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Les sentiers de l'honneur

De
264 pages
Messaoud Oulamara a été l'une des chevilles ouvrières du mouvement indépendantiste algérien. Pendant 30 ans, il en a assuré la coordination dans la zone de la Haute-Kabylie. Publié d'abord en tamazight, le livre fait revivre la vie des années 30 et 40, la lutte pour l'indépendance, les passages de l'auteur en prison, notamment sous Ben Bella. C'est un témoignage vivant où l'auteur a accepté de parler "comme un simple Algérien qui a fait son devoir au même titre que les autres Algériens".
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Messaoud Oulamara
LES SENTIERS DE L’HONNEUR
Dans le Mouvement de Libération nationale en HauteKabylie : du PPA au FFSw
Témoignage recueilli et traduit du berbère par Aumer U Lamara FF
Les sentiers de l’honneurDans le Mouvement de Libération nationale en Haute Kabylie : du PPA au FFS
Messaoud Oulamara Témoignage recueilli et traduit du berbère par Aumer U LamaraLes sentiers de l’honneur Dans le Mouvement de Libération nationale en Haute Kabylie : du PPA au FFS
ISBN : 978-9931-315-11-7 Dépôt légal : 4029-2013 Maquette : Samir Hamadache Photos couverture : Archives privées© M. OULAMARA
© KOUKOU Éditions BP 52 – Chéraga Banlieue 16014 – Alger – Algérie Tél. : 06 61 50 69 22 Courriel : arezki_al@hotmail.com Ce livre a été publié dans sa version berbère sous le titre « Iberdan n Tissas »par les Éditions Le Pas Sage, Alger, 2007. Dépôt légal : 987–2006 - ISBN : 9961–9637–0-9© L'HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03123-1 EAN : 9782343031231
Sommaire
Sommaire.............................................................................................. 5 Introduction .......................................................................................... 7 Michelet, 8 août 1964........................................................................... 9 Armurier à Mongolfier....................................................................... 12 Michelet, 1937 : l’adhésion au PPA................................................... 20 Retour à Mongolfier (1939 – 1940) ................................................... 30 Le PPA clandestin à Michelet ............................................................ 32 L’épopée du « Manifeste et de la liberté »......................................... 45 Le soulèvement armé de 1945............................................................ 59 La mort de Laïmèche Ali.................................................................... 77 Le conflit entre le PPA et les Ouléma................................................ 88 Dans le PPA-MTLD........................................................................... 93 Ahmed Messali à Michelet................................................................. 95 La voie des armes............................................................................. 106 La « crise anti-berbère » dans le MTLD .......................................... 109 er La préparation du 1novembre 1954 .............................................. 125 er Le 1novembre 1954 : ratage à Michelet........................................ 128 L’attaque du camp militaire de Tizi Ldjamaâ .................................. 135 Première rencontre avec Amirouche................................................ 140 Élections de 1955 : candidats malgré eux ........................................ 146 Déluge de feu sur Michelet .............................................................. 154 Camp de Lodi, prison de Berrouaghia.............................................. 156 Le MNA dans la prison de Berrouaghia........................................... 165 Au maquis : 1957-1962.................................................................... 172 Mars 1962 : le cessez-le-feu............................................................. 224 La liberté, les luttes fratricides ......................................................... 229
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Les sentiers de l’honneur
Le recommencement ........................................................................ 235 En prison à Tazoult-Lambèse........................................................... 246 Épilogue............................................................................................ 248 Documents........................................................................................ 250
Introduction
Nous n’avions pas prévu de publier ce livre en français. Lorsque nous l’avions élaboré de jour en jour de 1985 à 1991, nous voulions, avec Messaoud Oulamara (Messaoud At Ammar), que ce livre soit un témoignage du peuple algérien dans sa langue, celle des souffrances, du combat, des rêves et de l’espoir. Ce livre, achevé en 1992, a été publié en 1 tamazight (berbère) en 2007 .
J’avais reçu, depuis, plusieurs demandes insistantes me conseillant de traduire ce livre en français pour toucher un public plus large. À chaque demande, je percevais chez mon interlocuteur une gêne que je m’empressais de lever, en disant à chaque fois:facile de lire en« c’est tamazight. Il est écrit avec la langue que nous parlons tous, tous les jours. Lis trois pages et je te garantis que tu arriveras jusqu’à la fin du livre ».propos, je ne Ces les avais pas inventés. Ce sont les témoignages émouvants de tous ceux qui l’avaient lu. Un des lecteurs avait résumé en une phrase son appréciation sur l’ouvrage: «adlis nni, yeccirriw aksum(ce livre donne la chair de poule) ».
Ce qui m’a convaincu de traduire ce livre en français pour le mettre à la disposition de ceux qui ne savent pas encore lire en tamazight, c’est l’échange que j’ai eu en septembre 2011 avec le fils d’un vieux militant de Larbaâ n At Iraten, l’un des premiers financiers et supports de l’insurrection en Kabylie et qui est cité dans ce livre. Il m’a dit ce jour-là : « traduis-nous le livre pour que nous puissions enfin le lire ! »de mots, mais Peu beaucoup d’émotion sincère dans la voix m’ont convaincu de reprendre l’ouvrage pour la traduction et de dialoguer, par l’esprit, pendant 2 plusieurs mois, avec Messaoud Oulamara, qui n’est plus parmi nous .
