LE CITOYEN, EXPLORATEUR ET INTELLECTUEL

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On ne naît pas citoyen, on le devient, comme on devient un homme, au sein des systèmes entre perversion et persécution. L’auteur, après une approche de la citoyenneté en France, s’impose en défenseur du service public. Et interroge sur l’image et le rôle politique de l’éducateur. Il nous interpelle sur les réseaux d’influence, la franc-maçonnerie. Il invite à un véritable « plaidoyer pour une citoyenneté active » engagé, il tente de démontrer en quoi « l’humanitaire » est bénéfique et utile pour l’individu et pour la collectivité. En conclusion, il exprime son « espérance en la citoyenneté pour être heureux malgré tout ».
Publié le : mardi 1 janvier 2002
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EAN13 : 9782296301375
Nombre de pages : 240
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Le Citoyen,
explorateur et intellectuel, le double je

Collection Questions Contemporaines dirigée par JP. Chagnollaud, A. Forest, P. Muller, B. Péquignot et D. Rolland
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@L'Harmatlan,2002 ISBN: 2-7475-3169-4

Questions contemporaines

Bernard Louis Balthazard

Le Citoyen,
explorateur et intellectuel, le double je

L'Harmattan 5-7, rue de I'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Du même auteur
1988: «L'image comme représentation et source de créativité chez des préadolescents atteints de névrose et de psychose», Revue des Sociologues de l'Université Paul Valéry, Montpellier, sous la direction de Jean-Bruno Renard, GEMINI. 1990 : «Ethique et déontologie », Les Cahiers de l'Actif n° 168-169, mai-juin 1990, revue professionnelle. 1992 : « Bosnie Herzégovine... une larme d'assistance dans un océan de tragédie », Compte rendu de mission en collaboration avec Claude Bébon et Jean Arnaud Derens (a fait l'objet d'une publication à compte d'auteur) épuisé. 1993 : Projet TONIC, en réponse à l'appel d'offre interministériel émanant du ministère de la Justice: « Susciter des réponses adaptées en faveur des jeunes les lus marginalisés» (élaboré au sein du Foyer Départemental de l'Enfance et de la Famille de l'Hérault). 1996 : « Sapeur volontaire, une double vie à double tranchant », revue mensuelle Le Sapeur Pompier National n° 875, 107èmeannée, septembre 1996, pages 559 à 561. 1997: «Les immigrés hôtes ou otages de la république?» Marianne, hebdomadaire, 13 au 19 octobre, page 50. 1998 : « L'agent de prévention des risques - les emplois-jeunes dans les zones urbaines sensibles», mémoire de recherche en ingénierie sociale, Université Paul Valéry, Projet d'action élaboré à la demande du SDISS, en vue de la pérennisation des emplois jeunes. 1999 : « L'opérateur humanitaire », proposition de formation diplômante et qualifiante pouvant déboucher sur un diplôme d'Etat. Association d'Education Civique et de Développement de l'Action Humanitaire (a fait l'objet d'une commission de validation) 2002: « Emploi et humanitaire, vers une conception du bien commun partageable par tous », Recherches en travail social à l'usage de la citoyenneté ordinaire, Le Sociographe n° 8, pages 73 à 78. En préparation: «Image et éducation, l'image parle et fait parler, l'enfant, l'éducateur, l'image ». Emissions de radio (RFM+) de 1998 à 2002 : Interview sur « l'action humanitaire », avec Benjamine Roule. Interview de Jean-Jacques Schmidt sur "la poésie arabe" et vers "approche du monde arabe". "Billets d'humeurs", emploi, humanitaire, politique, religions, sectes, le jacobinisme, la République, la violence, le harcèlement moral. ..).

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Pascale, mes enfants, tous les miens, tous ceux qui m'ont construit. . .

PLAN
Préface Avant-propos Introduction I. Du fonctionnaire au Citoyen Réflexion pour la défense du service Public De la modernisation des lois sociales à la réforme du service public Image d'un citoyen professionnel: l'Educateur Spécialisé Diplômé d'Etat Rôle politique de l'éducateur II. Face à face citoyen, de l'engagement politique La citoyenneté commence devant sa porte Plaidoyer pour une citoyenneté active De l'engagement politique comme acte citoyen III. L'humanitaire comme proposition pour une pratique citoyenne Le citoyen acteur dans la cité De l'intérêt du citoyen acteur à partir de l'intervention
h umani tai re . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..

