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Le rameau et le glaive

De
308 pages
L'idée d'une paix durable fondée sur le droit a représenté le grand espoir dun XXe siècle traumatisé par deux guerres mondiales. Première incarnation de cet idéal, la Société des Nations (1919-1946) a suscité en sa faveur un mouvement de soutien qui sest employé à relayer l« esprit de Genève » auprès de lopinion française.À lopposé dun « pacifisme sentimental » ou naïf qui leur est souvent associé, ce livre entend montrer que les militants pour la SDN ont défendu une conception nouvelle des relations internationales, visant à limiter, sinon à abolir, la violence entre les États souverains par le recours à des règles juridiques.Lhistoire de ce militantisme français reste essentielle pour comprendre un combat politique dont les succès et les échecs alimentent encore les réflexions contemporaines en matière dorganisation de la communauté internationale multilatéralisme, coopération internationale, sécurité collective, désarmement, justice internationale, universalisme/régionalisme, etc. , de lONU à lUnion européenne.
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Histoire
Le rameau et le glaive L e s m i l i t a n t s f r a n ç a i s p o u r l a S o c i é t é d e s N a t i o n s
JeanMichel Guieu
Le rameau et le glaive
Histoire
Le rameau et le glaive Les militants français pour la Société des Nations JeanMichel Guieu
Catalogage ÉlectreBibliographie (avec le concours de la Bibliothèque de Sciences Po) Le Rameau et le glaive. Les militants français pour la Société des Nations/ JeanMichel Guieu– Paris : Presses de Sciences Po, 2008. ISBN 9782724610901 RAMEAU :  Société des Nations : France  Communauté internationale : 19001945  Pacifisme : 19001945  Intellectuels : France : Attitudes : 19001945  France : Relations extérieures : 19141940 DEWEY :  944.73 : France : Entredeuxguerres (19181939)  341.21 : Droit des organisations internationales, Nations unies Public concerné : public intéressé
La loi de 1957 sur la propriété intellectuelle interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation des ayants droit (seule la photocopie à usage privé du copiste est autorisée). Nous rappelons donc que toute reproduction, partielle ou totale, du présent ouvrage est interdite sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3, rue Hautefeuille, 75006 Paris).
© 2008, PRESSES DE LA FONDATION NATIONALE DES SCIENCES POLITIQUES
ISBN  version PDF : 9782724682380
À mes parents, à Céline
Liste des abréviations et des siglesIntroduction /L’HISTOIRE D’UN MILITANTISME OUBLIÉ
Chapitre 1 /À LA RECHERCHE DE LA PAIX DURABLELa paix par la fédération La paix par le droit
1914, la « guerre pour le droit »
Chapitre 2 /LA LABORIEUSE NAISSANCE DU MOUVEMENT FRANÇAIS POUR LA SDNUne action tardive et dispersée (printemps 1915été 1917) Vers une grande association française (été 1917automne 1918) Des divisions persistantes
Chapitre 3 /DU RÊVE À LA RÉALITÉ LA DÉCEPTION ET L’ESPOIR
Une création décevante
Les revendications françaises
Dans l’immédiat, défendre l’action bénéfique de la SDN
Chapitre 4 /DES ÉTATS-MAJORS SANS SOLDATSUne unité impossible ? D’autres freins à l’action
Solidarités et rivalités
Chapitre 5 /UN MILITANTISME DIFFICILE (1919-1924)Peser sur les choix du gouvernement français Défendre ou réviser l’ordre versaillais ?
Le tournant de 1924 et le triomphe de la SDN
Chapitre 6 /AU SERVICE DU BRIANDISME (1925-1930)Rapprochement francoallemand et détente européenne L’âge d’or de la Société des Nations
L’engagement en faveur de la fédération européenne
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17 18 22 26
33 33
38 46
53 54 68 76
81 82 95 107
121 122 127 134
143 144 150 163
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LE RAMEAUET LE GLAIVE
Chapitre 7 /À LA CONQUÊTE DE L’OPINIONMobiliser une opinion indifférente Les outils de la propagande
Une action spécifique en direction de certains publics
Chapitre 8 /LE TEMPS DES ÉPREUVES (1931-1935)Une Société des Nations ébranlée Des militants dans la tourmente
S’entendre avec les dictateurs ?
