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Les méthodes coloniales au Congo-Brazzaville de 1886 à 1958

De
252 pages
Ce livre analyse le lien séculaire qui a existé entre les peuples africains colonisés et l'Occident tutélaire. Il revient sur l'essentiel de l'histoire du Congo-Brazzaville, ses enjeux et les impacts qu'elle a laissés dans la mémoire collective. Aussi dégage-t-il, en même temps que les différentes formes de domination, les mécanismes de gestion administrative, économique et politique dans ce pays jusqu'en 1958. Voici une contribution à la connaissance de l'histoire de la présence française au Congo et en Afrique centrale.
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Les méthodes coloniales Etudes
au Congo-Brazzaville de 1886 à 1958 africaines
Série Histoire
Analyse socio-économique et devoir de mémoire
Ce livre analyse le lien séculaire qui a existé entre les peuples
africains colonisés et l’Occident tutélaire. Il revient sur l’essentiel André Engambé
de l’histoire du Congo-Brazzaville, ses enjeux et les impacts qu’elle
a laissés dans la mémoire collective. Aussi dégage-t-il, en même
temps que les différentes formes de domination, les mécanismes
de gestion administrative, économique et politique dans ce pays
jusqu’en 1958.
L’étude concerne à la fois l’origine et l’évolution d’une période Les méthodes coloniales
parfois trouble, jonchée de moult péripéties, tout en manifestant son
intérêt pour la compréhension évidente d’une hypothétique mise au Congo-Brazzaville de 1886 à 1958
en valeur de la colonie. Ce document apporte donc des éléments
d’appréciation sur l’héritage des méthodes coloniales au
MoyenAnalyse socio-économique et devoir de mémoireCongo.
Ainsi, l’auteur propose une contribution à la connaissance de
l’histoire de la présence française au Congo et en Afrique centrale,
le pays n’ayant jamais vécu de façon singulière.
André ENGAMBÉ est docteur en histoire contemporaine
et s’intéresse particulièrement au passé colonial de
son pays, le Congo-Brazzaville. Il est également l’auteur
de Impôt colonial et résistance des populations du
Congo : Les cas des pays téké, mbosi et des peuples

(1879-1930), paru
aux éditions L’Harmattan en 2013.
Etudes africaines
Série Histoire
Photographie de couverture de l’auteur (2008) : L’école primaire Benjamin Pambou d’Abala
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de poser les jalons d’une administration territoriale, centrée autour de la sous-préfecture, des
services de police, de santé et de bien d’autres. C’est l’école type qui a fédéré des milliers de
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dont un grand nombre exerce encore à divers niveaux de la vie institutionnelle du Congo.
ISBN : 978-2-343-07248-7
25 €

Les méthodes coloniales au Congo-Brazzaville de 1886 à 1958
André Engambé
Analyse socio-économique et devoir de mémoire













Les méthodes coloniales
au Congo-Brazzaville
de 1886 à 1958
Collection « Études africaines »
dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études
africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui
ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries
thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc.

Dernières parutions
Yves Gatien GOLO, La réforme du secteur de la sécurité en République
centrafricaine, 2016.
Germain KUNA MABA MAMBUKU, Le Kongo Centra face à la crise de
leadership Essai sur la lutte politique de Bundu dia kongo et des pseudos leaders
NéKongo, 2016
Abdoulaye TAMBOURA, Le conflit touareg et ses enjeux géopolitiques au Mali,
Géopolitique d’une rébellion armée, 2016.
Didier N’KUPA Ntikala E-Benya, Le Congo-Kinshasa, une République
démocratique ?, 2016.
Éric NGANGO YOUMBI, La justice constitutionnelle au Bénin, Logiques
politique et sociale, 2016.
LENDJA NGNEMZUE Ange Bergson, Les Babitchoua. Parenté, chefferie et
résistance aux Allemands dans le sud-est bamiléké, 2016.
BELEBENIE Pierre, Les transformations de la fiscalité locale au Cameroun, 2016.
MAKENGO NKUTU Alphonse, La théorie générale du droit constitutionnel et les
institutions politiques, sous la Première, Deuxième et Troisième République de la
République démocratique du Congo, 2016.
EBALÉ Raymond, Les Accords de Partenariat Economique entre l’Union
Européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), 2016.
MINKALA NTADI Pierre, La tutelle politique dans la production de l’information
de presse en Afrique francophone, Le cas du Congo-Brazzaville, 2016.
