Les socialistes dans l'Europe en guerre

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La Grande Guerre est une rupture majeure dans l'histoire du socialisme français. Longtemps considérée comme secondaire, la participation socialiste au pouvoir pendant l'Union sacrée retrouve ici son originalité et sa complexité. L'histoire comparée des socialistes belges, russes ou britanniques éclaire d'une manière nouvelle l'expérience socialiste française. A partir d'archives nouvelles, les auteurs explorent les arcanes de l'action politique des grands ministres socialistes de l'époque : Marcel Sembat, Jules Guesde et surtout Albert Thomas.
Publié le : jeudi 1 juillet 2010
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EAN13 : 9782296258518
Nombre de pages : 237
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Les socialistes
dans l’Europe en guerre
Réseaux, parcours, expériences, 1914-1918

Sous la direction de
Romain Ducoulombier

Les socialistes
dans l’Europe en guerre
Réseaux, parcours, expériences, 1914-1918

conceptiongraphique|réalisation

béatriceVillemant

illustration de couverture :urjolinaisalettetnaticos,reiilimeTcxeJnats,e
estsurlefront,commenombredesescamarades.’O/LerciexnTeasJdnoFRUS

Introduction
François Cochet
Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paul-Verlaine de Metz

Ces journées d’étude organisées par Romain Ducoulombier apparaissent
comme un signe de renouveau, sous la forme du retour d’un classicisme
novateur. Depuis une quinzaine d’années, l’historiographie de la Grande
Guerre a été profondément renouvelée dans de nombreuses dimensions.
Pourtant, celle des familles politiques et de leurs attitudes durant la
guerre demeure négligée. C’est particulièrement le cas du courant majoritaire,
jusqu’en octobre 1918 du moins, au sein de la SFIO. Certes, de belles
1
études ont été consacrées auxouvriers , à certains départements en
guer2 3
re , ouauparlementarisme . Il faut bien reconnaître cependant qu’une
histoire culturelle de la guerre – au vrai davantage histoire des
représentations – dont j’avoue avoir étéun partisan à ses débuts, a imposé sa
griffe, ses analyses, parfois assezréductrices, et ses champs de recherche.
Outre sa dimension normative, même si ses principauxpromoteurs
parlent aujourd’hui de plus en plucélasticité »de la notion, la «s de l’«ulture
de gua tendance à prendre la partie émergente de l’iceberg poerre »ur
la totalité. L’orientation de plus en plus anthropologisante de certaines
approches sur la Grande Guerre semble négliger les
matériauxtraditionnels à l’historien que sont les archives. C’est en cela que la démarche

7

1.Jean-Louis ROBERT,Les Ouvriers, la patrie et la révolution.Paris 1914-1919, Besançon, Annales
littéraires de l’université de Besançon, 1995.
2.Jacques GIRAULT,Le Var rouge, Paris, Éditions de la Sorbonne, 1995.
3.Fabienne BOCK,Un parlementarisme de guerre, 1914-1919, Paris, Belin,2002.

de ce colloque procède effectivement d’un retour au classicisme de bon
aloi. Il s’agit d’avancer dans la connaissance des socialistes de 1914-1918
grâce à des approches construites sur la fréquentation des sources,
permettant de mieuxreconstituer l’univers mental de ces familles politiques,
de leurs réseauxet de leurs connexions en France et à l’étranger.

Plusieurs questions se posent de manière aiguë, sans souci d’exhaustivité.
Aupoint devue temporel, des aspects fondamentauxméritent d’être
4
précisés depuis les travauxpionniers de Jean-JacquesNoBecker .us
sommes, à l’été de 1914, dansun temps d’interférences, de chocs
temporels, entre des attitudes théoriquement prédéterminées chezles
socialistes européens et des comportements de très court terme, induits par
des attitudes nationales. Il reste des études à mener, notamment par la
multiplication de regards locaux, sur les attitudes socialistes qui courent
sur les quinze derniers jours de juillet et la première semaine d’août,
marquée, bien sûr, par la déclaration de Raymond Poincaré auxChambres,
mais plus encore peut-être par celle de Léon Jouhauxsur la tombe de
Jaurès, le 4 août. Depuisune trentaine d’années, prévaut l’image, certes
globalement exacte, qu’il n’ya pas eude manifestations massives contre
la guerre. Pourtant, de-ci, de-là, des signes sont attestés. Il faudrait dresser
lesvéritables géographie et morphologie des manifestations d’opposition
à la guerre.

