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Le général J.B.E Estienne - père des chars

De
354 pages
Le général Estienne est connu comme le "père des chars". C'est lui qui les a imposés, malgré tous les obstacles, et qui les a réalisés avec Louis Renault. Il a également été un pionnier de l'aviation militaire. Après la guerre, il a été à l'origine des grandes traversées automobiles à travers le Sahara, qui ont mis en compétition Louis Renault et André Citroën.
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Le général J. B. E. Estienne, père des chars
© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13179-8 EAN : 9782296131798
Arlette Estienne Mondet
Le général J. B. E. Estienne, père des chars Des chenilles et des ailes
L’Harmattan
Histoire de la défense Collection dirigée par Sophie de Lastours Cette collection se propose d’étudier les différents aspects qui composent l’histoire de la défense. La guerre, la technologie, la sécurité n’ont cessé de se transformer, de se construire et même de se détruire les unes par rapport aux autres. Elles sont en perpétuelle mutation. L’apparition de nouvelles menaces a toujours conduit les sociétés à tenter de s’adapter avec plus ou moins de succès et parfois à contre-courant des idées reçues. Des questions seront soulevées et des réponses données, même si beaucoup d’interrogations demeurent. L’histoire, la géographie, le droit, la politique, la doctrine, la diplomatie, l’armement sont tous au cœur de la défense et interfèrent par de multiples combinaisons. Ces sujets contribuent à poser les défis et les limites du domaine de la défense à travers le temps en replaçant les évènements dans leur contexte. On dit par exemple que dans ce XXIe siècle naissant, les guerres entre Etats sont en train de devenir anachroniques au bénéfice de conflits tribaux ou religieux, mais seules des comparaisons, des études détaillées qui s’étendent sur le long parcours de l’histoire permettront de le vérifier. Derniers parusMichèle RACLOT,28 mai 1940. Le jour où le Brazza s’est englouti, 2010. Christophe DARGERE,ça vient à durer tout l'été. Lettres de Si Cyrille Ducruy, soldat écochois dans la tourmente 14-18, 2010. Xavier LAVIE, Une garde nationale pour la France, 2010. Souvenirs croisés de la première guerre mondiale : correspondance des frères Toulouse (1914-1916) et souvenirs de René Tognard (1914-1918), 2008. Henry OLIVARI,Mission d’un cryptologue français en Russie(1916), 2009. Général Maurice SCHMITT,La deuxième bataille d’Alger (2002-2007) : la bataille judiciaire, 2008. Dominique CARRIER, « On prend nos cris de détresse pour des éclats de rire » André Tanquerel,Lettres d’un poilu (1914-1916), 2008. Patrick PAPA-DRAME,L’Impérialisme colonial français en Afrique,2007. Marcelin DÉFOURNEAUX,L’Espagne de Franco pendant la Seconde Guerre mondiale,2007.
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Pour nous qui avons servi dans les unités de l’Arme Blindée française, nous pensions bien connaître le Général Jean Baptiste Eugène ESTIENNE, l’ancien commandant de l’Artillerie d’Assaut et « Père des Chars » qui prit une part si importante dans la victoire de 1918.
Mais à la lecture de ce livre, écrit par Madame Arlette ESTIENNE MONDET, petite fille du Général, nous découvrons toutes les facettes d’une personnalité très riche aux mérites étonnants dont la vie et les œuvres ont incontestablement marqué et orienté le cours de l’histoire militaire de la France.
Le titre même de ce magnifique ouvrage « DES CHENILLES ET DES AILES » en dit déjà long sur l’apport du Général aux forces armées de l’époque !
Cette ouverture sur la vie privée et familiale du Général ESTIENNE, sur ses études et ses réflexions philosophiques, ainsi que sur sa carrière très détaillée donne la véritable dimension de cet homme hors du commun.
A la fois homme de science, chercheur et précurseur, il était aussi un homme d’action et un officier de haut niveau ayant le sens du terrain et des besoins du champ de bataille au point d’être un conseiller écouté des Commandants en chef.
Cet officier d’Artillerie, polytechnicien, est un bel exemple d’une fine intelligence à l’imagination explosive, mais il est aussi un homme de caractère et de conviction qui a su se battre contre une administration militaire en retard d’une guerre pour faire naître et
développer l’aviation d’observation et de combat, l’emploi des chars d’assaut dans la guerre, sans oublier la grande aventure familiale de la Transsaharienne.
Il réunissait toutes les qualités souvent si opposées du savant et du soldat.
Très jeune il avait, déjà, « un goût marqué pour les problèmes… ». Toute sa vie il sut, malgré les entraves et les oppositions de toutes sortes, analyser et résoudre ces fameux « problèmes » dont, d’ailleurs, les enseignements sont toujours d’actualité !
 On ne peut que recommander la lecture de cet ouvrage remarquable à nos jeunes générations qui ont besoin d’exemples de héros modernes. Car le Général ESTIENNE est un de ceux-là…
Ce fut un grand serviteur de la Patrie et de l’Armée française.
 Je ne peux que remercier très sincèrement Madame Arlette ESTIENNE MONDET d’avoir su relater si fidèlement la vie exemplaire de son grand-père.
