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Les Etats-Unis virent le jour au siècle des Lumières

De
167 pages
Le 10 février 1763, la France abandonne le Canada à la déjà puissante Angleterre. Survient une accumulation de mesures arbitraires écrasant financièrement les colons d'Amérique. Leur colère les mène à la révolte puis à la très ferme volonté d'indépendance. Le 4 juillet 1776 est proclamée l'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique, puis, après 5 années d'une lutte sans merci, les insurgés triomphent : avec l'aide des troupes françaises, les Américains font capituler sans condition les troupes anglaises à la bataille de Yorktown.
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Christophe Colomb, persuadé, lui aussi, que la terre était ronde, imagina pouvoir découvrir la route la plus directe pour se rendre en Chine en maintenant le cap à l'Ouest. Ce raisonnement on ne peut plus simpliste lui permit de découvrir les Antilles et l'Amérique, révélant à la déjà vieille Europe l'existence d'un autre monde qui leur était jusqu'ici totalement inconnu. Forts de sa découverte l'Espagne et le Portugal se précipitèrent à la conquête de ces nouvelles terres. Ils les concevaient comme un lieu magique, imaginant que l'or pût s'y ramasser à la pelle, qu'ils y trouveraient des eaux magiques permettant d'effacer les rides du visage en redonnant jeunesse aux vieillards ! Nous sommes à la fin du XVème siècle et au tout début du XVIème : Pédro Avares Cabral découvre le Brésil, Cortez le Mexique, Pizarre l'Empire des Incas et Nuñez de Baboa le Pacifique. Certains, tel Hernando de Soto, profitent d'être à la tête d'une puissante armée pour tout écraser sur leur passage, hélas responsables « dans le sentier sanglant qu'[ils ouvraient] ». La ruée, car c'en était une véritablement, des envahisseurs Espagnols et Portugais fut d'autant plus surprenante qu'elle avait reçue la bénédiction du Pape Alexandre VI. En effet par une bulle dite Le testament d'Adam, le Pape reconnaissait officiellement le partage de ce Nouveau Monde entre les Espagnols et les Portugais. Cet immense privilège scandalisa le roi de France François 1er, il répliqua – non sans une certaine ironie – que les clauses du Testament d'Adam qui l'excluait du reste du Monde lui fussent démontrées.

En réaction, le 22 avril 1534, François 1er décida à son tour d'envoyer Jacques Cartier à la conquête de ces nouvelles terres, le mandatant secrètement de rechercher également la route la plus directe pour la Chine… Lors de ce premier voyage, Jacques Cartier ne dépassa pas la pointe de Gaspé, préférant reporter à l'année suivante l'entrée dans ce grand fleuve qu'il avait baptisé le Saint-Laurent. Le 16 mai 1535, il repartit donc avec la Petite et la Grande Hermine suivies de l'Emerillon pour enfin pénétrer dans le Saint-Laurent et accoster à Stadaconé devenu Québec aujourd'hui. Profitant du peu de tirant d'eau de l'Emerillon, il poursuivit même jusqu'à Hochelaga, maintenant Montréal, offrant ainsi le Canada à la France. Mais il fallut attendre encore plus de soixante-dix ans pour voir débarquer les premiers Anglais sur le continent américain. Leur colonisation fut tout à fait différente de celle des Espagnols et des Portugais, et surtout des Français. Tous les trois s'installèrent au nom de leur Pays ; alors que les Anglais ne faisaient que fuir l'Angleterre dans un espoir de liberté afin de créer un monde nouveau où leur tempérament aussi spécifique que leur religion pourraient s'y épanouir. En un peu plus d'un siècle, treize colonies anglaises se formèrent.

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(Historique condensé de la création de ces treize colonies pour mieux comprendre les évènements qui vont suivre) La VIRGINIE, le MASSACHUSETTS, le NEW HAMPSHIRE, le RHODE ISLAND, le CONNECTICUT, la CAROLINE DU NORD, la CAROLINE DU SUD, le MARYLAND, NEW YORK, le DELAWARE, la PENNSYLVANIE, le NEW JERSEY et la GEORGIE.