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L'humanitaire comme facteur de citoyenneté et de lien social IV. Du militant associatif au citoyen en quête de sens La loi 1901, liberté passée ou espoir pour demain? De l'idée républicaine à la mentalité citoyenne, l'exemple d'une société discrète, les Francs-Maçons Mais qu'est-ce que la Fraternité? Concl usion

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Notes....
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PRÉFACE
"Le Citoyen, explorateur et intellectuel, le double je" est le fruit d'une recherche personnelle. C'est une œuvre dans laquelle l'auteur nous livre sa réflexion accompagnée de son cheminement professionnel et de son engagement citoyen. A peu de choses près, à la lecture, nous reconstituons un itinéraire d'un citoyen (acteur de la cité) à la fois explorateur (observateur) et intellectuel (qui sait prendre du recul). C'est là que l'ouvrage est passionnant, qu'il nous interpelle selon le terme à la mode en cette aurore du xxème siècle. L'ouvrage est passionnant parce qu'il met en scène une interrogation terrible d'une portée générale, dépassant tout cadre individuel. Où en est la citoyenneté? Comme le dit son titre évocateur, "le citoyen" est certainement cet être né véritablement des Lumières, ce voyageur des temps modernes, des idéologies, entre la perversion et la persécution des systèmes, il est aussi cet être observant, et qui agissant, sait prendre du recul sur les êtres, les événements et réfléchit, en cela le citoyen est intellectuel. Son ego, son "double je" se propulse tout le long de l'ouvrage comme une fresque et impulse cet état d'esprit épris de liberté, "l'esprit citoyen". L'auteur établit un diagnostic effrayant sur la citoyenneté en son état, telle qu'il l'a vécue, telle qu'il la vit, telle que nous la vivons. Et nous nous reconnaissons dans la pensée de l'auteur, qui démontre être l'écho sonore de l'humaine nature. Pour paraphraser une phrase de madame Roland sur la liberté, phrase prononcée à l'extrême veille de son exécution, on pourrait exprimer qu'au nom de la citoyenneté, on finit par l'oublier comme pour se permettre toutes les dérives. Et à manquer de lucidité, à se laisser aller, on aboutit fatalement au totalitarisme avec la catastrophe inéluctable qui en découle. Le totalitarisme est le fils de la pensée unique qu'engendre inévitablement une dictature intellectuelle. C'est de cet élément que provient une dictature politique, encore plus sûrement que d'un coup d'état saisissant par la force tous les leviers gouvernementaux. Or cette pensée unique, ce refus de réfléchir, de se poser des questions a pour base l'affadissement de la citoyenneté. Long cheminement que cet affadissement parfois même imperceptible! Là est le mérite de l'auteur qui nous met en garde, qui montre à quelle étape notre société s'est déjà engagée sur la voie.

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La citoyenneté se décline assez facilement. Tous les êtres humains sont nés libres et égaux en droit. La liberté ne se comprend pas sans l'égalité et la fraternité et, au plan individuel, s'arrête très exactement là où commence celle de l'autre. C'est simple, n'est-ce pas? Et pourtant, avant que la Révolution ne proclame ses principes comme fondement du nouvel Etat qu'elle prétendait instaurer, il a fallu toute une maturation, tout un système de réflexion. C'est à juste titre que l'on nomme "Siècle des Lumières" la période précédant la Révolution. On date le début de la Révolution à la prise de la Bastille. Mais que fut au juste la prise de la Bastille? La forteresse, de fait, était à peine défendue et sa prise concluait une insurrection populaire, une de plus, comme le royaume de France en avait connu bien d'autres. Cependant, parce qu'il y avait eu ce Siècle des Lumières, une banale insurrection parisienne prend d'abord une portée nationale puis universelle. Et voilà, l'Idée a trouvé son vecteur: une nouvelle société passe de la gestation à l'enfantement, à la vie effective qui doit, bien entendu, encore évoluer, trouver son équilibre. Il en est de même de la bataille de Valmy. Elle est la fille d'une idée, de la même idée de citoyenneté sans laquelle il n 'y a ni liberté, ni égalité, ni fraternité. En fait, Valmy n'est même pas une bataille. Et de plus, elle était perdue pour les Français, puisque les Prussiens les avaient tournés, les avaient acculés à l'Argonne et les avaient coupés de leurs lignes de communication en plaçant leur dispositif entre eux et Paris. Les pertes furent insignifiantes, de part et d'autre, et le combat se résume en une canonnade à la limite de portée. Contrairement à la légende, à Valmy il y avait très peu de volontaires. L'armée de volontaires était sous Châlons, en désordre d'ailleurs, et coupée donc des forces de Valmy, vraisemblablement prête à la débandade lorsque les Prussiens, vainqueurs à Valmy, auraient marché sur elle, une débandade de plus, comme celles que connaissait l'armée française depuis l'ouverture des hostilités, c'est-à-dire depuis quatre mois et demi. Les forces réunies à Valmy par Dumouriez et Kellermann se composaient essentiellement de débris de la vieille armée royale. Le miracle, le trait de génie, intervient lorsque la ligne française fléchit et lorsque l'infanterie prussienne marche à l'assaut. Alors, Kellermann parcourt la ligne et hurle à plein poumon l'expression de l'idée de la citoyenneté: « Vive la Nation! » Le cri, une idée traduite par un slogan, est repris dans la foule de ces soldats de métier qui reforment les rangs, réajustent le dispositif, qui ont pris conscience qu'ils sont citoyens en armes au service de la Nation. Alors, les Prussiens, confrontés au dilemme d'un coûteux corps à corps ou d'une suspension de l'attaque, choisissent le deuxième terme. Le point crucial est l'expression de l'Idée

