Le dernier communard

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Dans le cimetière du Père-Lachaise se trouve un petit tombeau noir portant une simple épitaphe : "Adrien Lejeune, dernier communard, décédé à Novossibirsk, URSS, 1942". Quelle a été sa vie ? Que faisait-il en URSS au plus noir de la Seconde Guerre mondiale ? Pourquoi et comment a-t-il regagné ce coin de Paris ? Cette étude, très documentée, tente de faire la part entre la réalité et le mythe du dernier communard, et d'inscrire la construction de ce mythe dans la bataille symbolique autour de la mémoire de la Commune de Paris.
Publié le : jeudi 1 mars 2007
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EAN13 : 9782296169760
Nombre de pages : 191
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LE DERNIER COMMUNARD

Logiques historiques Collection dirigée par Dominique Poulot
La collection s'attache à la conscience historique des cultures contemporaines. Elle accueille des travaux consacrés au poids de la durée, au legs d'événements-clés, au façonnement de modèles ou de sources historiques, à l'invention de la tradition ou à la construction de généalogies. Les analyses de la mémoire et de la commémoration, de l'historiographie et de la patrimonialisation sont privilégiées, qui montrent comment des représentations du passé peuvent faire figures de logiques historiques.

Déjà parus
David MATAIX, L'Europe des révolutions nationales 1940-42, 2006. Paul TIRAND, Émile DIGEON (1822 - 1894). L'itinéraire singulier d'un communard, 2006.
Hugues
fr

MOUCKAGA

, La Rome ancienne,

rr siècle avoJ.-C. -

s. ape J.-C., 2006. Jean-Pierre GRATIEN, Marius Moutet, un socialiste à l'outremer, 2006. Jean-Rémy BEZIAS, Georges Bidault et la politique étrangère de la France, 2006. Cécile BERL Y, Marie-Antoinette et ses biographes, 2006. Antonin GUY ADER, La revue Idées, 1941-1944. Des nonconformistes en Révolution nationale, 2006. Jacques LELONG, Le Bocage bourbonnais sous l'Ancien
Régime, 2006. Robert PROT, Jean Tardieu et la nouvelle radio, 2006. Frédérique V ALENTIN-McLEAN, Dissidents du parti communiste français, 2006. Jacques DUVAL, Moulins à papier de Bretagne du XVIe au XIXe siècle,2006. Charles MERCIER, La Société de Saint- Vincent-de-Paul. Une mémoire des origines en mouvement (1833-1914),2006. Abdelhakim CHARIF, Frédéric DUHART, Anthropologie historique du corps, 2005

Bernard LUTUN, 1814-1817 ou L'épuration dans la marine, 2005.

Gavin BaWD

LE DERNIER COMMUNARD Adrien Lej eune

L'HARMA TTAN

@ L'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion. harmattan @wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-02974-3 EAN: 9782296029743

Celui qui fait au peuple de fausses légendes révolutionnaires, celui qui l'amuse d'histoires chantantes est aussi criminel que le géographe qui dresserait des cartes menteuses pour les navigateurs. Lissagaray

La propriété, c'est le vol. Proudhon

SOMMAIRE

D'un mur l'autre Lejeune communard

9 17

Lejeune en URSS Le retour de Lejeune Conclusion

65 139 183

D'UN MUR L'AUTRE

C'est le 10 novembre 1989, au lendemain de la chute du Mur de Berlin, que j'ai découvert le dernier communard. En tant que jeune communiste, adhérent depuis déjà 8 ans (dont sept dans le minuscule parti communiste écossais et un dans

