LE POUM

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Ce livre met en lumière l'histoire du POUM (Parti Ouvrier Unifié Marxiste), ce grand oublié ou négligé des ouvrages sur la révolution espagnole. Le POUM se réclamait des idées de Lénine et des quatre premiers congrès de l'Internationale communiste. Le POUM fut une composante importante de la révolution qui se déroula de 1936 à 1939. Il fut à la fois victime de la répression stalinienne et franquiste. Après la guerre, le POUM a maintenu une organisation clandestine et légale. Ce livre rétablit certains faits et dresse l'histoire de ce parti.
Publié le : dimanche 1 janvier 2006
Lecture(s) : 96
EAN13 : 9782336253312
Nombre de pages : 137
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Le PODM
Histoire d'un parti révolutionnaire espagnol (1935-1952)

site: W\V\v.librairicharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr e.mail: harmattan1@Wanadoo.fr (Ç) L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-9804-7 EAN : 9782747598040

Michel Christ

Le POUM
Histoire d'un parti révolutionnaire (1935-1952) espagnol

Préface de Denis Berger

L'Harm.attan

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris FRANCE
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Préface

La «guerre d'Espagne» a marqué l'opinion publique internationale: répétition de la guerre mondiale qui a éclaté peu après. Mais on oublie trop qu'elle fut d'abord une guerre civile: action contre-révolutionnaire de l'armée, destinée d'abord à briser le mouvement des ouvriers et des paysans qui, depuis l'instauration de la République, a mené une série de luttes qui constituent une menace contre l'ordre social. Il y a beaucoup de leçons à tirer de ces dix années de lutte (1930/1940) du point de vue de la stratégie révolutionnaire, en dépit des profonds changements de la société (en Espagne, mais aussi à l'échelle mondiale). C'est le point de départ du travail de Michel Christ qui entend (et réussit) à traiter le problème concrètement, sans a priori idéologique. Michel Christ a choisi d'aborder les questions à partir de l'action menée par le POUM. Excellent choix: le POUM est en effet un parti d'avant-garde, au sens originel du terme: représentant de la tradition communiste anti-stalinienne, il a une implantation réelle (Cf.La Catalogne) mais est fortemement minoritaire dans le mouvement de masse qui, à partir d'organisations anarchistes (CNT, FA!) et socialiste (DOT) s'est développé depuis 1930. Cette situation oblige le POUM et ses dirigeants (Cf.Le livre très bien présenté par Michel Christ) à une réflexion politique approfondie.Dans ce contexte, les rapports du POUM avec Trotsky ont évidemment une grande importance. Etait-il possible, après le déclenchement de l'offensive franquiste, de lutter pour une révolution socialiste? Comme on l'a signalé, on assiste à une croissance des luttes qui, à la base, (au niveau local) revêtent un caractère de classe. Mais, au niveau national, où se situent les directions, la précision des objectifs laisse à désirer (flou théorique des anarchistes mais aussi des socialistes, Largo Caballero).

6 On peut suivre Michel Christ quand il définit les tâches d'une avant-garde comme le PODM : réaliser un front unique sur la base d'un programme anti-capitaliste; assurer son efficacité en rassemblant tous les courants révolutionnaires qui se situent dans cette perspective (Durruti). La confusion qui règne au sommet (à la FAI et la CNT en particulier) affaiblit le mouvement de masse et facilite les manœuvres du PCE qui, sous l'injonction de l'URSS, cherche avant tout l'alliance avec les partis bourgeois (Front Populaire). Et pratique la terreur. Le PODM va rester pratiquement sans réponse précise pendant les deux premières années de la guerre civile. (Cf. Michel Christ sur la crainte de faciliter la victoire militaire de Franco). C'est cette hésitation permanente entre la présence aux postes de responsabilité et la lutte anti-bourgoise que l'on peut reprocher au PODM, qui en sera victime (1937). Cette vision n'accorde pas une importance décisive aux critiques fonnulées par Trotsky. NB.: excellence du travail factuel de Michel Christ sur les rapports entre la future IVe Internationale et le PODM - remarquable aussi la critique du schématisme de Trotsky qui répète inlassablement le modèle d'octobre 1917 - En tout état de cause, rien ne justifie la violence des dénonciations du PODM par Trotsky. Cette revue remarquable des problèmes d'une situation révolutionnaire avortée a l'avantage d'être fondée sur de nombreux documents inédits en français. Elle pose sérieusement tous les problèmes de la démocratie de masse face à l'Etat. Il faut faire connaître ce livre, il faut aider l'auteur à poursuivre ses recherches.