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qui saisit une armée décidant qu'elle est la matérialisation d'un peuple sous les armes et non plus au service d'un roi. C'est donc à très juste titre que Goethe pourra dire de ce jour et de ce lieu, date une nouvelle époque dans l'Histoire du monde. La République était proclamée le lendemain, 21 septembre 1792. La citoyenneté était triomphante. Sans Valmy, la République était morte née. Cette République sera mise en cause par la suite plusieurs fo is. Plusieurs historiens, François Furet entre autres, donnent comme achèvement de la Révolution, l'amendement Wallon de 1873 qui sert de base constitutionnelle à la IIIèmeRépublique et donc établit définitivement un système politique républicain. L'auteur de « Le citoyen, explorateur et intellectuel, le double je » nous alerte en avertissant que la république, la démocratie donc la citoyenneté, sont à nouveau mises en cause. Et ce n'est pas la première fois, mais risque d'être définitif. Le désastre militaire de 1940 avait entraîné la chute de la IIIème République et l'instauration du régime de Vichy. Vichy tournait le dos à des valeurs fondamentales fondant la citoyenneté. Le statut des juifs notamment s'inscrivait en opposition absolue avec le principe d'égalité. Il était assez paradoxal qu'un juif, militaire français et prisonnier de guerre, était plus à l'abri dans un camp d'internement allemand que soidisant libre en France. En effet, respectueux du statut des prisonniers, les Allemands n'ont engagé aucune poursuite raciale à l'encontre des juifs prisonniers de guerre, alors qu'ils le pouvaient sans encombre. En revanche, c'est bien avec l'aide de la police française qu'a été réalisée la rafle du Vel d'Hiv, visant indistinctement tous les juifs, y compris ceux qui, mobilisés en 1939, avaient combattu durant la campagne de France. Cependant, le désastre de 1940 avait été largement préparé par un affadissement de la République. Cet effondrement social explique, à lui seul, l'acte décisif qu'a été la démission de la représentation nationale remettant les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. A l'aube du XXIèmesiècle, sans qu'il y ait l'élément déterminant d'un désastre militaire, on constate l'existence d'une crise sociale et morale. La République est minée, à nouveau, par un travail insidieux de sape. Qui est responsable? Mais tous! Tous les citoyens, tous les républicains! C'est-à-dire, nous tous. C'est à une œuvre d'analyse en profondeur que se livre Bernard Louis Balthazard. Peut-être ne serons-nous pas d'accord avec l'auteur sur les causes, et pas plus sur les symptômes qu'il évoque, sur son travail de dissection. En revanche, nous serons d'accord avec lui sur l'existence d'une crise morale et sociale qui se traduit,

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notamment, par une insécurité grandissante, alors qu'il y a décroissance du chômage. Violence et insécurité, contre laquelle l'auteur propose l' humanitaire comme pratique citoyenne, "un service humanitaire" en quelque sorte, semble des plus heureux. En effet, l'arrêt du service militaire vers une armée de métier, s'il est le reflet de "la quille pour tous ", laisse un vide sur le plan de la cohésion nationale et sociale comme sur le plan de la formation des jeunes. Souvent il se substituait à une éducation civique scolaire et familiale, comme nous le rappelle Bernard Louis Balthazard. Mais la question des" laissés pour compte" se pose. Qu'allons-nous en faire? C'est pourquoi l'idée de l'auteur d'élaborer une formation diplômante et qualifiante "d'opérateur humanitaire" permettrait aux sans-emplois de suivre une filière porteuse pour l'avenir, de découvrir des pays inconnus, d'autres réalités sociales, d'aller jusqu'au bout d'eux-mêmes en activant leur généreuse énergie. Voilà pourquoi, "l'opérateur humanitaire" apparaît ainsi porteur d'espoir pour un nouveau métier. Par différentes théories telles que celles de Marcel Mauss et celles de Maslow, sur le don de soi et la motivation, Bernard Balthazard démontre comment utiliser le potentiel existant des citoyens oblatifs. Naturellement, sur ce problème propre qu'est l'insécurité, la répression - fut-elle parfaite, ce qui n'est pas le cas - n'est pas plus un remède que celui qui consiste à casser le thermomètre lorsqu'on constate une fièvre montante chez le malade. Bien plus, l'insécurité grandissante laisse percevoir une crise latente au sein de l'appareil répressif de l'Etat, à savoir la police nationale et la gendarmerie. A preuve: l'insécurité, bien sûr, mais encore et surtout la multiplication des polices municipales et des sociétés privées de vigiles, ce qui démontre l'insuffisance de la police nationale. Il importe dans ces conditions de ne pas confondre un aspect catalyseur avec la crise ellemême. Un autre symptôme est encore plus caractéristique. Les Français se détournent de la vie politique. Le nombre d'adhérents aux différents partis politiques est en chute libre, l'abstention fait des ravages dans le rang des électeurs. L'opinion publique a inventé un nouveau terme: la classe politique. Par classe politique, on entend les élus et leur entourage, quelles que soient leurs tendances. L'opinion publique suspecte cette classe politique. L'opprobre atteint les écologistes accusés de se comporter en vulgaire parti politique. Certes, toute une série de scandales éclatant dès la fin des années 80, alimentant l'accusation de corruption généralisée. Mais il y a plus grave, car finalement, si le soupçon de corruption n'épargne même pas le Président de la République française, il n'est pas nouveau et la

