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LES ARMÉES FRANÇAISES À L'AUBE DU XXIe SIÈCLE

De
170 pages
Le dernier colloque du Club « Participation et progrès » s’est attaché à traiter de « la guerre des missiles », missiles et anti-missiles. Par là même se sont profilées les nouvelles perspectives s’ouvrant à nos marines avec ces armes de grande précision permettant une action efficace de la mer vers la terre, plus généralement le rôle significatif des forces de la mer, valorisées par les aides spatiales, mieux le rôle clef des forces aéronavales devenues élément déterminant d’une stratégie de prévention et d’action. Un ensemble d’interventions des meilleurs experts en la matière.
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Sous la direction

de

Pierre PASCALLON

LA MARINE NATIONALE

L'HarmaUan 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique 75005 PARIS FRANCE

L'HarmaUan Hongrie Hargita u 3 1026 BUDAPEST HONGRIE

L'HarmaUan I1aIIe Via Bava, 37 10214 TORINO ITALIE

Collection « Défense»
.
Le moment n'est hélas pas venu - peut-il d'ailleurs venir? où la force militaire pourrait être reléguée dans le « linceulde pourpre où dorment les Dieux morts», chers à André MALRAUX. Le monde est en effet constitué de longtemps sinon de toujours « d'Etats-Nations» dont le nombre ne cesse de progresser et progressera sans doute encore au XXIème siècle s'il faut en croire la prophétie du Père Serge BONNET: «Le XXIème siècle sera plus encore que le XXème siècle le siècle des Nations». Se pose à ces «Etats-Nations» le problème de leur
défense, sécurité, préserver nationale territoire l'habitent. c'est-à-dire la fonction vitale d'assurer leur leur paix, leur indépendance, l'obligation de et de pérenniser les signes forts d'une identité à travers les accidents de l'Histoire, à savoir: un et la communauté consciente des hommes qui On peut convenir en effet d'appeler «politique de Défense» l'ensemble des mesures et dispositions de tous ordres prises par le Pouvoir pour assurer la sécurité et l'intégrité du territoire national dont il a la charge et, par ricochet, la paix du peuple qui y vit. Pour utiliser les termes très voisins retenus par l'ordonnance du 7 janvier 1959, la Défense «a pour objet d'assurer en tout temps,

.

en toutes circonstances et contre toutes les formes d'agression, la sécurité et l'intégrité du territoire ainsi

.

que la vie de la population». Cette collection entend accueillir les réflexions qui touchent le domaine de la Défense ainsi défini, domaine global, multiforme, en constante évolution, en privilégiant bien sûr le cas de la France et de l'Europe dans un contexte qui est désormais, ici aussi, de plus en plus d'emblée « mondialisé ». Pierre PASCALLON

PUBLICA
DANS LA COLLECTION

TIONS
« DEFENSE»

Défense

et renseignement,

1995

Quel avenir pour les drones?,
Les transmissions militaires,

1998
2000 porte-avions

Quelles perspectives francais?, 2000 Quelles Militaire Quelle

pour le deuxième

perspectives pour francais?, 2001

le Transport

Aérien

défense siècle?, 2001

pour la France à l'aube du XXIème

Quelles perspectives pour le renseignement et aérien francais après le Kosovo?, 2001