ASSOUMAN Kouadio Amos, Le rôle des préfets et sous-préfets de Côte d’Ivoire,
Gestion et prévention efficaces des conflits communautaires dans un contexte de sortie de
crise, 2016.
BARRY Mamadou, YAYA Hachimi Sanni, DOUMBOUYA Mohamed
Lamine, Les trop dits et les non-dits de l’aide au développement en Afrique. Nouvelles
perspectives sur la dispersion et l’absence de coordination des bailleurs, 2016.
MABANZA N’SEMY Aubin, Les marques en Afrique francophone. Approches
comparatives et critique de la protection à l’OAPI et en R.D Congo, 2016.
André ENGAMBÉ




Les méthodes coloniales
au Congo-Brazzaville
de 1886 à 1958
Analyse socio-économique et devoir de mémoire






















































© L’Harmattan, 2016
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-07248-7
EAN : 9782343072487
Repères historiques du Congo-Brazzaville
1
des origines à 1960
Leur pertinence nous aide non seulement à présenter de façon schématique un
certain passé, mais à élucider les contours d’une histoire vécue dont nous
sommes heureusement et fièrement les héritiers. En raison de leur importance,
nous pouvons les classer en trois catégories : la première concerne la période
précoloniale nécessaire à l’étude du pays ; la seconde, l’histoire moderne du
Congo très riche ; et la troisième, la naissance des partis politiques :
I. La période précoloniale
1482 : Diego CÂO navigateur portugais, accoste au port de Mpinda, à Soyo
(sur les côtes congolaises de l’Océan atlantique). A la recherche du mystérieux
royaume du prêtre Jean, c’est finalement le royaume Kongo qu’il découvre.

1 Connaître le passé est essentiel pour apprécier les capacités qu’à un pays d’améliorer son présent
et son avenir. Cela demeure valable pour un continent, surtout lorsque ses valeurs ont été mises au
contact de bien d’autres, depuis des lustres. En effet, si la pénétration de l’Afrique noire n’a été
effectuée qu’à une date relativement récente, la reconnaissance de ses côtes au cours de périples
maritimes est beaucoup plus ancienne. Pour ce qui est du Congo, l’éclairage de toute la partie
lointaine de son histoire s’avère indispensable ; l’objectif étant de comprendre la nature même de
celle-ci, d’autant plus qu’elle a souvent été présentée comme une émanation directe de la
colonisation française. L’histoire de ce pays remonte alors aux périodes assez troubles marquées à
la fois par le commerce honteux des Noirs et l’arrivée des Européens en terre africaine. Le contexte
est alors à la reconnaissance des côtes, chose indispensable en ces temps de navigation planétaire
dite Circumnavigation, dont la palme revient incontestablement au Portugal. Toutefois, nonobstant
le caractère un peu particulier de l’Afrique, le Congo existe déjà, et avec lui, tout son aspect
physique que nous connaissons aujourd’hui. L’Occident antique et médiéval n’est qu’à ses débuts
scientifiques ; les continents s’ignorant encore les uns les autres, donnant l’impression de n’être
qu’un ensemble de reliefs concentrés formant un seul bloc. L’Afrique demeure l’objet d’un rêve
futur de ceux qui aspirent à devenir les maîtres du monde. D’ailleurs, l’influence européenne est
encore nulle. Mais progressivement, la vie africaine autonome au départ prend conscience de ce
nouveau facteur à savoir, l’arrivée et la présence des étrangers sur son sol et doit en tenir compte.
La future puissance colonisatrice prend alors pied au Congo. Le rôle de ces repères est de montrer
d’où vient le Congo, ses dimensions politiques, juridiques, religieuses et socio-culturelles. Les
années et les noms déclinés ici révèlent les événements ayant marqué la vie du pays à un moment
donné de son histoire.
1492 : Christophe COLOMB qui vient de faire la découverte de l’Amérique
en 1492, donne l’occasion à la traite des esclaves de s’installer au Kongo.
1518 : Début des départs massifs des pièces d’Inde (esclaves) du royaume
Kongo vers l’Amérique à bord des bateaux négriers.
1583 : Dissensions au sein des royaumes vassaux. Le royaume de Makoko se
détache de son tuteur Kongo suite à l’anarchie qui y règne.
1587 : Le royaume Loango, d’essence vili, suit l’exemple téké et devient
indépendant.