le PCF dès mon arrivée à Paris - je venais de rentrer d'une
réunion de cellule dans le 12ème arrondissement quand mon colocataire chilien m'a annoncé cette brèche fatale dans le Rideau de Fer), j'avais besoin, comme beaucoup d'autres, de prendre un peu d'air et de tenter de remettre de l'ordre dans mon esprit. Je me suis donc dirigé vers un de mes lieux mélancoliques de prédilection à Paris, le cimetière du PèreLachaise, pour me promener parmi feuilles mortes et sépultures délaissées, nourrir un chat errant tout en parcourant L'Huma... puis atteindre le coin du cimetière où se trouve le Mur des Fédérés. J'étais dans l'angle sud-est de ce grand cimetière, plus exactement dans la 97ème division, qui se distingue, par l'atmosphère qui y règne, du reste de la nécropole. C'est un lieu de mémoire, une mémoire où se sédimentent plusieurs périodes de l'histoire, le Mur des Fédérés devant lequel, selon la tradition, s'est achevée la Commune, où des milliers d'hommes ont été fusillés puis inhumés le 28 mai 1871. Et face à ce mur portant une plaque commémorative, on peut voir plusieurs monuments relativement discrets qui sont ceux des survivants de cet épisode sanglant: celui de Jean-

Gavin BOWD, Le Dernier Communard

Baptiste Clément, auteur du Temps des cerises, cerises comparées à des gouttes de sang, ceux de plusieurs ouvriers, membres de la Commune, dont les professions sont rappelées, celui de Paul Lafargue, époux de Laura Marx avec laquelle il s'est donné la mort en 1911 pour échapper aux ravages de la vieillesse: un face à face entre les survivants de la Commune et le Mur des Fédérés. Et derrière la grande avenue circulaire, les tombes communistes, là où le PCF a enterré quasiment tous ses dignitaires: Maurice Thorez, Jacques Duclos, Marcel Cachin, Paul Vaillant-Couturier, Henri Barbusse, Paul Eluard. A côté du tombeau de Duclos, j'ai repéré une pierre noire que j'avais négligée jusqu'alors. Cette pierre portait une simple épitaphe: 'Adrien Lejeune, dernier communard, décédé à Novosibirsk URSS 1942'. Je me suis recueilli pendant quelques minutes devant ce modeste tombeau et je me suis demandé: comment a-t-il pu vivre si longtemps? Que faisait-il en URSS au plus noir de la Seconde Guerre mondiale? Pourquoi et comment a-t-il retrouvé ce coin de Paris, devant le Mur où tombèrent les derniers communards? Je n'ai rien fait pour trouver une réponse à ces questions qui, pourtant, me taraudaient. Il y avait d'autres priorités: faire le deuil du socialisme réellement existant, se confronter à la pénible transition de l'Est vers l'économie de marché, continuer à vivre et même à espérer. Mais après un certain temps, la curiosité m'a ramené vers le nom inscrit sur le petit tombeau noir. Naturellement, L 'Humanité nous offre une entrée en matière. La une de son numéro du 22 mai 1971, c'est-à-dire commémorant le centenaire de la Commune de Paris, porte une photographie de Lejeune et l'article suivant: 10

Gavin BOWD, Le Dernier Communard

'Cent ans après. Le communard Lejeune reposera près de sa dernière barricade' « Hier midi au Bourget, l'avion régulier Moscou-Paris de l'Aeroflot a rapporté les cendres d'Alfred [sic] Lejeune, le dernier des communards décédé à 95 ans, en 1942 à Novosibirsk (Union Soviétique). L'ume funéraire était portée par le Président du Comité du Parti de Novosibirsk, Filatov, accompagné de l'académicien Inozentsev du Comité Central du Parti communiste de l'Union soviétique et du camarade Pankov; collaborateur du Comité Central. Ils ont été accueillis par Gaston Plissonnier et Paul Laurent du Bureau Politique du Parti Communiste Français, Lucien Mathey du Comité Central, secrétaire de la Fédération de Seine-SaintDenis, Jean Braire, secrétaire général des' Amis de la Commune', Maurice Niles, député-maire de Drancy, Louis Baillot pour les élus communistes de Paris, J-C Bernartets et Eliane Bize du Mouvement de la JC, le secrétaire de la cellule communiste de l'Aéroport du Bourget, etc. Avec les représentants de l'ambassade de l'URSS, une délégation de Bagnolet, conduite par notre camarade Joineau, maireadjoint, était là. C'est dans le hall de la mairie de Bagnolet, sa ville natale, que les cendres d'Alfred Lejeune sont en effet exposées. Une cérémonie s'y déroulera ce matin à 10 heures avec la participation de la délégation soviétique et de Jacques Duclos. Dès hier après-midi, la population a commencé à défiler devant l'ume. Celle-ci sera transportée dimanche devant le Mur des Fédérés où un dernier hommage sera rendu à Alfred Lejeune par tous les participants de la Manifestation du Centenaire. »

