Les commandos SAS dans la Seconde Guerre mondiale

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Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Special Air Service effectue 87 missions. Leur épopée est faite de nombreux succès, mais aussi d’échecs, de souffrances et de tragédies. Détermination sans faille, abnégation, courage sont quelques-unes des qualités de ces combattants, fidèles à leur devise : «Qui ose gagne !»
Égypte, juillet 1941. Malgré les réticences d’une partie de leur état-major, deux jeunes lieutenants de l’armée britannique, David Stirling et Jock Lewes, mettent sur pied le L Detachment du Special Air Service. Il s’agit d’une petite unité commando parachutiste capable de pratiquer une guerre de harcèlement en lançant des raids en profondeur loin derrière les lignes de front contre les aérodromes et les infrastructures logistiques germano-italiennes installés en Libye. D’une audace folle, ces hommes infligent des pertes sérieuses aux soldats de l’Axe, qui apprennent à les craindre. Après la Libye et la Tunisie, l’unité d’élite est engagée en Sicile et en Italie avant de participer à la libération de l’Europe de l’Ouest.
Au cours de l’été 1944, 2 000 parachutistes français, britanniques et belges du Special Air Service sont largués partout en France occupée. Ils sabotent les lignes de communications et harcèlent l’ennemi avec le concours de la Résistance. Ces hommes intrépides retardent l’acheminement des renforts vers le front normand et renseignent le commandement allié. Ils sillonnent les routes françaises et n’hésitent pas à attaquer les forces allemandes comme à Saint-Marcel ou à Sennecey-le-Grand. Auréolés d’une gloire mythique, ils prirent part à tous les conflits importants jusqu’à nos jours. Leur unité a servi de modèle à de nombreuses armées.
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EAN13 : 9791021001596
Nombre de pages : 288
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CHRISTOPHE PRIME

LES COMMANDOS SAS DANS
 LA SECONDE GUERRE MONDIALE

TALLANDIER

« Ces hommes sont dangereux, il faut les abattre. Je rendrai responsables devant le Conseil de guerre tous les chefs de corps et officiers qui n’exécuteront pas cet ordre. »

Adolf HITLER, 18 octobre 1942
 (Ordnung Nr 003830/42).

PRÉAMBULE

Parmi les unités d’élite, ou forces spéciales, aucune n’a acquis la notoriété du Special Air Service (SAS), créé il y a presque soixante-douze ans en Afrique du Nord, au beau milieu du désert libyen. Quatre années durant, quelques centaines de combattants intrépides vont frapper sans relâche les troupes de l’Axe sur leurs arrières. Si en Grande-Bretagne, les exploits de l’unité sont légendaires, leur histoire reste en grande partie méconnue.

Beaucoup d’unités spéciales ont vu le jour pendant la Seconde Guerre mondiale, mais des expériences avaient déjà été menées au cours des précédents conflits par des officiers britanniques anticonformistes, qui ont constitué de petites unités spécialisées mobiles et flexibles, capables de pratiquer les techniques de guérilla, de coups de main et d’embuscades sans se préoccuper des lignes de front. En 1900, Simon Joseph Fraser a créé les Lovat Scouts, une unité de tireurs d’élite qui lutta contre les Boers en Afrique du Sud. Pendant la Première Guerre mondiale, Thomas Edward Lawrence, connu sous le nom de Lawrence d’Arabie, a pensé et pratiqué la guérilla pendant la grande révolte arabe de 1916-1918 contre l’armée turque dérogeant aux principes de la stratégie militaire moderne édictés par Carl von Clausewitz dans son traité de stratégie militaire De la guerre. Charles Orde Wingate a quant à lui expérimenté de nouvelles méthodes de combat en Palestine (1938-1939) : les Special Night Squads (escadrons de nuit spéciaux) constituées de combattants juifs palestiniens et de soldats britanniques menèrent contre leurs adversaires des attaques nocturnes, lors desquelles ils privilégiaient l’effet de surprise et la puissance de feu.