L’« Union sacrée » est, pourune bonne part,une reconstructiona posteriori.
Il est douteuxque les socialistes d’août 1914 aient puprendre conscience
de ce qu’elle allait devenir dans la mémoire collective. L’assassinat de
Jaurès est fréquemment convoqué pour expliqudéboer le «udesssolement »
socialistes français. Cet aspect est capital, dans la mesure oùc’est Jean
Jaurès qui a donné auxsocialistes français le cadre de pensée de la guerre
que l’on retrouve après la réunion de Bruxelles fin juillet, lorsque les
dirigeants de la SFIO acceptent le principe d’une guerre défensive contre
la caste militaire allemande, qu’ils prennent bien soin de différencier du
peuple allemand. Jaurès est l’un des rares hommes politiques français à
avoir pensé la chose militaire à laveille duconflit. Le concept de guerre
défensive développé dansL’Armée nouvellea-t-il trop bien fonctionné aux
yeux? Podes socialistesur autant, Jaurès n’a pas que des thuriféraires au
sein de la SFIO et n’en est pas le seul dirigeant, loin s’en faut. Des pistes
supplémentaires doivent donc être explorées, notamment dans la rapidité
de la crise finale, ce qui, aupassage, revient à s’interroger sur les
modalités de réactivité ausein de la SFIO et de son appareil, même s’il n’est
pas aussi lourd que celui duPS actuel, bien sûr. L’habileté manœuvrière

8

4.Jean-JacquesBECKER,Comment les Français sont entrés dans la guerre, Paris, Presses de la Fondation
nationale des sciences politiques, 1977.

Les socialistes dans l’Europe en guerre

de Viviani et de Malvy, suspendant l’application du carnetB annoncée
parL’Humanitéle 2 août, est sans doute aussi pour beaucoup dans les
attitudes socialistes, mais,une fois de plus, il conviendrait de le
préciser, notamment à travers des cas de figures locaux. Dansun paradoxe
seulement apparent, les attitudes de très court terme des socialistes
français ontvisiblement consisté à concilier momentanément pacifisme et
défense nationale.

5
Une fois la guerre déclenchée, se poseune série d’autres questions .
Sans revenir audébat contrainte/consentement dont j’ai montré, je crois,
6
qu’il est factice et dépassé , quelques attitudes méritent d’être relevées
dans leur ambiguïté. L’entrée en silence d’un Pierre Monatte, sabordant la
Vie ouvrière,vaut-elle consentement sans nuance et sans arrière-pensée?
La question des procédés d’interaction se pose alors dans toute sa diversité
et sa complexité. Elle se pose tout d’abord auniveaudes individus
socialistes. Dixans après l’unification de 1905, les socialistes ont des ministres.
Il est intéressant de constater comment Louis Barthas, secrétaire de la
section socialiste de Peyriac-Minervois, dans l’Aude, s’adresse auministre
Marcel Sembat en août 1915 parun «cher citoyen Sembat». Afin de
préciser encore les attitudes individuelles des socialistes, les témoignages comme
ceuxde Barthas doivent être recensés méthodologiquement. Certains
7
jeunes chercheurs s’en occupent activement .

9

L’étude des procédés d’interactionvaut aussi pour les groupes et les
structures. Nous allons essayer de nous départir duregarda posteriorijeté par
les bolcheviks sur les socialistes de 1914, accusés d’avoir été des traîtres
à la cause révolutionnaire doublés d’opportunistes. Dans le moyen terme
de la guerre, il faut tenir compte des stratégies de la direction de la SFIO
pour contrôler le discours minoritaire et légitimer son discours
d’acceptation de la guerre, ce qui revient aussi à décrypter les fonctionnements
bureaucratiques à l’intérieur duparti socialiste, qui connaît des chutes
8
d’adhésion très importantes .

5.jàdélaaiavtrLeneuoitrepnratéeéntinceparVveléCHAMBARLHACetRomain DUCOULOMBIERdans
l’ouvrage qu’ils ontconjointementdirigé,Les Socialistes français et la Grande Guerre. Ministres
militants, combattants de la majorité (1914-1918), Éditionsuniversitaires de Dijon (EUD),2008; en
particulier VincentCHAMBARLHAC, « Logique d’un portrait(une brève historiographie des majoritaires de
guerre) », p. 17-24.
6.François COCHET,Survivre au front, 1914-1918. Les Poilus entre contrainte et consentement,
SaintCloud, Soteca/14-18 éditions,2005, etla rubrique «consentement/contrainte », RemyPORTE, François
COCHET(dir.),Dictionnaire de la Grande Guerre, Paris, RobertLaffont,2008, p.271.
7.Romain DUCOULOMBIERLa “Sociale” so, «us l’ueniforme : obéissancetrésistance à l’obéissance
dans les rangs dusocialisme etdusy», André Lndicalisme français, 1914-1916OEZ, Nicolas MARIOT
(dir.),Obéir/Désobéir. Les mutineries de 1917 en perspective, Paris, La Découverte,2008, p.266-279.
8.De 91000en 1914 à24000en 1916, selon Jean-Jacques BECKER,L’Europe dans la Grande Guerre,
Paris, Belin, 1996, p. 120.