LA VIRGINIE En 1606, le roi d'Angleterre Jacques 1er accorde une chartre à deux sociétés commerciales appelées du même nom « Compagnie de Virginie », l'une a son siège à Plymouth l'autre à Londres, et les autorise à s'établir en Amérique entre le 38ème et 45ème parallèle pour la première, et le 34ème et 41ème pour la seconde. Ces deux sociétés n'ayant qu'un seul but celui de s'enrichir, on ne s’étonne pas que pour la première, dont les cinq cents passagers n'étaient que des gentilshommes déchus, des repris de justice ou des condamnés, ce fut un échec ! La seconde survécut. Embarquée, fin décembre 1606 sur trois petits navires, dont le plus grand était le Suzan Constant commandé par le capitaine Christopher Newport, mit près de quatre mois avant d'atteindre la baie de la Chesapeake. Dès leur arrivée, les quelques survivants de cette éprouvante traversée s'établirent à l'entrée de la baie qu'ils baptisèrent James en l'honneur de leur roi, donnant aux deux caps le nom de ses fils : Henri et Charles. Luttant

avec opiniâtreté pour s'installer malgré la malaria, le scorbut et le froid du premier hiver qui décimait petit à petit la colonie. Ils parvinrent tout juste à construire une église à l'aide de rondins cloués ou solidement ficelés aux troncs des arbres, la toiture n'était qu'une simple bâche, et n'arrivèrent à survivre que grâce à la culture du maïs. Sans John Smith, dont la force de caractère est restée légendaire, cette deuxième compagnie aurait été vouée à l'échec comme la précédente. John Smith les avait quittés dès les premiers jours en quête de gibier, mais avait été fait prisonnier par les Amérindiens, puis s'étant épris de la fille du sachem Powhatan la très belle Pocahontas, il put rejoindre les siens qu'il trouva dans un état misérable ! Grâce à son dynamisme et sa force de caractère, dont on se souvient encore, il les fit émerger de leur léthargie, les informant que « celui qui ne travaillerait pas ne mangerait pas », les obligeant petit à petit à délaisser la culture du maïs pour celle du tabac beaucoup plus lucrative, établissant un régime que l'on pourrait qualifier de communiste avant la lettre. Car la terre et les biens devaient être propriété commune. Cette culture allait devenir une des richesses de la Virginie, au point que ce fameux tabac put facilement servir de monnaie courante, c'était même avec celui-ci que pendant plus d'un siècle on paya les pasteurs et les fonctionnaires. Quand John Smith décida de les quitter à nouveau pour regagner l'Angleterre, les Amérindiens attaquèrent la colonie dès son départ, ne laissant qu'une soixantaine de survivants qui furent sauvés grâce à l'arrivée du nouveau Gouverneur Delaware qui, bien que parti d'Angleterre avec huit navires, ne débarqua qu'avec trois seulement, les