En outre, et contrairement à ce qui a longtemps été affirmé, le SAS n’est pas la première force spéciale constituée pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Brandburger Regiment, la Decima Flottiglia MAS, les corps francs de l’armée française et les commandos britanniques ont déjà fait parler d’eux au moment de la création du SAS. L’armée britannique a recours à d’autres unités spécialisées : Long Range Desert Group, Special Boat Section, Special Service Brigade, Chindits. De même, l’armée américaine fit appel aux Rangers, au First Special Service Force et aux Merrils Marauders. Ce sont toutes des unités de raids.

De nos jours et en raison des nouvelles menaces apparues depuis la fin de la Guerre froide, de nombreux pays se sont dotés d’une ou plusieurs de ces unités. Conçues pour permettre aux États de régler des situations de crise que la voie diplomatique ou les actions militaires classiques ne peuvent pas résoudre, les forces spéciales modernes sont des unités composées d’effectifs réduits spécifiquement entraînés pour mener un large éventail de missions périlleuses, des « opérations spéciales » dans le cadre d’une guerre conventionnelle mais pas uniquement. Leur champ d’action s’est considérablement élargi : libération d’otage ou de prisonniers, évacuation de ressortissants, protection de personnalités, lutte antiterroriste, assistance et formation militaires, guerre psychologiques, renseignement, actions commandos en territoire ennemi, neutralisation d’objectifs majeurs. Si ces unités d’élite préfèrent l’ombre à la lumière, l’anonymat à la médiatisation, plus personne n’ignore aujourd’hui ce que cache les termes Delta Force, Navy Seals, Spetsnaz, GSG-9, Commando Hubert.

 

Égypte, juillet 1941. Malgré les réticences d’une partie de leur état-major, deux jeunes lieutenants de l’armée britannique, David Stirling et Jock Lewes, mettent sur pied le L Detachment du Special Air Service. Il s’agit d’une petite unité commando parachutiste capable de pratiquer une guerre de harcèlement en lançant des raids en profondeur loin derrière les lignes de front contre les aérodromes et les infrastructures logistiques germano-italiennes installés en Libye selon la tactique du Hit and Run. Son but n’est pas de prendre le contrôle d’un territoire, mais de détruire des objectifs stratégiques. Les méthodes d’entraînement, les modes de projection, d’infiltration, les techniques de combat vont s’affiner au fil des mois : l’unité doit en permanence se réinventer et prouver sa valeur en effectuant des missions d’une audace folle. En décembre 1941, les hommes du SAS, véhiculés par le Long Range Desert Group, obtiennent leurs premiers succès. Les hommes du Major Stirling sont placés sous l’autorité directe du commandant en chef et jouissent alors d’une indépendance totale. Ils opèrent en marge des troupes conventionnelles. Les soldats de l’Axe apprennent à craindre ces ombres furtives qui les assaillent la nuit et disparaissent sans laisser de trace.

Au lendemain de la bataille d’El Alamein, le L Detachment croît pour devenir le 1st SAS Regiment et harcèle les troupes de Rommel jusqu’aux portes de la Tunisie. À partir de 1943, le 1st SAS est scindé en deux entités : le Scout Raiding Squadron (SRS) de Paddy Mayne et le Special Boat Squadron (SBS) de Lord Jellicoe spécialisé dans les opérations amphibies. L’unité va pourtant survivre à cette réorganisation. Alors que le SBS opère en mer Égée, le SRS, employé comme simple troupe de choc, s’illustre en Sicile avant de participer à la libération de la péninsule italienne de concert avec le 2nd SAS de William « Bill » Stirling, le frère aîné de David. Une des particularités du SAS est d’avoir compté dans ses rangs des Britanniques, des Français, mais aussi des Grecs et des Belges. Ainsi, les 3rd et 4th French SAS Battalions (également appelés 3e et 4e régiment de chasseurs-parachutistes), le 5th Belgian SAS squadron et les deux régiments britanniques sont engagés en France à partir du 6 juin 1944. Ils soutiennent l’offensive alliée par l’installation de bases stratégiques en territoire occupé. Les missions dévolues aux SAS sont toujours aussi risquées. Ils renseignent le commandement, harcèlent les troupes allemandes sur leurs arrières et encadrent les maquis. À bord de leurs véhicules surarmées, ils accompagnent, voire devancent, l’avancée des troupes alliées en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Danemark et même en Norvège.

