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Les oubliés du Levant

De
162 pages
Ce récit relate les faits qui vont conduire à la découverte, près d'un village druze, d'une plaque matricule et d'ossements et restes de tenues de soldats français, mort au Liban en 1926, pendant la "révolution syrienne". Dommages collatéraux, déserteurs, mutins ? Depuis 15 ans, Philippe Priolon enquête pour mettre un nom sur ce matricule, et découvrir pourquoi des hommes ont été dissimulés, enterrés à la hâte sans qu'il n'en soit fait état dans les journaux de marche régimentaires.
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Philippe et Grégory PRIOLON
Les Oubliés du Levant
Beyrouth, 1925. L’adjudant Dragan, héros de la Première Guerre
mondiale, ne se doute pas un seul instant que son arrivée au
Levant va sonner le départ d’une e royable répression contre
la révolte druze. Les Oubliés
Si l’histoire vécue par ce sous-o cier est le fruit de l’imagination
d’un père et son ls en quête de vérité, celle de cette escouade
de soldats retrouvés morts sous un tas de pierres près d’un du Levantvillage druze est bien réelle. Malgré les tensions militaires dans
le pays et les remous politico-médiatiques internationaux, ils
mèneront leur enquête, sans résultat. Même la plaque matricule
retrouvée ne parlera pas.
En 2015, ce désir de vérité reste intact. Mettre un nom sur ce
matricule, c’est découvrir ce qui s’est passé et déterminer
pourquoi des hommes ont été dissimulés, enterrés à la hâte,
sans qu’il n’en soit fait état dans les journaux de marche
régimentaires. Dommages collatéraux, déserteurs, mutins ?
Qui et pourquoi ? Le matricule 33975 faisait partie du corps
expéditionnaire français composé de spahis marocains,
tirailleurs sénégalais et bien d’autres soldats venus des
Colonies, que la France appelait son armée d’indigènes. Les
journaux de marche ne citent que les o ciers et sous-o ciers
français morts au combat.
Les autres sont « Les Oubliés du Levant ».
Grégory Priolon
Professeur d’histoire. Il est titulaire d’un master de recherches en
histoire contemporaine à l’Université de Paris Ouest Nanterre La
Défense. Il est passionné d’histoire militaire et plus particulièrement
des guerres coloniales françaises.
Philippe Priolon
Adjudant de Gendarmerie à la retraite. Après 17 ans de service,
il décide de raccrocher le képi. Il travaille actuellement pour une
compagnie internationale de transport aérien. Durant sa courte
carrière militaire, il a été témoin et acteur de faits historiques.
En 2000, lors d’une opération extérieure, il va enquêter sur une
découverte qui bouleversera sa vie, à jamais.
ISBN : 978-2-343-06570-0
15,50 €
Matricule 33975
Philippe et Grégory PRIOLON
Les Oubliés du Levant






Les Oubliés du Levant

Phhilippe et Grégory PRIOLOON







Les Oubliés du Levant

Matrricule 333975






























































© L'HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-06570-0
EAN : 9782343065700





DEDICACES



En ce dernier semestre de l’année 2000, médecin
militaire, je me retrouve en appui de nos casques bleus
français au Liban, « pour la Patrie et l’Humanité » selon
la devise du service de santé.
Là, rapidement scellés par une grande estime
réciproque, l’aumônier Michel Rossignol, le gendarme
prévôt Philippe Priolon et moi-même vécurent une
bouleversante révélation au village druze d’Hasbaya.
Notre trio se sépara quelques semaines plus tard en
fin de mandat.
Mes amis étaient-ils harcelés de temps à autre par
les mêmes questions :
Quid de l’attitude des représentants de « mère
Patrie » dans cette affaire ? Quid de leur « humanité » à
l’égard de ces familles sans nouvelles de leurs proches
jamais revenus du combat ?
L’ouvrage historique de Philippe PRIOLON, fruit
d’une enquête courageuse, vient à point apporter un
exutoire à ces interrogations.

Médecin-colonel Jean-Marie Sabot


«Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours… »
(Le Lac, de Lamartine).

Par messagerie interposée, la voix d’un certain chef de
Gendarmerie : Philippe Priolon, chef-prévôt du 47e
mandat de Naqoura, au Liban 2000, lequel ne se priva pas
de menotter le Padre, me fit faire un bond dans le temps,
pour ne pas dire dans l’espace.

