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Les avatars du protestantisme aux Etats-Unis de 1607 à 2007

De
253 pages
Avec ce troisième ouvrage, l'auteur achève une histoire des disputes théologiques et des conflits armés du christianisme de l'an 30 à l'an 2007. Depuis le XVI° siècle, le pluralisme confessionnel n'a cessé de s'accroître, jusqu'à la déferlante évangélique du XX° siècle, qui fit émerger des centaines de dénominations confessionnelles concurrentielles plus préoccupées à séduire qu'à convaincre, au prix parfois de dérives extravagantes ou scandaleuses.
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Achevé d'imprimer par Corlet Numérique - 14110 Condé-sur-Noireau en France 51076 - Dépôt légal: juin 2008 - Imprimé N° d'Imprimeur:

Les avatars du protestantisme aux États-Unis de 1607 à 2007

@ L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-05890-3 EAN : 9782296058903

Jean-Paul Moreau

Les avatars du protestantisme aux États-Unis de 1607 à 2007

L'Harmattan

Du même auteur :

Dans la même collection:
Disputes et conflits du christianisme dans l'Empire romain et l'Occident médiéval. L'Harmattan, 2005 L'anglicanisme: Ses origines - ses conflits, du schisme d'Henri VIII à la bataille de la Boyne. L'Harmattan, 2006

Dans la collection Acteurs de la Science:
Unpasteurien sous les tropiques. L'Harmattan, 2006

«Par la Providence de Dieu le Tout-Puissant, puisse une œuvre aussi noble tendre à la gloire de la Divine Majesté par la propagation de la religion chrétienne auprès d'une population à cejour plongée dans les ténèbres et l'ignorance de la vraie Joi » The first Virginia Charter 1dh oj April, 1606

James, by the grace oj God King oj England, Scotland, France and Ireland ...

AVANT -PROPOS

Au XYlème siècle, les réformateursprotestantsfIrentexploser
l'unité de la Chrétienté médiévale, c'est-à-dire de l'Europe occidentale, en rendant possible l'émergence de nouvelles confessions chrétiennes. Pour autant, l'intolérance religieuse perdura aussi bien dans l'esprit des princes que dans celui de la majorité de leurs sujets. Les monarques désiraient appliquer aussi strictement que possible le principe «Cujus regio, ejus religio » (tel prince, telle religion). Ceci explique la flambée des guerres de religion qui embrasèrent le royaume de France, l'Empire romain germanique, les Flandres espagnoles et les trois royaumes des îles britanniques. Partout des minorités religieuses furent persécutées qui cherchèrent leur salut dans l'exil. Des huguenots français et des puritains anglais passèrent en Hollande. Des catholiques anglais trouvèrent refuge en Flandres, en France et en Italie. Les exilés religieux les plus célèbres sont sans conteste les Pères Pèlerins qui, en 1620 à bord du Mayflower, abordèrent une plage du Cape Cod en Amérique du Nord. Leur histoire devint une épopée qui se transforma bientôt en un véritable mythe. Une Nouvelle Alliance avait fait de ces puritains de nouveaux élus à qui Dieu avait attribué une Nouvelle Terre Promise. La commémoration de ces hauts faits (Thanksgiving Day) n'a qu'une valeur emblématique car elle relève d'une pure fIction.

Les Pères Pèlerins, en effet, ne furent pas les premiers à fonder une colonie sur la côte est de l'Amérique du Nord et ils n'ont donc pas constitué à eux seuls le creuset de la culture américaine. L'Amérique ne saurait s'identifier à la seule culture puritaine. Après la découverte du Nouveau Monde, les côtes septentrionales furent explorées par des navigateurs espagnols, français, italiens, hollandais et anglais à la solde de monarques avides de nouvelles terres vierges à exploiter. Paradoxalement, les premières fondations coloniales d'Amérique du Nord ne furent pas des entreprises étatiques mais des opérations privées. Des affairistes, qui se baptisaient eux-mêmes «aventuriers », risquèrent, avec la bénédiction de leurs souverains, des capitaux pour fmancer des expéditions maritimes transbordant des défricheurs exaltés par l'aventure et la perspective d'une vie meilleure. Ces émigrants quittaient leur pays natal européen à une époque où le sentiment religieux imprégnait tous les actes de la vie quotidienne. Ces groupes de pionniers revendiquaient leur appartenance à telle ou telle confession chrétienne et comptaient dans leur rang des prêtres ou des pasteurs dont la mission première était le maintien de la foi au sein de la communauté et plus accessoirement l'évangélisation des autochtones. C'est ainsi qu'au cours du XVIfme siècle se constitua outre-Atlantique une série de fondations coloniales qui reflétaient la diversité des confessions chrétiennes de l'Europe occidentale, à la différence majeure qu'à cette époque aucun monarque ne résidait en Amérique du Nord pour tenter d'y imposer le principe de la religion unique. De cette diversité naquit de facto une tolérance religieuse qui elle-même allait favoriser une diversité confessionnelle encore plus large.