179 179 182 192
201 202 210 219
Chapitre 9 /« LES DERNIERS FIDÈLES D’UNE IDÉOLOGIE ÉBRANLÉE » (1936-1940) 233 234Un renouveau du militantisme pour la Société des Nations Tout faire pour sauver la sécurité collective 240 ? 247Quelle politique mener 250Drôle de guerre et réflexion sur la paix future
Chapitre 10 /SURVIVANTS D’UN PASSÉ RATÉMilitants pour la SDN et Europe allemande Un nouvel apostolat, les Nations unies
De l’universalisme à l’européisme
Conclusion/?MILITANTS DÉFAITS OU PASSEURS D’IDÉES
Bibliographie
Index
259 260 267 278
287
291
301
Liste des abréviations et des sigles
AFNU AFSDN APD BAFSDN BIP BOLDH BUIASDN CASDN CDH CIAMAC
FFASDN
FUISDN
GUSDN LDH LEP LIPL LNU LPPD RGDIP RPP RUP SFAN SFSDN UDC UF
UFSDN UFSF UIASDN
Association française pour les Nations unies Association française pour la Société des Nations Association de la paix par le droit Bulletin de l’Association française pour la Société des Nations Bureau international de la paix Bulletin officiel de la Ligue des droits de l’homme Bulletin de l’Union internationale des associations pour la SDN Comité d’action pour la Société des Nations Cahiers des droits de l’homme Conférenceinternationaledesassociationsdemutilésetanciens combattants FédérationfrançaisedesassociationspourlaSociétédesNations FédérationuniversitaireinternationalepourlaSociétédesNations GroupementuniversitairefrançaispourlaSociétédesNations Ligue des droits de l’homme League to Enforce Peace Ligue internationale de la paix et de la liberté League of Nations Union La Paix par le Droit Revue générale de droit international public Revue politique et parlementaire Rassemblement universel pour la paix Société française pour l’arbitrage entre les nations Service français de la Société des Nations Union of Democratic Control Unionfédéraledesassociationsfrançaisesdemutilés,ancienscombattants, veuves, orphelins et ascendants Union féminine pour la Société des Nations Union française pour le suffrage des femmes UnioninternationaledesassociationspourlaSociétédesNations
Introduction
L’HISTOIRE D’UN MILITANTISME OUBLIÉ
a sécurité collective, telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée dans le cadre des Nations unies, soulève bien des critiques sur son fonc quLe l’effondrement du bloc communiste allait régénérer l’ONU, réduite à tionnement et des doutes quant à son avenir. On avait pourtant cru l’impuissance pendant la guerre froide en raison de l’antagonisme amé ricanosoviétique. Toutefois, si la guerre du Golfe de 1991 contre l’Irak a bien été menée sous l’égide d’une résolution du Conseil de sécurité, ce dernier a été par la suite souvent contourné quand les grandes puissances n’étaient pas assurées d’obtenir son aval, comme en témoigne notamment l’intervention internationale contre l’Irak, lancée en 2003 à l’instigation des ÉtatsUnis sans mandat de l’ONU. Plus récemment encore, l’organisation s’est montrée décevante dans la gestion du conflit opposant, à l’été 2006, l’armée israélienne au Hezbollah dans le sud du Liban : il a fallu un mois de combats pour que le Conseil de sécurité adopte, au terme de laborieuses négociations entre la France et les ÉtatsUnis, une résolution appelant à la cessation des hostilités et prévoyant d’augmenter jusqu’à 15 000 hommes les effectifs de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Dans la crise qui a opposé, à l’été 2008, la Géorgie et la Russie à propos de l’Ossétie du Sud, les réunions successives du Conseil de sécurité n’ont pu aboutir à aucune décision concrète en raison de l’hostilité de la Russie qui dispose d’un droit de veto. La réputation de l’ONU a même été gravement entachée en 2004 – année qualifiée par son secrétaire général, Kofi Annan, d’«annus horribilis» – par
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LE RAMEAUET LE GLAIVE
les affaires de corruption entourant le programme Pétrole contre nourriture destiné à alimenter les Irakiens. Or, la soixantième Assemblée générale des Nations unies, tenue en septembre 2005, n’a guère donné satisfaction aux attentes de réforme exprimées par la communauté internationale. L’idée d’une refonte des institutions internationales est donc revenue en force lors de la dernière Assemblée générale de l’ONU (septembre 2008) et plusieurs États (France, Allemagne et Brésil notamment) ont de nouveau appelé à un élargissement du Conseil de sécurité, qui reflèterait ainsi davantage la composition du monde actuel. Mais comme la SDN dans l’entredeuxguerres, l’ONU n’est qu’un cadre, un instrument entre les mains d’États souverains, et qui dépend donc de leur bonne volonté. Lorsque celleci existe, elle peut agir efficacement. Dans le cas contraire, on aboutit à une succession d’échecs, comme la Société des Nations en a fourni la malheureuse démonstration. Lorsque les grandes puissances, dans les années 1930, renoncèrent par égoïsme à appliquer les dispositions du Pacte, l’organisation de Genève accumula les abandons : simple condamnation de l’agression japonaise contre la Chine (19311933), levée rapide des sanctions économiques et financières décidées à l’encontre de l’Italie qui avait conquis l’Éthiopie (19351936), impunité de l’Allemagne malgré ses coups de force répétés contre ses voisins, etc. e Les différentes tentatives d’organisation internationale menées auXXsiè cle ne semblent donc pouvoir échapper aux réalités du monde tel qu’il est, caractérisé notamment par la résistance des souverainetés nationales et la persistance de très fortes inégalités de puissance entre les États. Pourtant, même malmené, le multilatéralisme demeure, au moins dans la rhétorique utilisée par les dirigeants des grandes puissances, notamment les ÉtatsUnis, qui recherchent la légitimité onusienne et justifient chacune de leurs actions militaires au regard du droit. D’ailleurs, aucun projet uni versel alternatif ne semble se dessiner pour remplacer le système onusien et l’on peut raisonnablement penser, avec Philippe Moreau Defarges, que « quelles que soient ses limites, l’ONU ne disparaîtra pas, aussi longtemps que le monde gardera pour objectif un ordre pacifique et démocratique. Tuer l’ONU marquerait une rupture historique qu’aucun État actuel (et, en 1 premier lieu, les ÉtatsUnis) ne peut prendre le risque de vouloir ». Cet objectif de construire un monde pacifié grâce à l’élaboration d’insti e tutions internationales a, en effet, représenté le grand espoir duXXsiècle,
1. Philippe Moreau Defarges, « La fin des Nations unies? »,Annuaire français des relations internationales, 5, 2004, p. 264.
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