Les multiples facettes de l'Etat en Turquie

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Cherchant à éclairer les différentes faces de l'État turc, cet ouvrage traite de sujets aussi divers que la représentation de l'unité indivisible de l'Etat par les cartes, la pratique de la laïcité devant la montée des revendications religieuses et identitaires, la question kurde, la perception de l'ennemi intérieur par la police, la transformation de l'appareil étatique avec une rationalité néolibérale, les rapports de classe atypiques à l'ère néolibérale, et l'Etat social sous sa forme libéral-conservatrice.
Publié le : mardi 15 mars 2016
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EAN13 : 9782140004261
Nombre de pages : 312
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dans la société, les rapports de classe atypiques à l’ère néolibérale et enfin, l’État
Özgür Adadağ, Ulaş Bayraktar, Hamit Bozarslan, Enes Kabakcı, Cem Özatalay, Ayşen Uysal, Cemil Yıldızcan, Bediz Yılmaz.
Ahmet İnsel
Müzeyyen Zeren Akyar
Canan Akdeniz
Cemil Yıldızcan
Özgür ADADAĞ
Sous la direction deÖzgür ADADAĞ
Université Galatasaray
LES MULTIPLES FACETTES DE L’ÉTAT EN TURQUIE
Sous la direction de Özgür ADADAĞLES MULTIPLES FACETTES DE L’ÉTAT EN TURQUIE
Université Galatasaray
© L'HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07995-0 EAN : 9782343079950
Sommaire
Remerciements...................................................................7Présentation........................................................................9AhmetİNSELVisualiser « l’indivisible unité de l’Etat avec son pays et sa nation » ........................................................................17Özgür ADADAĞRelations entre l’Etat et la religion en Turquie (1921-2010) : vers un nouveau systeme deMillet? ...................51Enes KABAKCIVisage visible de l’État. Police et son savoir-faire ..........85Ayşen UYSALÉtats et contestations kurdes : les dynamiques de la e e violence au Kurdistan (19 -20 siecles)..........................119Hamit BOZARSLAN« Agir » comme l’Etat. De l’administration des périphéries vers l’administration des incertitudes ............................137Cemil YILDIZCANLes autorités locales dans la bascule du pouvoir en Turquie ...........................................................................179UlaşBAYRAKTAR
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Du corporatisme étatique au néo-libéralisme communautaire : la transformation de l’Etat et des relations professionnelles dans la Turquie contemporaine ........................................................................................215Cem ÖZATALAYLibéralisation de l’Etat social en Turquie : une réflexion sur les aides sociales conditionnelles .............................267Bediz YILMAZPrésentation des auteurs .................................................299Table des matières..........................................................301
Remerciements
Ce livre est né du désir d’anciens amis, dont leurs routes se sont croisées pendant leurs études doctorales en France et qui actuellement enseignent dans différentes universités en Turquie, d’engager une réflexion commune sur des thèmes fondateurs de la société turque. Hamit Bozarslan, dont plusieurs d’entre nous ont pu suivre les séminaires à l’EHESS, ainsi que Ahmet Insel, ancien professeur à l’Université Galatasaray ont eu la bienveillance de contribuer à ce travail. Comme la plupart des travaux collectifs, ce livre aussi a une longue histoire. La conception et la rédaction des articles qui le composent sont en effet ponctuées par de nombreuses rencontres et sont marquées par les divers évènements politiques et sociaux en cours jusqu’à sa production : ainsi en est-il des deux réunions tenues à Istanbul et à Mersin en 2011, en vue de discuter et d’échanger des idées sur l’État en Turquie, et qui sont à l’origine de ce livre, ainsi que de la survenance de deux événements majeurs, l’incendie qui a ravagé le bâtiment principal de l’Université Galatasaray, le 22 janvier 2013 et les « événements de Gezi » en mai-juin de la même année, lesquels expliquent en partie le retard pris dans la publication. Nous tenons à exprimer toute notre reconnaissance à Nesrin Yılmaz-Sales pour sa lecture attentive, pour ses corrections linguistiques et ses remarques toujours importantes et constructives pour la plupart des articles. Nous tenons également à remercier Magali Boumaza pour ses corrections et son aide amicale ainsi que Füsun Üstel pour son soutien et ses encouragements. Ismet Akça, Birol Caymaz et Didem Danışeux aussi ont collaboré aux réunions préparatoires de ce livre, qu’ils en soient ici remerciés. Merci à Canan Akdeniz pour sa promptitude. Merci enfin à Müzeyyen Zeren Akyar et Cemil Yıldızcan pour la couverture.
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Présentation
AhmetİNSEL
L’État est un sujet permanent d’interrogation. Ce conglomérat d’institutions plus ou moins bien agencées, cette multiplicité de fonctions plus ou moins bien définies nous donnent à voir de l’État l’image d’une machine administrative. Or l’État n’est pas simplement une machinerie de gestion. Il est aussi, et surtout, le lieu principal de réalisation des volontés de puissance. Il est, selon la belle formule de Nicos Poulantzas, le lieu de condensation des pouvoirs. Formule qui nous empêche de confondre l’État et le pouvoir et qui nous permet en même temps de voir l’étroite imbrication entre les deux. Historiquement le pouvoir a engendré l’État, mais ce dernier a renforcé son géniteur. Il a ajouté du pouvoir au pouvoir, il a aussi limité le pouvoir du pouvoir. Le conglomérat d’institutions qui composent l’État élargit, renforce et diversifie la capacité d’agir du pouvoir, mais il limite aussi la puissance de ceux qui occupent le lieu du pouvoir. L’État est à la fois un multiplicateur et un réducteur du pouvoir. Les modes de rapport entre les hommes et les femmes formant une société et leur État déterminent laquelle de ces deux capacités, multiplicatrice ou réductrice, va exercer un rôle proéminent. Ils déterminent aussi les moments de basculement de l’État de droit vers l’État de l’arbitraire. Qui permet ces basculements ? La force physique seule ne saurait suffire sans une dose importante de consentement. La nation, cet être mythique de la modernité, est souvent appelée à la rescousse afin de produire ce consentement. Sujet abstrait, bien plus abstrait que l’État et bien plus désincarné, la nation est le lieu symbolique sur lequel l’État moderne s’érige, s’enracine et permet à certains de jouir de nouvelles libertés tout en excluant d’autres de cette jouissance.
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