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République a survécu à des scandales précédents, aussi bien liés à l'affaire de Panama à la fin du XIxème siècle qu'à l'affaire "Stavisky" dans l' entre-deux- guerres. Ensuite, la corruption n'épargne aucun régime. Certes, cependant, la République devrait signifier le règne de la vertu! Vision vraisemblablement utopiste. Il y a plus grave, car l'accusation la plus forte vise l'élection des élus et les responsables des partis politiques. Ils sont accusés d'avoir fait de la politique leur profession. C'est ainsi que les appareils des partis sont peuplés, à tous les niveaux, de permanents, véritables professionnels qui forment une technocratie fermée mettant en œuvre une machine électorale au seul profit de la classe politique. C'est ainsi que le suffrage universel connaît sa plus forte dérive. L' histoire du suffrage universel est d'ailleurs éloquente. Dès son installation, en 1789, le système électoral a commencé par être censitaire et à degrés. L'élu est ainsi nécessairement un notable. Avec les fluctuations du cens électoral, le nombre d'électeurs a varié de cent mille sous la Première Restauration à cinq millions sous l'Empire, avec une population française comptant quelque vingt-cinq millions d'êtres humains. Le cens disparaît totalement en 1848 et consacre ainsi en théorie la fin de l'élection planifiée des seuls notables. Le suffrage n'en est pas pour autant universel puisque les femmes en sont exclues. Elles n'acquerront le droit de vote qu'en 1945, entraînant d'ailleurs celui des militaires. C'est à cette époque que l'on peut réellement parler d'un suffrage universel. Cependant intervient une dérive. Le cumul des mandats trace un cursus honorum de l'élu qui commence par obtenir un mandat à faible responsabilité qui lui sert de tremplin et conforte un second mandat de plus haute responsabilité. Au cumul des mandats s'ajoute le cumul des rémunérations. De plus, l'élu devient ainsi pratiquement inamovible. Une carrière de député-maire ou de sénateur-maire passe dans l'ordre commun et se double d'un poste dans la hiérarchie du parti politique, ce qui renforce l'inamovibilité. Par ailleurs, il est hors de question qu'un candidat libre, sans l'investissement d'un parti politique, puisse présenter sa candidature. Cette dernière commence par une élection primaire, au sein du parti, réalisée par les militants dans le meilleur des cas, mais toujours plus ou moins obérée par un système de cooptation. Les désistements sont organisés par les appareils des partis. La boucle est donc fermée, l'appareil est le maître. Et les lois récentes pour lutter contre la corruption, organisant le financement public des partis politiques accentuent encore le système, interdisant radicalement au

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simple citoyen de se présenter à une élection, sauf s'il est prêt à engager une grosse fortune personnelle, ce qui est, somme toute, assez rare. Dans la pratique, le système électoral n'est plus universel, mais redevient censitaire et pousse les notables. La dérive est donc de taille. Dans ces conditions, la désaffection des citoyens pour la classe politique et donc pour la politique, n'a rien que de très normale. Il s'ensuit le même genre de désaffection à l'égard de la citoyenneté. La proposition d'interdire le cumul des mandats, ou simplement de le limiter en temps et en fonction, se heurte à l'opposition active de la classe politique. Il est pourtant évident qu'il y a impossibilité d'assumer réellement plusieurs fonctions issues de multiples mandats électoraux ou politiques. La défense de la classe politique n'a pour objet que celle de ses positions et non le maintien d'un quelconque esprit républicain. Au-delà des faits, c'est tout un ordre social et politique qui part à la dérive et met en péril la citoyenneté. C'est à ces dérives, à leur mise en lumière, que nous invite "Le citoyen, explorateur et intellectuel, le double je". La République est en danger.
Général (cr) Henri PARIS Président du cercle de philosophie politique, DÉMOCRATIES

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« Messieurs, nous aimons mieux être une source dans une mer qu'une rose dans vos "bonnes grâces" et il convient mieux à notre humeur d'être dédaignés de tous que de nous fabriquer une conduite qui nous attire les faveurs de quiconque»
Shakespeare]

