Les gravures rupestres libyco-berbères de la région de Tiznit (Maroc)

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L'ouvrage consacré aux gravures de la région de Tiznit (au sud d'Agadir) mêle une étude minutieuse des éléments iconographiques, de leur signification symbolique : des cavaliers dépourvus d'armes offensives et où dromadaires, scènes de chasse, de batailles et inscriptions sont absents alors qu'ils caractérisent la phase libyco-berbère. Cette exploration inédite débouche sur une datation et des hypothèses sur l'identité de ces mystérieux cavaliers.
Publié le : dimanche 1 novembre 2009
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EAN13 : 9782296236622
Nombre de pages : 161
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Les gravures rupestres libyco-berbères de la région de Tiznit
(Maroc)

Alessandra BRA VIN

Les gravures rupestres libyco-berbères de la région de Tiznit
(Maroc)

L'I-femattan

(Q L'Harmattan,

2009

5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-09915-9 EAN: 9782296099159

AVANT -PROPOS

Le sud-ouest du Maroc a commencé à susciter l'intérêt des chercheurs peu après l'instauration du Protectorat français (1912-1956). Dans un premier temps, les publications ont porté sur les caractéristiques géologiques du territoire, sur ses ressources hydriques, minérales et économiques en général (Gentil, 1924; Bourcart et Le Villain, 1928 ; Bondon et Frey, 1935). Une série analogue d'études a vu le jour dans les années cinquante (Projet d'aménagement, 1951 ; Ambroggi et al, 1952). En ce qui concerne le domaine archéologique, il faut attendre 1950 pour que les premières découvertes locales soient signalées: industrie néolithique à l'embouchure de l'oued Massa au nord de Tiznit (Antoine, 1950), industrie du Paléolithique inférieur à l'embouchure de l'oued Draa, au sud de Tiznit, et industrie néolithique au nord de cette même ville (Antoine et Biberson, 1954); ces études ne mentionnent d'ailleurs aucunement la présence d'un art rupestre dans la région. Ce n'est qu'en 1969 qu'André Simoneau insère le nom d'Aglou, près de Tiznit, sur une carte des sites rupestres du sud marocain, en complément d'une étude importante sur la néolithisation des régions méridionales. C'est cette brève indication qui a éveillé ma curiosité. Ayant obtenu l'autorisation de l'Institut National des Sciences de l'Archéologie et de la Préhistoire de Rabat, que je désire remercier chaleureusement, j'ai entamé des recherches en 2001, sans trop me bercer d'illusions quant au succès de ma démarche. Cependant, je n'ai pas tardé à effectuer quelques découvertes dans certains sites encore inconnus situés à proximité de villages des contreforts montagneux entourant la plaine de Tiznit, sites regorgeant d'une très vaste production contemporaine ou subactuelle, extrêmement intéressante en lien avec une étude ethnographique de certaines traditions bien ancrées dans la production métallurgique et l'orfèvrerie de la région (comprenant des ornements d'argent et des poignards dits arabes), mais de peu d'intérêt par rapport au passé plus reculé. Ma persévérance et ma reconnaissance soigneuse et quotidienne du territoire ont été récompensées en juin 2001 lorsque j'ai identifié le premier des trois sites dont il est ici question, au bord de la piste reliant la plaine de Tiznit au plateau de Lgaada. Il s'agit d'une grande dalle presque horizontale couverte de dessins modernes à patine claire: camions, empreintes de sandales, écriture arabe. Un examen plus attentif m'a cependant permis de mettre 7

