Les historiens de Napoléon

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Chaque année depuis 1964, Jean Tulard a donné à l'Ecole pratique des Hautes Etudes un cycle de conférences différent. Pour sa dernière année, il avait choisi d'évoquer les historiens de Napoléon. C'est l'ensemble de la production historiographique concernant l'Empire qui fut abordée, de la chute de l'Empire au bicentenaire de la naissance de Napoléon. Quatre-vingt portraits sont ici brossés des plus importants historiens qui ont produit l'énorme corpus napoléonien depuis 1821 jusqu'à 1969. Cette publication rend un hommage particulier à celui qui restera comme le pape des études napoléoniennes des années du bicentenaire.
Publié le : vendredi 1 avril 2016
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EAN13 : 9782140006104
Nombre de pages : 196
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devanciers et en même temps de réLéchir sur sa propre conception de
vivant d’un enseignement par ailleurs très érudit. C’est ce qui It
Les historiens de Napoléon 1821-1969 Jean Tulard vus par Jean Tulard
Texte établi par Jean Tabeur
Préface de Jacques-Olivier Boudon
Les historiens de Napoléon
SPM
L’hommede LaboLition de L’escLavage à La convention
Éditions S.P.M.
Les historiens de Napoléon 1821-1969
Illustration de couverture : Albert Dieudonné dans le rôle de Bonaparte lm d’Albel Gance,Napoléon, 1926-1927
Les historiens de Napoléon 1821-1969
vus par Jean Tulard membre de l’Institut
Texte établi par Jean Tabeur d’après les conférences données à l’École pratique des Hautes Études en 2002-2003 par Jean Tulard
Préface de Jacques-Olivier Boudon
Quatre-vingt-huitième volume de la collection Kronos fondée et dirigée par Eric Ledru
SPM 2016
© SPM, 2016 Kronos n° 88 ISSN : 1148-7933 ISBN : 978-2-917232-36-1
Éditions SPM 16, rue des Écoles 75005 Paris Tél. : 06 86 95 37 06 courriel : Lettrage@free.fr - site : spm.harmattan.fr
DIFFUSION – DISTRIBUTION : L’Harmattan 5-7 rue de l’École-Polytechnique 75005 Paris Tél. : 01 40 46 79 20 – télécopie : 01 43 25 82 03 – site : www.harmattan.fr
Préface
Le 20 juin 2003, l’École pratique des Hautes Études était en ébullition. Davantage encore que les autres vendredis, le public était venu très nombreux pour assister, dans la salle Gaston Pâris, à la dernière classe de Jean Tulard. Bien avant quatorze heures, lesdèles disciples du professeur avaient pris place, tant bien que mal, dans cette salle plus habituée à voir les quatre ou cinq auditeurs de la plupart des conférences tenues à l’École que la centaine de passionnés de l’Empire qui s’y pressaient chaque semaine. Ce 20 juin donc, Jean Tulard mettait un pointnal à la série des conférences débutées en ces mêmes lieux trente-huit ans plus tôt, lorsque Michel Fleury avait fait appel à lui pour donner un enseignement sur l’Empire, dans cette École où l’on ne dépassait guère alors la période révolutionnaire. Chaque année, Jean Tulard a donné un cycle de conférences différent, souvent en lien avec les publications qu’il préparait alors – on songe en particulier aux séries sur Paris, les mémoires, la légende, ou la noblesse d’Empire. Pour sa dernière année, il avait choisi d’évoquer les historiens de Napoléon, ce qui était une manière de proposer une synthèse sur ses devanciers et en même temps de rééchir sur sa propre conception de l’histoire et son approche de l’histoire napoléonienne, thèmes sur lesquels Jean Tulard est souvent revenu et qui lui tient à cœur, que ce soit dans les ouvrages historiographiques composés avec Guy Thuillier ou dans les livres à caractère autobiographique, comme l’échange avec Régine Pernoud, publié sous le titreJeanne d’Arc et Napoléon, comme encore celui écrit avec la collaboration de Jean-Pierre Deschodt,le Temps des passions, ou plus récemment le livre d’entretiens avec Yves Bruley,Détective de l’histoire. On pourrait ranger aussi dans cette catégorie leDictionnaire amoureux de Napoléonqui contient nombre de condences sur le rapport entretenu par son auteur à l’histoire napoléonienne. En 2002-2003, c’est l’ensemble de la production historiographique concernant l’Empire qui fut abordée, de la chute de l’Empire au bicentenaire de la naissance de Napoléon. Parmi les nombreux auditeurs présents, Jean Tabeur tenait la plume et prenait note, avec précision, des propos prononcés par le maître. Treize ans plus tard, comme il l’avait fait précédemment pour