Il

Gavin BOWD, Le Dernier Communard

A la page 5 du journal, Fernand Chatel nous raconte 1'histoire de ce grand survivant, indiquant cette fois correctement son nom: 'Adrien Lejeune le dernier des communards dont les cendres reposeront à partir de demain au Mur des Fédérés' «Adrien Lejeune est né le 3 juin 1847 à Bagnolet, au 38 Grande-Rue (l'actuel 62, de la rue Sadi-Carnot). Son père est bourrelier, sa mère couturière. Deux cultivateurs, l'un de Bagnolet, l'autre de Belleville, sont les témoins qui signent son acte de naissance. Il doit gagner sa vie très jeune et il exerce divers métiers. Après avoir passé bien des nuits et des dimanches à étudier il devient à 20 ans herboriste dans une pharmacie. C'est le règne de Napoléon III, du second empire. A 22 ans Adrien Lejeune adhère à l'Association républicaine des librespenseurs qui regroupe des socialistes, des progressistes. Les manifestations sont interdites, mais les obsèques de chaque libre-penseur deviennent des démonstrations populaires contre l'Empire et l'oppression. En février 1870, à l'issue d'un de ces cortèges à Bagnolet, Adrien Lejeune s'adresse à la foule. Le 4 septembre 1870 il est du soulèvement qui renverse Napoléon III et proclame la République. Bien que réformé pour raisons de santé, il s'engage dans la Garde Nationale pour combattre les troupes de Bismarck qui assiègent Paris. Il est sergent dans la 2ème compagnie du 28ème bataillon. Le 18 mars 1871 il n'hésite pas un instant. Il est sur la Butte Montmartre pour défendre les canons de la Garde. Il est avec ceux qui proclament la Commune. Durant

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Gavin BOWD, Le Dernier Communard

ces jours enfiévrés Adrien Lejeune partage son temps entre Bagnolet et la mairie du 20ème arrondissement. Quand les Versaillais envahissent la capitale, il se bat avec acharnement. 'Nous défendions une barricade l'une après l'autre, écrira-t-il plus tard. Ainsi j'atteignis la barricade de la rue des Pyrénées dans le quartier de Belleville. C'était dans la nuit du 27 au 28 mai. Et le matin on me prit.' Il est reconnu et arrêté alors que par la rue de Paris (maintenant rue de Belleville) il cherche à gagner la mairie du 20ème. Le 12 février 1872 il est condamné à 5 ans de détention sur un ponton flottant. Il aide des camarades à s'évader. On l'envoie au bagne de Nouméa. 1880, avec l'amnistie générale, le revoit à Bagnolet. En 1905, après avoir suivi Edouard Vaillant, il rejoint Jaurès et Jules Guesde au Parti socialiste

unifié. En 1917 il salue avec enthousiasme la Révolution
socialiste d'Octobre qui fait triompher les idées de la Commune sur un sixième du globe. A 75 ans, en 1922, le vieux communard adhère au jeune Parti Communiste Français. Malgré l'âge, la maladie qui réapparaît, son esprit est toujours combatif et lui vaut encore des démêlés avec la police du gouvernement réactionnaire. Un comité international, qui s'est créé pour venir en aide aux survivants de la Commune, obtient sa prise en charge complète par l'Union soviétique. En 1926, Adrien Lejeune quitte la France pour l'Union soviétique 'sa seconde patrie', dit-il. La veille de son départ il remet à Marcel Cachin, directeur de I 'Humanité, toutes ses économies et les obligations du journal qu'il détenait: 350 F aujourd'hui. A Moscou, Adrien Lejeune vit et est soigné à la Maison des Vétérans de la Révolution. En 1936 il verse les quelques économies qu'il a reconstituées aux enfants des républicains espagnols tombés