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cinq autres ayant fait naufrage lors d’une violente tempête au large des Bermudes. Une de ses premières décisions fut de supprimer ce régime arbitraire établi par Smith en obligeant les colons à devenir propriétaires d'au moins trois acres de terre. En 1619 arriva, pour la première fois, un bateau hollandais avec des esclaves noirs, vingt au total. Puis peu après, d'autres navires anglais, cette fois-ci, prirent la relève, dont le Treasurer. Cette même année, toujours d'Angleterre, quatre-vingt-dix femmes débarquèrent et furent achetées cent trente livres de tabac, ce qui permit à la Virginie de croître en nombre. En 1624, la Virginie devint Province Royale. LE MASSACHUSETTS En Angleterre, l'Église, harcelée par les calvinistes, décida de rejeter l'autorité du Pape. En Écosse, John Knox établit le presbytérianisme dont le premier but était de supprimer l'autorité des évêques et même des pasteurs au profit d'« une église bâtie sur une pyramide de Conseil ». De son côté, Robert Brown fonda la première Église congrégationaliste qui séparait ses biens de ceux de l'État. Dans un même temps donc, que de bouleversements… Toutes ces réformes furent logiquement très mal acceptées par un grand nombre de calvinistes qui se rebellèrent et préférèrent se réfugier en Hollande où il leur semblait que la tolérance était coutumière : ce sont les puritains. Comme l'écrivait alors le Professeur Savelle : « le puritanisme est essentiellement un état d'âme, une introspection qui repose sur la notion du péché et sur la conviction que l'homme par essence est un pêcheur, ne peut faire de progrès qu'en s'astreignant à la plus rigoureuse discipline ». Mais une fois sur le sol hollandais,
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cette tolérance déjà citée et telle que vécue par ses habitants ne fut pas sans troubler nos puritains anglais, les décevoir même, car elle n'apaisait pas leur conscience… Toutefois, il leur était absolument impossible de s'intégrer à nouveau en Angleterre où le roi Charles 1er demeurait inconditionnellement papiste. C'est alors qu'informés de l'installation de la Compagnie de Virginie en Amérique, ils en étaient émus et croyaient ressentir en eux, dans le profond de leur âme, comme un véritable appel divin ! L'océan Atlantique prit subitement le visage de la Mer Rouge, au point que de nos jours encore cette comparaison biblique imprègne toujours l'Amérique. Ils étaient de plus en plus persuadés que la terre promise, dont ils ne cessaient de rêver pour leur permettre de véritablement s'épanouir, se trouvait au-delà de cet immense océan. Une centaine d'entre eux, connus sous le nom de « Pères Pèlerins » décidèrent alors d'affréter un navire et quittèrent définitivement l'Europe à bord du Mayflower, le 16 septembre 1620. Parmi eux se trouvaient cinq familles protestantes françaises : les Cartier, Souliers, Bompas, Moulin et Delanoë. Ces noms sont devenus par la suite : Carter, Soule, Bumpus, Mullins et Dalano. Cela peut nous surprendre aujourd'hui, mais à cette époque un protestant français était plus proche d'un protestant anglais que de son propre compatriote catholique. Le Mayflower mit soixante-cinq jours pour traverser l'océan... Éprouvant le courage des Pères Pèlerins qui la dernière semaine ne se nourrissaient plus que de lard fumé et n'avaient pour toute boisson que de l'eau croupie, luttant contre le scorbut qui commençait à les décimer, mais gardant toujours leur foi intacte et leur espérance inébranlable. Enfin arrivés au Cap Cod, à Plymouth Rock exactement, les premiers débarqués, malgré la neige qui

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tombait, se jetaient à genoux pour prier Dieu et surtout le remercier de les avoir amenés par delà le vaste et terrible océan sur ce qui leur apparut être comme la Terre Promise, parce qu'ils étaient le Peuple élu par le Seigneur pour occuper les terres où la Providence les avait conduits. Courageux et obstinés, ils se mirent immédiatement au travail bravant les rigueurs de l'hiver, bâtissant leurs maisons durant la journée et regagnant chaque soir le Mayflower. L'hiver fut sans pitié, quarante d'entre eux ne survécurent pas, mais leur courage exceptionnel et leur foi leur permirent de tenir jusqu'à l'arrivée au printemps de nouveaux puritains qui, à leur exemple, fuyaient l'Angleterre en famille et même par paroisse entière. Grâce également à Winthrop qui découvrit une source importante d'eau douce dans un lieu qu'il baptisa Boston, il s'y installa avec soixante colons. LE NEW HAMPSHIRE Cette colonie fut l'œuvre de l'Écossais Thomson qui avait obtenu cette concession en 1622 par le Conseil de la Nouvelle-Angleterre ; mais ce ne fut qu'au bout de sept ans d'effort qu'elle devint colonie anglaise.

LE RHODE ISLAND Sa colonisation fut tout à fait différente des précédentes. Elle est l'œuvre du théologien Roger Williams qui ayant fui l'Angleterre à la suite d'une déception amoureuse avait rejoint les puritains. Leur reprochant de s'attribuer des terres qui appartenaient aux Amérindiens et refusant de prêter serment pour la séparation de l'Église et de l'État, il fut expulsé par les autorités de Salem et s'établit dans le

