Les penseurs ibériques et l'esclavage des noirs

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Pendant les deux siècles et demi embrassés par cette nouvelle étude de Jean-Pierre Tardieu, s'établit une dialectique entre nécessité économique et justification religieuse au sujet de la traite et de l'esclavage des Noirs, d'abord vers la péninsule Ibérique, puis vers les Amériques. Elle évolua cependant afin de s'adapter aux circonstances comme le capitalisme sucrier qui surgit au XIXe siècle.
Publié le : lundi 15 février 2016
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EAN13 : 9782140001277
Nombre de pages : 262
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et justification religieuse au sujet de la traite et de l’esclavage des Noirs,
Elle évolua cependant afin de s’adapter aux circonstances. Plus le
raisonnement qui, sous des apparences rationnelles, s’éloignait du message évangélique, au grand dam de certains penseurs que le fondamentalisme amena progressivement à prendre des positions fort avancées pour l’époque, tels les capucins Jaca et Moirans et leurs confrères d’Afrique à la fin du Mais ils n’étaient pas de taille à s’opposer aux groupes de pouvoir dont dépendaient financièrement les Couronnes espagnole et portugaise,
de traite et d’esclavage finit par être rejeté. Le capitalisme sucrier qui surgit au siècle fit appel à de nouveaux slogans, comme celui de la civilisation – la religion moderne – en accord avec l’évolution des
ISBN : 978-2-343-08506-7 26
Jean-Pierre Tardieu
LES PENSEURS IBÉRIQUES ET L’ESCLAVAGE DES NOIRS e e (XVI -XVIII SIÈCLES)
J u s t i f i c a t i o n s , r é p r o b a t i o n s , p r o p o s i t i o n s
J u s t i f i c a t i o n s , r é p r o b a t i o n s , p r o p o s i t i o n s R E C H E RC H E S A M É R I Q U E S L A T I N E S
LES PENSEURS IBÉRIQUES ET L’ESCLAVAGE DES NOIRS e e (XVI -XVIII siècles) Justifications, réprobations, propositions
Recherches Amériques latines Collection dirigée par Denis Rolland et Joëlle Chassin La collectionRecherches Amériques latinespublie des travaux de recherche de toutes disciplines scientifiques sur cet espace qui s’étend du Mexique et des Caraïbes à l’Argentine et au Chili. Dernières parutions Beyla Esther FELLOUS,La nature juridique des accords entre l’Union européenne, le Chili et le Mexique, 2015. Arnaud MARTIN,La laïcité en Amérique latine, 2015. Bernard GRUNBERG,A la recherche du Caraïbe perdu. Les populations amérindiennes des Petites Antilles de l’époque précolombienne à la période coloniale, 2015. Bruno MUXAGATO,Le leadership du Brésil en Amérique du Sud. De la contestation à l’émergence d’une hégémonie consensuelle, 2015. Françoise et Roland LABARRE,De la Castille médiévale à l’Amérique latine contemporaine. Seize études d’histoire et de littérature, 2015. Christophe BELAUBRE,Eglise et Lumières au Guatemala. La dimension atlantique (1779-1808), 2015. e Bruno MUXAGATO,La politique étrangère du Brésil au XXI siècle. L’action autonomiste et universaliste d’une puissance mondialisée, 2015. Simon LANGELIER,Le démantèlement du budget participatif de Porto Alegre. Démocratie participative et communauté politique, 2015. Javier PEREZ SILLER et Jean-Marie LASSUS,Les Français au Mexique, XVIIe-XXIe siècle (vol. 1), Migration et absences, 2015. Javier PEREZ SILLER et Jean-Marie LASSUS,Les Français au Mexique, XVIIe-XXIe siècle (vol. 2), Savoirs, réseaux et représentations, 2015. Angelica MONTES-MONTOYA, La représentation du sujet noir dans l’historiographie colombienne. Le cas de Carthagène des Indes (1811-1815), 2015. Hélène FINET et Francis DESVOIS,Chili 1973-2013. Mémoires ouvertes, 2014. La liste complète des parutions, avec une courte présentationdu contenu des ouvrages, peut être consultéesur le site www.harmattan.fr
Jean-Pierre TARDIEULES PENSEURS IBÉRIQUES ET L’ESCLAVAGE DES NOIRS e e (XVI -XVIII siècles) Justifications, réprobations, propositions