spatial

La guerre des missi les, 2001

Cet ouvrage rassemble les interventions prononcées lors du colloque sur le même thème, organisé par le Professeur Pierre PASCALLON, Président du Club "Participation et Progrès" et qui s'est tenu le 29 novembre 2001, à Paris, à l'Assemblée Nationale. Nous tenons avant tout à remercier le Général JeanPierre KELCHE, Chef d'Etat-Major des Armées, qui, à l'habitude, a bien voulu porter une attention bienveillante à nos activités ainsi que l'Amiral Jean-Louis BATTET, Chef d'Etat-Major de la Marine et ses collaborateurs. Merci aussi au vice-Amiral Alain OUDOT de DAINVILLE, Major Général de la Marine, qui a bien voulu nous faire l'honneur de collaborer à nos travaux. Les trois parties de notre colloque furent successivement présidées par Pierre CONDOM, Directeur des Rédactions de Air et Cosmos et Interavia, l'Amiral Marcel DUVAL, ancien Président du Comité d'Etudes de Défense Nationale et le contre-Amiral Georges GIRARD, Rédacteur en Chef de Défense Nationale. Nous leur disons toute notre gratitude tant nous sommes conscients que présider nos colloques n'est pas une sinécure... Merci aussi à tous les intervenants à cette manifestation qui, de bonne grâce, se sont pliés à un « timing» drastique et nous ont fourni leur texte dans les meilleurs délais. Merci enfin et encore à toute la petite équipe du Club «Participation et Progrès », sans laquelle rien ne serait possible. ..

SOMMAIRE

Avant-propos.

.. ... ....

. . . .. . ........ . . .

page Il

Introduction

Générale

page 15

Partie I : LA STRATEGIE Partie fi : LES CAPACITES MATERIELLES

page 23

... page 129

Partie m : LES RESSOURCESHUMAINES
Annexes.

page 355
399

. . . . . . . . . . . . . . . .. .. .. .. .. .. . . . . . . . . . . . . . .. .. .. .. .. .. .. .. .. page

Bibliographie Table des matières

page 451 page 457

AVANT -PROPOS
par Pierre P ASCALLON Professeur Agrégé de Faculté

Le dernier colloque du Club « Participation et Progrès », à l'Assemblée nationale, le 28 juin 2001, s'est attaché à traiter de «La guerre des missiles », missiles et antimissiles. On sait que l'utilisation des missiles en particulier est allée en croissant dans les conflits récents des années 90 : de la guerre du Golfe en 1991 à la guerre du Kosovo en 1999. Nous avons pu dans ce cadre préciser plus spécialement le rôle de plus en plus privilégié des missiles de croisière. Et par la même, nous avons entrevu à plein, dès cette journée du 28 juin, les nouvelles perspectives s'ouvrant à nos marines avec ces armes de grande précision permettant une action efficace de la mer vers la terre et, plus généralement, le rôle significatif des forces à la mer, valorisées par les aides spatiales; mieux, le rôle clef des forces aéronavales devenues élément déterminant d'une stratégie de prévention et d'action. Il nous a donc paru souhaitable, plus encore indispensable, de reprendre et d'élargir ces premières réflexions de juin 2001 pour s'ouvrir aux préoccupations et aux orientations d'ensemble de « La Marine française à l'aube du siècle»: la stratégie, les capacités matérielles, les ressources humaines. Est-il besoin vraiment d'ajouter l'actualité renforcée, ce jour, de notre réflexion commune sur ce thème: -+ à l'heure de la nouvelle loi de programmation militaire 2003-2008 - dont la discussion a été renvoyée à la nouvelle législature -, loi qu'il faudra bien reprendre pour accroître - espérons-le - les crédits d'équipements par rapport à ce que retenait la version initiale et faire en sorte

xxre

ainsi - pour le sujet qui nous concerne aujourd'hui - d'ouvrir
en particulier une perspective positive pour le deuxième porte-avions dont nous ressentons tous la cruelle nécessité;

-13-

+ à l'heure des événements dramatiques du Il septembre dernier - et notre Marine est, bien sûr, concernée
à plein par les conséquences géo-stratégiques conséquences militaires de ces événements. et les

Cette journée fut sereine et fructueuse, très sereine et très fructueuse et je m'autorise à reprendre une citation qu'affectionne particulièrement l'Amiral Jean-Louis Battet : «Le pessimisme est d'humeur,. l'optimisme est de volonté ».

