Les libres de couleur en Martinique (Tome 3)

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La confrontation entre la théorie et la pratique quotidienne des actes relevant des curés, officiers d'état civil et notaires, a démontré comment la ségrégation perdure à cause du maintien de l'esclavage en Martinique entre septembre 1802 et les années 1815-1822. Aucune remise en cause de l'ordre social ne pouvant être admise dans la société coloniale, les libres de couleur sont demeurés dans un entre-deux discriminatoire et ségrégatif.
Publié le : dimanche 1 juillet 2012
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EAN13 : 9782296498792
Nombre de pages : 234
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© LHarmattan, 2012 5-7, rue de lÉcole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-96559-1 EAN : 9782296965591
LES LIBRES DE COULEUR EN MARTINIQUE
Tome 3
Historiques Dirigée par Bruno Péquignot et Denis Rolland
La collection « Historiques » a pour vocation de présenter les recherches les plus récentes en sciences historiques. La collection est ouverte à la diversité des thèmes d'étude et des périodes historiques. Elle comprend trois séries : la première sintitulant « travaux » est ouverte aux études respectant une démarche scientifique (laccent est particulièrement mis sur la recherche universitaire) tandis que la deuxième intitulée « sources » a pour objectif déditer des témoignages de contemporains relatifs à des événements dampleur historique ou de publier tout texte dont la diffusion enrichira le corpus documentaire de lhistorien ; enfin, la troisième, « essais », accueille des textes ayant une forte dimension historique sans pour autant relever dune démarche académique.
Série Travaux Jean-Marc SERME, Andrew Jackson, lhomme privé. Émotions et sentiments dun homme de lOuest , 1767-1845, 2012. Gilles GÉRARD, Famiy Maron ou la famille esclave à Bourbon (île de la Réunion) , 2012. Bernard CAILLOT, LAngleterre face aux Bourbons dans la Guerre dIndépendance Américaine. Paradoxe dans lEurope des Lumières , 2012. Alain COHEN, Le Comité des Inspecteurs de la salle , 2011. Franck LAFAGE, Le théâtre de la Mort , 2011. Clément LEIBOVITZ, Lentente Chamberlain-Hitler , 2011. Peter HOSKINS, Dans les pas du Prince Noir. Le chemin vers Poitiers 1355-1356, 2011. Janine OLMI, Longwy 1979, Pour que demeure la vie , 2011. Fabrice MOUTHON, Lhomme et la montagne, 2011. Fernando MONROY-AVELLA, Le timbre-poste espagnol et la représentation du territoire , 2011. François VALÉRIAN, Un prêtre anglais contre Henri IV, archéologie dune haine religieuse, 2011. Manuel DURAND-BARTHEZ, De Sedan à Sarajevo. 1870-1914 : mésalliances cordiales , 2011. Pascal MEYER, Hippocrate et le sacré , 2011. Sébastien EVRARD, Les campagnes du général Lecourbe, 1794-1799 , 2011. Jean-Pierre HIRSCH, Combats pour lécole laïque en Alsace-Moselle entre 1815 et 1939 , 2011.
Abel A. Louis
LES LIBRES DE COULEUR EN MARTINIQUE
Tome 3
De septembre 1802 aux débuts de la Restauration
LHarmattan
DU MÊME AUTEUR
Les libres de couleur en Martinique. Tome 1 : Des origines à la veille de la Révolution française. (1635-1788) , Paris, LHarmattan, 2012, 383 p. Les libres de couleur en Martinique. Tome 2 : Quand Révolution et retour à « lAncien Régime » riment avec ségrégation. (1789-1802), Paris, LHarmattan, 2012, 239 p.
AVERTISSEMENT
  Les unités de mesure que nous avons eu à utiliser sont au XVIII e siècle et au début du XIX e siècle en Martinique le pied (0,324 mètre) et le carré de cent pas de côté qui équivaut à 1,29 hectare (ha). Les prix sont indiqués en livres coloniales sauf indication contraire. La livre coloniale est une monnaie de compte, une livre coloniale (l. ou £) vaut environ 0,66 livre tournois (monnaie de France), puis, 0,55 franc. Les autres pièces de monnaie utilisées ou mentionnées sont parfois la gourde (9 l.) et la moëde (portugaise) valant 66 livres coloniales. Nous avons conservé en général lorthographe des documents or iginaux (ou copies de lépoque)  grâce à lemploi de (sic) ou [sic] en fin de citation. Cependant, lorsque la compréhension du texte ne nous paraissait pas suffisamment bonne, nous avons fait le choix de corriger la grammaire et la ponctuation en précisant ainsi nos apports entre deux crochets. Nous avons choisi aussi de mentionner directement dans le corps du texte en langue anglaise nos citations tirées de documents darchives anglo phones et celles provenant dhistoriens de cette origine avec la traduction française reproduite généralement en note de bas de page. La graphie des patronymes étant très variable, nous avons utilisé la forme la plus répandue, en spécifiant, les autres orthographes possibles suivant les cas. Nous avons respecté le nom des lieux de lépoque en donnant simplement entre parenthèses ou en note de bas de page leur nom actuel. Enfin, nous avons utilisé une carte des archives départementales de la Martinique comme fond de carte (côte 1 Fi 427) pour y intégrer des données statistiques réalisées grâce aux chiffres fournis par Félix Renouard, marquis de Sainte-Croix, en 1820, dans son ouvrage intitulé, Statistique de la Martinique (cf. carte 1). Elle fut donc en cela modifiée.               
 
