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Le lieu du crime

De
238 pages
Le crime absolu dans notre histoire d'humains, l'holocauste, la Shoah, n'est pas une question, mais une preuve. La preuve que l'appartenance d'un collectif au "monde civilisé" n'empêche pas la survenue d'actions et de réalisations d'une extrême cruauté. La preuve de la présence d'une vulnérabilité très importante, et ignorée dans la structure psychique de la majorité des individus appartenant au collectif, a permis la réalisation de l'holocauste. Elevé dans la tradition du germanisme, l'auteur éclaire la constellation pathologique de cette "culture".
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LE LIEU DU CRIME
L’Allemagne, l’inquiétante étrange patrie

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13927-5 EAN : 9782296139275

Titus MILECH

LE LIEU DU CRIME
L’Allemagne, l’inquiétante étrange patrie

L’Harmattan

Allemagne d’hier et d’aujourd’hui Collection fondée et dirigée par Thierry Feral
L’Histoire de l’Allemagne, bien qu’indissociable de celle de la France et de l’Europe, possède des facettes encore relativement méconnues. Le propos de cette collection est d’en rendre compte. Constituée de volumes facilement abordables pour un large public, tout en préservant le sérieux et l'érudition indispensables aux sciences humaines, elle est le fruit de travaux de chercheurs d’horizons très variés, tant par leur discipline, que leur culture ou leur âge. Derrière ces pages, centrées sur le passé comme sur le présent, le lecteur soucieux de l’avenir trouvera motivation à une salutaire réflexion. Dernières parutions Laura GOULT, L'enlèvement d'Europe. Réflexion sur l'exil intellectuel à l'époque nazie, 2010. Jacques DURAND, Le roman d'actualité sous la République de Weimar, 2010. Thierry FERAL, Le « nazisme » en dates, novembre 1918novembre 1945, 2010. Marie-Amélie zu SALM-SALM, Témoignages sur les échanges artistiques franco-allemands après 1945, 2009. Alexandre WATTIN, Rétrospectives franco-allemandes, 2009. Maud DUVAL, L’Influence de la sœur chez Goethe, Kleist, Brentano et Nietzsche, 2009. François WETTERWALD, Les morts inutiles, présenté, annoté et commenté par Thierry Feral, 2009. Véronique FLANET, La RAF : vie quotidienne d’un groupe terroriste dans l’Allemagne des années 1970, 2009. Olivier SCHMITT, La R.F.A. et la Politique Européenne de Sécurité et de Défense, 2009. Florence PACCHIANO, Le Jumelage Bordeaux-Munich (19642008), 2009. Ludwig KLAGES, De l’Éros cosmogonique, traduit de l’allemand et présenté par Ludwig Lehnen, 2008.

« Le mot Heimat sonne si réconfortant et gai. Mais aussitôt qu’on se met à la recherche de ce qui caractérise l’Allemagne, de la mélancolie se répand. » Michael Winteroll, 2007 « C’est une folie de croire que l’on doit être Allemand. Ne devrait-on pas laisser à lui-même ce peuple abandonné de Dieu. » Sigmund Freud, 1932 « Ce pays peut nous rendre malade de dégoût quand c’est le nôtre. Mais on continuera toujours de l’aimer à notre façon, d’un amour tourmenté. » Jean Améry, 1975

Remerciements À Corinne Finkelstein et tous les autres amis qui m’ont inlassablement encouragé à poursuivre ce travail. À mes correctrices et conseillères Colette Seehof-Pauze, Danièle Toroyan-Colleter, Agnès Fabry et Marina Marine. À Jeanne Beausoleil, ma bonne étoile, qui s’est chargée avec une patience infinie des ultimes relectures très approfondies. À mon ami Jean-Éduard Colleter qui m’a fait sans cesse cadeau de publications sur mon sujet. À ma sœur Hildegund Laufkötter, habitant toujours notre ville natale, pour sa précieuse aide en tant que bibliothécaire allemande.