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1
Les nouvelles confessions chrétiennes en Europe occidentale

A l'aube du xvf'tte siècle, l'Église catholique romaine pouvait se féliciter d'avoir préservé l'unité de la Chrétienté occidentale après avoir éradiqué, grâce à l'Inquisition et au bras séculier des princes, les dissidences des mouvements réformateurs médiévaux, vaudois, lollard et hussite. Ces mouvements contestaient les pouvoirs et les richesses temporels de l'Église, la dérive monarchique de l'autorité pontificale et rejetaient le magistère autoritaire et le ritualisme du catholicisme romain. Pour ces idéalistes contestataires, l'Église avait trahi l'esprit de pauvreté évangélique et ils prônaient une vie spirituelle personnelle et intériorisée. Le 31 octobre 1517, les coups de marteau du moine augustin Martin Luther clouant, sur les portes de l'église du château de Wittenberg, ses 95 thèses dénonçant les abus de l'Église, ébranlèrent la Chrétienté occidentale et brisèrent son unité.

Le luthéranisme
La nouvelle confession chrétienne créée par Martin Luther se différenciait du catholicisme romain sur les plans de la

Révélation, du salut éternel, des sacrements, de la Vierge et des saints, du clergé et de la liturgie.

La Révélation
L'Église catholique romaine soutient que le pape est le vicaire du Christ sur Terre et qu'il a seul autorité pour interpréter la Parole de Dieu transcrite dans les Écritures. La foi repose donc d'une part sur la Bible (Ancien et Nouveau Testaments) mais aussi sur la Tradition, c'est-à-dire sur les interprétations des Écritures par les pères de l'Église et les premiers conciles œcuméniques. Pour Luther, la Bible est la seule autorité sur laquelle repose la foi. Le pape lui-même est soumis à l'autorité des Écritures. Ni le pape ni les conciles ne peuvent contredire ces écrits. C'est pour cela que Luther a traduit le Nouveau Testament en allemand, c'est-à-dire dans la langue parlée par le peuple. TI a fait imprimer et diffuser cette traduction, grâce à la récente invention de l'imprimerie à caractères mobiles par Gutenberg, afm que chaque fidèle puisse avoir accès, par lui-même, à la Parole divine. En dépit du rejet par Luther du magistère des conciles, aucune confession protestante européenne ne remettra en cause les décrets des conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381) récapitulés dans le Credo ou Symbole de NicéeConstantinople qui proclame la Sainte Trinité, Dieu étant unique en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Le salut éternel
Pour l'Église catholique romaine, l'homme est libre par la grâce divine attribuée à tous et chacun est l'artisan de son salut personnel par ses propres actions. Le salut relève donc de la foi et des œuvres. Luther, titulaire de la chaire de théologie biblique de l'université de Wittenberg, était taraudé par la question lancinante de son salut depuis son entrée dans les ordres en 1507. TI fut convaincu d'avoir trouvé la réponse en lisant le 10

verset 17 du chapitre 1 de l'Épître de Paul aux Romains. Après une ardente et interminable méditation de ce verset, il en vint à la conclusion que la foi est un don de Dieu à celui qui est en état de l'accepter. Le salut ne vient donc pas de l'accumulation de bonnes actions, ni de pénitences, ni de la pratique des sacrements. Le salut surgit de la soumission à Dieu, de la confiance en la délivrance.

Les sacrements
Pour les catholiques romains, les sacrements sont conférés par des gestes rituels qui transmettent la grâce divine. Ils sont au nombre de sept: baptême, pénitence, eucharistie, confirmation, ordre, mariage et extrême-onction. Luther, en se référant au seul Nouveau Testament, ne retint que les sacrements formellement institués par Jésus et clairement mentionnés dans les Écritures, à savoir: le baptême, la pénitence et l'eucharistie. En ce qui concerne la pénitence, il remit en cause la pratique de la confession auriculaire. Quant à l'eucharistie, il nia la transsubstantiation professée par Rome selon laquelle les espèces, pain et vin, sont entièrement transformées en corps et sang du Christ par la consécration de ces espèces par le prêtre. Luther défendit la consubstantiation, c'est-à-dire la présence réelle du corps et du sang du Christ en coexistence avec le pain et le vin mais seulement au moment où le fidèle reçoit ces espèces.