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Introduction  
 Entre le 14 septembre 1802 et juin 1815-août 1816 lensemble de la population martiniquaise vit un incroyable aller-retour entre Français et Anglais durant lequel lîle est rendue, reconquise, puis, à nouveau remise a ux représentants de Louis XVIII avec une cohabitation de ladministration française et de larmée anglaise durant les premiers instants de la seconde Restauration.  Deux questions se posent donc au vu de cette conjoncture militaire et politique en Martinique. La politique consulaire et impériale en Martinique (septembre 1802-février 1809) et celle des administrateurs anglais lors de la troisième occupation (février 1809-décembre 1814)  qui ont suivi  ont-elles infléchi la condition des libres de couleur de cette île ? De même, le retour des Bourbons en 1814-1815 a-t-il été préjudiciable aux droits des libres de couleur comme avant 1789 ? Les libres de couleur sont-ils restés, en conséquence, de simples spectateurs des changements institutionnels, juridiques et politiques qui ont eu lieu dans la colonie ? Le processus politique et juridique qui a cours entre le 14 septembre 1802 et le début de la Restauration en Martinique est donc particulièrement à suivre par lentremise de lindividu libre de couleur et/ou de son groupe sans occulter pour autant les organigrammes administratifs qui se succèdent au gré de la conjoncture locale, métropolitaine et internationale et qui insufflent la politique coloniale dans lîle. Lobjectif nen demeure pas moins de retracer la conduite, ou encore, les comportements du groupe libre de couleur par rapport à la place qui leur est accordée dans la société. Lhomme libre de couleur  en Martinique est un être ambivalent, équivoque dans ses choix, mais son réquisitoire pourtant clair  légalité avec les b lancs demeure soumis à condition à cause des forces sociopolitiques blanches en présence au sein de la société esclavagiste. Ici, nous ne distinguons pas dans létude de la condition juridique et sociale des libres de couleur basée notamment sur lanalyse des mariages des libres de couleur, la politique générale des administrateurs à légard des affranchissements  puisque ces deux aspects sont liés inexorablement par les détenteurs du pouvoir local et que le second participe à laugmentation du groupe.  Le retour de lîle dans le giron français sous le Consulat met en exergue toujours la réinsertion de lAncien Régime colonial au niveau  des institutions sous des intitulés parfois nouveaux. Loriginalité de la Martinique réside dans le fait quelle sinscrit dans la continuité de loccupation britannique précédente (mars 1794-septembre 1802). Elle saccompagne donc dune volonté affirmée des nouvelles autorités de renforcer le système esclavagiste et son corollaire (la ségrégation) en dépit de quelques concessions. La reprise de la Martinique par les Anglais en février 1809 namène aucun changement notable dans le s institutions et dans lo rdre socio-racial. Cependant, des avancées concernant le
 
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groupe des libres de couleur sont constatées au plan socioprofessionnel et au niveau des affranchissements. Le recours aux révoltes semble être la seule opportunité pour certains libres de couleur et une partie des esclaves de déstabiliser lordre établi. La passation de pouvoir entre Anglais et Français ne change pas léquation en Martinique. La réaffirmation du système esclavagiste se traduit par la volonté de conforter lAncien R égime colonial au niveau de ladministration et des institutions. La perpétuation de la ségrégation à lencontre du groupe libre de couleur est lautre volet du re tour des Bourbons en Martinique ce qui nempêche pas cette population de continuer sa progr ession numérique en supplantant celle des blancs (chapitre I). Les minutes des notaires confirment la théorie (le droit colonial), à savoir, la ségrégation juridique à lencontre des clients libres de couleur ; mais aussi, lessor économique du groupe grâce à la pratique de pr ofessions plus diversifiées dont le panel sest considérablement élargi en dépit dinterdits toujours dactualité et  lélévation de so n niveau de richesse (chapitre II).                             
 
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