en évidence des formes se distinguant radicalement des figures récentes: la lumière rasante permettait en effet de distinguer des dizaines de signes représentant des chevaux et des cavaliers munis de boucliers ronds - type de représentations généralement attribué à la phase la plus récente dans l'échelle chronologique de l'art rupestre marocain, communément désignée sous le nom de « libyco-berbère ». Dès lors, convaincue que la région de Tiznit ne pouvait demeurer une tache blanche ou un point d'interrogation sur la carte de l'art rupestre marocain, j'ai entrepris l'analyse de ses sites dans le cadre d'un cursus de recherches en palethnologie auprès de l'Université de Venise, soutenant ma thèse de fin d'études en 2004. Le présent ouvrage reprend ce mémoire en le délestant de ses parties plus didactiques liées à sa nature de travail universitaire et en y intégrant une mise àjour tenant compte des publications plus récentes. Je désire remercier ici tous ceux qui ont rendu ce travail possible, en premier lieu Michele Conenna, qui m'a toujours accompagnée avec passion et enthousiasme lors de mes recherches sur le terrain; Mokhtar, le jeune homme de Lgaada, qui s'est offert de m'aider quotidiennement sur les sites; sites; Fabrice Cuzin, pour sa disponibilité et compétence; mes collègues de travail qui ont pris le relais pendant mes absences, et last but not least, mon directeur de recherche Paolo Biagi. Un grand merci également à ma famille, à mes amies et mes camarades d'études, qui m'ont toujours soutenue et encouragée.

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INTRODUCTION

L'art rupestre «libyco-berbère» est en quelque sorte le «parent pauvre» de l'art rupestre maghrébin et saharien. Les représentations qui le caractérisent - principalement des scènes de combat ou de chasse impliquant des cavaliers armés d'une lance et d'un bouclier - sont le plus souvent réalisées de manière presque sérielle et modulaire, et par conséquent répétitive. En raison de leurs dimensions réduites ne dépassant pratiquement jamais 30 ou 40 centimètres, elles ne livrent par la force des choses que relativement peu d'informations. Aussi n'ont-elles intéressé qu'un nombre limité de spécialistes et le manque d'études approfondies à leur sujet se fait-il cruellement sentir. Sur le plan esthétique et formel, il est indéniable que ces gravures sont loin de posséder le pouvoir évocateur des « fresques» sahariennes ou la précision quasi-photographique de certaines peintures «bovidiennes ». Il n'en demeure pas moins que ces documents rupestres offrent des indices importants susceptibles de jeter quelque lumière sur une phase cruciale de la protohistoire au Maghreb et au Sahara: le passage d'une période où le système socio-économique agro-pastoral pouvait compter sur des ressources environnementales et écologiques idoines à une période où les changements climatiques entraînant une aridité croissante modifièrent peu à peu l'interaction humaine avec le territoire et ses ressources. Cette mutation est peu connue en ce qui concerne le Maroc, et ses modalités, sa vitesse et ses conséquences nous échappent encore. Il semble cependant évident que de nouveaux rapports sociaux, économiques et culturels virent alors le jour, sous le signe de l'essor du métal et de l'introduction d'un animal précédemment absent des ressources disponibles, le cheval. La lecture attentive de ces documents rupestres s'impose donc, car ils constituent un témoignage de ces nouveaux rapports et une mine d'informations à exploiter, en dépit de leur incomplétude et du fait que les inscriptions de la même période, qui n'ont encore été déchiffrées que très partiellement, ne sont malheureusement d'aucun secours en l'état actuel de la recherche. Restent les diverses composantes de l'iconographie que le chercheur peut analyser en proposant pour chacune d'entre elles, sur la base des éléments archéologiques et historiques disponibles, une reconstruction concernant ses origines et sa diffusion dans la partie la plus occidentale du Maghreb. 9