La Vierge et les saints
Pour le catholicisme romain, la Vierge et les saints sont dans la gloire de Dieu avec le Christ. Ce sont des élus officiellement reconnus comme tels par l'Eglise. Les fidèles peuvent les vénérer et les invoquer en tant qu'intercesseurs auprès de Dieu afm d'en obtenir des bienfaits. Selon Luther, l'Église ne saurait se substituer à Dieu et accorder à un homme la qualité ontologique de sainteté. Les saints honorés par l'Église ne sont donc pas des intercesseurs potentiels mais uniquement des modèles de mérite et de vertus. 11

La hiérarchie ecclésiastique
En recevant le sacrement de l'ordre dispensé par un évêque
successeur des apôtres, le prêtre catholique revêt un caractère sacré. TI est, au sein de la communauté ecclésiale, le seul dispensateur des sacrements et des grâces qui y sont attachées. Seuls les prêtres ordonnés peuvent consacrer les espèces pour les transfonner en cotps et sang du Christ. Par cette consécration, le prêtre est un sacrificateur qui renouvelle le sacrifice du Christ mort sur la croix et ressuscité. L'évêque catholique est le supérieur hiérarchique du prêtre. TI est un successeur des apôtres car il a été consacré par l'imposition des mains d'un évêque appartenant à la lignée successorale des apôtres. L'évêque assure donc la continuité apostolique. L'archevêque est le responsable de la discipline ecclésiastique de plusieurs évêchés. Le cardinalat est un titre purement honorifique. Le pape enfin est le successeur de saint Pierre et le vicaire du Christ sur Terre.

Pour Luther, la foi établit une relation directe entre le Christ et les croyants. Le chrétien vit la Parole du Christ sans l'aide de clercs, sans carême, jeûnes, processions, pèlerinages, reliques, vénération de la Vierge et des saints, sans cierges, eau et pain bénits, cendres et rameaux. L'ordre n'est pas un sacrement institué par le Christ mais le baptême seul ne confère pas une charge dans l'Église. Les membres du clergé luthérienne sont pas des prêtres revêtus d'un caractère sacré. Ce sont des ministres du culte ou pasteurs, c'est-à-dire des serviteurs. Leur ordination est purement symbolique et ils ont pour tâches la proclamation de l'Évangile, l'intetprétation fidèle des Écritures, l'administration du baptême et de l'eucharistie. Le ministère des évêques n'est qu'une forme particulière du ministère pastoral. Ils ordonnent des pasteurs et supervisent un ensemble de communautés paroissiales. Ils veillent à la confonnité des enseignements des pasteurs à l'Évangile. Toute l'Église et chacun de ses membres participent à la succession apostolique de l'Église, c'est la notion du sacerdoce universel.

La liturgie
La messe catholique, service de louanges et d'action de grâces, est fondamentalement un renouvellement de la passion 12

du Christ, un sacrifice propitiatoire offert pour la rémission des péchés des vivants et des âmes du Purgatoire. Pour Luther, le sacrifice du Christ ne se renouvelle pas. Le Purgatoire est une invention romaine non confirmée par les Écritures. La messe est donc uniquement une cérémonie de communion des fidèles. La première messe allemande fut célébrée sans apparat, la liturgie traditionnelle encadrant l'élément central du culte, la prédication. Le schéma de la messe latine est conservé. Après l'Introït, le Kyrie (sans le Gloria) et le Credo, se situent les lectures de l'Ancien et du Nouveau Testaments, la prédication, l'exhortation à communier, les paroles d'institution (et non de consécration) des espèces puis leur distribution aux fidèles et enfm la prière d'action de grâces.

Tel prince, telle religion
Luther défendit ses thèses avec ardeur. Ses écrits furent mis à l'index et leur auteur excommunié. L'empereur Charles Quint toutefois souhaitait rétablir l'unité religieuse mais, lors de la Diète de Spire en 1529, six princes et quatorze représentants des villes libres protestèrent si vigoureusement que les luthériens méritèrent le nom de protestants. Une nouvelle Diète se tint à Augsbourg en 1530. Philipp Melanchthon, théologien ami et collaborateur de Luther, tenta de réduire les divergences doctrinales avec Rome en rédigeant la Confession d'Augsbourg, véritable texte doctrinal fondateur du luthéranisme. Charles Quint rejeta ce texte et exigea la soumission à Rome. Les luthériens constituèrent une alliance militaire .et en 1552 mirent les troupes impériales en déroute. Charles Quint s'inclina et signa la Paix d'Augsbourg en 1555 qui consacrait le partage de l'Empire selon le principe « Cujus regnio, ejus religio» (tel prince, telle religion). Seules la Bavière et les possessions des Habsbourg restèrent catholiques. La très grande majorité des principautés du nord de l'Allemagne devinrent luthériennes ainsi que les pays scandinaves. 13