Terre mythique s’il en est, et sur laquelle je revenais après
le 22e mandat de la FINUL en 1988-89, mais cette fois
avec « mon » régiment : le 21e Régiment d’infanterie de
marine de Fréjus. J’étais loin, à l’arrivée, d’imaginer les
liens qui se tisseraient avec des inconnus : gendarmes,
médecin-chef, officiers, sous-officiers, soldats… Richesse
de ces missions au cours desquelles éloignement peut
rimer avec dépouillement, simplicité, connivence et
vérité…
Mythique au point que certains qui ont baroudé regrettent
cependant de ne pas avoir connu le pays des cèdres…

Montée de toutes pièces par les soins dudit prévôt, mais
dans le plus grand secret seulement connu des intéressés,
l’exaltante « Mission Hasbaya » vit s’ébranler incognito,
de nuit, de grand matin, le mini convoi de quelques rares
bérets bleus dont un trio ou quatuor d’incorrigibles
« électrons libres », ainsi baptisés par le chef de
détachement qui signaient ici, à son insu, leur
«Appellation Contrôlée »…

Tous mes vœux pour ce devoir de vérité qui te tenait à
cœur, mon cher Philippe ! Merci de nous y avoir associés !
Il ne suffisait pas de savoir ; il fallait voir. Tu nous as
entraînés avec toi. Aujourd’hui, te revient le mérite de
9 sortir de « l’oubli » ceux qu’on a laissés, pour ne pas dire
abandonnés.

Franc succès à cette pièce de vérité, mon cher Philippe !
Si « Les hommes retiennent la vérité captive de
l’injustice » (Romains 1,18), « La vérité vous
affranchira. » (Jean 8,32).
« Celui qui fait la vérité vient à la lumière. » (Jean 3, 20).


Aumônier Michel Rossignol

10
AVANT-PROPOS
Philippe Priolon décrit, dans un style clair et simple
mais avec passion, les évènements qui vont conduire à la
découverte d’ossements et restes de tenues de soldats
français, morts au Liban en 1926.
C’est avec abnégation qu’il va diriger l’enquête et
mener des investigations qui susciteront des remous
politiques au siège de l’ONU (Organisation des Nations
unies) et à l’Elysée mais qui ne le conduiront cependant
pas à la découverte de la vérité.
Vérité qui ne tenait et qui ne tient toujours qu’à
l’identification d’une plaque matricule retrouvée intacte.
C’est la seule enquête de toute sa carrière que ce
gendarme ne pourra résoudre. Pendant des années, ce
numéro 33975 est resté inconnu, mais aujourd’hui, il s’en
remet aux lecteurs, espérant que l’un d’eux se rappelle du
compagnon de régiment, du père, du grand-père pour enfin
percer la vérité sur les oubliés du Levant.
Que s’est-il passé ?
Pourquoi aucun journal de marche ne fait état de ces
hommes et de leur sort ?
Pourquoi avoir retrouvé cette escouade sous un tas de
cailloux ?
11 Né en 1965 à Roussillon (38), Philippe Priolon retrouve
au Liban, les saveurs qui avaient enchanté son enfance en
Provence.
Lorsque Ziad le Druze lui raconte l’histoire de cette
découverte, il se sent investi d’une mission, celle qui l’a
toujours poussé vers sa vocation : la vérité, la paix.
En 1995, lors de la guerre en Bosnie, Philippe avait
exfiltré quinze enfants et adultes pour les emmener en
Provence et en 2000, il sera l’un des leaders de la révolte
des gendarmes de la région parisienne, en manifestant
Porte Maillot. Comme il aime le dire, il fait tout par
conviction. Il œuvre pour la justice.
Son fils Grégory, professeur d’histoire et géographie,
passionné d’histoire militaire a écrit le récit fictionnel.
Père et fils ont tenté de reconstituer le parcours de ces
hommes au Levant jusqu’au combat final d’Hasbaya où ils
trouvèrent la mort.
Le scénario qu’ils élaborent sur les causes de la mort est
tout à fait plausible.
Connaîtrons-nous un jour la vérité ?
C’est à vous, chers lecteurs, qu’il est demandé de
mener l’enquête.
À vous de nous dire si vous connaissez
le matricule 33975 et de vous souvenir
que sauver la mémoire d’un homme,
c’est aussi sauver la mémoire de l’humanité.
12
PREFACE
Je ne suis qu’un modeste conteur, qui pour évoquer la
mémoire d’un groupe d’hommes abandonnés loin de chez
eux, sous un tas de pierres, décide de raconter leur histoire
afin qu’ils ne tombent pas dans l’oubli, un oubli définitif.
Je vais relater des faits qui se sont déroulés au Liban, en
1926 et mettre en lumière des soldats, qui en raison de leur
origine et de leur couleur de peau, n’ont pas eu droit à la
reconnaissance de la France, leur mère patrie.
Il y a deux catégories d’hommes : ceux qui auraient dû
avoir les médailles et ceux qui les portent. Bien entendu,
bien peu de ceux qui les portent auront la franchise de
vous dire que les vrais héros sont ceux qui ne sont jamais
revenus.
C’est l’histoire d’une escouade tuée et dissimulée sous
un tas de cailloux, sans honneur et sans homélie.
Pourquoi ?
Cette question reste en suspens depuis près de 90 ans.
Etaient-ils des déserteurs ? Etaient–ils des soldats
passés à l’ennemi et pourquoi ?
Avaient-ils tout simplement refusé d’obéir à des ordres
indignes ?
Ou ont-ils fait l’objet de dommages collatéraux que
l’on a voulu cacher ?
Personne ne le sait.
13 Même le Soldat Inconnu a eu droit aux honneurs mais
là nous avons six à huit hommes, originaires d’Afrique du
Nord et d’Afrique Noire, qui sont restés sous un tas de
pierres, tombeau anonyme, pendant près d’un siècle avant
d’être découverts et mis en terre dans un cimetière du
Nord-Liban, par les descendants de leurs ennemis.
Première reconnaissance et premières prières émanant
de musulmans car ce sont eux les descendants des révoltés
druzes qui ont rendu les honneurs à nos soldats indigènes,
partis défendre les intérêts de la patrie, sur un sol étranger.
Parmi les restes de notre escouade, la famille druze a
découvert une plaque avec un numéro matricule, plaque
non scindée en deux. C’est le signe que ces personnes ont
été dissimulées à la hâte, sinon la plaque aurait dû être
coupée. Peut-être même que celui qui aurait dû le faire
n’attachait aucune importance à ces hommes ?
Le grand-père, lui-même combattant druze voulait que
l’on rende hommage à ces pauvres soldats. Décédé depuis,
il a toujours répété à sa famille que ces soldats n’étaient
pas morts dans la bataille et qu’il n’y avait pas eu de
combat dans son champ. Pour lui, les bougres étaient des
laissés-pour-compte.
Un oubli ? Pourquoi dissimuler à la hâte le corps de ces
malheureux ?
Des déserteurs ? Des soldats refusant d’obéir aux ordres
de massacre de la population druze donnés par leurs
chefs ? Des soldats morts du fait de tirs amis ?
A qui donc appartient cette plaque ?
Ce nom aurait permis d’identifier les frères d’armes,
donc d’identifier les familles et les retrouver au Sénégal,
en Tunisie, au Maroc, en Algérie, au Cambodge, au
Vietnam etc et leur dire tout simplement :
- On a retrouvé vos pères, vos frères, vos grands-pères.
Ils se sont battus en héros et ils sont morts en soldat.
14 Soyez fiers. Nous sommes fiers de vous redonner leur
honneur et de vous apporter la vérité, tout simplement.