 

L’identité SAS évolue au fil des opérations. La filiation du SAS avec les unités commandos est évidente : les membres qui composent l’unité originelle sont bel et bien des commandos. Ainsi, en dépit des spécificités du Special Air Service, il est alors presque naturel de désigner ses membres par les termes de « commando » ou « raider » pendant la campagne d’Afrique du Nord. En outre, ce ne sont pas des paras au sens strict du terme. Le parachutage n’est qu’un mode de projection parmi d’autres, qui n’est d’ailleurs guère utilisé sur ce théâtre d’opération. La formation de parachutiste a bien plus valeur de rite initiatique. La création du SRS en avril 1943 peut être considérée comme une ultime réminiscence de l’identité commando, qui n’aura plus lieu d’être par la suite. En Europe, la SAS Brigade est intégrée à l’Allied Airborne Force. Avec le temps, le terme SAS s’impose pour désigner les membres appartenant à l’unité du même nom.

L’organisation au combat du SAS repose sur des modules de trois à cinq hommes parfaitement entraînés et polyvalents. Son succès est sans nul doute lié à sa capacité d’adaptation et à la qualité de l’entraînement, supérieur à celui du reste de l’armée britannique. Commandos, parachutistes, saboteurs, raiders, instructeurs ou encore éclaireurs, ils sont tout à la fois. Moitié commando, moitié parachutiste, le combattant SAS est capable d’effectuer un large éventail de missions et de s’adapter aux différents théâtres d’opération. Au fur et à mesure de l’avancement du conflit et de l’ouverture de nouveaux fronts, les hommes changent mais l’esprit SAS demeure. Il est presque impossible de dresser un portrait type du SAS. Le Lieutenant Mayne lui-même le confirme : « J’ai dans la tête une image précise du SAS idéal. Personne ne correspond exactement à cet idéal, mais quand j’observe un homme et que je l’écoute, il faut absolument qu’il s’en rapproche. » En excellente condition physique, le combattant SAS doit aussi posséder un mental à toute épreuve et une bonne dose de témérité. Quelles sont les motivations qui ont présidées à l’engagement au sein du SAS ? Peu d’hommes connaissaient l’unité avant de rejoindre ses rangs, les Originals encore moins que les autres, puisqu’ils devaient la créer ex nihilo. C’est le goût de l’aventure et la nouveauté de l’arme parachutiste qui ont guidé leur choix. Plus tard, c’est pour répondre à un ordre de leurs supérieurs et non par véritable choix personnel que les parachutistes français ont intégré le L Detachment, dont ils ignoraient tout avant qu’ils ne le rencontrent en Égypte. En août 1942, un Air Vice Marshal de la RAF a comparé le SAS à « un ramassis de pittoresques individualistes ». L’apparence négligée, plus ou moins cultivée, des SAS et la proximité entre les hommes du rang et les gradés ont pu choquer. Mais, il ne faut y avoir aucune indiscipline ou faiblesse, bien au contraire. La moindre défaillance ou négligence est sanctionnée. Au combat, les officiers SAS font peu cas des règlements militaires car seul le résultat compte. La hiérarchie est respectée à l’arrière comme en opération, mais la taille réduite de l’unité, la dureté de l’entraînement, la dangerosité et la durée des missions suffisent à expliquer la force de cette fraternité d’arme. On ne naît pas SAS, on le devient.

 

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Special Air Service effectue 87 missions. L’épopée du SAS est faite de nombreux succès, mais aussi d’échecs, de souffrances et de tragédies. Détermination sans faille, abnégation, courage sont quelques-unes des qualités de ces combattants, fidèles à leur devise : Qui Ose Gagne !

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