Les origines grecques à l'âge de bronze

De
Publié par

Ce livre s'adresse à tous ceux que passionne l'histoire grecque. Dans cet ouvrage, l'auteur présente la "reconstruction historique", qu'il pense être la plus probable, de la naissance de la civilisation grecque. Son enquête l'amène à étudier plusieurs problèmes difficiles et controversés, comme ceux de la genèse des langues indo-européenens, de la transition entre Bronze Ancien et Bronze Moyen, de la naissance des écritures crétoises, ou des "siècles obscurs" qui suivirent la fin de l'Age du Bronze.
Publié le : dimanche 1 mai 2005
Lecture(s) : 112
EAN13 : 9782336274690
Nombre de pages : 213
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Les origines grecques à l' Age du Bronze

cg L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-8478-X EAN : 9782747584784

Jean Faucounau

Les origines grecques à l' Age du Bronze
(3000 à 900 avant notre ère)

L'Harmattan 5-7,rue de l'ÉcolePolytechnique 75005 Paris FRANCE

L 'Harmattan

Hongrie

Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

HONGRIE

PRÉFACE
La période de l'Age du Bronze est, en Grèce, un moment important période, tout de l'Histoire grecque. Car avant cette à penser que l"'ethnie grecque" grâce laisse

n'était pas encore formée, alors qu'à la fin de l'Age du Bronze on est désormais à des documents écrits. Par "ethnie grecque", supposer européenne", que le grec nous entendons, étant une bien sûr, un font "indopeuple qui parle grec. Or les données linguistiques langue cette langue fut introduite venus du nord". admise, historiens certain de son existence,

en Grèce par et linguistes

des "immigrants

Si cette thèse est à

peu près universellement ne sont, par contre, au début date de cette introduction, du Néolithique, l'Age du Bronze...

pas d'accord en ce qui concerne la certains la faisant remonter d'autres à l'extrême fin de

1

La thèse

que

nous

défendons

dans

le présent

ouvrage nous est apparue comme étant la plus probable. Elle repose essentiellement sur les idées - trop oubliées de nos propres touchant à la il dite alors,

aujourd'hui
modifiées recherches,

-

du linguiste Paul Kretschmer, légèrement
en particulier de celles

et mises à jour en fonction

"Théorie Proto-Ionienne". Comme dans toutes s'agit par de proposer de une d'événements manque penseront hasardeuses, définitive? comme toutes "donner les théories de ce genre, historique" "reconstitution écrits. être

qui échappent à l'Histoire proprement documents Pourquoi prouvé

certains,

se lancer dans des reconstitutions de façon de parce que ces théories, permettent de données Une autre sur les

où rien ne peut Tout simplement les théories

scientifiques,

un sens" à une masse importante les recherches exclusivement futures... axées

éparses et d'orienter libre auteurs aux théories

raison, plus personnelle, "Mycéniens",

est de ne pas laisser le champ

d'où une tendance marquée de la part des à faire commencer l'Histoire grecque

modernes

avec la "fin des Palais" (cas, par exemple, de l'ouvrage d'A. Schnapp-Gourbeillon ou de celui nous plus (Mycéniens Comme "Aux origines de la Grèce", de M. convaincre Aref "Grèce ou la solution d'une énigme "). en le lecteur, controversé

= Pélasges)

souhaitons

1'''Histoire des Grecs" remonte bien avant la période des
" Siècles obscurs"...

2

On ne s'étonnera nombreux bien des nombreux derniers sujets, théories spécialistes. chapitres

pas que nous ayons prIS, sur de en contradiction la faveur avec de ayant aujourd'hui

une position

Nous avons tenté, à chaque fois, le sujet proprement dans une première

de justifier les raisons de notre choix. Ainsi, si dans les nous abordons "hypothèses dit de notre étude, nous examinons partie les diverses on peut bâtir une reconstitution supposée qu'il traite, définitive.

de base" sur lesquelles historique. simplement l'essai à

Notre ouvrage ne vise pas à établir une doctrine Il représente d'un chercheur ayant beaucoup réfléchi aux questions

avec l'espoir

que cet essai contribuera futures...

mieux orienter les recherches

*

*

*

3

CHAPITRE

1

Les langues indoeuropéennes
Les modalités constituant est problème nécessaire de l"'arrivée au des Grecs" en Grèce il préalable le difficile la principale de l'extension énigme de l'Age du Bronze, des langues indoeuropéennes. répandues il auxquelles

d'examiner

Quand et comment ces langues se sont-elles en Europe?. Telles sont les questions nous faut tout d'abord répondre... Les langues indoeuropéennes La notion de "langue indoeuropéenne" siècle avec en particulier et de Franz physicien, l'étude proposé Bopp. les travaux

(en abrégé: au XIXe

"langue lE") est née, sous sa forme moderne, C'est Thomas égyptiens, 5 Young,

de Christian Rask médecin et

célèbre pour avoir précédé Champollion dans qui semble aVOIr pour le premier le terme "indoeuropéen"

des hiéroglyphes

désigner grec,

un groupe

de langues comprenant ainsi que les langues certains

le latin, le slaves et avaient

le sanskrit,

germaniques.