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INTRODUCTION

GENERALE

Par le vice-Amiral d'Escadre

Alain OUDOT de DAINVILLE
Major Général de la Marine

Je suis très heureux d'être parmi vous pour ce colloque consacré à «la marine française à l'aube du XXIème siècle ». Je remercie M. Pascallon de me donner l'occasion de m'exprimer sur ce sujet et d'ouvrir quelques pistes de réflexion pour l'avenir. Le thème me paraît d'une actualité particulièrement importante au moment où les bouleversements qu'a connus le système international depuis dix ans, avec la désagrégation de l'Empire soviétique, la multiplication des crises régionales et aujourd'hui la crise mondiale, née du rejet de l'hégémonisme, ont entraîné une restructuration profonde de notre appareil de défense. En terme militaire, la

fin du

~me

siècle aura été marquée par l'absence de

guerres, remplacées par des interventions menées, le plus souvent, dans le cadre d'une coalition de circonstance pourvue d'un mandat de l'ONU et étroitement conduites et contrôlées par le pouvoir politique. Dans cet environnement, la dimension maritime des enjeux est sensiblement confortée. La France, puissance maritime, a voulu mettre en avant la reconnaissance de cette caractéristique au sein des nations européennes. Elle a conçu, dans cette perspective, un modèle de marine, dit « modèle 2015 », réalisé au travers des trois lois de programmation militaire s'étalant sur la période 1997-2015. Ce modèle met en avant les capacités qui permettront à notre pays d'assumer ses responsabilités pour faire face aux menaces risquant d'affecter ses intérêts et ceux de l'Europe ou de s'opposer aux grands principes auxquels il est attaché.

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L'exercice de la puissance maritime L'incertitude et la diversité des menaces, des risques et la montée du terrorisme imposent à nos démocraties de mettre en place des politiques de défense, capables de s'adapter en permanence à la variété des situations les plus probables et des rapports de forces. A l'isolationnisme engendré par une politique de repli concrétisée par l'édification de fortifications, comme Vauban et Maginot le firent en leur temps, s'oppose une politique plus dynamique où la force armée fait peser une menace constante sur l'adversaire. C'est dans l'exercice de cette politique active que la puissance maritime trouve, aujourd'hui, tout son intérêt. La puissance maritime utilise cet espace de liberté que représentent les océans qui couvrent 71% de la surface teITestre. Leur statut de res nullius en fait un multiplicateur de puissance et un milieu qui permet la permanence et la visibilité de l'action, contrairement aux espaces aériens. Cependant, les actions en mer n'ont de signification que par rapport à leurs influences sur le résultat final à terre: « Celui qui commande sur mer, possède un grand pouvoir sur terre », disait le Cardinal de Richelieu. C'est, en effet, dans cet espace situé à moins de 500 km des côtes que vivent 70% de la population mondiale et que sont regroupés les centres industriels et économiques vitaux. En conséquence, il ne peut y avoir de stratégie navale entièrement autonome, la puissance maritime et la puissance terrestre étant interdépendantes. La puissance maritime est le résultat d'une ambition politique qui s'inscrit dans la durée, d'une richesse économique et d'un vivier humain. Elle n'est donc pas l'apanage de toute nation. « Qui dit marine, dit suite, temps, volonté ... », disait Thiers. Elle est également le reflet d'une
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culture maritime nationale. A cet égard, en dépit de quelques parenthèses comme celles de l'époque de Colbert ou de Louis XVI, force est de constater que la France a toujours regardé plus du côté de la ligne bleue des Vosges que de l'horizon bleu marine. D'importants efforts de communication restent donc à entreprendre pour tenter de renverser cette tendance. « La France physique est amphibie, la France guerrière est hydrophobe », disait aussi Régis Debray. Enfin, parmi les facteurs de puissance, l'industrie navale préserve l'autonomie stratégique d'une nation maritime. La France y consacre des moyens importants (20 GF) et cherche à améliorer la compétitivité de telles industries au sein des nations européennes, notamment en les restructurant (exemple de DCN); mais ces efforts sont sans commune mesure avec ceux consacrés à l'industrie aérienne (170 GF).

