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Le prix du courage - Une famille dans la résistance

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308 pages

Après la défaite de juin 1940, la famille d'André Boulloche refuse en bloc l'armistice, le régime de Vichy et la collaboration. Tous vont participer de façon active et trois d'entre eux vont mourir en déportation : sa mère Hélène à Ravensbrück en octobre 1944, son frère Robert, inspecteur des finances, à Ellrich (annexe de Dora - Buchenwald) en janvier 1945, et son père Jacques, ingénieur général des Ponts et Chaussées, à Buchenwald en février 1945. Ses sœurs Jacqueline et Christiane se mettront à la disposition de la Résistance parisienne comme agents de liaison avant de rejoindre le maquis en juin 1944.


Charles Kaiser nous conte, à travers la figure d'André Boulloche, délégué militaire du Général de Gaulle à Paris, unificateur des mouvements de Résistance de la région Nord, avant d'être trahi, arrêté, blessé et déporté, le récit de ces destins hors du commun brisés par le prix même de leur courage. Haut fonctionnaire après-guerre, ministre de l'éducation nationale sous la Ve République, pionnier de la construction européenne, André Boulloche fut un personnage de l'ombre qui œuvra sa vie durant pour la paix. Charles Kaiser qui a côtoyé la famille pendant près de cinq décennies raconte leur l'histoire. Le prix du courage est l'histoire édifiante de l'engagement héroïque d'une famille dans la Résistance.


Charles Kaiser, ancien journaliste pour le New York Times et le Wall Street


Journal est l'auteur de 1968 in Amérique (Grove / Atlantic), une histoire populaire de la musique, de la politique et de la culture des années 1960, et de The Gay Metropolis (Houghton Mifflin et


Grove).


"Entre l'Histoire, la biographie et les mémoires, Le prix du courage se lit comme un thriller nerveux." – The Guardian


Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cyril Gay.


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Le prix du courage
CHARLES KAISER
Le prix du courage
Une famille dans la Résistance
Traduit de l’anglais (ÉtatsUnis) par Cyril Gay
ÉDITIONS DU SEUIL e 25, bd RomainRolland, Paris XIV
Titre original :The Cost of Courage Éditeur original : Other Press, New York ISBN: 9781590516140 original © original : 2015 by Charles Kaiser
This translation published by arrangement with Other Press LLC
ISBN 9782021335361
© Éditions du Seuil, juin 2017, pour la traduction en langue française
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L.3352 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
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Pour Joe & pour Christianenaturellement
Prologue
Lors de ma première venue à Paris, je suis tombé amoureux. C’était en 1962, et j’avais 11 ans. Elle s’appelait Christiane BoullocheAudibert. C’était une séduisante brune de 38 ans, mère de quatre enfants, militante pour les droits de la femme et héroïne de la Résistance. Elle était courageuse, chaleureuse, irradiante de vie et d’amour, et elle avait dix ans de moins que ma mère. Son mari s’appelait Jean Audibert. Ingénieur brillant, plein d’esprit, il riait de bon cœur, cultivait une passion pour les voitures de course et possédait une immense joie de vivre. Jean s’était battu dans les Forces navales françaises libres et assista au débarquement de Normandie depuis le large : une sacrée guerre, mais qui était loin d’être aussi effrayante que celle que Christiane avait vécue. Leurs enfants, qui avaient tous plus ou moins mon âge, étaient vifs, engagés, précoces et bilingues, ce qui leur donnait un air de ressemblance avec tous les gens de ma famille. De mon côté, j’étais le cadet d’une fratrie de trois garçons. Mon père commençait tout juste une carrière de diplomate, et nous vivions à Dakar, où John Kennedy venait de le nommer ambassadeur. Enfant, j’étais obnubilé par les photos en noir et blanc de la Seconde Guerre mondiale. Aux yeux d’un jeune Américain qui ne l’avait pas vécue, la guerre victorieuse semblait baignée de
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LE PRIX DU COURAGE
romantisme. Lorsque je rencontrai Christiane, le conflit était terminé depuis dixsept ans : cela représentait une fois et demie mon âge, un temps très long pour un enfant de 12 ans. Le décalage de perception temporelle ne m’était pas venu à l’esprit. Pour Christiane, cette histoire datait de la veille et, comme elle me le rappela fermement vingt ans plus tard, n’avait jamais rien eu de romantiquedu tout. À l’automne 1944, peu de temps après la libération de Paris et le retour triomphal du général de Gaulle, Christiane et sa sœur, Jacqueline, lurent une petite annonce d’officiers de l’armée américaine en recherche d’un logement. Ainsi naquit une relation qui dure depuis sept décennies. Mon oncle, Henry Kaiser, fut le lieutenant qu’elles héber gèrent gratuitement, « en remerciement aux Alliés », comme l’expliquait toujours Christiane. Elles l’installèrent dans une chambre inoccupée du vaste appartement de leurs parents dans e le XVI arrondissement. Le film le plus tragique sur la guerre, je le connaissais par cœur mais ne l’avais jamais vu que dans ma tête. Toutes les images qui le composaient venaient de mon oncle Henry, un conteur envoûtant, aux sourcils expressifs et au regard magné tique. De sa voix de basse incroyablement grave et marquée par le tabac, il reconstituait pour moi toutes les scènes du film, encore et encore. Christiane, Jacqueline et leur frère André en étaient les inter prètes, et l’intrigue était des plus captivantes. Au cours des douze mois pendant lesquels mon oncle vécut dans leur appartement, il apprit presque tout ce que les deux sœurs avaient dû endurer pendant l’Occupation. Elles firent de nombreuses escapades, et je me délectais de leurs aventures audacieuses et de leur improbable élégance sous l’oppression. Des années plus tard, tandis que le vin rouge circulait libre ment à table lors des dîners dans leur appartement du square Alboni à Paris, ou bien lors des piquenique dans leur maison
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