II. L’histoire moderne
1880 : P. S. de Brazza arrive à Mbé après un voyage à Franceville. Le 10
septembre, en présence des chefs locaux, il signe avec le Makoko Ilo Ier le
célèbre traité dit de Mbé. La « cession » fait du royaume un territoire français.
1880 (le 3 octobre) : De Brazza arrive à N’Cuna (Mfoa) à l’actuel
emplacement de l’Hôtel de ville et prend possession des lieux en vertu des
accords signés avec le Makoko. Fondation de Brazzaville.
1883 (le 20 septembre) : Fondation par Mgr Augouard de la première
mission catholique de Linzolo, dans la partie sud de Brazzaville. L’affront
reçu des Batéké à l’entrée de la ville explique cette installation inopinée.
1884 : De Brazza fait construire par Deschavannes, la première case de la
ville éponyme.
1884 (le 11 juin) : Brazza qui s’assure les offices du Parlement français dès
1882 à Paris, remet officiellement le traité de Mbé au Makoko. La
cérémonie est rehaussée de la présence de près d’une cinquantaine
d’Européens commis pour la circonstance. On note qu’aucun chef téké ne
prend part à la ratification du document ; situation similaire à celles vécues
à Berlin (1884-1885) et Brazzaville (1944) où les Africains ont laissé leur
destin entre les mains d’Européens avides d’intérêts.
1886 (le 27 avril) : Le Congo est détaché du groupe des établissements
français du golfe de Guinée. Un nouveau gouvernement est créé et placé
sous la haute autorité de S. de Brazza.
1891 (le 30 avril) : L’ensemble des territoires français d’Afrique centrale
prend le nom de Congo français. Brazzaville en devient, en 1904, la capitale
après Libreville. Emile Gentil, alors gouverneur général, s’occupe du
transfert de pouvoirs.
1901 : Erection du Palais du gouverneur qui devient par la suite le Palais
du peuple. Commissaires généraux et gouverneurs y ont vécu le temps de
leurs mandats, tout comme plus tard les présidents Youlou et Lissouba.
8 1908 (le 26 juin) : Le Commissariat général du Congo français est érigé en
gouvernement général. Il ne reste plus qu’un pas à faire pour donner au
territoire le nouveau visage qui va être le sien. Et c’est le décret du 15 janvier
1910, qui attribue au groupe (formé du Moyen-Congo, du Gabon, de
l’Oubangui-Chari et du Tchad), le nom d’Afrique équatoriale française
(A.E.F.). Brazzaville devient la capitale de l’A.E.F., Pointe-Noire celle du
Moyen-Congo.
1911 (le 5 octobre) : Par arrêté du gouverneur général Martial Merlin,
Brazzaville est érigée en commune. L’inauguration de la première mairie de
la ville intervient le 15 octobre 1912.
1911 : Construction de l’Hôpital général de Brazzaville dont l’emplacement
se situe à mi-chemin entre le quartier Bacongo et le centre-ville (actuel
Ministre de la Santé).
1919 : Modification des limites du Gabon et du Congo. Le Moyen-Congo
reprend alors ses limites ouest formant l’actuel territoire de la République
du Congo-Brazzaville.
1921 (le 6 janvier) : Lancement à Brazzaville (par madame Augagneur), des
travaux de la future ligne de Chemin de Fer Congo-Océan (C.F.C.O.),
reliant l’hinterland à la mer sur 515 kilomètres.
1922 (le 11 mai) : Création officielle de la ville de Pointe-Noire (Punta
Negra) par décret du gouverneur général de l’A.E.F.
1934 (le 10 juillet) : Inauguration officielle à Pointe-Noire, par le
gouverneur général Antonetti, du C.F.C.O.
1940 (le 18 juin) : De Gaulle appelle depuis Londres à faire échec aux
envahisseurs Allemands qui occupent la France. Le célèbre Appel dit du 18
juin a pour but de rallier la « France Libre ». En Afrique centrale, les
territoires du Congo, du Tchad, de l’Oubangui-Chari et du Gabon se rallient
à la France, grâce entre autres aux efforts de Félix Eboué nommé
gouverneur général en novembre de la même année.
1943 (le 18 juin) : Inauguration, par F. Eboué, de Radio-Brazzaville.
1944 (30 janvier-8 février) : Tenue de la Conférence dite de Brazzaville. Le
cadre indiqué reste la salle du Centre de Formation et de Recherche d’Arts
Dramatiques (C.F.R.A.D.), anciennement salle de l’ex Alliance Française.