Introduc tion

1

Des difficultés d’interprétation de la guerre surgissent incontestablement
pour les socialistes. Le rôle du capitalisme dans le déclenchement de la
9
guerre apparaît mal , à l’époque, privant les socialistes d’une part de leur
argumentaire sur «le capitalisme qui porte en lui la guerre, comme la
nuée l’orage». La guerre est-elle l’arme de la contre-révolution, comme le
suggérait Jaurès dans le numéro du 20octobre 1912 deL’Humanité, oùil
affirmait que « toute la démocratie ne tardera[it] pas à comprendre qu’elle
est la dupe et lavictime de la plus monstrueuse manœuvre de
contrerévolution européenne qui ait été tentée depuis 1849» ?
Bien sûr, la question de la participation des socialistes augouvernement
pose problème. Quand Aristide Briand redevient président duConseil, le
29 octobre 1915, après la démission de René Viviani, Abel Ferryraille ce
gouvernement oùl’on trouve Jules Guesde et Jules Méline ouCharles de
FreyJecinet : «viens ce matin d’allervoir Freycinet, ministre d’État auprès
de qui Sembat, autre ministre, m’avait procuréune audience, car pour
gouverner la France, il faut être actuellement, ousocialiste révolutionnaire,
10
ou»octogénaire .
Quand la guerre s’installe auplan militaire, c’est-à-dire quand la guerre
de mouvement cesse pour laisser la place àune forme inédite de combat,
unevéritable surprise imposée qu’est la guerre de tranchées, les socialistes
comprennent, comme les autres Français et Européens, que les conditions
qui les ontvuentrer dans le conflit ne sont plus d’actualité. S’expriment
alors des tiraillements internes, des forces centrifuges, qui rendent
nécessairesune approche comparative replacée dans la chronologie guerrière.
En Allemagne, le 2 décembre 1914, Karl Liebknecht refuse de continuer
devoter les crédits de guerre. En mars 1915, c’est autour de Karl Kautsky
et d’Eduard Bernstein. Il faut aussi allervoir ducôté des cinq députés de
l’Independant Labour Party(ILP) et des quatorze (sur soixante-dix-huit)
députés socialistes duReichstag qui refusent les crédits de guerre. En
France, autour de Jean Longuet et de la fédération de Haute-Vienne, on
trouve des socialistes quivoudraientvoir s’exprimerune précoce et ferme
volonté de solution pacifique à la guerre. Ils se sontvus qualifiés de
«délé11
gués de la Hau» par Jte trahisonules GuEn 1916, le CRRI (Comitéesde .
pour la reprise des relations internationales) condamne la «collaboration
de classe» des socialistes français. Il faut donc remettre dans la balance,
pour mieuxla nuancer peut-être, l’affirmation de Jean-Jacques Becker
selon laquelle «en réalité, le monde ouvrier et le mouvement socialiste
dans sa grande majorité étaient restés fidèles aumot d’ordre de défense
9.Jn-eacqJasueBECKER, « Le mouvementouvrier », François LAGRANGE(dir.),Inventaire de la Grande
Guerre, Paris, Universalis,2005, p.369 sq.
10.Abel FERRY, Carnets secrets, 1914-1918. « Ils étaient ainsi… du moins je les ai vus tels», Paris, Grasset,
1957, p. 125.
11.Cité par Jean GALTIER-BOISSIÈRE,Histoire de la Grande Guerre, Paris, Club dulivre dumois, 1959,
p.306.

0

Les socialistes dans l’Europe en guerre

1

12
nationale .» Qu’il n’y ait pas eu d’éclatement du Parti socialiste pendant la
guerre ne signifie pas que les lignes de fracture n’aient été déjà profondes.
De la même manière, il faut préciser les travauxde Madeleine Rebérioux
13 .
sur les socialistes européens dans la guerre .