Le calvinisme
Formé au collège Montaigu de Paris, Jean Calvin étudia la philosophie, la métaphysique et la rhétorique. Plus attiré par l'humanisme d'Érasme que par le réformisme de Luther, il se lança dans l'étude du grec et de l'hébreu. Pendant ses années de formation, il ne cessa jamais d'étudier les Écritures avec passion. Il acquit une vaste culture humaniste mais ni le platonisme, ni le stoïcisme, ni l'épicurisme ne lui offraient de réponses au pourquoi de la perversité humaine. Il se tourna en 1553 vers la théologie. Son discours sur les Béatitudes, inspiré de textes d'Érasme et de Luther, était une véritable proclamation en faveur de l'évangélisme. Considéré comme hérétique, il se réfugia à Bâle en 1536. Très influencé par les thèses luthériennes, il rédigea en latin sa profession de foi intitulée «Institution de la religion chrétienne ». Calvin développait l'idée que l'homme est radicalement mauvais et qu'il n'est justifié (absous de ses fautes) que par la foi. A Genève, Calvin aida à l'organisation de l'Église protestante naissante. Il promulgua des ordonnances et rédigea un catéchisme. Les édiles avaient décidé que la ville devait vivre selon l'Évangile mais ils entrèrent en conflit avec Calvin en raison de son rigorisme excessif et de son exigence à vouloir faire signer sa confession de foi par chaque Genevois. Calvin dut se réfugier à Strasbourg, ville libre de l'Empire germanique encline à la tolérance. Il y publia la seconde édition de son « Institution de la religion chrétienne », refondue et augmentée. En 1541, à la faveur d'une évolution politique, Calvin put revenir à Genève. Il y fit paraître la traduction en français de la seconde édition de sa profession de foi et l'année suivante le « Petit traité de la sainte Cène ». Pour Calvin, la Révélation est contenue uniquement dans la Bible. Sa doctrine est d'un pessimisme radical. Dieu est le maître tout-puissant du monde et des destinées humaines. La faute originelle a irrémédiablement séparé l'homme de Dieu. Le salut de l'homme ne peut être assuré que si Dieu vient le chercher. Cette affirmation de l'initiative de Dieu 14

conduisit Calvin à formuler la thèse de la prédestination, décision divine prise de toute éternité. Sur le plan doctrinal, Calvin rejeta la vénération de la Vierge et des saints et ne reconnut que deux sacrements, le baptême et l'eucharistie. En ce qui concerne l'eucharistie, Calvin tenta de concilier la thèse de Luther (consubstantiation) et celle des sacramentaires (dont le Suisse Ulrich Zwingli) pour qui la présence du Christ dans les espèces n'est que symbolique. Calvin afftrma que la présence du corps et du sang du Christ dans les espèces n'était ni réelle ni symbolique mais uniquement spirituelle. Calvin rejeta la messe catholique et institua un culte dominical comportant des lectures des Écritures, une prédication et le chant de psaumes. La communion ou sainte Cène n'est pas l'élément central du culte. Elle n'est donc volontairement célébrée qu'irrégulièrement, le plus souvent une ou deux fois par mois. Il faut y ajouter, pour chaque fidèle, l'obligation de la lecture quotidienne de la Bible. L'Église réformée fut organisée sur la base de Conseils à l'instar des Églises primitives qui avaient à leur tête un Collège d'Anciens. Au niveau paroissial, chaque communauté élit un conseil presbytéral (du grec presbuteros: anciens) qui exerce collégialement le ministère cultuel. Par élections successives, le conseil presbytéral désigne ses représentants dans les instances régionales (consistoire) et générales (synode). Il s'établit ainsi une hiérarchie ascendante, émanant du ~euple de Dieu, à l'inverse de la hiérarchie descendante de l'Eglise romaine. Les pasteurs sont de simples ministres du culte chargés de prêcher la Parole du Christ. L'épiscopat n'a aucune raison d'être. Calvin exaltait la vertu morale du travail et considérait le succès professionnel comme une preuve de la grâce de Dwu. De même, l'interdiction catholique du prêt à intérêt fut levée en se référant à la Bible qui ne condamne que les prêts lésant les pauvres. La diffusion des écrits de Calvin et ses talents d'organisateur favorisèrent la création d'Églises réformées en Suisse, en France et en Écosse. Aux Pays-Bas, les calvinistes hollandais se révoltèrent en 1566. L'Espagne consentit à signer la paix de 15

Westphalie en 1648. Les Pays-Bas devenaient un État protestant calviniste indépendant tandis que les provinces du sud (actuelle Belgique) demeuraient catholiques et espagnoles.