Les travaux se tiennent sous l’égide du général de Gaulle et regroupent les
délégués des colonies françaises d’A.E.F., d’A.O.F. et de Madagascar.
9 III. La naissance des partis politiques
1945 (le 21 octobre) : Election de Tchicaya (J.F.) comme député du
MoyenCongo à l’Assemblée constituante française. La vie politique congolaise
s’accélère.
1946 (le 16 octobre) : Naissance de deux grands partis politiques rivaux : le
P.P.C. (Parti Progressiste Congolais) de Tchicaya et le M.S.A (Mouvement
Socialiste Africain) de J. Opangault. Le premier est installé à Pointe-Noire,
le second à Brazzaville.
1950 : Pointe-Noire, capitale administrative du Moyen-Congo et siège de la
nouvelle Assemblée territoriale.
1956 (le 23 juin) : Création d’un nouveau parti à Brazzaville : l’U.D.D.I.A.
(Union Démocratique pour la Défense des Intérêts Africains) de L’abbé F.
Youlou. Il s’agit d’une troisième force politique. Promulgation de la
loicadre dite loi Gaston Deffere qui reconnaît une autonomie partielle aux
Etats Africains et Madagascar.
1956 (le 23 novembre) : Election de trois maires : Youlou à Brazzaville,
Tchitchelle à Pointe-Noire et Ngoura à Dolisie.
1958 (le 24 août) : Discours mémorable de De Gaulle au Stade Eboué à
Brazzaville. Au cours de celui-ci, il lâche que « quiconque voudrait
l’indépendance l’aura aussitôt. La France ne s’y opposera pas ». Au
référendum du 28 septembre de la même année, Sékou Touré et la Guinée
qui votent non provoque l’ire de la France. Le pays va ainsi subir, plus tard,
la loi du Talion qui lui coûtera très cher.
1958 (le 28 novembre) : A la suite d’un vote au suffrage universel organisé
à Pointe-Noire, la République du Congo est proclamée. Youlou devient
Premier ministre et la capitale est transférée de Pointe-Noire à Brazzaville.
1959 (du 17 au 19 février) : Brazzaville vit au rythme des émeutes tribales.
Le bilan est lourd : plusieurs morts et blessés.
1959 (le 5 novembre) : Inauguration par Tchitchelle, Vice-Président du
Conseil des Ministres (en lieu et place du Premier ministre), du Centre
d’Etude Supérieure de Brazzaville (C.E.S.B.). Sont présents : les
représentants de la France, du Gabon, de l’Oubangui-Chari et du Tchad. Le
Centre devient plus tard l’Université Marien Ngouabi (1977).
1959 (le 21 novembre) : Youlou devient Président de la République, chef du
gouvernement. Mais demeure Maire de Brazzaville.
1960 (le 15 août) : Accession du Congo à la souveraineté nationale et
internationale.
10 Liste des dirigeants de l’Afrique Équatoriale française
2
de 1886 à 1960
1. Pierre SAVORGNAN de BRAZZA : Commissaire Général du
CongoFrançais (27 avril 1886-28 septembre 1897).
2. Henri Félix de LAMOTHE : Commissaire Général (28 septembre
189728 avril 1900).
3. Jean-Baptiste PHILÉMON LEMAIRE : Commissaire Général du 28 avril
1900 à décembre 1900 (acting).
4. Louis Albert GRODET : Commissaire Général (décembre 1900-21
janvier 1904).
5. Emile GENTIL : Commissaire Général du 21 janvier 1904 au 28 juin
1908 (acting).
6. Martial Henri MERLIN : Gouverneur Général (28 juin 1908-15 mai 1917).
7. Gabriel Louis ANGOULVANT : Gouverneur Général (15 mai 1917-16
mai 1920).
8. Maurice Pierre LAPALUD : Gouverneur Général (du 16 mai 1920 au 5
septembre 1920).
9. Jean Victor AUGAGNEUR : Gouverneur Général (5 septembre 1920-21
août 1923).
10. Robert Paul Marie de GUISE : Gouverneur Général du 21 août 1923 au
8 juillet 1924 (acting).
11. Matteo-Mathieu-Maurice ALFASSA : Gouverneur Général du 8 juillet
1924 au 16 octobre 1924 (acting).