Bien auparavant,

érudits

déjà relevé les ressemblances

notables de vocabulaire qui "mère" se etc. être avec des

existent entre ces diverses langues. Ainsi, "père" se dit pater en latin et en grec, pitar en sanskrit; De là est née l'idée apparentées linguistique", gie permettant langues progrès IE, et faire que ces langues partie d'un dit mater en latin et en grec, matar en sanskrit, devaient même"

groupe

l'''indoeuropéen''.

Mais c'est surtout scientifique

les travaux de F. Bopp qu'a été fondée une méthodoloune étude véritablement la "grammaire comparée". Le principal comparée" des "lois de un autre,

qui suivra les études de "grammaire qUI d'une régissent langue les lE à

de Ch. Rask et F. Bopp est la reconnaissance phonétiques" prononciation phénomène une

modifications

déjà entrevu

par Ch. Rask. Ainsi, celui-ci à des de la

avait noté dès 1818 que là où le latin et le grec avaient un P, le germanique avait F (latin pater correspondant allemand Vater prononcé *Fater) . L'étape linguistes Schleicher concrétisation "reconstruction les langues et suivante, Karl d'une marquée Brugmann, idée par vit les noms A. Friedrich, A. Fick et surtout le début celle naturelle, August d'une censée pas,

linguistique" lE étaient

de la "langue-mère" n'était-ce

avoir donné naissance à toutes 6

les langues lE. Car si

apparentées,

pensa-t-on, langue "arbre années imprévu: Reconstruire entreprise

parce qu'elles cette tentante... hittite,

"descendaient"

toutes

d'une ? .. un les type

initiale,

préhistorique, des langues que vint

l'" indoeuropéen" et établir dans lE était contrarier

langue préhistorique

généalogique"

donc une

1920 la découverte pas...

de langues

lE d'un

langues anatoliennes,

et tokharien!

Mais n'anticipons incontestablement l'Evolution ouvrage Il n'en plutôt"

Les idées des linguistes influencées

du XIXe siècle avaient été par la Théorie de un publiée en 1859. C'est ", qualifié premières sont un etc. s'agit

de Charles Darwin, sur" est

ainsi que dès 1877, Adolphe Pictet faisait paraître Les origines indoeuropéennes que plus singulier que les

par son auteur de recherche de "Paléologie linguistique". "reconstitutions "indoeuropéen" phonologiques, qu'ont pu L'évolutionnisme tel la déesse multiples cette linguistiques" doté reconstituer n'intervient Athèna, tout de les de l"'indoeuropéen" au départ les tous études qu'ensuite, armé

créationnistes",

car on suppose

attributs

morphologiques,

syntaxiques, lorsqu'il

comparatives...

de dériver de cet "indoeuropéen", et de ses mécanismes attestés... est dans

sorti de la Préhistoire de ses déclinaisons les divers de H. leur La justification Comme l'écrivirent l'introduction à flexionnels,

langages historiquement approche rigoureux, Osthoff

un système, dans 7

que l'on veut

de "correspondances". et K. Brugman

"Morphologische changement exception, phonétique séparation Cette aujourd'hui Certes, reconstructions

Untersuchungen" s'accomplit

(1878)

"tout

phonétique c'est-à-dire est toujours dialectale..." approche

suivant des lois sans du changement sauf les cas de lE reste encore les une

que la direction linguistique, langues

la même chez les membres

d'une même communauté des

la règle d'or de la majorité des linguistes. ont obligé à remplacer l'''indoeuropéen'' par naïves de

les études modernes

sorte d'algèbre de plus en plus complexe. Ainsi, le mot "brebis" que A. Schleicher avait reconstruit mais est maintenant Certes, modernes écrivait des devant comme avis en 1868 fut corrigé par Herman Hirt en 1939 en owis, "lu" (si l'on peut dire) *h2owis ... de la tâche, les linguistes la languecomparative la difficulté ":

ont même renoncé à "reconstruire dans son" Introduction à l'étude que

mère 'indoeuropéenne' langues

Ainsi, dès 1922, A. Meillet "la grammaire des [entre attestés,

indoeuropéennesr, mais, grâce

comparée n'a pas [désormais] l'indoeuropéen,

pour but de reconstruire à la détermination

éléments communs indiqués par les concordances ce qui, dans chacun des idiomes historiquement est la continuation ce qui est dû à un développement généalogique" des langues 8

les diverses langues de la famille] de mettre en évidence d'une forme ancienne de la langue, et propre et original"... présente,