AVANT-PROPOS

Ce livre est comme l'histoire d'un étonnement et d'une amertume. En effet, le paradoxe entre être citoyen de droit et professionnel de devoir permet à la fois une confrontation empirique d'un état, celui d'être citoyen, d'un devenir, car on ne naît pas citoyen, on le devient, et d'un métier qui nécessite un apprentissage. Etre un citoyen éclairé s'apprend; ne dit-on pas le métier de père, faire de la politique est un métier? De la même façon, être citoyen s'apprend dans les livres et sur le tas, au quotidien en exerçant sa profession. C'est un apprentissage difficile, lancinant, rempli de chausse-trappes, par l'oligarchie que semble impulser la République actuelle. « Les politiques sont, comme dans la Rome Antique, les premiers rôles. Les citoyens, les figurants commandés par un trinôme indivisible: les juges, les politiques et le peuple. L'oligarchie en place prétendait représenter « une masse civique» dont elle gère les intérêts... »2, nous dit Claude Nicolet. «Mais aujourd'hui plus qu'hier, ces généraux commandent à des armées de citoyens répartis en classes sociales, non à des mercenaires passifs », du moins le laisse-t-on croire. Raison pour laquelle une citoyenneté active est difficile à vivre quand elle est engagée et authentique, car tout n'est pas si facile. C'est pourquoi à travers cet écrit nous tenterons d'exprimer en qualité de professionnel ayant rencontré des difficultés à être citoyen; mais aussi en qualité de citoyen ayant difficulté à exercer sa profession, ainsi déceler les difficultés qu'il y a à mettre en adéquation les différents concepts d'éthique de déontologie, de droit de devoir concourant à la citoyenneté. Apporter une contribution à la préservation de l'espèce humaine et de ce qui en fait sa valeur, la rigueur est nécessaire, la conviction aussi, ce qui ne veut pas dire rigidité. Il apparaît souhaitable d'agir en homme de pensée, mais également de penser en homme d'action. Si les anciens se sont battus en résistant pour bouter les nazis hors de France il apparaît souhaitable de se mobiliser afin que la mentalité fasciste ne s'y 15

épanouisse pas. Les associations d'anciens combattants devraient méditer cette idée de prévention, plutôt que de guérison (à propos de la guerre, certains ne disent-ils pas "c'était le bon temps ") et ne pas infantiliser les jeunes désireux d'assurer la relève pour la défense et la protection du patrimoine national. Devrais-je dire de nos nations, c'est-à-dire de nos Démocraties et nos Etats de droits. Les commémorations s'avèrent souhaitables, elles ne devraient pas s'accommoder seulement d'un bon repas, manifestation de la joie de s'en être sortis vivants, mais également d'un appel à la vigilance par égard pour ceux qui y sont restés, c'est-à-dire un réel soutien pour ceux qui travaillent à la préservation de la liberté. Il y a en effet, à mon sens, une différence entre subir la guerre et faire la guerre à la guerre! Seuls quelques rares hommes - au courage exceptionnel - ne portent aucune médaille et n'appartiennent à aucune association d'anciens combattants. Les véritables héros sont morts ou restent dans l'ombre à l'abri de la gloire, précisément par respect pour ceux qui ne sont plus. L'exemple des « Pioupious » du 17èmede ligne en dit long sur le devoir d'obéissance et sur sa limite. Sur la conviction et l'engagement d'homme au service d'un peuple. Il est à mon sens un bel exemple de citoyenneté. Le 20 juin 1907, partis d'Agde où ils étaient cantonnés, cinq cents soldats du 17èmerégiment d'infanterie marchent sur Béziers, pour protester contre les tueries de Narbonne3 et campent sur les allées Paul Riquet. Ils refusèrent de tirer sur les manifestants viticoles à Béziers. Ils fraternisèrent avec ceux-ci et la population sur les Allées Paul Riquet. Depuis ce geste magnifique, on les appela affectueusement les "Pioupious". Leur geste de fraternisation est l'une des plus belles pages de l' histoire de la région Languedoc-Roussillon et de notre peuple4. On fera une chanson en leur honneur: « gloire au dix -septième», dont la légende en fera les soldats qui mirent la crosse en l'air et qui refusèrent de tirer sur des civils, ordre jamais donné de mémoire de "Pioupious" dans une armée régulières. Sur la promesse de l'impunité, ils regagnent leur casernement après avoir reçu une permission pour preuve de la bonne foi des autorités de l'époque. En fait expédiés à Gaza dans le Sud tunisien ils connurent deux ans d'enfer. A y regarder de plus près, c'est suite à un refus de la classe viticole de se soumettre à la raison économique qu'ont eu lieu ces émeutes aux cours desquelles les "Pioupious" (c'est-à-dire les citoyens issus du peuple parmi le peuple) ont fait l'objet de manipulations de la part d'un gouvernement (Clémenceau) en perte de vitesse, qui a trouvé là le moyen et l'expression d'affirmer sa féroce supériorité.