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Rhode Island où il fonda Providence (1636), créant une Communauté Baptiste qui acceptait la liberté religieuse. Peu après, il acheta aux Amérindiens l'île de Rhode Island. Il créa le village de Portsmouth. Roger Williams, très en avance sur son temps, refusa autant l'autorité royale que celle du Parlement. Pour lui, le Pouvoir devait être donné au Peuple par le suffrage universel ! LE CONNECTICUT C'est au jeune pasteur Thomas Hooker que l'on devait cette colonie. Ayant quitté l'Angleterre en 1632 pour rejoindre les puritains à Boston, il devint rapidement le Prélat de Newton. Comme Roger Williams, il n'acceptait pas la nouvelle règle des gens du Massachusetts qui limitait le pouvoir de siéger aux premières assemblées aux seuls membres de l'Église et à une certaine élite. Dans la petite paroisse dont il avait la responsabilité, il profitait des offices pour inciter ses paroissiens à s'opposer à cette loi. Lui aussi réclamait le suffrage universel. Ses idées étant contestées, il préféra quitter le Massachusetts accompagné de ses fidèles et de leur bétail qu'ils poussaient devant eux, vers la vallée du Connecticut ; édifiant la ville d'Hartford. Thomas Hooker avait outre sa formation de pasteur des qualités d'homme d'État moderne pour l'époque. Une fois installé à Hartford, il créa un gouvernement doté d'une constitution écrite, connue sous le nom d'« ordres fondamentaux », ce qui jusqu'ici n'avait jamais été réalisé. Dans cette Constitution, il est à remarquer qu'il n'est déjà plus question du Gouvernement Britannique et encore moins d'allégeance au roi d'Angleterre, ce qui nous permet de conclure que le Connecticut est vraiment le berceau de la démocratie.

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Mais les premières années de la colonisation furent très difficile, car, les Amérindiens Pequot, soutenus par les Narragansetts et les Mohégans s'opposaient à l'arrivée de ces nouveaux occupants et n'hésitaient pas à attaquer leurs installations jusqu'au jour où soixante colons décidèrent de faire une razzia dans les villages Pequot, ne laissant que sept survivants. Devant également faire face aux attaques des Hollandais et surtout des Français, le Connecticut proposa aux colonies voisines une Union, connue sous le nom de « Colonies Confédérées de la Nouvelle-Angleterre », étant entendu que chacune d'elle conserverait son propre gouvernement. LA CAROLINE DU NORD et la CAROLINE DU SUD Cette terre avait déjà été découverte par un huguenot français, Jean Ribaut, qui l'avait baptisée Caroline en l'honneur de son roi Charles IX. La France, trop absorbée par ses guerres de Religion, ne lui envoya aucun secours et il y laissa sa vie. En 1584, l'Anglais Raleigh devait prendre la relève pour créer une colonie en vertu de la Charte qui lui avait été octroyée. Or de retour en Angleterre, après avoir séjourné en Virginie, il fut impliqué dans un complot en faveur d'Arabelle Stuart et fut décapité à Londres en 1618. Il faudra attendre 1663 pour voir les Anglais s'y installer définitivement sous le commandement du Lord Ashley Cooper, comte de Shaftesbury. Comme le peuplement s'avérait difficile, une loi fut votée en faveur des nouveaux colons les exemptant non seulement d'impôt pendant un an, mais aussi annulant toutes leurs dettes contractées ailleurs que dans la Caroline. Les Virginiens s'empressèrent d'appeler cette colonie « le refuge des