INTRODUCTION

Comment tout cela a pu être possible ? « La césure absolue dans notre temps1 », « la rupture de civilisation2 » localisée dans la culture allemande, autorisée et concrétisée par la société allemande, la « solution finale », Auschwitz, l’holocauste, la Shoah ? L’holocauste n’est pas une question. L’holocauste est une preuve ! Et que le crime absolu ait eu lieu dans le champ de la langue allemande3 est une preuve aussi. L’Allemagne est en effet Le lieu du crime ! Malgré ma naturalisation française et les trente ans qui se sont déroulés depuis mon émigration, je suis toujours Allemand, autrement dit, je me sens contre mon gré toujours Allemand. Et, en tant qu’Allemand, je me sens toujours honteux, malade et insupportable. Trotz meines Sprunges in die Ferne bekomme ich meinen Ursprung nicht los4. Malgré moi, ma langue maternelle restera éternellement l’allemand. Mon intention première n’est pas de présenter une nouvelle étude historique ou psychanalytique de cette question. – Je renvoie à des travaux et à des analyses cités dans ma bibliographie, dont je me sens souvent très proche. Ma première intention n’est pas une intention mais une attention visant mon destin et mon histoire, une attention qui « découvre » ma propre vie comme symptôme post-critique ou post-psychotique de la maladie d’un corps sémantique, d’une maladie culturelle, de la folie allemande.
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A.L. Stern, 2004, p. 229. Ibid., p. 256. 3 G.A. Goldschmidt, 1999, p. 33. 4 Cette phrase est intraduisible. Littéralement : malgré mon saut vers le lointain, je ne me défais pas de mon « saut-archaïque » (Ur-sprung, spring, source, origine).

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Cette question « comment tout cela a pu être possible ? » avait d’abord « travaillé » ma vie hors de ma conscience, d’une manière passive. Ce n’est qu’après la lecture des Ordinary Men de Christopher Browning, depuis les années 1992-1993, celles de mes quarante-trois ans, que j’ai commencé à travailler consciemment le sujet avec une nécessité psychique et mentale croissante. C’est alors que tout naturellement, la décision d’offrir ma propre vie, mes expériences intimes à cette question a pris forme. Être matière d’étude, me livrer, livrer les témoignages familiaux, dévoiler ma folie allemande, témoigner ! Bien que mieux placé par ma prise de distance, vivant dans un pays autrefois notre « ennemi héréditaire » et intégré dans une belle-famille juive (séfarade), je dois m’avouer que ce travail sur nos capacités criminelles et leur déni ou sousestimation a commencé chez moi, comme chez l’intellectuel allemand ordinaire, tristement tard. Combien de « non-Allemands », spécialement les descendants de nos victimes se sont demandé et se demandent toujours lors d’une rencontre avec un Allemand inconnu : « Qu’est-ce que cette personne, son père, son grand-père ou autres membres de sa famille ont fait durant le temps du nazisme, quelle position politique avaient-ils ? Ont-ils participé, et à quoi ? Comment vivent-ils avec ça aujourd’hui ? » Combien d’Allemands ont donné et donnent des informations spontanément ? Entre Allemands, même émigrés, une capacité de parler de l’implication dans le mouvement nazi de leurs aînés me semble, d’après mon expérience, extrêmement rare. Les victimes de cette Allemagne hautaine, méprisante et meurtrière sont condamnées à se taire à jamais. À qui s’adresseront les proches et les enfants des victimes, à qui s’adresseront les survivants ?

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La moindre des choses que chaque Allemand doit faire est d’entendre le plus attentivement possible ce qu’ont à dire tous ceux, sur lesquels d’une manière directe ou indirecte notre « merveilleuse » culture du propre et du grand a déversé toutes ces terribles souffrances. Mais trop grand reste le nombre d’Allemands qui n’aiment toujours pas trop en entendre parler ou qui ne veut plus en entendre parler. L’argument général, énoncé le plus fréquemment, est : « Ça suffit maintenant, même la troisième génération après guerre doit encore das Sünderhemdchen tragen5 ? » Or, la troisième génération des victimes, des personnes par exemple que je vois en thérapie, elles ne peuvent pas ne plus en parler. Elles sont habitées par quelque chose qui ne cesse pas de faire mal ! Je suis moi-même un produit de la « folie allemande ». Elle est enracinée en moi. Non seulement, je reconnais et perçois en moi de nombreux signes de cette folie radicale, héréditaire, mais je constate également que je suis devenu malade d’avoir vécu au milieu de personnes atteintes de cette folie. Je suis personnellement malade, affecté de trente années de vie dans un environnement allemand hautement névrotique dans lequel das Deutschtum, le germanisme était toujours porté haut en dépit de tout ce qui s’était passé quelques années plus tôt ! Le fait que je pouvais de moins en moins supporter entendre ma langue maternelle ne m’étonne plus du tout, car elle a été pour moi synonyme de remarques, de critiques et d’ordres. Elle incarnait et transportait die Besser-wisserei, l’obsession d’avoir raison et die Be-lehrerei, la compulsion à donner des leçons. Je ne peux pas entendre non plus le son de la langue allemande, ni même le son de ma propre voix, qui trahira
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Porter la chemise du pécheur.

