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Léonard Sénécal

De
184 pages
Léonard né esclave à Basse-Terre (Guadeloupe) en 1807 devient progressivement Sénécal, un homme libre qui affronte le système colonial. Dépassant les pièges de l'hagiographie habituelle et partant d'une étude minutieuse des sources documentaires, l'auteur nous expose les ressorts cachés d'un système colonial avant et après l'abolition de 1848. Les luttes que livrent Sénécal et les insulaires de Guadeloupe conduisent Oruno D. Lara à réviser notre perception de la France coloniale pendant la seconde moitié du XIXe siècle.
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ORUNO D. LARALÉONARD SÉNÉCAL
LE REBELLE ÉCARTELÉ
eLa Guadeloupe au XIX siècle
Léonard né esclave à Basse-T erre (Guadeloupe) en 1807 devient progressivement
Sénécal, un homme libre qui aff ronte le système colonial.
Dépassant les pièges de l’hagiographie habituelle et partant d’une étude
minutieuse des sources documentaires, l’auteur nous expose les ressorts
cachés d’un système colonial avant et après l’abolition de 1848. Sénécal et
ses amis, francs-maçons et cultivateurs, battent en brèche le mythe du bon
nègre aff ranchi, nouveau citoyen, qui se laisse couler dans le moule du parfait
colonisé. D’autres mythes sont fustigés, comme celui de l’homme providentiel
(Victor Schœlcher) ou celui des bienfaits du colonialisme. Les luttes que
livrent Sénécal et les insulaires de Guadeloupe pour s’opposer aux destructions
provoquées par les sbires de l’administration coloniale et par les appareils du
pouvoir central, en particulier la Justice symbolisée par Rabou le procureur
général nommé en 1849 par le président Louis Napoléon, conduisent Oruno
D. Lara à réviser notre perception de la France coloniale pendant la seconde
emoitié du XIX siècle.
On comprend mieux, au fi l des pages, les raisons qui ont poussé des familles
de Guadeloupe à quitter leur archipel pour partir et vivre défi nitivement
dans l’île anglaise de la Dominique, au Venezuela ou en Haïti. C’est le cas de
Sénécal qui réussit après avoir survécu pendant dix ans aux bagnes de Guyane,
à rompre en Guadeloupe avec les rapports de second esclavage instaurés par
les décrets d’avril 1848 et à se rendre avec sa famille dans le pays de Toussaint LÉONARD SÉNÉCALLouverture et de Dessalines.
LE REBELLE ÉCARTELÉ
Oruno D. Lara a publié en décembre 2012 un volumineux DOSSIER SÉNÉCAL
eaux éditions du CERCAM : Guadeloupe. Le Dossier SÉNÉCAL. Voyage aux La Guadeloupe au XIX siècle
sources de notre indépendance. Avec trois escales : Martinique, Guyane, Haïti.
Parmi ses dernières publications : La magie du politique. Mes années de proscrit,
Entretiens avec Inez Fisher-Blanchet, Editions L’Harmattan, 2011, et Vichy ou
Dissidence. Béville (Albert), un administrateur colonial de Pétain à Dakar. La
parole est aux documents, Editions L’Harmattan, 2013.
ISBN : 978-2-343-01746-4
18 euros
LÉONARD SÉNÉCAL
ORUNO D. LARA
LE REBELLE ÉCARTELÉ

LÉONARD SÉNÉCAL
LE REBELLE ÉCARTELÉ

eLA GUADELOUPE AU XIX SIÈCLE






AVERTISSEMENT PRÉLIMINAIRE

En vertu de la législation en vigueur, relative à la propriété
intellectuelle et à la protection des œuvres écrites, tout
emprunt au texte du présent ouvrage devra porter en

référence la mention de son titre et du nom de l’auteur.

En couverture : « La rue du Sable », Basse-Terre,
Guadeloupe. Collection particulière.