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brigands » ! Jusqu'au jour où, l'Édit de Nantes ayant été révoqué par Louis XIV, roi de France, près d'un million de protestants français immigrèrent à leur tour pour s'installer en Caroline où ils furent très bien accueillis. En effet, « ils avaient les vertus des puritains sans leur bigoterie ». C'est d'ailleurs aux Français que l'on doit la ville de Charlestown. Puis en 1714 la Caroline fut partagée en deux, la première dite du Nord devenant alors Province Royale, l'autre celle du Sud, en 1719, après avoir mis fin à la menace des Amérindiens Yamasse. LE MARYLAND Au départ une des rares colonies catholiques. Elle doit son existence à Cécilius Calvert, fils de Georges Calvert, secrétaire d'État estimé de Jacques 1er, qui lui conféra le titre de Lord Baltimore. Catholique convaincu, il démissionna de son poste en 1621, lorsque Charles 1er monta sur le trône, avec l'intention de fonder une colonie à Terre-Neuve, puis huit ans plus tard, explora une région proche du Delaware et de la Chesapeake. Mais ce fut finalement son fils Cécilius, deuxième Lord Baltimore, qui obtint la Charte lui accordant le droit d'y créer une colonie. En 1632, Cécilius débarqua sur une petite île à l'embouchure du Potomac avec deux-cents immigrés baptisant ce territoire : Terre de Marie, du nom de la Vierge et de la reine d'Angleterre, Henriette-Marie. Mais le Maryland devint très vite anglican avec l'arrivée massive des protestants. Dès le début de la colonisation, le gouvernement du Maryland était tenu uniquement par les propriétaires. En 1691, la colonie devint Province Royale et les Calvert

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durent embrasser la religion protestante pour maintenir leur place. NEW YORK Là, ce fut par les armes contre les Hollandais que les colons anglais fondèrent l'état de New York. En effet, lorsque les Anglais débarquèrent en Virginie et ce que l'on appela la Nouvelle-Angleterre, les Hollandais étaient déjà présents sur le sol américain. Tels les Espagnols, les Portugais et les Français, les Hollandais étaient partis à la recherche de la route la plus directe pour se rendre en Chine. Tout comme leurs prédécesseurs, ils se heurtèrent au continent américain, à l'extrémité de Manhattan où dès 1626 ils construisirent le fort Amsterdam avant de créer Niuwe-Amsterdam, achetant pour soixante florins cette île aux Amérindiens. De cette histoire, il ne reste plus que la Wall Street ou « rue du mur » en souvenir de celui qu'ils avaient édifié pour se protéger des agressions amérindiennes. Parmi ces Hollandais se trouvait un marin anglais nommé Hudson qui n'hésita pas à remonter le grand fleuve qui se jetait dans la mer, espérant toujours trouver cette fameuse route qui mènerait à la Chine. Il ne dépassa pas Albany… Toutefois, ce grand fleuve, en souvenir de lui, porte son nom : Hudson River. De leur côté, les Suédois également présents s'installèrent à proximité, construisant un fort qu'ils surnommèrent Christina. Or, les Hollandais, commandés par le fameux Peter Stuyvesant, connu aussi sous le nom de « l'homme à la jambe de bois », s'emparèrent du fort mettant fin à la colonisation des Suédois. La traite des fourrures étant la grande richesse du moment, les Anglais allaient chercher à se rendre maître

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de l'Hudson River, qui était la route empruntée par les Amérindiens pour amener leurs canots remplis de pelleteries. Aussi, un beau matin, le duc d'York, frère du roi d'Angleterre, et qui deviendrait le futur Jacques II, attaqua Niuwe-Amsterdam. Le gouverneur, en l'occurrence Stuyvesant, se trouva dans l'obligation de se rendre. La ville fut aussitôt rebaptisée New York et les Anglais devenant maîtres de l'Hudson River purent ainsi s'emparer de la traite des fourrures.

LE DELAWARE De toutes les colonies, ce fut avec celle de New York, la seule qui fut fondée par des Européens autres que des Anglais. Le Delaware, qui porte le nom du grand fleuve qui se jette dans la baie du même nom, fut donc en premier le fief des Hollandais, puis des Suédois avant de devenir celui des Anglais à la suite d'une déclaration de Lord Baltimore pour qui le Delaware était partie intégrante du Maryland. Dès leur prise de possession en 1631, les Hollandais érigèrent une plaque d'étain aux armes de la Hollande, mais un Amérindien qui n'en comprenait pas le sens la détruisit. Cet acte pris comme une insulte, les Hollandais recherchèrent le coupable soulevant une révolte des autochtones qui les exterminèrent. Les Suédois prirent alors la relève des Hollandais en bannissant l'esclavage, cherchant à faire de cette colonie « un refuge pour les opprimés de toute la chrétienté » (Elson), et en l'honneur de leur jeune reine baptisèrent la principale ville Christiana, devenue aujourd'hui Wilmington. Pour agrandir leur territoire, baptisé la

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