Le modèle 2015 Pour répondre à sa vocation de puissance maritime, la France a développé une marine océanique, prête à agir vers la terre, puissante, compacte et complète, répondant aux missions de dissuasion, de prévention, de projection et de protection. Le modèle de marine 2015 est donc l'objectif à réaliser au travers des trois lois de programmation militaire. C'est un modèle cohérent, tourné vers la projection et conçu dans une perspective européenne, dont le format comprend environ 80 bâtiments, 136 aéronefs et 5 commandos. Malgré l'érosion des budgets depuis le milieu des années 90 et la part grandissante des dépenses de fonctionnement, les investissements consacrés à la modernisation de la marine lui permettront de garder des capacités d'intervention -19-

et d'action de bon niveau. Dans le domaine de la dissuasion, l'effort porte sur les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins du type Triomphant qui seront équipés, à partir de 2010, du missile balistique M51. Cette arme apportera une portée, une précision et une souplesse plus grandes. Pour l'action opérationnelle, qui regroupe la prévention et la projection, le porte-avions et son groupe aéronaval restent la pièce maîtresse de tout dispositif Les programmes d'aéronefs embarqués Rafale et Hawkeye seront poursuivis tout comme la modernisation du groupe amphibie programme des porte-hélicoptères d'intervention (pm) de type Mistral -. Dans le même temps, la marine accorde une très haute priorité au maintien de ses capacités de maîtrise du milieu aéromaritime, frégates (programmes Horizon et frégates multimissions), et sous-marins d'attaque à propulsion nucléaire (programme Barracuda). L'acquisition de missiles de croisière (SCALP EG portés par les avions Rafale et SCALP naval, dérivé du précédent, mis en œuvre à partir des frégates multimissions et des SNA de type Barracuda) donnera, par ailleurs, aux forces françaises la capacité de frappe, à partir de la mer, dans la profondeur d'un territoire adverse. A travers la mission de protection, la marine prend en compte des enjeux majeurs tels que le service public, la surveillance des approches et la défense maritime du teITÎtoire. Des moyens dédiés lui sont consacrés. Mais les enjeux de la marine sont aussi humains. La marine doit désormais fonctionner avec des femmes et des hommes professionnels, civils (20%) et militaires d'excellent niveau, centrés sur leur métier et heureux de vivre dans notre -20-

institution. L'effort porte sur le recrutement et la fidélisation de ce personnel.

La marine et la construction de l'Europe La nouvelle dimension maritime des crises et des conflits, l'émergence d'intérêts communs et la diminution quasi généralisée des budgets de défense et des formats des flottes ont été de puissants aiguillons pour le rapprochement des marines européennes, malgré le poids du passé. Pendant près de quarante trois ans, la marine a été la seule en Europe à disposer de la panoplie complète des instruments autonomes de puissance: porte-avions avec catapultes et brins d'arrêt, SNLE, SNA. Aujourd'hui, les Britanniques, qui luttent pour un leadership européen dans le domaine de la défense, veulent aussi se doter, à l'horizon 2012-2013, de deux véritables porte-avions: l'effort budgétaire consenti est sensible, à la hauteur de leurs ambitions. Si notre action est de nos jours prioritairement axée vers la construction de l'Europe, qui devrait progressivement devenir notre cadre normal d'action, toutefois, en attendant la consolidation d'une politique de sécurité et de défense commune au niveau européen, la France, comme d'autres pays de l'Union, reste attachée à certaines capacités essentielles. La mutualisation des capacités des marines européennes présente donc des limites; seules des fonctions liées au soutien peuvent aujourd'hui être partagées, et une approche par forces ou par unités envisagée. C'est dans ces domaines et dans les fonctions de commandement qu'il nous faut désormais investir pour avancer résolument dans la construction de l'Europe de la défense.

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