Contact : Centre de recherches Caraïbes-Amériques -
CERCAM - B.P. 22 - 93801 - Epinay-sur-Seine cedex -
France
cercam@wanadoo.fr
www.oruno-d-lara-cercam.com
ORUNO D. LARA





LÉONARD SÉNÉCAL
LE REBELLE ÉCARTELÉ
eLA GUADELOUPE AU XIX SIÈCLE








Du même auteur

La Guadeloupe dans l’Histoire, dir., Paris, Editions L’Harmattan, 1979, rééd. 1999.
Le Commandant Mortenol. Un officier guadeloupéen dans la « Royale », Paris, Editions du
CERCAM, Centre de Recherches Caraïbes-Amériques, 1985.
Les Caraïbes, Paris, Presses universitaires de France, 1986, rééd. 1997.
Caraïbes en construction : espace, colonisation, résistance, 2 vols., Paris, Editions du CERCAM,
1992.
De l’Oubli à l’Histoire. Espace et identité caraïbes. Guadeloupe, Guyane, Haïti, Martinique, Paris,
Editions Maisonneuve et Larose, 1998.
La naissance du Panafricanisme. Les racines caraïbes, américaines et africaines du mouvement au
XIXe siècle, Paris, Maisonneuve et Larose, 1999.
Breve Historia del Caribe, Caracas, Academia Nacional de la Historia, 2000.
Mortenol ou les infortunes de la servitude, Paris, L’Harmattan, 2001.
Capitaine de vaisseau Mortenol. Croisières et campagnes de guerre, 1882-1915, avec Inez
FISHER-BLANCHET, Paris, L’Harmattan, 2001.
Caraïbes entre Liberté et Indépendance. Réflexions critiques autour d’un Bicentenaire, 1802-2002,
Paris, L’Harmattan, 2002.
La liberté assassinée. Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, 1848-1856, Paris,
L’Harmattan, 2005.
La colonisation aussi est un crime. De la destruction du système esclavagiste à la reconstruction
coloniale, Paris, L’Harmattan, 2005.
Space and History in the Caribbean, Princeton, USA, Markus Wiener Publ., 2006.
Suffrage universel et colonisation, 1848-1852, Paris, L’Harmattan, 2007.
Guadeloupe : faire face à l’Histoire, Paris, L’Harmattan, 2009.
Mortenol, un colonisé exemplaire, 1856-1930, Paris, L’Harmattan, 2010.
Tracées d’historien. Entretiens avec Inez FISHER-BLANCHET, L’Harmattan, 2007.
Guadeloupe. Les propriétaires d’esclaves en 1848 (avec Inez LARA), Paris, L’Harmattan, 2010.
Propriétaires d’esclaves en 1848. Martinique, Guyane, Saint-Barthélemy, Sénégal (avec Inez
FISHER-BLANCHET), Paris, L’Harmattan, 2011.
La Magie du politique. Mes années de proscrit, Entretiens avec Inez FISHER-BLANCHET, Paris,
L’Harmattan, 2011.
Guadeloupe. Chroniques immédiates. Ma contribution au projet guadeloupéen de société, Paris,
L’Harmattan, 2012.
Guadeloupe: le Dossier SÉNÉCAL. Voyage aux sources de notre indépendance. Avec trois escales:
Martinique, Guyane, Haïti, Editions du CERCAM, Centre de Recherches Caraïbes-Amériques,
2012.
Vichy ou Dissidence. Béville (Albert), un administrateur colonial de Pétain à Dakar. La parole est
aux documents, Paris, Editions L’Harmattan, 2013.
Études caraïbes I, II, III, Paris, Editions L’Harmattan, 2013.

Encyclopaedia Universalis, articles « Aire des Caraïbes », « Arawaks et Karibs », « Guadeloupe »,
« Martinique », « Guyanes », « Belize », « Cuba », « Jamaïque », « Haïti », « Suriname », « Trinidad
& Tobago », « Musique des Amériques », « Littérature des Caraïbes ».
Universalia 1984 : « Caraïbes : Les forces de changement. De nouvelles voies pour la recherche.
L’émergence d’une identité culturelle ».

Centre National de Documentation Pédagogique, CNDP, Paris, Collection « Textes et Documents
pour la Classe », TDC :
Pirates et corsaires (1984), L’esclavage (1985), La Galaxie Caraïbe (1993), L’abolition de
l’esclavage. Une longue marche (1993).

Espaces Caraïbes, Direction de publication, Université Paris X-Nanterre.
Cimarrons, Direction de publication, Centre de Recherches Caraïbes-Amériques, CERCAM.










« SÉNÉCAL était devenu puissant,
beaucoup plus puissant que le Gouverneur
de la colonie. »
RABOU, procureur général de la
Guadeloupe, octobre 1851.