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d’ailleurs toujours ses origines. Mon accent allemand m’est davantage insupportable que le plus disgracieux des défauts de langue. Le pire des crimes commis par ce que nous appelons le monde civilisé s’est fait dans ma langue maternelle et dans la culture de mes origines. Aucune explication et encore moins aucune excuse n’y peuvent rien changer. Wir haben keine Aus-rede ! Wir sollten uns aus-sprechen, können uns aber meistens nur aus-rede 6. Pourquoi ne passerais-je pas alors mon existence, jusqu'à la fin, à ne pas seulement me torturer mais également à réfléchir et à fouiller dans ma propre expérience afin de travailler cette question : « Comment cela a-t-il pu être possible ? » Il y a eu beaucoup de recherches, d’études et d’écrits tentant d’avancer une réponse à cette question. Ce qui semble manquer est le regard approfondi sur le nombre infini d’Allemands ordinaires, les spectateurs, les Mitläufer7, tous ceux, qui suivaient, qui ne voulaient pas voir, qui ont laissé faire et qui ont adhéré, inconsciemment, au délire de propreté et de grandeur du gouvernement, bien qu’ils aient affirmé le contraire après la guerre. – Ce n’est pas ce que nous disons et ce que nous « voulons » consciemment qui détermine l’histoire, mais ce que nous désirons profondément. La véritable logique est l’envers de la logique commune : les faits historiques mettent en lumière ce qui a été dans l’ombre. Ils sont la preuve des désirs et des angoisses refoulés d’un trop grand nombre, d’un peuple, d’une communauté sémantique.

Nous n’avons pas de discours pour nous échapper ! Nous devrions parler de nous (de nos défaillances et de nos crimes), mais nous savons seulement éluder (par des excuses plates et débiles). 7 Les suiveurs passifs, the bystanders (R. Hilberg, 1999). – Tout récemment, en juin 2008, cette question a été abordée lors d’un congrès international à Thessalonique sur le thème Holocaust as local history.

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Ma famille notamment maternelle illustre assez bien une partie de cette majorité et en particulier celle de la Bildungsschicht, la classe moyenne ayant fait des études supérieures. À elle et surtout aux enseignants, incombe une encore plus grande responsabilité parce qu’ils avaient grâce à leur position influente un énorme pouvoir. Si tous ces Allemands parfaitement éduqués et intelligents avaient après la guerre vraiment et totalement pris conscience de leur ignorance des pulsions qui les habitaient et continuent de les habiter en profondeur, s’ils avaient pris conscience du drame indicible que cette ignorance a provoqué, ils auraient été obligés de se donner la mort ! Dans ma famille, comme dans presque toutes les autres, personne ne l’a fait. Le plus souvent la seule chose que l’on savait faire était d’affirmer « qu’on n’en savait rien ! » ; de coller à cet « on » et à cet « en8 » ; puis de se complaire dans l’insistance sur ses propres « malheurs » ! Des malheurs de leurs victimes, malheurs d’une tout autre dimension, ils voulaient en savoir le moins possible. Même dans la génération d’après-guerre, la connaissance de nos crimes n’a conduit que peu de monde, tout au moins à un suicide symbolique en « tuant », en taisant leur langue maternelle et en partant vers l’exil. Malades, dangereusement malades, demeureront tous ceux qui ne veulent rien savoir de leur maladie. Le présent livre, Le lieu du crime – L’Allemagne, l’inquiétante étrange patrie est la deuxième étape de mon élaboration de ce que j’appelle la « folie allemande ». Il décrit comment je perçois et je vis mes origines et mon « chez moi », mon pays natal, meine Heimat, après une longue et laborieuse prise de distance.
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Voir aussi, Peter Longerich, Nous ne savions pas (2008).

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La première étape au titre, Das Innenleben einer gemeinen deutschen Familie9 est une présentation de documents et d’écrits familiaux et personnels, datant de 1933 à 2002, qui permettent de constater les symptômes et les antécédents de cette folie à l’intérieur de notre famille. Elle décrit ce qui s’est déroulé avant mon existence, ce qui s’est joué avec et en moi avant que je prenne conscience de mon errance et de mes prédispositions, mes héritages maladifs. Tout naturellement cette partie est écrite essentiellement en allemand. Elle n’est pas encore ni publiée, ni traduite. Le premier livre montre une famille allemande de l’intérieur, tandis que le deuxième donne ma vision très personnelle de mon ancienne patrie vue de l’extérieur. Il s’est fait sous forme d’un carnet de voyage, écrit pendant deux visites de l’Allemagne en 2000 et 2001, ainsi que d’un journal intime, tenu jusqu’en 2004, dans lequel je déverse mes sentiments, ressentiments et réflexions à propos de cette Heimat, devenue curieusement étrange. En écrivant je suis passé spontanément selon mon inspiration du français à l’allemand. Les ajouts et commentaires faits lors de la relecture et la rédaction entre 2002 et 2009 apparaissent en caractères italiques. Les parties originairement écrites en allemand, trop longues pour être traduites en notes de bas de page sont écrites en français dans le texte et signalées par des caractères en « Century Gothic ». La troisième partie, encore en chantier, se consacre enfin à cette folie allemande proprement dite. J’essaie d’expliquer d’une manière plus ordonnée comment elle peut se comprendre.