L'anglicanisme
En Angleterre, ce sont des politiques pragmatiques laïcs (monarques et parlementaires) et non des clercs théologiens dogmatiques qui ont conduit la réforme anglicane. En 1521, alors que les thèses de Luther se répandaient dans le royaume, Henry VIII publia «Défense des sept sacrements» où il affIrmait la primauté du pape et l'indissolubilité du mariage. Ceci ne le retint pas, en 1527, de demander au cardinal Wolsey, chancelier et légat pontifical, d'obtenir du pape l'annulation de son mariage avec Catherine d'Aragon, tante de Charles Quint. Cette parenté explique les atermoiements interminables de la curie romaine. Le 25 janvier 1533, Henry VIn passait outre et épousait Ann Boleyn, enceinte depuis peu. Devenu bigame, le roi se décida pour le coup de force. En mars 1533, il faisait consacrer évêque et nommé archevêque de Canterbury l'archidiacre Thomas Cranmer, marié à une ex-religieuse allemande luthérienne. Cranmer était favorable au divorce royal en raison de son anti-papisme et de sa volonté d'ouverture aux idées de la Réforme. Le 10 mai 1533, l'archevêque se substituait à la Rote pontificale et annulait le premier mariage d'Henry VIn. Le Parlement adoptait l'Acte de suprématie qui conférait au roi le titre de chef suprême de l'Église d'Angleterre. Le pape était ravalé au simple rang d'évêque de Rome et tous les prélats anglais rétractaient leur serment d'allégeance au Souverain Pontife. Pour resserrer l'unité doctrinale et politique du royaume, Henry vm rédigea des confessions de foi peu favorables aux idées réformatrices qui attestaient son attachement à l'orthodoxie doctrinale catholique. Ceci ne lui évita pas l'excommunication à laquelle il répondit en liquidant tous les établissements monastiques du royaume. Le schisme était consommé mais au plan doctrinal c'était un schisme catholique. 16

A l'avènement d'Edouard VI, fils mineur d'Henry vrn, les élites laïques et ecclésiastiques favorables à la Réforme tentèrent d'imposer leurs idées. Il ne fut plus interdit d'imprimer, de vendre ou de posséder des bibles en anglais ou des ouvrages exposant les thèses réformatrices. Des prédicateurs anticatholiques virulents affiuèrent du continent. Dans son «Livre des homélies », l'archevêque Cranmer exposa la thèse luthérienne de la justification (absolution des péchés) par la seule foi et non par les œuvres. En outre, les prêtres mariés purent rentrer d'exil et exercer un ministère. En décembre 1548, une commission associant évêques et théologiens remettait au Parlement (institution laïque) le « Livre de la Prière Commune» (Book of Common Prayer ou Prayer Book). Avec un pragmatisme destiné à rallier les henriciens, cet ouvrage usait de formules ouvertes aux interprétations divergentes pour décrire l'ensemble des pratiques et des formules du culte. Les parlementaires adoptèrent le texte. La messe devenait la sainte Communion, action de grâces, de louanges et de communion entre les fidèles et perdait tout caractère propitiatoire. Après lecture des Écritures et récitation du Credo, les espèces étaient déposées sur l'autel. L'officiant ne demandait pas que les espèces soient changées en corps et sang du Christ mais que ces espèces soient le corps et le sang du Christ. La pénitence était avant tout la récitation publique du Corifiteor (Je confesse...). La confirmation n'était plus un sacrement mais l'affirmation publique de sa foi. Elle se conférait par la seule imposition des mains. Tous les rites sacramentaux devaient être bannis: bénédictions, processions, pèlerinages, cierges, eau bénite, pain bénit, saint chrême, cendres, rameaux, jours d'abstinence, vénération des reliques, culte des images, dévotion à la Vierge et aux saints. En janvier 1549, les parlementaires adoptaient 1'« Acte d'Uniformité» (Bill for Religion) qui imposait une même liturgie à l'ensemble du clergé. Les évêques approuvèrent cet Acte et adoptèrent le Prayer Book. Les réformateurs les plus radicaux souhaitaient toutefois que soient éliminés du Prayer Book tous les artifices rhétoriques sources d'ambiguïtés. Les évêques nouvellement nommés 17