L’idée du livre est née après la conférence donnée par Messaoud Oulamara le 10 décembre 1984 à l’université de Tizi-Ouzou. Le récit des évènements, depuis sa prise de conscience et son engagement dans le combat nationaliste au sein du PPA dans les années 30, jusqu’à l’indépendance de l’Algérie en 1962, puis au soulèvement du FFS en 1963, avait suscité un immense intérêt de la part du millier d’étudiants et d’enseignants présents ce soir-là.
Dans son témoignage, Messaoud Oulamara avait fait revivre, avec une langue kabyle maîtrisée et une mémoire extraordinaire, la vie des 1 Iberdanntissas, Éditions Le Pas Sage, Alger, 2007. 2 Messaoud Oulamara est décédé le 29 octobre 2001. 7
Les sentiers de l’honneur
années 30 et 40, l’option radicale du PPA pour l’indépendance, puis le choix naturel de la voie des armes dès 1945 pour combattre et vaincre le colonialisme français. Les auditeurs étaient étonnés d’apprendre le rôle joué par les marchés hebdomadaires de la montagne, les relations entre villages et tribus, l’effet formateur des prisons. L’orateur avait aussi mis en lumière l’incurie de certains responsables politiques du PPA-MTLD, agrégat d’apprentis féodaux dans un pays colonisé, démystifié le rôle et le personnage du Zaïm. Le déclenchement de la lutte armée pour l’indépendance en 1954, par une poignée d’hommes, avait révélé progressivement que le peuple algérien était à chaque fois au rendez-vous, lorsque les guides donnaient l’exemple dans l’effort et le sacrifice. Ce témoignage vivant et construit donnait l’impression à l’auditeur de vivre dans les évènements relatés ; il fallait qu’il soit recueilli et publié. Messaoud Oulamara avait accepté de parler «comme un simple Algérien, qui a fait son devoir au même titre que les autres Algériens», comme il aimait à le répéter. Nous nous sommes mis au travail pendant six années. Dans cette traduction, nous avons collé au plus près à l’esprit et à la lettre du témoignage oral original, et adopté la transcription berbère des noms et des lieux, dans un souci de précision, au prix parfois de quelques lourdeurs dans la lecture. Aussi, avons-nous introduit quelques notes explicatives en bas de page, à chaque fois que cela était nécessaire, afin de clarifier un évènement, de préciser une date ou la trajectoire d’un des acteurs de l’époque. Dans ce témoignage recouvrant près de trente années d’une vie militante intense, des erreurs de date, de lieu ou de nom pourraient encore subsister. Ceci serait à mettre, hélas, sur le compte de la défaillance bien humaine de la mémoire, pour des évènements racontés, pour certains, 50 ans après leur déroulement. Que le lecteur en soit remercié pour sa compréhension. Aumer U Lamara
3 Michelet , 8 août 1964
Le chemin qui mène à la caserne de la gendarmerie ne m’est pas inconnu. Je l’ai emprunté bien avant aujourd’hui. En montant l’escalier, la couleur du granit des marches me rappela de vieux souvenirs. Lorsque je franchis le seuil de la porte, ma mémoire recomposa alors le long film des évènements. Ma première entrée eut lieu en mars 1947. C’est de là que je partis vers la prison de Tizi-Ouzo; la deuxième en janvier 1955 après l’attaque de la caserne de Tizi Ldjamaâ, la troisième en juin 1955 lors de la bataille de Timeghras. Pour la quatrième arrestation en novembre 1955, suivie d’un long séjour au camp de Lodi puis à la prison de Berrouaghia, j’étais passé par la caserne militaire de Michelet. Autre époque, autre lieu. La différence entre ces événements est fondamentale : hier, c’était les forces coloniales qui m’emprisonnaient, mais aujourd’hui la situation est bien différente...La situation du pays est préoccupante. 4 Les graves problèmesqui avaient surgi juste après l’indépendance en 1962, dans la suite de la terrible guerre de libération nationale, continuent d’empoisonner le pays en imposant un pouvoir illégitime, injuste et brutal. Le bilan est accablant. Au moment où nous avons arraché le pays desgriffes des colons et des caïds, nous voici entre les mains de Ben Bella et de ses miliciens. Une nouvelle guerre vient d’éclater, cette fois entre Algériens.Cette insurrection armée du Front des Forces Socialistes (FFS) contre le pouvoir de Ben Bella se limite toutefois dans son action à la seule région de Kabylie.
Je pensais que 1962 consacrait la fin de la guerre et des violences et que nous avions rendu notre pays à ses enfants. Je pensais alors que c’était la fin de la misère et de l’injustice et qu’une étape de paix et de bien-être serait le lot des enfants d’Algérie, une vie sans violence et sans colons, mais empreinte de solidarité pour la reconstruction de notre pays. Hélas! C’était dans ce moment de grands espoirs que de graves problèmes avaient surgi.
3 Depuis 1962, Michelet a été rebaptisé «Aïn El Hammam». Les gens du pays continuent de l’appeler indifféremment Michli, Lhemmam ou Ttlata (du nom du marché du mardi). 4 « Guerredes Wilayas» :opposant d’un côté le GPRA soutenu par les Wilayas II (Nord-Constantinois), III (Kabylie), IV (algérois), et la Fédération de France du FLN ; de l’autre côté l’État-major de Boumediene et l’armée des frontières soutenu par les Wilayas I (Aurès), V (Oranie) et VI (Sahara).
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