 Le Général de Corps d’Armée (2°S) AM d’ANSELME
 Président de l’Union Nationale de l’Arme Blindée Cavalerie Chars
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1 Madame Arlette Estienne Mondet, petite-fille du général Estienne ème (1860-1936) a souhaité la date du 150 anniversaire de la naissance de celui-ci pour publier Des chenilles et des ailes. Le titre original mais justifié, nous fait découvrir que le rôle de ce polytechnicien brillant ne se résume pas simplement à la conception du char auquel son nom est le premier associé, mais aussi à l’aviation et à la fameuse Transsaharienne. Génial inventeur, il a su faire partager à ses fils et surtout à l’un d’entre eux, Georges, père de notre auteur, beaucoup de ses enthousiasmes. « Les chenilles » viendront après « les ailes », contrairement à ce que produit le cycle de la nature, dans le cerveau perpétuellement en éveil de cet officier artilleur de vocation précoce qui ne cessera jamais de nourrir, par 2 une réflexion foisonnante ses nombreux travaux d’ingénieur.  Il soutient l’aéroplane et l’avenir à donner à son implication militaire : « Organisons- la vite cette aviation militaire française, organisons-la avec ampleur si l’empire du monde autrefois sur terre, est aujourd’hui sur mer, c’est dans l’air qu’il sera demain. » Dans sa pensée, l’idée de véhicules tout terrain chemine dès avant la première guerre mondiale. Il déclare en 1913 de manière prophétique : « Mais avant de marcher, l’homme rampait…La reptation , il faut y réfléchir : c’est peut-être là que se trouve la solution. »
L’histoire des véhicules de combat ou engins blindés du XXème siècle, à roues ou à chenilles suit une filiation. C’est d’abord le fruit d’héritages très lointains. Les Sumériens, habitants de Babylone auraient possédé des véhicules lourds de combat vers la fin du quatrième millénaire avant J.C. La bataille de Meggido au XVème siècle avant J.C. opposa l’armée égyptienne commandée par le pharaon Thoutmosis, à une coalition syro-palestinienne conduite par le roi Quadesh. Le scribe Tjenen accompagnant l’armée a dressé une liste du butin. 893 chars y figurent dont un incrusté d’or. Le Livre des Jugesla Bible affirme l’existence de chars de fer de entre 1150 et 1130.
1 Jean Baptiste Estienne préférait utiliser son dernier prénom d’Eugène. Il faut prononcer toutes les lettres, donc « EStienne ». 2 e S. de Lastours, De la genèse des blindés de la Première Guerre mondiale aux engins du XXI siècle, Centre d’Histoire et de prospectives militaires, Actes du symposium, Pully, 2006.
Une belle description remonte à l’époque du roi Assyrien Assur-Nasirpal au IXè siècle avant Jésus Christ. L’engin est en bois, mesure six mètres de long et trois de hauteur. A l’avant, se dresse une tour de trois mètres environ. Le sommet est recouvert d’une plaque de métal. On sait que les Perses mirent au point un char qui semait la terreur dans les rangs des mercenaires grecs : un char armé de faux, dont les moyeux et les timons étaient garnis de pointes acérées tournant avec la progression du véhicule. Ce type de char fut utilisé en 331 avant J. C. dans la bataille qui opposa Darius à Alexandre. Ce fut un échec car l’adversaire avait acquis de la souplesse. Les véhicules traversèrent les phalanges qui s’étaient écartées et furent capturés. Observons qu’à la bataille de Laupen en 1339, ce genre de char 3 permit aux Suisses du canton de Berne, de vaincre . Léonard de Vinci s’intéressa au char à faux, inspiré dit-on par le récit de CésarDe Bello Gallicooù sont décrits des véhicules de combat sur le sol des îles britanniques. D’autres inventeurs de génie comme le chevalier Ludwig von Eyb 4 (1417-1502) ou le maître Berthold Holzschuher (1511-1582) furent des novateurs, ce dernier dessina un engin que l’on s’accorde à trouver ressemblant avec les futursWillie, prototypes des tanks britanniques de 1915, lesquels précisons, n’ont jamais participé à la guerre ! Au fur et à mesure que les armes se perfectionnaient et que la puissance de feu augmentait, la protection s’alourdissait et la mobilité se réduisait. Ce n’est qu’à l’avènement de la propulsion mécanique que naquit le véritable blindé. Au début du XXème siècle, les différents mondes technique, ferroviaire, agricole, naval, automobile, les constructions du génie civil sans oublier l’aéronautique progressent. Toutes les pièces de ce mécano vont se regrouper et permettre de concevoir entre autres les premières automobiles armées de mitrailleuses. En les associant à une structure blindée naissent, les auto - mitrailleuses. Les nouvelles inventions se succèdent à rythme soutenu sur mer, sur terre et dans les airs. A qui attribuer la primeur du concept de la construction d’un char d’assaut, aux Anglais ou aux Français ? On s’accorde au musée des Blindés de Saumur pour dire que cela fut simultané. La belle brochure qui a été éditée, consacrée aux chars français affirme : « qu’il est impossible aujourd’hui d’en désigner l’inventeur. »
En Angleterre, comme en France, c’est le tracteur Holt qui a fait germer pendant le premier conflit mondial l’idée du char de guerre. 3 A. Halle et C. Demand, Histoire illustrée des blindés, édita, Lausanne, 1971. 4  P. Koch, Geschichte der Versicherungswissenschaft in Deutschland, Verlag,Versicherungswirtschaft, 1998.
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