Illustration de couverture América (1590-1634).Théodore de Bry. Americae Pars Quinta. Nobilis et admiratione plena Hieronymi Bezoni Mediolanensis, secundae sectionis Hia. Hispanorum, tum in Nigrittas seruos suos, tum in Indos crudelitatem… © L’HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08506-7 EAN : 9782343085067
AVERTISSEMENT L’un des propos de cette étude a été d’en revenir aux textes originaux. Leur lecture évite la reprise d’analyses hâtives, voire erronées. L’utilisation abusive, à propos de la réduction en esclavage des Noirs, de l’expression « magnum scelus », prétendument tirée du bref de Pie IIPastor Bonus(1462), en est un bel exemple, qui porte à fâcheuse conséquence. Acceptée pour argent comptant, on la retrouve jusqu’à présent dans bon nombre de publications, multipliéead nauseampar les vecteurs informatiques. Fort heureusement ces moyens mettent à disposition des œuvres rares grâce à la numérisation, circonstance ici mise à profit. Lorsque cela semble nécessaire, il est fait appel aux traductions existantes ou à des transcriptions personnelles. Le texte initial en latin, espagnol ou portugais est dans ce cas cité, soit en regard dans le corps du développement, soit en note infrapaginale pour les références les plus longues. Le procédé relève d’un souci de précision : le lecteur aura ainsi loisir de comparer. Les travaux ne manquent pas sur le sujet. Comme ils sont souvent répétitifs, le parti a été pris de limiter les références bibliographiques à l’essentiel, de façon à ne pas noyer le propos dans des particularités accessoires. De même, l’auteur ne s’est pas attardé sur certains aspects dont il a déjà traité, estimant suffisants les renvois signalés. Principaux sigles utilisés A. G. I. : Archivo General de Indias, Séville. C. S .I. C. : Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Madrid. B. À .E. : Biblioteca de Autores Españoles. N. B. A. E. : Nueva Biblioteca de Autores Españoles. La graphie des textes cités, tirés de sources premières ou secondaires, a été conservée.
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INTRODUCTION En général, les spécialistes parlent d’un peu plus de trois siècles et demi de traite des Noirs et d’esclavage aux Amériques, partant du début du règne de Charles Quint pour arriver jusqu’au terme de la traite clandestine à Cuba et au Brésil. On sait que l’esclavage dura plus longtemps encore dans ces deux pays, prenant fin pour chacun d’eux respectivement en 1880-1886 et en 1888. Mais, à notre sens, on n’accorde pas suffisamment d’importance à ses origines. 1. Le cadre historique Les premières razzias négrières commencèrent un peu avant e le milieu du XV siècle, avec les expéditions du prince 1 portugais Henri le Navigateur , ce qui entraîna rapidement une progression de plus en plus forte de la présence africaine au Portugal et en Andalousie castillane, déjà bien perceptible sous l’emprise musulmane. Le statut servile de ces captifs et de leurs descendants en fit des auxiliaires indispensables à la conquête du continent américain, puis la main-d’œuvre de secours face à la baisse démographique des indigènes, suscitée par le choc épidémiologique, le choc culturel et surtout celui des mentalités avec l’introduction de concepts étrangers en rapport avec le travail. L’intensification de l’exploitation des richesses 1  Hugh Thomas étudie l’histoire du trafic des êtres humains de 1440 à 1870. Voir :The Slave trade, 1997. Nous avons utilisé la traduction espagnoleLa trata de los esclavos: Planeta, 1998. Dans le Livre premier,, Barcelona l’auteur fait à maintes reprises allusion au problème qui nous concerne. On ne considèrera ici que le trafic avec les Amériques espagnoles et l’esclavage dans ces mêmes lieux. Cette traite se situe dans un ensemble plus vaste et plus ancien, aspect développé par Olivier Pétré-Grenouilleau dansLes traites négrières. Essai d’histoire globale: Gallimard, 2004. Le but de cette, Paris étude étant bien circonscrit, on renverra le lecteur à ces deux ouvrages pour les aspects généraux, ainsi qu’aux deux premières parties de : François Renault et Serge Daget,Les traites négrières en Afrique: Karthala,, Paris 1985.
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