s'élevaient contre les vêtements sacerdotaux, les cierges devant les autels et les prières pour les défunts. Les autels furent abandonnés au profit de simples tables afm d'éliminer toute évocation de sacrifice propitiatoire, la table symbolisant seulement un repas pris en commun. En 1552, un second Prayer Book adoptait des positions plus ouvertement calvinistes. La présence réelle dans l'eucharistie était niée. La messe devenait un service, cérémonie de commémoration, sans points communs avec la messe latine, qui comportait: la récitation du Pater et des dix commandements, des lectures bibliques, une prédication, le Confiteor, la communion et enfm une prière d'action de grâces. L'office ne comportait ni consécration ni adoration des espèces, ni prières pour les défunts. Seul le rite de l'aspersion était conservé pour le baptême. Pour le mariage, le célébrant se cantonnait au recueil du consentement des époux. L'ordination conférée par la simple imposition des mains d'un évêque n'était pas un sacrement. La hiérarchie épiscopale, intimement liée au trône, n'était pas remIse en cause. Fin 1552, l'archevêque Cranmer remettait au Conseil du roi les articles d'une confession de foi rédigée à la demande de ce Conseil. Les Quarante-Deux Articles présentaient un infléchissement calviniste prononcé mais non absolu. La règle de foi restait la seule Bible mais seule l'Église en était l'interprète. Les interprétations individuelles préconisées par certaines sectes (dont les anabaptistes) étaient condamnées. La Tradition n'était pas complètement rejetée. Les pères de l'Église étaient considérés comme des interprètes des paroles du Christ et des apôtres. La justification par la seule foi était affirmée mais non la prédestination. Le roi était confirmé comme chef suprême de l'Église d'Angleterre. L'infaillibilité des cqnciles généraux n'était pas admise. Seuls le baptême et l'eucharistie étaient reconnus comme sacrements témoignant de la grâce divine mais incapables par eux-mêmes de conférer cette grâce. Enfin le célibat des prêtres était aboli. Avec un sage pragmatisme, le texte concernant l'eucharistie évitait le calvinisme radical, non par l'affirmation d'une position mais par un silence éloquent. La justification par la seule foi 18

était affIrmée mais il n'y avait pas une seule ligne sur la valeur des œuvres ni sur le libre arbitre. Enfin la question de la confession auriculaire n'était pas abordée. L'accession au trône de Marie Tudor, fIlle de Catherine d'Aragon, en 1553, ouvrit l'ère de la réaction catholique. Les évêques catholiques emprisonnés furent libérés et les pairs catholiques retrouvèrent leurs sièges. Le Prayer Book fut aboli et la messe latine rétablie. Vitraux, statues, fresques et tableaux des églises furent restaurés. Le Parlement, versatile par excès de loyalisme, sollicita la réconciliation avec Rome. L'absolution pontificale mit fin à seize années de schisme et de dérive hétérodoxe. Une insurrection anticatholique déclencha une chasse aux hérétiques et une sévère persécution. Au cours de 45 terribles mois, 283 noms, dont celui de l'archevêque Thomas Cranmer, s'inscrivirent au martyrologe du règne de Marie Tudor qui fut surnommée Bloody Mary. En novembre 1558, un cancer de l'utérus fatal mit fm à la réaction catholique. Elisabeth 1ère,fille d'Ann Boleyn, consciente des divisions religieuses de ses sujets, entreprit avec prudence et modération le rétablissement de l'Église anglicane. La majorité des députés des Communes étaient favorables à la Réforme. Les évêques et les pairs catholiques de la Chambre des lords furent habilement écartés. Le peuple était encore majoritairement enclin à conserver la tradition catholique mais une forte minorité très dynamique militait pour les idées réformatrices. Ces réformateurs se distribuaient en un large éventail allant des henriciens hétérodoxes aux plus austères calvinistes qui rejetaient aussi bien la hiérarchie épiscopale que l'obéissance chrétienne aux souverains. Les parlementaires décernèrent à la reine le titr~ de « Gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre» et non celui de chef suprême, se réservant ainsi l'autorité doctrinale. Un nouveau Prayer Book, en 1559, évita les formules trop tranchées et conserva des rites assez proches de la liturgie traditionnelle. En 1571, les évêques adoptèrent une nouvelle confession de foi, les Trente-Neuf Articles, qui constitue l'assise doctrinale de l'Église anglicane. 19

Les Écritures sont le socle de la foi mais les conclusions des pr~miers conciles œcuméni9ues, l'enseignement des pères de l'Eglise et la Tradition de l'Eglise primitive étaient aussi pris en considération comme référence. Deux sacrements étaient reconnus, baptême et eucharistie. La messe devenait la sainte communion, cérémonie de commémoration en langue anglaise, sans consécration ni adoration des espèces. Le rituel de la communion ne contredisait pas formellement la thèse de la présence réelle. La hiérarchie épiscopale était maintenue et se réclamait de la succession apostolique. Ce compromis élisabéthain ou voie médiane fut jugé hérétique par les catholiques intransigeants mais par contre idolâtre par les réformateurs radicaux appelés ironiquement puritains en raison de leur acharnement à vouloir purifier l'Église des superstitions papistes. La reine demanda aux évêques d'interdire les activités des prédicateurs itinérants fanatiques qui s'attaquaient au système épiscopal. Elle réprima durement le prosélytisme catholique. Le martyrologe de son règne est estimé à 250 suppliciés catholiques. Jacques 1er,descendant d'Henry VII et fils de la catholique Marie Stuart, maintint le rituel anglicano-catholique (autel, cierges, vêtements sacerdotaux) et aussi la Haute Cour de justice ecclésiastique chargée de sanctionner les pasteurs dissidents. De nombreux pasteurs démissionnèrent ou furent démissionnés. Le roi s'opposa avec vigueur aux puritains qui voulaient instaurer un sabbat dominical avec fermeture des boutiques et des auberges et interdiction des divertissements (tir à l'arc, danses, combats de coqs, courses de chevaux). Au cours du règne suivant, la guerre civile, qui opposa les protestants modérés royalistes aux radicaux antimonarchistes, eut pour origines d'une part la prétention de Charles 1erà se considérer comme un monarque de droit divin et d'autre part l'ambition de l'archevêque de Canterbury, William Laud, qui voulait réunir les trois royaumes britanniques sous le joug uniforme du culte anglican. Loin d'éteindre le puritanisme, ces conceptions suscitèrent un fort mécontentement qui s'exprima par l'efflorescence de multiples sectes audacieuses et fanatiques qui inondèrent le pays de pamphlets dénonçant les faveurs 20