UNE DESCENTE AUX ENFERS







Les racines de cette histoire plongent dans les
ténèbres et les râles de la période esclavagiste. Nous
descendons dans ces Enfers avec nos instruments
méthodologiques d’historien pour étudier, analyser une
période cruciale de notre histoire. On se retrouve, comme
le poète DANTE ALIGHIERI, dans une forêt obscure :
« mi ritrovai per una selva oscura,
Che la diritta via smarrita. »
Chant I, 2 & 3
(« Je me retrouvai par une sylve obscure,
Où la voie droite avait été perdue. »)
L’ENFER, La Commedia (La Comédie)
Descendre, s’immerger dans le royaume des Enfers
est un voyage nécessaire, obligatoire, si nous voulons
découvrir un personnage original de l’histoire des
Caraïbes.
7Le voyage aux Enfers c’est un voyage au cœur du
système esclavagiste, répétons-le, qu’on doit parcourir
pour y rencontrer l’esclave Léonard, le libre patenté
LÉONARD, puis un certain LÉONARD-SÉNÉCAL.
LÉONARD-SÉNÉCAL a vécu pendant quarante ans
dans l’enfer de l’esclavage. C’est sans doute la raison qui
explique sa détermination à déclarer son âge : quarante
ans. Pendant tout son procès en Cour d’assises, il répondra
invariablement qu’il a quarante ans au président qui
l’interroge sur son âge. SÉNÉCAL est un homme
prisonnier du système esclavagiste. Un homme qui est
conscient de sa situation de prisonnier de guerre dans ce
système colonial.
LÉONARD-SÉNÉCAL aurait-il été cet homme, cet
incendiaire qu’on accuse ? Le coordonnateur principal de
ce complot du feu, comme voudrait nous le faire croire
RABOU, le procureur général, pour le faire condamner ?
Or, le procès et les magistrats nous entraînent dans
une farandole. Ils souhaiteraient, ces juges, nous
convaincre de leur impartialité, de leur bonne foi et de leur
esprit de rigueur.
Mais derrière ces magistrats qui s’agitent, qui
fulminent et qui appliquent le droit - celui du plus fort, de
la puissance dominante et occupante - nous découvrons les
fils qui actionnent les marionnettes. Il s’agit comme on
s’en doute du vieux système colonial mis en place par
COLBERT et ayant traversé les siècles après avoir édicté
le fameux édit de 1685, le Code Noir.
Les magistrats du procès sont les champions de ce
système, qui veulent prouver que LÉONARD-SÉNÉCAL
est un monstre, une sorte de bête malfaisante qu’il faut
8abattre. Des magistrats nommés par l’État français pour se
débarrasser en douce d’un redoutable adversaire trop
lucide et surtout trop lié aux cultivateurs de la Guadeloupe
affranchis par les décrets du 27 avril 1848.
9

Collection particulière




PROLOGUE
ÉTAT CIVIL





Tous les documents servant de fondement à cette
étude, ainsi que toutes les explications qui les
accompagnent ont été rassemblés et publiés dans mon
ouvrage de base :

ORUNO D. LARA
GUADELOUPE : LE DOSSIER SÉNÉCAL
VOYAGE AUX SOURCES DE NOTRE
INDÉPENDANCE
AVEC TROIS ESCALES : MARTINIQUE, GUYANE,
HAÏTI
Éditions du CERCAM Paris, 2012.
Actes de naissance, de mariage et de décès, dossiers
d’incarcération aux bagnes et longues procédures de grâce
permettent, par une série de recoupements, d’établir l’état
civil de LÉONARD SÉNÉCAL et celui de ses parents, de
ses origines.
11
Léonard SÉNÉCAL, le rebelle écartelé
Voici le résultat de cette investigation.
Le premier document portant des indications sûres
date de 1829. Il s’agit de l’acte de mariage du nommé
« LÉONARD, mulâtre libre patenté », le 26 août 1829 à
Basse-Terre, avec Éloïse. LÉONARD est fils de Marie
Catherine MOÏSE, dite CATEAU, originaire des Saintes.
Trois documents permettent de mieux connaître sa mère.
Le premier, daté du 13 novembre 1808, est l’acte de
naissance à Basse-Terre, de Jean Brice (SÉNÉCAL), de
« couleur : mulâtre », frère de Léonard. La déclaration de
naissance à l’état civil de Basse-Terre est faite le 22
novembre 1808 par le père, Louis SÉNÉCAL,
« marchand ». Mais il ne s’agit pas d’une reconnaissance
de paternité. La mère, Marie Catherine MOÏSE, dite
CATEAU, est « négresse libre et patentée à la date du 25
octobre 1808 », indique Louis SÉNÉCAL. Elle a donc été
patentée libre alors qu’elle attendait Jean Brice de son
maître vraisemblable, Louis Charles SÉNÉCAL lui-même.
Une patente de liberté qui vaut pour tous ses enfants, y
compris une fille. Les garçons sont les suivants : Chéry
SÉNÉCAL, né en 1805, Léonard SÉNÉCAL, né le 6
novembre 1807, Jean Brice SÉNÉCAL, né le 13
novembre 1808, et Jean-Luc ROUSSEAU, né en 1813.
L’acte du premier mariage de Léonard signale Marie
Catherine dite CATEAU comme étant de « couleur
libre ». L’acte de décès de cette dernière indique que la
« Demoiselle Marie Catherine CATEAU SÉNÉCAL, âgée
de 71 ans », était « propriétaire, native des Saintes, père et
mère non connus ». Elle serait née, par conséquent, aux
Saintes vers 1772, elle aurait été esclave d’une Dame
CATEAU puis de Louis Charles SÉNÉCAL, père de ses
premiers enfants. D’où vient le patronyme de MOÏSE ?
C’est Léonard SÉNÉCAL, plus tard, détenu à la prison de
12
Prologue. État civil