Il n'en reste pas moins vrai que l'idée d'un "arbre lE est toujours

même si elle s'est modifiée depuis A. Schleicher... théorie proposé Dans concurrente, ce modèle, le "modèle des vagues" il est admis que

Une

fut bien

à la fin du XIXe siècle par Johannes Schmidt. les innovations les plus de la se répandent comme des vagues à partir de affectant la totalité les langues des langues

linguistiques proches, "descriptif" géographique a rencontré généalogique" "reconstitution Car beaucoup la

leur lieu de naissance, mais rarement même famille.

Mais à vrai dire,

ce modèle est plus

qu'" explicatif" et il se heurte en outre à des car il existe des cas où la proximité pas la proximité linguistique D'où le faible succès qu'il avec le modèle de l"'arbre de passer sans trop de linguistique" historique" linguistes à des essais de reste pour n'entraîne

difficultés notables,

comme le voudrait la théorie.. par comparaison lequel permet historique". "reconstitution

peine d'une "reconstitution

de chercheurs

le but final de la linguistique modernes un à atteindre

des langues IE, même si certains ont, par prudence, but aussi ambitieux. généralement langue-mère

renoncé aujourd'hui

Au début du XXe siècle, la thèse "langues IE", avait été parlé et l'Asie (les un peu sur l'endroit exact) et que les

acceptée était ainsi que l'''indoeuropéen'', des diverses

"quelque part" aux confins entre l'Europe opinions étant partagées langues lE s'étaient Toutefois, séparées,

en se diversifiant,

avant le début du second millénaire avant notre ère... même à l'époque où l'on ignorait 9 l'existence

FIGURE

1

ARBRE GENEALOGIQUE DES LANGUES INDO-EUROP£ENNES (selon A Schleicher)

10

des langues lE d'Anatolie (hittite, louvite, palaïte, etc.), cette thèse n'allait pas sans quelques difficultés, la avec principale étant relative aux relations entre dialectes IE, difficulté du que J. Schmidt avait essayé de résoudre Mais c'est surtout du hittite et qui allait porter d'abord, des sa "Wellen Theorie". tokharien d'Anatolie conceptions reconstituer tracer, différents nienne", référence ensuite, la découverte langues

un coup fatal aux entre langues impossible de des et de

anciennes. Car les divergences telles qu'il était désormais une "langue-mère" de celle-ci, langages lE.

lE devenaient

indoeuropéenne le développement

à partir qu'Antoine

La "reconstitution

brugman-

Meillet avait l'étude

saluée en 1903 de des langues

intouchable, à
TT),

de "terme impossible à dépasser" comparative

(" Introduction question...

indoeuropéennes

se trouvait brutalement remise en
donc passé?

Que s'était-il

Le problème des langues anatoliennes Au début Boghaz-kôy nombre savait d'une lire, en du XXe siècle, Anatolie mirent les fouilles au jour menées un à

grand

de tablettes l'écriture

écrites dans une écriture cunéiforme,

que l'on en

mais qui relevaient tout à d'Ana-

langue inconnue.

Cette langue fut reconnue

1914 comme étant une langue lE, mais d'un type voisines que l'on put lire aussi sur les tablettes 11

fait singulier, le hittite. Cette langue, comme les langues

tolie (palaïte et louvite) et celles que l'on rattacha pas dans le "schéma brugmannien" n'existe pas dans que les langues des termes connaissent tions contre, thèses,

par

la suite au "Groupe anatolien" (e.g. le lycien), n'entrait : Ainsi, le mot mater anatoliennes, dérivés du mot qui ne *anna