L'occasion m'en a été fournie par les sites inédits de la région de Tiznit, dont la découverte modifie sensiblement la carte des sites rupestres « libyco-berbères» répertoriés jusque-là. Ils me semblent dignes d'intérêt pour au moins trois raisons. La première est que nous nous trouvons en présence des sites les plus occidentaux à notre connaissance. Ils se trouvent en effet à 4 km seulement à vol d'oiseau de l'océan Atlantique (à une altitude de quelques 220 mètres), ce qui repousse considérablement vers la lisière du continent les bornes du domaine intéressé par les manifestations de la période « libycoberbère» . Le second motif d'intérêt des sites de la région de Tiznit est précisément le fait que les personnages à cheval constituent une variante remarquable de l'image classique du cavalier « libyco-berbère » : ils ne portent en effet que le bouclier au poing et ne sont jamais munis de lance ou de javelot, c'est-à-dire d'armes offensives, ce qui soulève des questions concernant leur identité et les raisons de cette variante. Enfin, le nombre de représentations, 257, parmi lesquelles se distinguent 63 personnages à cheval, permet une analyse statistiquement significative du style, de la technique d'exécution, du degré de conservation, des thèmes identifiables. Ces gravures fournissent ainsi l'occasion d'affronter de façon approfondie la question cruciale de la position chronologique de la phase « libycoberbère» au Maroc, en analysant tour à tour les éléments typiques de l'iconographie, tels les systèmes de harnachement du cheval (selle, bride), les armes (bouclier, lance), la faune, les inscriptions et le style.

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CHAPITRE

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CARACTÈRES GÉOPHYSIQUES DE LA RÉGION DE TIZNIT

LOCALISATION

DES SITES:

LA PLAINE DE TIZNIT

La zone rupestre étudiée dans le présent ouvrage se trouve à proximité de la côte atlantique du Maroc méridional, à 10 km à l'ouest de Tiznit, chef-lieu de province et principale localité de la plaine homonyme. Cette plaine côtière d'une superficie de 1200 km2 est située à une latitude comprise entre 29°30' et 30° Nord. Elle est limitée au nord par l'oued Massa, au sud par le massif des Akhsass (Anti Atlas), à l'est par l'anticlinal du Kerdous (Anti Atlas) et à l'ouest par l'anticlinal du massif d'Ifni (Anti Atlas) et par un cordon dunaire, qui la séparent de l'océan atlantique (El Hebil, 1977). Elle est drainée longitudinalement par l'oued Oudoudou, l'oued Tamdrhoust et par les affluents gauches de l'oued Massa, seul fleuve pérenne de la plaine. La zone rupestre comprend trois stations situées sur l'anticlinal d'Ifni: Lgaada, subdivisée en Lgaada I (58 figures) et Lgaada II (189 figures), Timzdaoun (2 figures) et Boutarigt (8 figures). Au nord, l'anticlinal descend graduellement en se restreignant vers l'embouchure de l'oued Oudoudou, où sa largeur et sa hauteur sont prati11

quement nulles; elles augmentent en revanche progressivement vers le sud, formant un plateau d'une largeur de 3,5 km. Le versant occidental du pIa. teau, plus abrupt, surplombe une étroite plaine côtière, large de 500 à 1000 mètres, qu'encadrent de part et d'autre l'escarpement rocheux et les dunes consolidées. Quant au versant oriental, sa pente plus douce relie le plateau à la plaine de Tiznit située à environ 180 mètres au-dessus du niveau de la mer. La première station, Lgaada, se trouve à une altitude de 220 mètres sur le versant oriental du plateau, d'où l'on bénéficie d'une vue complète sur la vallée. Pour favoriser le transit de véhicules motorisés, un segment d'un ancien sentier muletier conduisant à la plaine a été cimenté en 1992, précisément à l'emplacement de la dalle historiée. Depuis les deux stations de Boutarigt et Timzdaoun, situées sur le plateau même à environ 320 mètres d'altitude, il n'est en revanche pas possible de voir la plaine et les villages proches situés en amont.