Fort-de-France en Martinique, interrogé par les magistrats
qui complètent son dossier avant son départ pour le bagne
de Toulon, qui donne cette information. MOÏSE serait le
patronyme du père de Marie Catherine.
Il s’agit là d’un cas fréquent dans ces colonies où
règne l’esclavage : certains enfants ou adultes esclaves
puis affranchis parviennent à transmettre le patronyme de
leur père biologique, étant entendu qu’ils ne l’ont pas
porté eux-mêmes. Ainsi en est-il de Léonard, qui porte le
patronyme de son père, SÉNÉCAL, et qui révèle celui du
père de sa mère, MOÏSE. C’est aussi le cas d’Éloïse, sa
première épouse, qui connaît le nom de son père et le
révèle à son fils : Marcel LEVANNIER, comme de Marie
Emora, sa seconde épouse, dont on apprend à son décès à
Paris en 1873 qu’elle est la fille d’un certain
MOUSTIER…
Le père de Léonard, Louis Charles SÉNÉCAL, est
originaire du Havre, paroisse de Sanvic, où il est né le 26
avril 1771 de Jean-Baptiste SÉNÉCAL, laboureur, et de
Susanne Elisabeth BEAUCAMP, son épouse. Il meurt le 8
août 1831, à l’âge de soixante ans, au Havre. Il a trois
frères, Jean Baptiste Guillaume SÉNÉCAL, né en 1758,
paroisse de Sanvic au Havre, Guillaume Pierre
SÉNÉCAL, né en 1761 et Pierre Félix SÉNÉCAL, né en
1765, même paroisse. Il a également une sœur, Marie
Susanne Elisabeth SÉNÉCAL, née en 1760, même
paroisse.
Louis Charles et Jean Baptiste Guillaume
SÉNÉCAL ont quitté Le Havre pour la Guadeloupe vers
1803-1804. En 1810, après la capitulation de la
Guadeloupe face à une escadre anglaise le 6 février 1810,
certains marchands français rentrent en Europe. Tandis
que son frère Jean Baptiste Guillaume reste en
13
Léonard SÉNÉCAL, le rebelle écartelé
Guadeloupe, Louis Charles SÉNÉCAL rentre en France.
L’Almanach de la Guadeloupe et Dépendances de 1809 et
1810 le mentionne en tant que « marchand », mais il
disparaît des listes les années suivantes. Il laisse ses
enfants et leur mère seuls à Basse-Terre. Marie Catherine
a un dernier enfant en 1813, Jean-Luc ROUSSEAU, dont
le père est Jean Baptiste Mathurin Nicolas,
propriétaire de la maison qu’elle habite.
Léonard épouse Éloïse à Basse-Terre le 26 août
1829. Éloïse, « de couleur », est mentionnée en tant que
« métive libre de naissance, demeurant à Basse-Terre,
native du quartier des Habitans, âgée de vingt-deux ans,
fille majeure et naturelle de feue Laurette, de couleur libre,
décédée ». Leur contrat de mariage établi par Me
François-de-Paule MONTVAL, notaire à Basse-Terre, le
25 août 1829, indique que Léonard est marchand en cette
ville, « fils naturel de Marie Catherine dite SÉNÉCAL,
négresse dûment libre ». Léonard n’apporte qu’une faible
somme d’argent à la communauté ainsi que quelques
meubles. Éloïse possède une esclave, Élise, âgée de vingt-
deux ans, et quelques meubles. Un enfant naît de cette
union le 22 juillet 1830 à Basse-Terre, Jean Magdelaine
Alcibiade LÉONARD. Deux ans plus tard, Éloïse meurt le
17 août 1832 à l’âge de vingt-cinq ans.
Léonard dit SÉNÉCAL se remarie le 8 février 1836
à Basse-Terre avec Marie Émora, âgée de vingt-trois ans,
« fille naturelle de la Demoiselle Marie Manette ». Le
contrat de mariage établi par le notaire Michel-Jean
RULLIER prend acte du patronyme de « Léonard
SÉNÉCAL, négociant domicilié et demeurant à la Basse-
Terre, veuf en premières noces, avec un enfant mineur, de
demoiselle Héloïse (sic) ».