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Mon étonnement: que signifie être citoyen aujourd'hui? Quelle appropriation en faisons-nous au-delà des images que nous en percevons depuis l'Antiquité en passant par la Révolution française jusqu'à nos jours? Mon amertume: il existe des citoyens malmenés, mendiants, exclus, non-votants recevant leur « SMIG» culturel et monétaire. Comment les historiens du futur comprendront-ils notre histoire si nous avons une idée pauvre du citoyen pris individuellement et collectivement face à son quotidien, celui de travailleur, notamment d'une jeunesse errante, sans but et sans valeur, oscillant entre un univers narcissique de "loft story", le bruit des "sonos", et l'oubli de sa dignité entre drogue et alcool, "raveparties" comme si "on" voulait les rendre moins responsables, moins citoyens. C'est parce que lettrés et illettrés semblent ne plus savoir très bien ce que signifient citoyenneté et citoyen, que nous avons pensé et donné à voir un positionnement de citoyen et de professionnel au quotidien. Ceci afin de laisser une trace, celle d'un individu passé dans le prisme d' éducation(s) d' instruction(s), scolaire, universitaire, professionnelle, faisant rire parfois jusqu'à plaider la cause de la citoyenneté active en voie de disparition. Les engagements solidaires souvent bénévoles, au service d'autrui, ne font plus recette aujourd'hui comme au début du siècle. Mais au fait, en sommes-nous absolument certains? Nous verrons combien la théorie de Marcel Mauss6, dans son essai sur le don, "Forme et raison de l'échange dans les sociétés archaïques", prend tout son sens et combien il est nécessaire de redorer le blason du sens de l'engagement. Et si notre génération vivait les derniers instants de la citoyenneté, les bienfaits du Siècle des Lumières et de la citoyenneté française, définissant non seulement les droits, mais aussi les devoirs du citoyen? Et si nous étions les derniers professionnels et citoyens? Nous le verrons: « Liberté, Egalité, Fraternité», l'éthique et la déontologie restent une idée neuve! Platon ne disait-il pas en son temps: « Lorsque les pères s' habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux l'autorité de rien et de personne," alors c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie ». Je confiais voilà quelque temps à un ami, l'exposé de mes préoccupations professionnelles à gérer le paradoxe qu'il y a à vouloir servir la République et de n'être pas respecté par ceux-là mêmes qui

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devraient être satisfaits d'avoir à leurs côtés des serviteurs, mais qui au fond ne cherchent que des valets. La démonstration pourrait être ainsi faite de la "gogomachie" ambiante, la duperie dont sont victimes "les amoureux de Marianne ", c'est-à-dire ceux qui divorcent au fil des ans de son amour, courant ainsi le risque de laisser la place aux requins séducteurs des nationalismes et extrémismes et intégrismes de tout bord. Cet essai est inspiré par des actes citoyens au fil des ans, c'est celui d'un compromis permanent, pour éviter un divorce sanglant. Il tend à démontrer que l'indocilité et la rébellion sont somme toute de mise et payants sous réserve d'être vigilant. Le récit de ces combats devrait encourager ceux et celles qui sont tombés amoureux de cette inaccessible icône comme nous tombons au champ d'honneur ("donneur", "donheurt", "dont heurt") et leur enseigner, peut-être, qu'il ne faut jamais baisser les bras, que l'on peut être heureux malgré tout, à aimer sans espoir. Pris pour des "gogos", ces amoureux, à défaut d'avoir réussi leur "mariage", tentent de réussir leur divorce... à l'amiable, sans tomber dans le désespoir, mais sans renier l'amour qui n'est pas forcément perdu. L'écrit est encore un des moyens les mieux adaptés pour rendre compte et donner du sens à l'action. C'est une véritable "leçon de savoir-vivre" en société et de courage politique assurément à vouloir survivre et prendre position dans la jungle de ses prétendants. L'histoire de cet amour, c'est l' histoire d'un militantisme citoyen, d'une citoyenneté active, c'est le compte rendu des différentes mises en situation professionnelle d'un citoyen, c'est la pratique citoyenne aujourd' hui, à une époque où l'on souhaite affaiblir les départements, les cantons, les communes, c'est-àdire la République en ce qu'elle a de possible dans l'avenir, la création du lien civil et du lien social, devrais-je dire du liant. Cet essai iconoclaste est un récit d'expériences à la fois pratiques et intellectuelles vécues audelà des chapelles existantes, des syndicats et des partis. A mi-chemin entre la psychologie sociale et la philosophie, la réflexion "psychanalytique" sur la cité et la lourdeur de I'histoire de nos institutions, il devrait permettre à tous de se situer devant la question de l'amour pour la République à la française, « Le jacobinisme a fait la grandeur de la France, son unité, et a généré et porté une idée qui a bouleversé le monde: tous les hommes sont libres et égaux en droit »7, non pour l'imposer à d'autres peuples, mais pour servir d'exemple original pour vivre ensemble. Ce mythe peut devenir réalité encore fautil vouloir le vivre chez nous. Ce livre "Le citoyen: entre perversion et persécution, explorateur et intellectuel, le double je" est un véritable "plaidoyer pour une citoyenneté active, pour l'amour de Marianne". Il est en définitive une

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vive interrogation sur la possible démocratie républicaine qui, bien qu'ayant l'apparence d'un mythe, vaut bien qu'on y croit. Même si pour cela on doit prendre du recul de cet amour passion pour que ce rêve devienne réalité. La liberté n'a pas de prix, dit-on! La question fondamentale reste à évaluer quel sera le prix à payer pour préserver la liberté que nous offre la République! « La liberté pour quoi faire? », disait un partisan du totalitarisme, se faire assassiner? Bonne question, merci de l'avoir posée. Travaillons à la liberté - projet fondamental des Lumières - donner à I'homme, mais aussi à nous-mêmes, les moyens de sa liberté. Mais que vaudrait la liberté sans l' égali té et sans la fraternité? Pas de citoyenneté sans cette formidable devise qui est aussi un programme politique au sens le plus aigu du terme. Peut-être un modèle pour l'Europe des citoyens et les citoyens du monde. Mais attention aux miroirs aux alouettes, Henri Paris explique: « l'idée nationale, le patriotisme ne peut se reporter sur une Europe politique et sociale qui n'existe pas »8.