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Fig. I - Localisation de la zone rupestre de Tiznit 12

Les environs des trois sites sont habités. Le plateau abrite entre autres une communauté rurale portant le nom de Lgaada et composée de six villages. Le sentier muletier qui descend vers Tiznit fait également partie de ce territoire. C'est pourquoi la plus basse des stations a été désignée sous le nom de Lgaada. Quant aux deux autres, elles tirent leur appellation soit du village qui englobe l'un d'eux (Timzdaoun) soit du village le plus proche (Boutarigt). Quatre des six villages de la communauté sont reliés par un sentier qui se poursuit au-delà du dernier centre habité, descendant en pente raide vers la mer. Les deux autres villages, dont Timzdaoun, bordent une piste parcourant une partie du plateau en direction du sud. Bien que la zone adjacente à la piste ait fait l'objet de prospections exhaustives, la recherche n'a à ce jour entraîné aucune découverte en-dehors des sites ici examinés. La priorité a été accordée aux axes de communication, car le site principal, Lgaada, jouxte précisément l'un d'eux. Les recherches sont cependant limitées par le fait que les dalles historiées affleurent parfois au niveau du sol, au milieu des buissons d'épineux et d'euphorbes typiques de la végétation locale, comme c'est le cas pour la petite dalle de Lgaada 1.

GEOLOGIE

La partie occidentale du plateau est formée de dolomies et de calcaires gris clair, tandis que des calcaires bleu foncé et gris-bleu (Paléozoïque Inférieur) constituent la plupart des roches du plateau et de son versant oriental, dont les dalles historiées. Leur support se présente sous forme de légers affleurements suivant la déclivité de la strate superficielle et offrant à l'occasion de grandes surfaces lisses se prêtant bien à être gravées. Cependant certaines grandes dalles sont entièrement dépourvues de dessins, alors que de petites dalles sont entièrement historiées. La superficie ne représente donc pas un critère suffisant en soi pour orienter la recherche, car on ne saurait négliger les roches de dimensions modestes. La taille des dalles gravées ne fournit aucune indication quant aux critères de choix adoptés par les auteurs des gravures, bien qu'ils semblent accorder une certaine préférence aux petites dalles, comme c'est le cas pour les deux stations de Boutarigt et Timzdaoun et pour le site de Lgaada 1. Le type de roche en question est relativement tendre. Toutes les gravures anciennes sont de même couleur que la surface rocheuse, c'est-à-dire d'une teinte gris clair due à des processus non actuels d'altération biologique, tandis que les gravures plus récentes ou actuelles sont blanchâtres. Cette 13

différence chromatique, conjointement aux superpositions, permet d'établir une chronologie relative. Dans la plaine, le substrat rocheux du Cambrien est recouvert d'un manteau de divers types de sédiments du Quaternaire et du Pliocène.

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Fig. 2 - Carte géologique de la Plaine de Tiznit (Carte Géologique du Maroc 1/100000 Feuille Tiznit, simplifiée) avec localisation des sites.

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CLIMAT
Le climat de la plaine de Tiznit est étroitement lié à sa position géographique: la latitude implique des précipitations rares, tandis que l'influence océanique atténue les températures et occasionne une nébulosité importante. La pluviosité, concentrée entre octobre et avril (El Hebil, 1977), atteint 190 mm par an. Le plateau recueille également des précipitations occultes sous forme de brumes estivales le long du littoral, pour une valeur de 120 mm par an ; ces brumes fréquentes, qui intéressent une bande côtière large de 5 à 10 km, sont le produit du courant froid des Canaries qui baigne le littoral et favorise la condensation des couches inférieures de l'atmosphère (Oliva, 1994). Les températures présentent une amplitude annuelle relativement faible, qui va de 14,1° en janvier (le mois le plus froid) à 24,6° en août (Ie mois le plus chaud). La température minimale est de 8° en janvier et de 19° en août (El Hebil, 1977).