Denis Berger, Professeur de Sciences Politiques à Paris VIII

Ce livre est dédié à ceux qui sont morts dans les rues de Barcelone, au front, aux mains des staliniens ou devant le peloton d'exécution, car autant les militants que les théoriciens et les dirigeants, ils ont fait du POUM ce qu'il fut.

A la mémoire de mon grand-père.

POURQUOI UNE HISTOIRE DU POUM

Il faut constater qu'il n'existe aucune analyse politique et historique de référence qui traite du POUM. Les oeuvres traitant de ce parti sont surtout des souvenirs de militants souffrant d'un défaut d'analyse dû à la passion, ou se référant à des événements précis: l'assassinat de son dirigeant (Andrès Nin), la répression... Plus de soixante-ans après la révolution espagnole, il serait temps de rétablir les faits. Malgré le beau film de Ken Loach, force est de constater que la calomnie et les mensonges les plus éhontés perdurent! Pour masquer la vérité, il existe plusieurs méthodes:

Les demi-vérités: comme sur Arte avec le documentaire «Opération Nikolai» où l'on entend un militant du PCE reconnaître que Nin a bien été assassiné, mais que le PCE n'y pouvait rien, ne savait rien, que seul le NKVD était responsable. Ou, comme Santiago Carrillo, ex-secrétaire général du PCE à
l'époque dirigeant des JCE - qui déclarait dans El Pas qu'expliquer la vérité c'etait diviser le camp antifasciste. Toujours dans «Opération Nikolai », l'historien américain Gabriel Jackson analyse les faits: cela n'est pas neutre, antérieurement il se considérait comme le compagnon de route du PCE.

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Les contre-vérités: El Pais toujours qui, le 21 juillet 1996, publie un long article sur le thème « Hommage au 5ème régiment. }) Le 5ème régiment était le fer de lance de l'armée officielle de la République encadrée par les commissaires du PCE et du NKVD. Les exploits de ce régiment étaient la dissolution des collectivités agricoles en Aragon et aussi la répression et l'assassinat des militants anti-staliniens ! C'est pourquoi je me propose d'analyser ce parti d'un point de vue politique et historique et de mettre en lumière l'histoire et l'activité du POUM, oubliées par les ouvrages parus sur la guerre d'Espagne. Parmi ses membres, le POUM comptait certes

10 des militants tout désignés pour écrire cette histoire. Mais l'activité quotidienne, puis peut-être la tentation de justifier des prises de positions passées et enfin la dispersion des documents en Espagne et à l'étranger, a fait que personne à ce jour, n'a entrepris cette tâche. Si je m'y essaie aujourd'hui, c'est que je crois la leçon très utile. C'est aussi que je me sens en mesure de mener ce travail à terme avec un juste mélange de passion et d'objectivité car les événements auxquels fut mêlé le POUM ne peuvent être saisis hors de leur contexte émotionnel: l'atmosphère du moment égale sans doute en importance les documents. Mon propos est donc de faire revivre autant que possible le climat politique et social qui forme le fonds vivant de ces documents. Au reste, les documents n'abondent pas. Ceux qui sont épars dans le monde et particulièrement en Espagne suffisent à étayer les affmnations fondamentales de cette histoire. C'est précisément la difficulté à trouver et à consulter ces documents qui m'a poussé à leur accorder une large place. Des faits qu'ils fourniront, l'interprétation sera mienne et j'en serai le seul responsable.

Je tiens à remercier tout particulièrement: Monsieur Jean Marie Vincent pour avoir bien voulu donner son accord pour mon sujet de DEA, Monsieur Denis Berger pour son soutien, Valérie Grand pour son aide, Les employés du Centre d'archives de Salamanque guerre civile qui se sont toujours mis à ma disposition. sur la

INTRODUCTION

En Espagne, les marxistes étaient rares, les socialistes espagnols étaient plus proches des travaillistes britanniques que du marxisme. De leur côté, les communistes de force très réduite avant 1936, avaient adopté le vocabulaire stalinien. Leur ligne politique dépendait de Moscou et ce furent les anarchistes et les anarcho-syndicalistes très puissants qui empêchèrent, des années durant, la pénétration du PCE dans le mouvement ouvrier espagnol. Il y eut néanmoins un parti pour se considérer et se présenter comme marxiste: le POUM - Partido Obrero Unificado Marxista - dont une grande partie était constituée d'anciens communistes devenus oppositionnels. Le PODM est né de la fusion de deux organisations: du Bloc ouvrier et paysan et des trotskistes espagnols, sous la conduite de Andrés Nin. Le PODM avait dans ses rangs beaucoup de leaders prestigieux du mouvement ouvrier.

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