Les chevaux de frise couraient sur l'hippodrome

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(Ed. Pavillon)

Publié le : samedi 1 janvier 1994
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EAN13 : 9782296297180
Nombre de pages : 144
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LES CHEVAUX DE FRISE COURAIENT SUR L'HIPPODROME
A travers croix, têtes de mort, coups et bombes: Une jeunesse résistante

@ Les Édiliol1s du Pavillon/L'Harmatran, ISDN: 2-7384-2946-7

1994

OVIDA DELECT

LES CHEVAUX DE FRISE COURAIENT SUR L'HIPPODROME
A travers croix, têtes de mort, coups et bombes: Ulle jeullesse résistallte

Collection

« Destins vécus»

LES ÉDITIONS DU PAVILLON 5, rue Rollin 75005 Paris
ÉDITIONS L'HARMATTAN 5-7, rue de l'École polytechnique 75005 PARIS

Du même auteur

RECUEILS

DE POÈMES

ET CONTES

Buffalo (Pierre Seghers, Paris, 1949) Vivre (Librairie de la Renaissance, Rennes, 1952) Piocher, aimer (plaquette ronéotypée, 1953) L'espoir est plus fort qlle tOllt (Pierre Seghers, Paris, 1955) Irène, premier volume (Nouvelles Éditions Debresse, Paris, 1955) Ces fleurs qui ont du smIg (Les Écrivains Réunis, Paris, 1956) Irène, deuxième volume (Nouvelles Éditions Debresse, Paris, 1957) Le rétroviseur magique (Pierre-Jean Oswald, Paris, 1959) L'ornithoptère Gosé-Millas Martin, Paris, 1959) L Iamour ail soleil calme (Nouvelles éditions Debresse, Paris, 1965) Source, mon amie (Pierre-Jean Oswald, Paris, 1966) La guitare aux cordes d'écume (Éditions Subervie, Rodez, 1967) Contes et poèmes pour mon petit garçon (Éditions Le Pavillon, Paris, 1969) La vouivre de mes veines (Éditions Saint-Germaindes-Prés, Paris, 1969)

Le coin bien frais oÙ ça challte (L'Amitié Par Le Livre, 1971) Les contes d'Ariel (Éditions Regain, Monte-Carlo, 1972) Aquarelles pour une planète heureuse (Maison Rhodanienne de Poésie, 1972) Triade de lucioles (Maison Rhodanienne de Poésie, 1973) Un voyage dalls le Graal (Maison Rhodanienne de
Poésie, 1974)

Par la plume du ballon bleu (Éditions Le Pavillon, Paris, 1975) Amour puissallce N (Maison Rhodanienne de Poésie, 1975) Ovida et le bonheur-l1wItitude (Maison Rhodanienne de Poésie, 1976) Ovida dans la grande fête (Maison Rhodanienne de Poésie, 1978) Giboulée de bonheur (Louviers, 1979) La frôlée mU1'11l/lrée ue tapote la pluie (Maison q Rhodanienne de Poésie, 1980) L'accomplie de la belle heure vive (Louviers, 1981) Les météores qui challtellt ou la caresse du pays de toutes choses (Louviers, 1981) Sucres de feu, soupes d' agonie (Éditions Barré et Dayez, Paris, 1984) La petite gabegiefmfe/lIe (Éditions Saint-Germaindes-Prés, Paris, 1986) Il Y ell a que j'aime tant (chez l'auteur-éditeur: Mme Ovida Delect, «La Douve aux Mûres », Grimouville, 50590, Regnèville-sur-Mer, 1989)
Krach et autres
poèmes de la llOuvelle résistance

(chez

l'auteur-éditeur),

1992)

RECUEILS DE CONTES:

Le coffret de cèdre, (Éditions Jean Grassin, Paris, 1971) La bille de verre (Les dossiers d'Aquitaine et d'Ailleurs, Bordeaux 1987)
ROMANS, NOUVELLES ET AUTOBIOGRAPHIE

L'Ange (Regain, Monte-Carlo, 1955) Chemin d'un écolier (Subervie, Rodez, 1980) Les petites semaines (Nouvelles Éditions Debresse, Paris, 1961) Le chêne languelonglle (Éditions Subervie, Rodez, 1963) La demoiselle de Kerk (chez l'auteur, 1972) La prise de robe (Louviers, 1982)

Le jardin de Clélie, Récit autobiographique suivi de nouvelles (chez l'auteur, 1991)
Les villes qui changeaient dans le flellve des histoires,

roman en prose poétique, (chez l'auteur, 1993)
DISQUES Le cristal sans fin, 33 tours (Académie du Disque de Poésie, Paris, 1970) Paysages pOlir tes yeux clairs, 33 tours (Académie du Disque de Poésie, Paris, 1974).