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« Même sous la constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave» Condorcet

INTRODUCTION

Je fais partie de la génération qui fut élevée dans le respect, la crainte et l'amour de Marianne, ainsi que celui scrupuleux de la défense de la Patrie, de la Justice, de la Fraternité, de la Liberté - que beaucoup confondent avec égoïsme. C'est à mon père, officier de marine marchande, et à ma mère, infirmière, que je dois une certaine idée de la France, de son rôle économique et social. Cette formation agira en conséquence, au fur et à mesure que l'éclairage de l'école républicaine deviendra plus lumineux. Bref, on me disait "tu seras soldat" et je suis devenu citoyen, éclairé bien entendu... c'est-à-dire capable de penser par lui-même. J'ai agi et réagi selon les difficultés rencontrées du moment. Souvent pris pour un "gogo", j'explique cependant la nécessité d'avoir des convictions dépourvues d'illusions. C'est un véritable apprentissage du "métier de citoyen" qu'il m'a été donné de vivre. Dans la première partie, « du fonctionnaire au citoyen», après une approche succincte de la citoyenneté en France et particulièrement des symboles que sont le chant révolutionnaire et la Marseillaise et la laïcité, est abordé le problème du fonctionnaire acteur-citoyen ou simple exécutant? "C'est à partir de l'image d'une profession" que je m'interroge sur le sens de sa citoyenneté, en qualité notamment d'éducateur spécialisé diplômé d'Etat, en termes d'éthique et de déontologie. Concernant les fonctionnaires, beaucoup d'individus dans nos institutions et l'administration publique, mais pas seulement, subissent l'autoritarisme, l'arbitraire du pouvoir, la persécution, le harcèlement moral. Ce n'est pas un fait récent. C'est ainsi que l'administration semble être un des derniers bastions totalitaires, mais également tous les lieux professionnels où le pouvoir arbitraire peut naître et se développer. Ainsi poser non pas la question "pourquoi", mais "comment" en sortir. Les régimes totalitaires ont toujours pratiqué la calomnie de I'homme, un parallèle est tenté, encore faut-il être en mesure de détecter les incohérences du système et éviter les complaisances.

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Dans la deuxième partie, c'est un «face à face citoyen» pour en finir avec le "régime de la terreur" historique, qui a pris une autre forme, celle de l'inégalité des citoyens devant I'horreur des mouvements idéologiques des masses. De la considération des immigrés comme hôtes ou otages de la République, éviter l'amalgame dans un sens comme dans

un autre, c'est « un plaidoyer pour une citoyenneté active» qui a vu le
jour. J'apporte ma réflexion pour en finir avec ce "régime". Ce qui m'intéresse dans ma recherche, c'est ce que "l'homme fait à l'homme". En effet, je n'ai jamais compris comment des personnalités brillantes ont eu la naïveté de se transformer en dévots d'une personne, d'un pouvoir, d'un parti, s'arrogeant le droit de confisquer la démocratie et d'imposer la terreur, légitimant leur pouvoir absolu par une conception métaphysique de I'Histoire. Seule la citoyenneté permettra de s'en sortir. La démocratie n'est pas la loi du plus fort qu'impose la majorité au détriment de la minorité, mais la possible écoute des minorités comme certitude qu'elles seront entendues. Ceci repose le problème du suffrage universel, majorité ou unanimité consensuelle comme au Parlement européen? Les partis politiques dérogent à cette règle, alors qu'ils prétendent vouloir faire de la politique autrement.

La troisième partie aborde « l'humanitaire comme proposition pour une pratique citoyenne », d'intégration et de lien social, et tente de démontrer en quoi elle est bénéfique et utile, tant pour l'individu que pour la collectivité, à partir de l'action dans la cité, mais aussi dans le champ humanitaire international. Riche d'expériences diverses et variées du terrain, un projet de formation "d'opérateur humanitaire" susceptible de créer des nouveaux métiers et rendre de nouveaux services, l'idée d'un "service civil" de secours se fait jour. Le don de soi comme langage et expression de la citoyenneté dans une démocratie, voilà qui pourrait créer du lien social. Ce projet pourrait avoir un certain intérêt durant cette période de chômage et de difficile intégration constituant un véritable fléau, s'il pouvait apporter des éléments de réponse à un moment où nos institutions sociales ne répondent plus aux problèmes de notre temps et sont inadaptées, il aurait atteint son but. Mais voilà il ne suffit pas d'avoir des idées.
La quatrième partie, c'est mon côté" en quête de sens" qui ressort; c'est une réflexion plus profonde, sur les réseaux d'influence qui nous entourent; c'est l'occasion de faire une halte sur l'effet de la Loi 1901 en ce qu'elle est une Liberté passée ou un espoir pour demain? De l'idée républicaine à la mentalité citoyenne, l'exemple d'une association