HYDROLOGIE

ET RESSOURCES HYDRIQUES

La plaine de Tiznit était jadis drainée par un dense réseau superficiel de petits cours d'eau désormais asséchés, sauf lors des hivers à forte pluviosité. Ils convergent principalement vers les deux fleuves traversant longitudinalement la plaine, presque toujours à sec eux aussi: l'oued Oudoudou et l'oued Tamdrhoust, qui forment l'un des deux systèmes hydrographiques en présence. Le second, indépendant du premier, est constitué des affluents gauches de l'oued Massa. Le seul qui intéresse de près la zone rupestre est l'oued Oudoudou, au sujet duquel on ne dispose pas de données précises quant à sa portée et son régime, de type torrentiel avec des crues brutales. Son bassin versant caractérisé par une distribution arborescente embrasse le plateau calcaire du massif des Akhsass. Le plateau de Lgaada, où se trouvent deux des trois stations, présente un système hydrographique superficiel comportant de courts torrents intermittents dont le tracé se conforme à la disposition des formations rocheuses. La nappe phréatique, qui suit l'anticlinal d'Ifni à l'ouest de Tiznit, alimente des sources importantes, des khettara et des puits, à usage principalement agricole. C'est en effet le long de cette ligne que se concentrent les principales activités agricoles de la plaine: vergers, palmeraies, oliveraies (Ambroggi R. et al., 1952). Les villages se sont développés soit à l'intérieur de la zone de piémont, contre l'anticlinal d'Ifni, en position légèrement suré15

levée par rapport à la plaine, soit près de l'oued Oudoudou, dont les rives ont été stabilisées par des travaux de renforcement afin de protéger I'habitat et les cultures des risques d'inondation. Les critères d'installation humaine à l'ouest de la plaine semblent répondre à deux types d'exigences: d'une part la nécessité de consacrer tout l'espace utile à l'agriculture en privilégiant les terrains les mieux irrigués, c'est-à-dire bénéficiant non seulement de précipitations mais aussi d'écoulements occasionnels descendant du plateau. Ainsi l'agriculture s'estelle surtout développée à proximité de la bande de piémont. La toponymie berbère reflète d'ailleurs une réalité liée à l'eau et aux sources: Bou'n Aman (aman = eau), el Aouina (les sources). Le second critère a été celui de la sécurité: les villages de piémont dominent en effet la vallée, et la plupart d'entre eux conservent des vestiges de fortifications (tours crénelées, greniers collectifs) qui suggèrent une certaine ancienneté des localités en question.

ZONES BIOCLIMATIQUES

ET VEGETATION

Les plaines de l'Anti Atlas occidental sont caractérisées par un climat saharien à hiver tempéré (Riser, 1988). L'étiquette de «désert », au sens phyto-géographique du terme, ne peut leur être appliquée et une végétation permanente parvient à y pousser, même en-dehors des lits des fleuves, tirant parti de la périodicité presque annuelle des pluies. La végétation de la plaine de Tiznit, de type méditerranéen et aride, est caractérisée par la présence de deux formations se compénétrant : le bois d'arganiers et la steppe d'euphorbes. Le paysage de la zone rupestre de Lgaada correspond parfaitement à ces caractéristiques (Riser, 1988). L'arganier, Argania spinosa, est une plante endémique appartenant à la famille des Sapotacées et poussant à tous les niveaux jusqu'à 1500-1700 mètres, à partir d'une bande côtière comprise entre la région d'Essaouira et celle de Goulimine, respectivement au nord et au sud de Tiznit. On ne trouve pas de restes fossiles de cet arbre dans les parages. L'existence de la famille des Sapotacées étant attestée depuis le Crétacé supérieur, il est par conséquent fort probable que l'arganier ait fait son apparition locale au Tertiaire, envahissant l'ensemble du Maroc. Les froids et les pluies du Quaternaire ont par la suite circonscrit cette plante au sud-ouest du pays, où elle s'est maintenue jusqu'à nos jours (Peltier, 1988). La zone naturelle de l'arganier a pâti d'une action anthropique intense, car tous les éléments de l'arbre peuvent être exploités: le tronc, en tant que combustible,

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