2 A la base de cette administration qui prend corps dès 1886, se trouve un homme : P.S. de
Brazza. C’est bien lui qui, le premier, aborde le Congo, l’explore et rend compte de son
importance aux autorités françaises. Fruit de l’Administration directe, le pouvoir qui se met en
place obéit à une préséance variant selon les prérogatives confiées aux représentants de la
France, au sein de chaque colonie. Ainsi, la liste que nous proposons montre que jusqu’en
1908, le titre en vigueur est celui de Commissaire Général ; puis arrive celui de Gouverneur
Général de 1908 à 1957. Il redevient Commissaire et Haut-Commissaire jusqu’à
l’indépendance en 1960. L’ordre alphabétique n’est pas respecté. Le terme acting employé ici
signifie intérimaire. Au total, l’A.E.F. a connu 5 Commissaires Généraux dont deux par
intérim, 23 Gouverneurs Généraux (10 par intérim), 2 Commissaires et 1 Haut-Commissaire.
12. Raphaël ANTONETTI : Gouverneur Général (16 octobre 1924-17
novembre 1934).
13. Georges Edouard Alexandre RENARD : Gouverneur Général (17
novembre 1934-15 mars 1935).
14. Marcel Alix Jean MARCHESSOU : Gouverneur Général du 20 mars
1935 au 5 avril 1936 (acting).
15. Dieudonné RESTE : Gouverneur Général (5 avril 1936-21 avril 1939).
16. Léon SOLOMIAC : Gouverneur Général du 21 avril 1939 au 3
septembre 1939 (acting).
17. Pierre François BOISSON : Gouverneur Général (3 septembre 1939-28
août 1940).
18. Louis HUSSON : Gouverneur Général du 17 juillet 1940 au 28 août
1940 (acting).Pour Boisson.
19. Edgard de LARMINAT : Gouverneur Général du 28 août 1940 au 11
août 1941 (acting).
20. Adolphe Félix Sylvestre EBOUÉ : Gouverneur Général (11 août
194115 février 1944).
21. Ange Marie Charles André BAYARDELLE : Gouverneur Général du 15
février 1944 au 2 octobre 1944 (acting).
22. Ange Marie Charles André BAYARDELLE : Gouverneur Général (2
octobre 1944-3 août 1946).
23. Jean Louis Marie André SOUCADAUX : Gouverneur Général du 3 août
1946 au 5 juin 1947 (acting). Premier Mandat.
24. Laurent Elisée PÉCHOUX : Gouverneur Général du 5 juin 1947 au 5
juillet 1947 (acting).
25. Charles LUIZET : Gouverneur Général (5 juillet 1947-17 septembre 1947).
26. Jean Louis Marie André SOUCADAUX : Gouverneur Général (15
novembre 1947-26 mars 1948). Second Mandat.
27. Bernard CORNUT-GENTILLE : Gouverneur Général (26 mars 1948-21
septembre 1951).
28. Paul Louis Gabriel CHAUVET : (21 septembre 1951-4 avril 1957).
29. Paul Louis Gabriel CHAUVET : Commissaire (4 avril 1957-29 janvier
1958).
30. Pierre MESSMER : Commissaire (29 janvier 1958-15 juillet 1958).
31. Yvon BOURGES : Haut-Commissaire (15 juillet 1958-15 août 1960).
12 AVANT-PROPOS
Cet ouvrage fait une analyse approfondie et objective du lien séculaire
qui a existé entre les peuples africains colonisés et l’Occident tutélaire. Il
part d’une approche fondée sur une relation entre deux mondes bien
différents, mais proches par l’histoire, et dont le contact a souvent été
marqué par des frictions fort évidentes. Nombre de spécialistes ont, par le
passé, assimilé ce rapport à un manque de culture appropriée des colonisés,
ceux-là mêmes qui ont pourtant collaboré à tisser pendant longtemps une
relation on ne peut plus hospitalière. De ce fait, notre regard se base sur
l’origine et l’évolution très contrastées d’une période parfois trouble,
jonchée de moult péripéties, et de ses conséquences sur le devenir des Etats
dont le Congo-Brazzaville, autonome en 1958 et indépendant en août 1960.
La domination qui reste le sous-bassement de ce mouvement « jamais
inverse », de l’Europe vers l’Afrique (dans la seconde moitié du XIXe
siècle), ne peut être vue comme un fait de hasard, un accident d’époque,
encore moins comme le vœu manifeste des peuples soumis eux-mêmes. Elle
s’interprète au contraire, comme le désir bien ardent des grandes puissances
occidentales de vouloir absolument percer le mythe de l’intérieur du
continent noir. Dans cet amalgame de faits et gestes, la première option est
de faire une découverte en vue de connaître ce monde oublié, ses
innombrables richesses et en dresser, à long terme, des cartes bien précises.