(hittite ann&-, louvite anni-, lycien êni-); essentielles dans les autres du hittite langues l'opposition masculin/féminin, manquent;

des opposilE, comme etc. Par l'une des

la phonétique

confirmait

négligée jusqu'alors,

de Ferdinand

de Saussure,

celle de l'existence de "laryngales" dans l'" indoeuropéen" primitif. . . Les années qui ont suivi la découverte lE d'Anatolie" ont été - et sont toujours controverses anatolien par par d'innombrables place et la les du groupe du "groupe - marquées sur le sur la autres dernière si, par

entre linguistes primitif, aux rapport

nombre des laryngales de l'indoeuropéen

langues lE, sur l'origine des différences entre ce groupe groupes de "brugmanniens" . . . en particulier, généalogique". l"'arbre Cette Car question est essentielle, théorie exemple, s'agit-il l"'arbre langues dans l'optique de de genre entre d'un trait

le hittite n'a pas d'opposition au contraire généalogique" lE d'Anatolie

masculin et féminin, cela signifie-t-il archaïque?. Dans le premier un "groupe 12

qu'il l'a perdue, ou cas, on peut garder et voir dans les séparé à Dans le dégénéré",

de la conservation de Schleicher

date relativement

récente du tronc commun...

second

cas, il est nécessaire généalogique", comme

de modifier

le "tronc" assez

même de l"'arbre européen" , ou, maladroite "de façon visiblement assez

devenu "anatolo-indode façon Nous disons dénomination,

le proposa "indo-hittite".

E. Sturtevant, inexacte,

maladroite"

car cette

a suscité pendant plus de 50 ans entre les partisans "dégénéré", de la

une nouvelle controverse... Aujourd'hui, thèse ayant d'un "perdu" la discussion anatolien groupe c'est-à-dire

aussi bien le mot mater que bien des "brugmanienne", un groupe et ceux voyant semble Car le "archaïque",

traits de la grammaire dans ce même groupe bien avoir caractère tourné lE archaïque

au profit

de ces derniers.

de la phonétique

hittite ne fait

plus guère de doute, en particulier J. Kurylowicz et d'E. Benveniste. L'intégration anatoliennes Turkestan et présentant linguistique "reconstituer reconstituer plus symboles en plus de la

depuis les travaux de des langues

phonétique

et du tokharien

(une langue attestée dans le a de de

chinois du VIle au IXe siècles de notre ère, comme le hittite des traits archaïques) non négligeables sur l'approche des langues IE. des "racines" sous représentant Plus question désormais primitives, se présentant primitifs

eu des répercussions

une langue-mère". une forme

Tout au plus peut-on algébrique, avec des ayant

les phonèmes

donné naissance

aux sons des diverses 13

langues IE...

Les "correspondances"

chères à A. Meillet se traduisent

désormais

par

de véritables

équations

montrant etc.

les

transformations E. Sturtevant, accepté, hittite" "branche linguistes (baptisé

de ces phonèmes initiaux, il est loin d'avoir aussi parfois

Quant au nouvel "arbre généalogique" même par ceux qui admettent

proposé par qu'un "indoet à une des

été majoritairement a donné

"Prato-lE")

naissance à la fois à une "branche anatolienne" lE brugmanienne"... modernes les ont renoncé, comment IE, langues

En fait, la plupart

devant la difficulté de sont nées et se sont ce qui constitue un Car désormais aux contours voire selon

la tâche, à comprendre développées dramatique recouvrant imprécis, différentes certains,

appauvrissement un ensemble où se retrouvent que le grec

conceptuel. hétéromorphe et le louvite,

le terme d'''indoeuropéen''

n'est plus qu'un concept flou, côte à côte des langues aussi

le lydien ou l'étrusque... ont refusé cette attitude baptiser du duquel terme en date nous J. de les et ont lancé, à leurs risques et périls, que l'on sur autres, peut L'un des premiers la théorie

Quelques rares linguistes de renoncement, des fut théories Paul

d'''historico-linguistiques''. Kretschmer, reviendrons

plus tard, compte tenu de son importance. nous citerons surtout T. Gamkrelidze

Parmi les nombreux & V. Ivanov, que nous

Schmidt, C. Renfrew, Marija Gimbutas, en laissant

de côté soit les auteurs soit

thèses qui ne sont guère que des variantes des théories décrirons (e.g. P. Bosch-Gimpera), 14

auteurs exemple Les

de

thèses

fort

peu

justifiées

(comme venir par

par les ces - par

la théorie principales

de Ram Jain, méthodes d'un

faisant utilisées

Indoeuropéens

de Sibérie). ont été soit la "paléo-linguistique" groupe de mots chêne, etc.à déterminer son aire

linguistes- historiens (qui consiste exemple: d'origine), méthode partir relations saumon,

en partant

soit l'archéologie permet d'innombrables relatifs soit

(qui consiste variantes

à attribuer La première car on peut soit aux

telle ou telle culture à des Indoeuropéens). de mots

à la religion,

sociales, soit au mode de vie, etc. C'est ainsi essentiellement les steppes tandis sur le nom lE du métal du sud de la Russie, de M. Gimbutas & V. J. P. Mallory a placé le berceau des Indodes kourganes"

que s'appuyant et du cheval, européens rejoignant (étudiée Ivanov, montagnes Principales dans

la "théorie ci-après), partant

que T. Gamkrelidze

des termes relatifs aux chariots et aux

l'ont placé à l'est de l'Anatolie. théories historico-linguistiques sur le

"berceau de l'indoeuropéen" Les premières venIr théories émises par les auteurs Centrale à cause du de

