Le Domaine du roi, 1652-1859

De
Le jour où le grand chef Donnacona a comparu devant le roi ­François Ier, il a su l'éblouir. Il lui a parlé avec emphase d'un royaume dit du Saguenay. Pendant plus d'un siècle, les rois de France en ont rêvé. Alors que la Nouvelle­France en est encore à ses balbutiements, des commerçants prennent sur eux d'organiser une traite particulière à partir de Tadoussac. Comment cette traite dite de Tadoussac engendre-t-elle le Domaine du roi? Ce domaine n'est-il qu'une figure de style? Une simple expression populaire? Une façon de se distinguer?
En réalité, le domaine que se réserve le roi s'étend sur des centaines de kilomètres carrés le long de la rivière Saguenay avec un front sur le Saint-Laurent qui va de l'île aux Coudres jusqu'à proximité de Sept-Îles.
Michel Lavoie a décidé pour sa part d'examiner la traite de Tadoussac comme une propriété foncière qui s'inscrit dans le système seigneurial mis en place dans l'Amérique française. Il a vite constaté que des règles administratives, économiques et juridiques des plus strictes s'y appliquaient également. Naturellement, il a été entraîné dans l'analyse du fonctionnement interne de ce fameux domaine du roi qui traverse allègrement plus de deux siècles d'histoire et deux régimes coloniaux. Le conquérant britannique n'hésite pas un instant et maintient le caractère exceptionnel du Domaine du roi.
Ravagés par les épidémies, entraînés par une surexploitation des ressources du territoire, les Indiens ont survécu tant bien que mal pour être finalement atteints gravement par les effets séculaires de l'exploitation coloniale, passant de la fourrure à la foresterie et à l'agriculture.
C'est à une histoire d'appropriation territoriale par les empires coloniaux que Michel Lavoie convie ses lecteurs. Le royaume du Saguenay est entré dans la légende entouré de mystère. Le voile est enfin levé sur l'évolution du Domaine du roi qui a donné naissance à l'érection de cantons, à la création de réserves indiennes et finalement à l'implantation d'institutions politiques copiées sur le reste du Québec.
Michel Lavoie est professeur associé au Département d'histoire de l'Université de Sherbrooke. Il a été directeur de la revue Recherches amérindiennes au Québec de 2005 à 2010. Il est également consultant en histoire. En 2010, M. Lavoie a obtenu le prix littéraire du Gouverneur général pour son essai «C'est ma seigneurie que je réclame»: la lutte des Hurons de Lorette pour la seigneurie de Sillery, 1650-1900 (Boréal, 2010). En collaboration avec l'historien Denis Vaugeois, il a publié L'impasse amérindienne: trois commissions d'enquête à l'origine d'une politique de tutelle et d'assimilation, 1828-1858 (Septentrion, 2010).
Publié le : lundi 1 janvier 0001
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EAN13 : 9782896646098
Nombre de pages : 276
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