Le principe de « civilisation » des peuples et ses avantages, l’option
assimilationniste visant à faire de ceux-ci des évolués, sont souvent apparus,
aux yeux des observateurs, comme étant un prétexte, une dissimulation de
véritables ambitions stratégiques. L’histoire de l’humanité a toujours été
dominée par deux faits majeurs : la traite des Noirs (fait unique tant déploré
voir banni à jamais) et la colonisation, très contestée, mais dont la longue
évolution a débouché sur l’indépendance des Etats africains.
De nos jours, ce tableau explique le poids incontesté de ce passé mitigé,
le discernement des positions des uns et des autres, le devoir de mémoire
auquel nous sommes tous appelés à observer. Justement au sujet de cette
histoire, nombreux sont ceux qui en donnent une explication erronée des
faits, leur octroyant un tableau volontariste qui culpabilise au mieux le
colonisé, son manque de volonté à construire son avenir dans un Etat
moderne. Si l’on se réfère aux pratiques de terrain, leur évolution et les
conséquences qui en ont découlé, force est de constater l’hypocrisie des uns,
l’humeur pâle des autres. Le colonisé (appelé aussi indigène) à qui
s’appliquent toutes les velléités de développement, demeure un individu sans
ambitions, tourné vers un devoir indéniable, celui de servir les intérêts de la
métropole. Sur lui pèsent la sentence de l’échec, l’inobservation de la rigueur
des règles, à une époque du reste très concurrentielle : celle de la course aux
territoires. De celle-ci, découle un discours selon lequel elle n’a pas été un
vain mot, une boutade ou mieux une simple aventure. Elle ne s’est nullement
apparentée à une épopée inutile et moins glorieuse, mais plutôt à une vaste et
réelle occupation des terres d’outre-mer. Ici, la matérialisation des mobiles
tout aussi évidents que sont la recherche des débouchés et des matières
premières reste une préoccupation essentielle. Ici aussi, cohabitent désormais
des hommes dont les intérêts divergent, tant la tendance à la contrainte est
omniprésente.
Le regard de l’historien n’a jamais été de procéder à des accusations
fortuites, sans fondements, mais de faire un éclairage critique des ambigüités
nées des temps qui passent. En tout cas pour notre part, en réalisant cette
œuvre, le raisonnement du genre « l’Europe a été contre l’Afrique et doit en
pâtir » n’existe pas. De même, l’idée que l’on doit jauger la colonisation de
ses bienfaits ou de ses méfaits est à proscrire, surtout lorsqu’on mise sur des
3faits réels, sans préjugés. C’est à ce titre que Marc MICHEL (2009) , qui
passe au tamis de sa longue expérience la lancinante question du positif et du
négatif de la colonisation, rappelle qu’ « … On prétend que les Africains ne
sont pas entrés dans l’histoire ; on assimile colonisation et extermination
sans réaliser combien le jugement est anachronique et déplacé… ». Une
question qui fait débat ! L’objectivité scientifique qui accompagne ce travail
sert à éduquer et faire prendre conscience aux plus sceptiques, que le temps
de la revanche est désormais révolu. Le passé colonial de nos Etats,
disonsle, n’a pas été que porteur de malheurs. Même si, par inadvertance
(peutêtre) ou par simple esprit de zèle, des pans entiers de territoires ont été
laissés à l’abandon. Ainsi, l’auteur n’écrit pas pour diffuser des accusations
contre quiconque ni pour faire supporter au seul colonisateur le poids de
l’histoire. Il ne le fait pas non plus dans le but de nuire aux relations si
anciennes qui unissent le Congo et la France, leurs deux peuples. Mais
simplement, pour ne pas que la mémoire collective oublie les errements
d’une époque que certains croient être le creuset d’une évolution positive des
4choses .

3 Marc MICHEL (2009) : Essai sur la colonisation positive. Affrontements et
accommodements en Afrique noire, 1830-1930, Paris, Ed. Perrin, 2009, (4èp. de c.).
4 A ce sujet, la Loi du 23 février 2005 (votée à l’Assemblée nationale sous Chirac) reconnait
et prescrit d’enseigner « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en
Afrique du Nord ». Elle note en son article 1 ce qui suit : « La Nation exprime sa
reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la
14