les conférences sur la Province, il peut ainsi contribuer à faire revivre les cours du professeur Tulard. Il y manque bien sûr les questions posées et les échanges avec le public, mais à lire la retranscription des conférences prononcées, on entend parfaitement la voix du maître et l’on mesure le caractère extrêmement vivant d’un enseignement par ailleurs extrêmement érudit. C’est ce quit la force des cours donnés hier par Jean Tulard, comme encore des conférences prononcées aujourd’hui. Sa capacité à faire vivre l’histoire napoléonienne a marqué des générations d’étudiants et d’auditeurs de tous âges qui en conservent encore un souvenir prégnant. Ce 20 juin, jour de la dernière classe, Jean Tulard avait évoqué le tournant de 1969 et la manière dont l’histoire napoléonienne avait évolué depuis, rendant un particulier hommage à Michel Fleury. Puis le maître m’avait passé la parole, en ma qualité de « successeur ». J’avais en effet succédé à Jean Tulard, en 1999, à la présidence de l’Institut Napoléon, et je venais d’être élu sur la chaire qu’il laissait vacante à la Sorbonne, consacrée à l’histoire de la Révolution et de l’Empire. Seule l’École pratique se refusait à prolonger l’expérience d’un enseignement spécique dédié à l’Empire. J’avais eu l’honneur, d’achever le cycle des conférences en proposant une réexion sur « Jean Tulard, historien de Napoléon », publiée l’année suivante. Treize ans plus tard, l’exercice serait complètement à reprendre, tant l’œuvre de Jean Tulard s’est enrichie, alors même qu’il continuait, auprès du grand public, comme à travers les médias, à faire mieux connaître l’histoire de la période napoléonienne. C’est peu dire que la « dernière classe » ne mettait pas un terme à une œuvre déjà imposante. La retraite aura permis à Jean Tulard de revenir sur certains de ses sujets de prédilection, les Thermidoriens, Talleyrand, l’administration de la France, mais aussi de consacrer une partie de ses recherches à des thèmes variés, le roman policier, les Pieds Nickelés, le cinéma bien sûr, sans parler d’Alexandre Dumas pour lequel il nourrit une passion particulière. En publiant ce recueil sur les historiens de Napoléon, Jean Tabeur et Éric Ledru rendent un hommage particulier à celui qui restera comme le pape des études napoléoniennes des années du bicentenaire.
Jacques-Olivier Boudon Président de l’Institut Napoléon
Introduction
Napoléon a inspiré plus de livres qu’il ne s’est écoulé de jours depuis sa mort. Cette ination, quatre-vingt mille livres environ, n’est pas un phénomène strictement national ni même européen. Il atteint l’Asie : dès 1837, Ozeki San’ei écrit en chinois une biographie de Napoléon. Selon Louis Villat, la première biographie complète de l’Empereur date-rait de 1821, année même de sa mort :Napoléon, sa naissance, son éducation, sa carrière militaire, son gouvernement, sa chute, son exil et sa mort, par M. C. Mais déjà la bibliographie napoléonienne était imposante, partagée entre le pamphlet et l’éloge ofciel. Arnault entreprend en 1822 uneVie politique et militaire de Napoléon. Laurent de l’Ardèche en 1826, Norvins en 1827, Jomini et Thibaudeau la même année et Walter Scott, enn, s’empressent de l’imiter. Quand le 7 juillet 1821, leJournal des débatsinforme ses lecteurs du décès de Napoléon, Talleyrand commenta laconiquement cette annonce : « Ce n’est plus un événement, c’est une nouvelle ». Il se trompait, car lan solitaire de l’Empereur, sur cet îlot de l’Atlantique, réveillait son souvenir après un oubli de six ans. En fait, tout commence et tout s’achève en 1823 avecLe Mémorial de Sainte-Hélène. Écrit par Emmanuel de Las Cases, l’un des quatre évan-gélistes avec Gourgaud, Bertrand et Montholon, leMémorial reste la bible de l’Histoire napoléonienne et de l’Empire. Mais il ne s’agit pas desMémoiresde Napoléon. LeMémorialest consacré à son histoire établie sur trois plans : 1°) Histoire de la captivité. 2°) Histoire de Napoléon racontée par lui-même à Las Cases. 3°) Pourquoi est-il à Sainte-Hélène ? Analyse des causes qui préparent l’avenir et l’avènement de Napoléon III. C’est à Las Cases qu’allait appartenir le soin de livrer au monde l’ultime image de l’Empereur, prisonnier des Anglais à Sainte-Hélène et d’offrir le premier panorama de sa vie. C’est par lui qu’on commencé les conférences que l’on va lire. On trouvera ici les notes prises lors de celles-ci et non un texte élaboré par l’auteur.
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