CASSETIES

Pépites Plumelles Sienne Lucioles

Chansons de Mme Huguette Voidies sur des Poèmes d'Ovida Delect mis en musique par Huguette Voidies et Gérard Gonet.
EN PRÉPARATION
La porte du fond sous les lilas, nouvelles.

La chatte de la rosée se pourlèche, nouvelles.

La farandole de l'hmnus, recueil de poèmes et de textes en prose poétique.
Il fallait descendre
ell

Elberoll11, roman.

Quand mes trains s'en allaient dans la /luit et la pluie, nouvelles. La petite dame du joumal, nouvelles.

Caen, avant les grands bombardements avant Ie 6 jilin 1944 quand tous les jours étaient longs

SOllvenirs

Pendant la période relatée par cet ouvrage, la poétesse transsexuelle Ovida DELECT était appelée Jean-Pierre VOIDIES, nom sous lequel, à sa naissance, elle fut enregistrée sur l'état-civil.

E petit mot «démos» s'était échappé des ennuyeuses versions. C'était une sorte de feu-follet sémantique que redoutaient toutes les autorités oppressives de l'époque. C'était un démon espiègle qui, lorsqu'on lui demandait son identité, ne répondait pas légion,

L

mais

«

le peuple ».

Le peuple, quel drôle de concept, quelle bizarre entité, alors que les livres d'histoire arborant 1 damnaient les 14 juillet, les 1792, « l'imprimatur» les Communes de la « populace» patibulaire et, bien entendu, foudroyaient en quelques phrases d'archange purificateur la Révolution des Bolcheviks au couteau entre les dents. J'avais au moins quatre jougs sur le dos dans ces années 41, 42, 43 : le nazisme, le collabo-pétainisme, le cléricalisme des croisades, des conquêtes, des pénitences et des inquisitions... et l'esprit de

1. Permission d'imprimer, accordée pour un ouvrage à caractère religieux, par les autorités ecclésiastiques.

conformisme petit-bourgeois qui inspirait la majorité des comportements ou jugements de ma famille.
«

Démos », échappé, avec ses drôles de petites

lettres, du papier gris du livre des versions grecfrançais, me réconfortait, comme auraient pu le faire, au-dessus de mes pupitres du Collège ou de la table de travail de ma chambre, les évolutions d'un coloré premier papillon.
«

Atome », autre minuscule entité, évadée des

pages de citations et des exercices fastidieux, remplissait de sa chatoyante et innombrable pluralité les espaces de ma pensée d'adolescente, comme il remplissait en fait l'univers entier avec ses systèmes gravitationnels de particules. « Atome» suggérait système solaire, infiniment petit et donc infiniment grand, le sans commencement ni fin, cette matière-énergie totale qui se passait de Dieu et pouvait le remplacer. «Démos », le peuple, pouvait remplacer le führer, le chef, le roi, le maréchal. A l'univers et au peuple revenaient les véritables primautés. Ainsi il était possible de se libérer des Toutes Puissances aveugles, absurdes et injustes; de l'ambivalence Jéhovah-Lucifer; du bon plaisir du Prince, de l'ordre incompréhensible de la force économique et militaire. Ainsi tout pouvait changer de base. Il ne fut pas question, certes, d'en arriver là du premier coup: le poids des occultations, des déformations historiques, des interdits et censures, celui d'un enseignement, sinon scholastique l, tout au moins encore très médiéval; celui d'une vision
1. L'enseignement scholastique, de type métaphysique et abstrait, fut professé aans les universités du Moyen-âge. 14

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