accordées aux papistes ainsi que la tyrannie du haut clergé. Les parlementaires s'emparèrent du pouvoir et se dotèrent d'une armée qui, avec l'aide des troupes calvinistes écossaises, l'emporta sur les forces royalistes. Après l'exécution de Charles
1er, s'instaura une dictature puritaine.

En 1660, Charles II restaura la monarchie et l'Église anglicane. Approuvée par le Parlement, la version de 1662 du Prayer Book, conforme au compromis élisabéthain, allait devenir la version de référence. L'Église anglicane toutefois n'était pas assez puissante pour condamner les dissidents. La Haute Cour ecclésiastique ne fut pas rétablie. Des dizaines de milliers de dissidents modérés mais de tradition puritaine refusèrent de rejoindre l'Église officielle. En 1689, après l'intronisation de Marie II et Guillaume III, le Parlement adopta un Acte de Tolérance qui toutefois excluait les juifs, les anabaptistes, les unitariens et les catholiques romains. Les guerres de religion dans l'espace britannique fIrent deux victimes royales, tous deux chefs suprêmes de l'Église d'Angleterre. Charles 1erfut décapité en janvier 1649 et Jacques II, le vaincu de la bataille de la Boyne, fut défInitivement écarté de son trône en 1690. L'autorité amoindrie de l'Église offIcielle autorisa l'efflorescence et l'épanouissement de nombreuses nouvelles confessions réformées (presbytérianisme, congrégationalisme, baptisme, secte des quakers, unitarisme, méthodisme). Beaucoup de sectes ne survécurent guère ou ne dépassèrent pas le stade de la confIdentialité.

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En 1560, au décès de la régente Marie de Guise, le parti protestant anglophile écossais s'éleva contre l'influence catholique dans le royaume. Des lords écossais fondèrent la Congrégation de Jésus-Christ et réclamèrent la liberté de culte et de prédication. Le prédicateur écossais, John Knox, calviniste radical, rentra de son exil genevois et s'installa à Édimbourg sous la protection de la Congrégation. 21

Le Conseil des lords accueillit la nouvelle reine, la catholique Marie Stuart, avec circonspection. John Knox venait d'instituer, en conformité avec la doctrine de Calvin, son Église de Dieu (la Kirk), Église dite presbytérienne, sans hiérarchie épiscopale. A chaque échelon (paroissial, régional, national) le gouvernement de l'Église relevait d'un conseil élu ou presbyterium (conseil des anciens) formé de laïcs à voix prépondérantes et de pasteurs. Ces derniers étaient de simples prédicants, animant des services sans cérémonie, rites ou mystères, dans des temples sans autel, crucifix, vitraux, statues ou tableaux. Chaque croyant se trouvait face au Dieu jaloux et vengeur de l'Ancien Testament auquel se référait constamment l'intolérant fondateur de l'Église écossaise dans des prêches incendiaires. Les fidèles n'avaient d'autre réconfort que la lecture quotidienne de la Bible dont les textes, souvent abscons, se prêtaient à des interprétations extrêmes. Marie Stuart, appuyée par une forte minorité procatholique, refusa de se convertir au calvinisme mais accepta la liberté de culte pour ses sujets. En 1567, les lords protestants entrèrent en rébellion et parvinrent à acculer la reine à l'abdication. Le Parlement d'Écosse nomma Jacques VI, fils mineur de Marie Stuart endoctriné par des tuteurs protestants, chef de l'Église d'Écosse tandis que l'Assemblée ecclésiastique se prononçait pour le maintien de l'épiscopat. Les pasteurs presbytériens entrèrent en résistance. Après diverses péripéties, Jacques VI et les leaders presbytériens parvinrent à un compromis en 1586. Les réunions presbytériennes étaient autorisées mais en contrepartie les pasteurs presbytériens acceptaient le maintien des évêques. La situation perdura bien après l'Acte d'Union de l'Écosse et de l'Angleterre de 1607. Sous Charles 1er, elle se gâta quand l'archevêque de Canterbury, William Laud, prétendit imposer au royaume d'Écosse la liturgie anglicane sans avoir consulté ni le Parlement ni les pasteurs presbytériens. Les lords protestants créèrent une Alliance Nationale (National Covenant) et l'Assemblée du clergé abrogea l'épiscopat. L'armée des