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La vie intime d’une famille allemande ordinaire.

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L’holocauste et les autres crimes xénophobes commis dans un accès de délire de pureté et de grandeur par la large majorité d’un peuple est la déclaration, un symptôme évident, incontournable d’un corps sémantique et national hautement vulnérable. Cette vulnérabilité étant niée et sur-compensée par la plupart, elle devait dans des circonstances propices décompenser. En essayant d’éclairer l’ombre de ce « corps » fragile, de pister l’inconscient de « l’âme allemande » et de sa « bonté cruelle » par une analyse d’orientation psycholinguistique (un regard centré sur ce que notre langue dit de nous) j’espère pouvoir compléter les travaux déjà existants qui seront d’ailleurs présentés auparavant. Chaque partie est conçue de façon à pouvoir être lue d’une manière indépendante et dans n’importe quel ordre. En essayant de nommer l’essence de cette vulnérabilité, les termes les plus parlants me viennent en langue allemande : Vergehen aus Selbstlosigkeit ! Ver-gehen, littéralement « déaller » dit à la fois crime et disparition et Selbst-losigkeit, littéralement « privé de son soi », « être sans soi » est le mot allemand pour bonté ou altruisme. La transcription en français, « bonté cruelle », ne dévoile pas que la conception de la bonté dans l’inconscient collectif allemand constitue fatalement et tragiquement l’origine de la cruauté allemande ! Comment un être sans un soi propre à lui-même peut-il se positionner par rapport à autrui ? Cette conception est non seulement erronée mais délirante. Le désir conscient de donner quelque chose en ignorant ne rien avoir est obligatoirement habité d’un besoin inconscient (plus ou moins violent) de prendre… Le soi de l’autre ! La vie de l’autre ! Le fait qu’une maladie se déclare est « une chance » pour le malade parce qu’à travers les symptômes vient au jour et prend forme toute une réalité de fond jamais perçue avant, une réalité inconsciente, qui le rend vulnérable. Tant que le - 19 -

malade ignore l’existence et la nature de sa vulnérabilité il restera incurable ! Ceci est valable aussi bien pour un individu que pour une société. La société allemande a reconnu les erreurs et horreurs commises durant le régime nazi, mais je doute sincèrement, et je constate déjà à partir de mon propre cas, que les individus sont encore assez loin de saisir et de mesurer l’importance de leur vulnérabilité héritée. Je ne peux pas faire comme si je ne voyais pas les poudrières cachées sous de jolis couvercles sur lesquels sont posées des fleurs et des corbeilles de fruits fraîchement cueillis. L’ensemble de ce travail est d’abord un aveu adressé à tous ceux que mon ex-peuple a traité avec une cruauté « exemplaire », même si pour certains cette cruauté se limitait au refus de voir. Je commence à reconnaître qui nous sommes, ce que nous sommes, et à partir de là je perçois « la logique » de nos crimes. Expliquer ce n’est pas excuser, c’est fonder l’accusation. Dans un deuxième temps, je devrais bien faire part de mes analyses et inquiétudes à mes ex-compatriotes. Mais jusqu’à présent cela n’a été fait que dans une petite publication qui n’est accessible qu’à une population déjà avertie (T. Milech, 2007).

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VISITES DU LIEU DU CRIME

L’ANNONCE

Tübingen, 15/08/1997 et Marseille en octobre 2002 Les rares fois où je retourne pour quelques jours dans le pays de mes origines, je suis toujours frappé par tous les objets qui me regardent. La vie matérielle, ce sur quoi l’homme peut agir, tout ici me parle d’une volonté, d’une volonté compulsive de maîtrise, de maîtrise sur les choses. „Hier ist nichts dem Zufall überlassen10 !“ Et je perçois avec frayeur une peur omniprésente, une peur de soi. Tout ici me parle d’une angoisse immense. Cette angoisse, dans la mesure où elle est niée et donc inaccessible à l’angoissé, dirigera tous ses faits et gestes ! Les mouvements des hommes sont contenus. An-ständig ist man, man wartet geduldig und steht an11. Et là où un mouvement singulier semble vouloir s’affirmer il sonne plutôt faux ou hautain. Tout est propre ici. Les rues sont nettoyées, les maisons rénovées, les voitures réparées ou neuves, les jardins entretenus. Toutes les limites sont tracées. Il n’y a rien qui dépasse. Il n’y a plus rien qui dérange. La peur n’existe plus.

« Ici rien n’est abandonné au hasard ! » – On est comme il faut, on attend patiemment et on reste dans le rang. An-ständig veut dire être bien élevé ; an-stehen, se mettre au bout d’une file d’attente en attendant son tour.
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