XIXe siècle, comme J. Schmidt par exemple, faisaient les Indoeuropéens d'Asie l'archaïsme que l'on attribuait 15 alors au sanskrit, qui est

la langue sacrée des brahmanes de l'Inde,

fixée vers le

IVe siècle avant J. -C. par les grammaIrIens Mais avec le début du XXe siècle, l'opinion européanistes de savants de identifiera "hommes conséquence terme Allemagne l'idéologie racistes apparue discréditée bascula, allemands race principalement comme les nordique" Hermann et on

hindous. des indoRirt. On aux en Le

sous l'impulsion

progressivement le "berceau

Indoeuropéens situera du Nord.

lE" en Europe

"indogermanisch"

encore utilisé de nos jours en "indoeuropéen" prendra nazis, des est un tonalités de pensée qui, à l'époque de Bien avant d'être la thèse était déjà R. Rirt lui-même

à la place du terme national-socialiste, par ses adeptes comme

reliquat de ce mouvement et sombrera

dans l'absurde.

invraisemblable.

s'était d'ailleurs

bien gardé de placer en Allemagne du

Nord et en Scandinavie le berceau des "Indogermanen". Il voyait plutôt ce dernier en Allemagne du Sud et dans la vallée du Danube. Les principaux arguments de cet commun auteur étaient les suivants: particulier, 1)- le vocabulaire

lE concerne la faune et la flore d'une zone tempérée. En la plupart des langues lE ont un même nom pour le hêtre, le bouleau et le saumon. En Grèce, où le hêtre n'existe pas, le mot aurait pris un autre sens et désigné le "chêne vélanède". balto-slave archaïques paraissent avoir que les autres. 2)- les langues du groupe gardé des termes plus

3)- au début du Néolithique, à la

une culture commune, couvrait précisément

dite de la "céramique rubannée", la zone allant de l'Allemagne 16

Pologne et il semble donc que l'on puisse identifier Indoeuropéens culture. De très nombreux Allemagne archéologues d'un du Sud primitifs avec les porteurs

les

de cette

auteurs ont été séduits par cette en les ou non loin de là. Mais

théorie qui place ainsi le berceau des Indoeuropéens n'ont pas tardé à faire remarquer culturel plus vaste, la

que la "culture

"Culture de la Céramique rubannée" n'est qu'un élément ensemble danubienne". Il devenait donc logique de placer dans le hêtre et le bouleau et dont le "berceau des (avec et, a et ces la "Thèse Danubienne", P. Kretschmer importantes sur lesquelles

cette zone, où poussent Indoeuropéens". défendue toutefois en

truites et saumons peuplent les rivières, Ainsi naquit particulier par

quelques différences

nous reviendrons), plus récemment également linguistes. savants d'un attiré Une nouvelle

Ernst Meyer, Ronald Crossland théorie, de très la "Théorie nombreux Pontique", historiens fondés

(1982) Igor Diakonoff.

Considérant attachent entre

les arguments

sur les

noms du hêtre et du saumon comme discutables, plus de poids l'indoeuropéen linguistiques côté, l'archéologue

aux rapprochements et le finno-ougrien de l'autre. C'est la

les langues

caucasiennes

Marija Gimbutas

qui devait développer

"Théorie Pontique"

sous sa forme la plus convaincante. des cultures de la dont elle

Elle démontra que diverses extensions 17

Russie méridionale vers l'Europe danubienne,

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Le périple d'Hannon - article ; n°2 ; vol.138, pg 559-580

de COMPTES-RENDUS_DES_SEANCES_DE_L-ACADEMIE_DES_INSCRIPTIONS_ET_BELLES-LETTRES

Poésie et peinture : le bouclier d'Achille - article ; n°1 ; vol.148, pg 11-42

de COMPTES-RENDUS_DES_SEANCES_DE_L-ACADEMIE_DES_INSCRIPTIONS_ET_BELLES-LETTRES