covenantaires défit les troupes de Charles 1er et un
gouvernement presbytériens, provisoire, entièrement aux mains des se mit en place. Misant sur le soutien des 22

monarchistes écossais, Charles 1er, aux mains des puritains
anglais, accepta, mais trop tard pour sauver sa tête, l'instauration du presbytérianisme en Écosse. Forte de cette promesse, l'armée presbytérienne écossaise rappela d'exil le fils de Charles 1er. Couronné roi d'Écosse, Charles II reconnut l'Église presbytérienne. Après sa victoire sur les Écossais, Oliver Cromwell, Lord Protecteur du Commonwealth, ne remit pas en cause cette reconnaissance mais il laissa proliférer les sectes. Finalement, après l'Acte de Tolérance de Guillaume ill, la Convention d'Édimbourg abolit l'épiscopat et restaura l'Église presbytérienne d'Écosse dans sa position officielle.

Le presbytérianisme en Irlande
Des Irlandais ont participé aux débuts de la colonisation anglaise de l'Amérique du Nord, non pas des Irlandais catholiques assignés à résidence dans leur île, mais des Irlandais-Écossais ou Scotch-Irish. En 1541, Henry Vill était parvenu à se faire reconnaître comme roi d'Irlande par les chefs de clan qu'il avait réussi à réunir au sein d'un Parlement. Les persécutions anticatholiques commencèrent sous Elisabeth 1èrequand fut décidé d'appliquer à l'Irlande les prescriptions du Prayer Book de 1559. Les violentes révoltes des Irlandais furent réprimées avec une cruauté inouïe. Des terres confisquées furent redistribuées à des colons anglais anticatholiques. La dernière révolte fut écrasée en 1603. La répression qui s'ensuivit provoqua l'exil vers les Flandres espagnoles des chefs irlandais de la province de l'Ulster. Leurs terres furent offertes à des colons écossais presbytériens qui s'y établirent avec leurs pasteurs exaltés, fanatiquement anticatholiques et réfractaires à l'épiscopalisme. Ces colons écossais d'Ulster furent désignés sous le nom de Scotch-Irish. Sous Charles 1er,le gouverneur anglais chercha à angliciser les Irlandais et à les convertir à l'anglicanisme. En octobre 1641, une terrible insurrection entraîna le massacre de 23

nombreux colons protestants. En 1649, le corps expéditionnaire anglais, commandé par Oliver Cromwell, vengea cette insurrection par des massacres de catholiques, massacres qui figurent parmi les plus tristement célèbres de l'histoire. Les seuls Irlandais catholiques transplantés outre-Atlantique furent vendus comme esclaves dans les îles anglaises de la Caraïbe.

Le congrégationalisme héritier du puritanisme
En introduisant l'esprit de libre examen, le protestantisme avait mis à bas le principe d'autorité en matière religieuse. Sous Elisabeth 1ère, les puritains ultracalvinistes contestaient la hiérarchie épiscopale de l'Église officielle, sa liturgie et sa doctrine. Austères à l'excès, ils étaient intolérants à l'égard des compromissions de la voie médiane anglicane. Ils bénéficiaient d'une excellente audience au sein de la classe moyenne et par conséquent d'une confortable majorité à la Chambre des communes. L'archevêque de Canterbury interdit le prosélytisme des prédicants calvinistes et exigea de tous les membres du clergé un serment d'adhésion à la liturgie anglicane. De très nombreux pamphlets attaquèrent les évêques, leur reprochant leur orgueil et leur attachement aux biens terrestres. En réalité, la dignité du comportement des évêques anglicans et le loyalisme viscéral des sujets anglais contribuèrent à atténuer l'influence politique et sociale du puritanisme. Le successeur d'Élisabeth 1ère, Jacques 1er, protestant épiscopalien et tenant du droit divin des monarques, réunit une conférence théologique à Hampton Court en 1604. Les représentants puritains réclamèrent la préservation de la pureté de la doctrine basée sur les seules Écritures. Ils souhaitaient une révision du Prayer Book, une réforme du gouvernement de l'Église, l'affectation de prédicants dans les paroisses et l'abrogation de la Haute Cour de justice ecclésiastique. Ils ne purent obtenir d'accord sur le fond mais il ne leur fut pas demandé de renier leurs croyances et ils bénéficièrent d'une

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