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Gavin BOWD, Le Dernier Communard

dans la lutte contre Franco. En octobre 1941, quand les troupes de Hitler se rapprochent de Moscou, Adrien Lejeune, avec les écoliers et les vieillards de son quartier est évacué à Novossibirsk, en Sibérie. Il y a une carte de rationnement pour tout le monde, sauf pour le dernier communard encore en vie et dont les appels sont lus dans les unités de l'Armée Rouge. Sa dernière lettre, le 31 décembre 1941, est pour souhaiter la Nouvelle Année aux blessés de l'Armée Rouge soignés à l'hôpital de Novossibirsk. Il s'éteint le 9 janvier 1942, à l'âge de 95 ans, dans cette ville sibérienne qui garde son nom à une rue et où son monument n'est pas resté un jour sans quelques fleurs. » Cette petite biographie fait de Lejeune une incarnation du parfait communard: d'origine modeste, autodidacte féroce, libre-penseur, participant à tous les soulèvements et de toutes les barricades, jusqu'aux dernières, suivant le calvaire bagne et déportation - des communards arrêtés, militant de la première heure du PCF, puis ralliant le communisme de la Troisième Internationale avant de trouver enfin une seconde patrie, l'URSS. Ce récit fait de Lejeune une figure exemplaire, digne de la grande cérémonie qui va se dérouler lors de la Montée au Mur. Mais au cours de mon enquête j'ai trouvé que, comme toujours, la réalité est beaucoup plus complexe, que la vérité est fuyante et impossible à rétablir dans sa totalité. Les recherches que j'ai effectuées dans les archives de la
Comintern, à Moscou, dans celles du PCF, à Bobigny

- qui

viennent seulement de s'ouvrir aux chercheurs -, mais aussi dans celles du Service Historique de l'Armée de Terre, Château de Vincennes - accessibles depuis longtemps 14

Gavin BOWD, Le Dernier Communard

démontrent un écart important entre la vie et la légende du dernier communard, légende à la création de laquelle Adrien Lejeune a lui-même contribué. A cela s'ajoutent d'autres documents et des entretiens avec ceux qui ont participé à la commémoration du centenaire de la Commune. Dans cette monographie, je tenterai de faire la part entre la réalité et le mythe du dernier communard, et d'inscrire la construction de ce mythe dans la bataille symbolique autour de la mémoire de la Commune de Paris.

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LEJEUNE COMMUNARD

Les archives de Bagnolet semblent offrir quelques points de repère solides sur lesquels appuyer notre enquête. « Du quatre juin mil huit cent quarante-sept, à dix heures du matin. Acte de naissance de ADRIEN Félix, né au domicile de ses père et mère à Bagnolet, Grand-Rue, n° trente-huit, hier, à sept heures du soir; fils légitime de LEJEUNE (Michel), bourrelier, âgé de trente-quatre ans, et de GUYOT (Marie, Reine, Désirée), son épouse, âgée de trente-deux ans, couturière, demeurant ensemble, rue et numéro susdits, mariés à Montreuil (Seine) le quatre octobre mil huit cent trente-quatre. L'enfant a été reconnu du sexe masculin, sur la déclaration et la présentation faites à nous, Maire, officier de l'Etat Civil de la commune de Bagnolet soussigné, par le père de l'enfant, en présence des sieurs FAUCHEUR (Louis, Antoine, Marcel) âgé de cinquante-huit ans, demeurant à Bagnolet, et FLEURY (Jean, Baptiste, Louis), âgé de quarante-six ans, demeurant à Belleville (Seine), rue des Rigolles, n° 47, tous deux cultivateurs, lesquels ont signé le présent acte ainsi que le père de l'enfant, après qu'il leur a été fait lecture de tout. »

