approche archéothanatologique, et 3/ intégrer les résultats dans une perspective chronotypologique régionale, qui demeurait à construire. Outre l’organisation interne de cet ensemble funéraire médiéval (croisement des informations concernant l’importance du cimetière, la répartition des tombes, la nature des artefacts exhumés, etc.), l’étude d’un tel site était en effet l’occasion de définir l’attitude du groupe inhumant vis-à-vis de ses défunts en révélant des gestes dont rend notamment compte l’agencement des os dans les tombes. La mise en évidence de ces gestes funéraires permet d’aborder alors, certes de façon partielle mais toutefois informative, la question de la relation des vivants avec les morts, au moment de leur traitement mortuaire, de leur dépôt en sépulture et après ce dernier (interventions post-dépositionnelles). Par ailleurs, caractériser un tel ensemble sépulcral d’un point de vue chronotypologique permet d’évaluer la variabilité des coutumes funéraires, relativement mal connues dans cette partie de la France. Ces informations peuventin fineêtre confrontées aux données récolées par ailleurs sur des sites contemporains fouillés plus ou moins récemment.
À l’issue de la fouille et de l’étude du site, 279 entités archéologiques relevant de catégories différentes ont été intégralement décrites et documentées (photographies et dessins) sous la forme d’un catalogue, que le présent ouvrage ne permet pas de reproduire exhaustivement. Ces vestiges archéologiques rendent compte de la proximité immédiate d’un 3 site antique et d’un habitat médiéval au sens le plus large du
3 Les indices sont minces, mais tout de même présents : fragments de béton de tuileau, tessons de céramiques, quart-de-rond et petite dalle de sol de marbre. Nous devons en tenir compte, même s’ils ne permettent pas de caractériser la nature précise de l’occupation dont ils relèvent. Ces éléments proviennent vraisemblablement d’une seule et même construction, la majorité d’entre eux ayant été retrouvés dans un périmètre relativement restreint.
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4 terme . Ce dernier a essentiellement été perçu à travers son e e cimetière, dont le fonctionnement est centré sur les XI -XII e siècles, mais qui pourrait avoir été en usage dès le IX siècle et e avoir perduré jusqu’au XIII siècle. La contemporanéité des vestiges d’habitat avec le cimetière est établie par la concentration des sépultures sur leur pourtour, manifestement sur la durée. Ceci explique d’ailleurs sans aucun doute la présence, essentiellement en périphérie du cimetière, de structures d’enfouissement de dépouilles d’animaux (Duchesne et al. 2014). Tout comme quelques artefacts et des restes fauniques retrouvés dans le comblement des structures archéologiques, ils sont autant d’indices de la vie rurale du groupe installé à Marsan « Lasserre ». Au Moyen Âge, une communauté rurale s’est ici occupée de ses morts, manifestement avec respect et application. Les pages qui suivent, tout en livrant les données issues de la fouille, ont pour but de montrer comment l’approche archéothanatologique nous 5 renseigne sur les us et coutumes funéraires de cette population .
4 En fait, plusieurs zones d’habitat ont été distinguées. Eu égard à la rareté du mobilier exhumé et au fait que ces zones sont en périphérie de la surface sur laquelle ont porté nos investigations, il est toutefois difficile d’en caractériser la nature. 5 L’échantillon des squelettes exhumés de ce site, appréhendé dans sa quasi-totalité, a également autorisé une analyse paléobiologique approfondie. Les données recueillies ont notamment intégré une étude comparative avec divers ensembles funéraires régionaux, comparables du point de vue chrono-culturel, qui ont été étudiés selon le même protocole par Sylvie Duchesne (Inrap), pilier infatigable de l’équipe. Nous ne développerons pas ici cet aspect de l’étude du site.
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