Mais mettre un nom sur cette plaque, cela signifie
peutêtre aussi reconnaître ses erreurs, des dommages
collatéraux non-inscrits sur le journal de marche. Plus
facile de faire passer des indigènes pour des déserteurs ou
disparus que pour des victimes de balles ou obus français.
Les identifier, c’est mettre un nom sur leur chef et enfin
connaître la vérité sur ce qui s’est passé.
Qui a donné l’ordre ? Qui est responsable ?
Beaucoup de questions qui jusqu’à présent n’ont pas
trouvé de réponse.
Posez cette question aux personnes qui cherchent un
proche disparu. Impossible de faire son deuil. Ce ressenti
est d’autant plus fort si le militaire est parti défendre la
patrie sur un autre continent et qu’il est porté disparu, sans
autre explication. Devinez un peu le désarroi de cette
famille qui souvent n’attendait que la solde du valeureux
guerrier pour vivre au quotidien.
Et puis un jour plus rien, plus de solde, plus de
nouvelle, plus d’honneur et l’abandon total sans penser à
une éventuelle gratitude de la nation.
Alors oui, je veux identifier ces hommes et donner à
leurs familles cette vérité qu’elles attendent depuis des
années.
L’armée française n’a pas pu me fournir de réponse.
Je m’en remets donc aux lecteurs pour faire passer ce
message.
C’est un devoir pour moi. J’étais moi-même militaire
jusqu’en 2002, année où j’ai pris ma retraite.
Par cet hommage, j’estime faire honneur à l’armée et
ma patrie.
En 2000, j’étais gendarme et commandais la brigade
prévôtale de Naqoura.
15