Gavin BOWD, Le Dernier Communard

Le futur communard est donc d'origine modeste, mais issu d'un milieu encore éloigné de celui qu'on associe avec ce qui deviendra dans le siècle suivant une citadelle de la banlieue rouge. Certes, à l'époque, ce village aux portes de Paris connaît un important changement démographique: la population, qui, en 50 ans, de 1801 à 1851, n'a augmenté que de 41% (+379), va en 20 années, de 1851 à 1872, doubler (1298-2597). Mais les habitants de ce village exploitent encore ses jardins, vignes, vergers, bois, et cultivent groseilles, framboises, cassis, osier, lilas et arbres fruitiers. Il s'agit d'une population encore rurale qui profite de l'expansion de la proche capitale. Cependant, les descriptions communistes de la jeunesse de Lejeune l'inscrivent dans un récit classiquement marxiste qui mène, de façon inexorablement linéaire, par la prolétarisation, au communisme scientifique de l'avenir. Dans un numéro spécial de France-URSS, publié pour marquer le centenaire de la Commune, René Duchet écrit: « A l'époque, Bagnolet n'était encore qu'un village, aux portes de Paris, comme Clichy ou Vanves. Un village situé au-delà des barrières, où l'on cultivait les fraises, les framboises et les pivoines. Les usines s'appelaient encore les fabriques où s'élaboraient de façon artisanale, les vernis, les cartons, les colles ou les cuirs; où s'élaborait aussi, dans les creusets de l'exploitation, le prolétariat. Le père d'Adrien est l'un de ces prolétaires et le gamin est, très jeune, obligé de travailler pour gagner sa vie. Mais il a de l'ambition, du

courage et de la ténacité. Il passe ses nuits et ses dimanches quand il ne travaille pas - à lire et à étudier. A vingt ans, il réussit à se faire embaucher dans une pharmacie en qualité 18

Gavin BOWD, Le Dernier Communard

d'herboriste. Il souffre de l'injustice, de la misère dont souffrent les gens qu'il côtoie.! » Cette version des faits renvoie au récit que Lejeune a écrit, ou du moins signé, après son arrivée en URSS. En 1931, le Secours Rouge International, connu souvent sous son acronyme russe MOPR, publie une brochure-souvenir, 'Le dernier des communards', en solidarité avec les prisonniers politiques communistes. Dans ce texte, romancé et truffé d'erreurs dans la transcription des noms propres, attribué à un auteur âgé de 84 ans et sans publication antérieure, Lejeune raconte ainsi son enfance: «Je suis né en 1847 au village de Bagnolet. A cette époque, notre hameau était situé hors des fortifications de Paris. Aujourd'hui, Bagnolet est le prolongement des quartiers ouvriers de Belleville et de Ménilmontant. Notre famille avait bien du mal à vivre. Nous étions sept enfants. Mon père travaillait chez un sellier du village voisin. Chaque jour, je lui portais son déjeuner. J'avais alors 7 ans. J'avais bien peur alors de traverser les champs tout seul. D'ailleurs, ce n'était pas chose bien facile: il fallait bien faire attention de ne pas verser le manger et pour que le déjeuner ne refroidisse pas en cours de route. Mon père ne plaisantait pas et nous recevions de bonnes corrections lorsque nous ne nous conduisions pas bien. A 9 ans, j'entrai à l'école. L'instituteur ne faisait pas beaucoup attention à moi. J'étais de famille pauvre, alors
René Duchet, 'Le dernier des communards mort à 95 ans à Novosibirsk', France- URSS, 37, mai 1971, p. 28. 1

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