14
Prologue. État civil

Émora et Léonard auront neuf enfants :
- Marien Emilien Alexandre Châteaubrun
SÉNÉCAL, né à Basse-Terre le 30 avril 1836 ;
- Fontenelle Hyacinthe SÉNÉCAL, né à Basse-Terre
le 11 septembre 1837 ;
- Thècle Octavie Léonide SÉNÉCAL, née à Basse-
Terre le 24 septembre 1838 ;
- Françoise Compassion Blanche Clémyre
SÉNÉCAL, née à Basse-Terre le 3 avril 1841 ;
- Marie Hortense Flavie SÉNÉCAL, née à Basse-
Terre le 22 décembre 1842, décédée le 2 février 1845 ;
- Berthe Marie Amélie SÉNÉCAL, née à Basse-
Terre le 17 août 1844 ;
- Eudore Léon Marie Emmanuel Gérard SÉNÉCAL,
né à Basse-Terre le 3 octobre 1846, décédé le 18 mai
1847 ;
- Etienne Louis Albert SÉNÉCAL, né à Basse-Terre
le 11 avril 1848 ;
- Hypolite Victor Charles Auguste SÉNÉCAL, né le
14 août 1850.

Le premier fils de Léonard SÉNÉCAL, Jean
Madelaine Alcibiade LÉONARD, se marie, sous le nom
de Jean Madelaine Alcibiade SÉNÉCAL à Gagny, en
Seine-et-Oise à l’époque, à Marie Françoise Caroline
RENAUD, le 10 février 1872. Il a fait des études de
vétérinaire et s’est établi à Montfermeil. Ils auront trois
enfants, Marie Louise Héloïse Bertille SÉNÉCAL, née le
7 mai 1873 à Gagny, décédée vingt ans plus tard, le 20
septembre 1893 au Raincy (Seine-et-Oise à l’époque) ;
Jeanne Marie Bertille, née le 16 août 1880 à Gagny et
Marcel Léonard, né le 27 avril 1886 à Gagny.
15
Léonard SÉNÉCAL, le rebelle écartelé
Jean Magdelaine (sic) Alcibiade SÉNÉCAL meurt
au Raincy le 5 novembre 1910, au terme d’une longue
carrière de vétérinaire et quelques années en tant que
conseiller municipal de la ville. Le nom de sa mère est
laissé vide sur l’acte de décès. Son entourage a oublié
Eloïse, morte en 1832.
L’un de ses frères, Hypolite SÉNÉCAL, se marie le
30 juillet 1873 à Bagnères-de-Luchon à Marie Clarice
TRESPAILLÉ. Ils ont deux enfants, Jeanne Amélie, née
en 1873, morte en 1878, et Madeleine, née en 1881, morte
en 1884. Ils divorcent en 1882. Hypolite se remarie en
1887 avec Enriqueta BALAÑA Y GILABERT. Ils ont
trois enfants : Léonard Rogelio en 1890, Hélène en 1892
et Inès en 1894.

16







I – DERRIÈRE LES BARREAUX
DU SYSTÈME ESCLAVAGISTE





COMMERCE À BASSE-TERRE

L’enfance du jeune Léonard se passe près de sa
mère dans le milieu du petit commerce de Basse-Terre.
Avec ses frères et sœur il se rend souvent aux Saintes où
ils vont voir les parents de leur mère Marie Catherine
MOÏSE (le patronyme de son père) dite CATEAU,
négresse esclave puis négresse dite libre patentée.
Léonard a peu connu son père Louis Charles SÉNÉCAL,
marchand qui est retourné vivre au Havre où il est décédé
en 1831.
1Dans la liste des marchands de Basse-Terre que
nous donnons, apparaissent tous les parents et amis de

1
Extrait de l’Almanach général du Commerce de la Guadeloupe pour
1843, Pointe-à-Pitre, chez Gustave Paris, 1843.

17