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discrète la Franc-maçonnerie dont les médias se font l'écho ces derniers temps. Ma réflexion porte sur l'intérêt d'une société dite secrète dans un pays pourtant de liberté, m'appuyant sur les récits médiatiques, confronté à ceux de mon entourage, sur le discours et la réalité de cette société fermée, institution millénaire s'il en est, aujourd'hui sous la question dans l'actualité moderne entre réseaux affairistes, pouvoir d'influence et idéal maçonnique d'une république universelle. Appuyée par le récit historique, la vérité est ailleurs, un espoir pour notre pays? Une voie pour l'occident comme l'indique dans son ouvrage Bruno Etienne9. Jean Jaurès ne disait-il pas « le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale»? En conclusion, j'exprime « mon espérance en la citoyenneté pour être heureux malgré tout », non sans avoir fait la proposition en qualité de professionnel-citoyen, de ce que pourrait être un programme politique. Je souhaite avoir su démontrer que faire de la politique autrement, dans l'intérêt général, est possible, encore faut-il passer aux actes et occuper le terrain en citoyen éclairé! Jusqu' à envisager une nouvelle donne. « C'est le rôle du citoyen de dire la vérité à haute voix. Il ne s'agit pas de s'ériger en juge de ceux qui exercent le pouvoir, mais de rendre compte objectivement de la situation» Vaclav Havel.

Vous avez dit Citoyenneté? Et si c'était une idée neuve? Qu'en est-il en France? Nous sommes des citoyens, quelles que soient la couleur de notre peau, notre nationalité, notre culture, notre condition de vie, notre niveau d'instruction. La citoyenneté prend ses racines dans la tradition de la Déclaration des Droits de I'Homme et du Citoyen de 1789, mais aussi du préambule de la Constitution de 1946. Son objectif est l'aboutissement de la république universelle. Nous appartenons à une République, ce terme désigne aujourd' hui un régime électif, mais aussi un état, territoire circonscrit par des frontières, un pouvoir politique "indépendant", qui organise et réglemente la société sur ce territoire. Egalement à une Nation, partageant pour le meilleur et pour le pire, une identité commune. Sa devise: "Liberté, Égalité, Fraternité" impulse des valeurs qui s'exercent dans le cadre d'une démocratie laïque, "pouvoir du peuple", exprimant l'idée que les lois doivent être voulues par ceux-là mêmes qui auront à les respecter. Elle permet au citoyen de penser par lui-même. Chaque citoyen éclairé par l'éducation, l'instruction, est libre et responsable. 23

En cela la laïcité assure la liberté à chacun, de conscience, de culte. La laïcité est inscrite dans notre Constitution. En distinguant sphère publique et privée, elle assure à tous les citoyens la liberté de conscience, la diversité des cultures. Elle proclame que les mœurs sont libres. En revanche, dans le débat public, dogme, puissance, argent sont bannis. C'est pour cela qu'aucun signe distinctif n'est acceptable. La France républicaine ne distingue ni race, ni religion. La République française a ses symboles, la Marianne, le coq gaulois, la Marseillaise (de loin le plus attaqué). Sur notre sol, les étrangers sont considérés comme des concitoyens. Ceux qui le désirent pourront devenir citoyens de la République française. Encore faut-il qu'ils veuillent partager le destin de la nation (ce qui rassemble autour d'une idée commune). "Le suffrage universel" donne le droit de vote à tous les citoyens, sans distinction de race, de religion d'opinion ou de fortune. Ce droit ne découle que de ses devoirs, dans le souci de sa dignité et de celle des autres. C'est pour cette raison qu'il est souhaitable, plutôt que de manifester sa sympathie pour "le vote des immigrés", de demander aux étrangers résidant et travaillant depuis longtemps, de devenir des citoyens à part entière, ainsi d'acquérir avec la nationalité, le statut de citoyen à part entière, désamorçant du même coup celui de citoyen de seconde catégorie, intégré et attaché au droit du sol. Par sa participation à la collectivité et l'exercice de son droit et de son devoir de vote, le citoyen est dépositaire du pouvoir. Éclairé, il lui appartient de choisir entre deux conceptions: tout part du citoyen (dépositaire du pouvoir) - conception occidentale, d'origine latine. Il y a une élite qui est mieux éclairée (c'est-à-dire qui détient le pouvoir) - conception anglo-saxonne - Mais pour quel Etat? C'est une autre question et une autre histoire... Voilà pour l'essentiel! Mais qu'en est-il dans la réalité du quotidien?

De l'intérêt du symbole La République est moribonde, d'aucun s'attaque à ses symboles: cocarde, bonnet phrygien, buste de Marianne, le coq gaulois, les mains enlacées, la croix de Lorraine... Est-ce un signe avant-coureur de son anéantissement? L'exemple de la Marseillaise, celle-ci ne fait pas que des émules. Quelques articles dénoncent sa violence et sa désuétude. Elle est perçue par ses détracteurs comme guerrière, sanguinaire, li berticide, réactionnaire? Notre Marseillaise ne cesse d'être décriée, mise en questions, chacun y va de son couplet. J'en veux pour preuve le match 24

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