Auterme de cette introduction trop sommairement programmatique, je
voudrais terminer avec les attitudes extrêmement intéressantes d’un
homme politique qui n’appartient pas à la famille socialiste,un ancien
militaire inscrit auParti radical, pour montrer ce que l’on pourrait
peutêtre percevoir comme des attitudes mentales qui fonctionnent par
imprégnation ducredosocialiste, ouen tout cas de l’idée que ce radical se fait
de lui. «Nous entendons, puisqu’on nous a déclaré la guerre, la faire
révolutionnairement comme en 1793 », déclare Adolphe Messimy, ministre
14
de la GuAerre .umoment oùles armées françaises sont dansune retraite
qui ne tourne pas à la débâcle par le talent organisationnel de Joffre, mais
15
aussi par sa poigne de fer , des fragments d’un discours suPatrier la «
en danger», réminiscence de 1793 et des premières levées en masse,
ressurgissent nettement chezAdolphe Messimy. On connaît ses deux
télégrammes à Joffre du28 août 1914 :

1

« Vousvoudrez bien, à l’avenir, faire venir les officiers relevés de leur
commandement au Grand Quartier général, par automobile, les faire passer en conseil
de guerre. J’estime qu’il n’est pas, comme en 1793, d’autres peines que la
desti16
tution et la mort. »

Le même jour, Messimyrécidive :
« Jereçois votre télégramme signalant des défaillances. Contre celles-ci, il n’y a
pas d’autre peine que la mise à mort immédiate : les premiers frappés doivent
être les officiers coupables, s’il en est. La seule loi en France, à l’heure actuelle,
est : vaincre ou mourir. Je vous renouvelle mon invitation formelle à porter aux
fonctions les plus hautes des jeunes hommes énergiques, décidés à vaincre à tout
17
prix. Éliminez les vieillards, sans pitié. »

12.anJeesquac-JBECKER, « Le mouvementouvrier »,op.cit., p.369 sq.
13.Madeleine REBÉRIOUX, « Le socialisme etla Première Gu»,erre
mondialeJquacseDROZ(dir.),Histoire générale du socialismeerP,siravinusess5-583.64,P.2,t79e4ec1,,7.p1t99tairersiFranesde
14.Lieutenant-Colonel Alain PORCHET, «Adolphe Messimy»,14-18 La Grande Guerre, n°21,
aoûtseptembre 2004, p. 48-55. Capitaine breveté de l’École de Guerre à27 ans, Adolphe Messimyquitte
l’armée après la publication du«cuseJ’aclo.ad»ZeunojeDevstlinaurhèadile,traPuaerlacidari.Éludéputé
de Paris en 1902, puis député de l’Ain, il seratrois fois ministre : ministre des Colonies dans le cabinet
d’ErnestMonis de mars à juin 1911, ministre de la Guerre dans le cabinetdeJosephCaillauxde juin 1911 à
janvier 1912, aumomentde la crise d’Agadir, puis, de juin à août 1914, dans le cabinet de René Viviani.
15.On sait par les travauxdugénéral AndréBach que c’estaucours des mois d’aoûtà décembre 1914
que le nombre des fusillés pour l’exemple estle plus élevé.Cf.AndréBACH,Fusillés pour l’exemple,
1914-1915, Paris, Tallandier,2003.
16.Télégramme d’Adolphe MessimyàJoseph Joffre du 28 août1914, cité dans Joseph
JOFFRE,Mémoires du Maréchal Joffre, 1910-1917,t. 1, Paris, Plon, 1932, p.303.
17.Ibid., p.305.

Introduc tion

12

Il me semble que l’on peut voir dans ce discours extrémisteunevolonté
quasi historienne de la part de Messimyde retrouver les élans de 1793,
mais aussi de se concilier les faveurs socialistes sur les thématiques de la
guerre juste.
Il reste à préciser les postures des socialistes face à l’économie de
guerre et à la question de la participation gouvernementale lorsque le conflit
s’est installé, notamment dans sa dimension industrielle. Ces journées
d’étude sont donc importantes, et à plusieurs titres. Il s’agit de croiser
des échelles temporelles emboîtées – très court terme de fin juillet-début
août de 1914, moyen terme de la durée de la guerre, et long terme de
mémoires socialistes et communistes concurrentielles –, en abordant l’état
scientifique actuel de certaines questions qui évoluent : courants ausein
de la SFIO, imprégnation de ces milieuxpar la guerre, postures locales.
Mais il ne s’agit pas ici de faire le tour dusujet.

1

4

LorsdesobsèquesdeJeanJaurès,assassinéle31juillet,lesorateurssocialistesserallientauprincipe
e
delaguerredéfensive.Entouréd’unefoulesaisieparl’émotion,MarcelSembat,députéduXVIII
arrondissement,affirmedanssondiscoursque«nulplusqueluin’aimaitlaFrance,dontilétaitle
e
plus illustre représentant ».PuvicraesdaMFnoter/CHS duXX siècle.

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FasciculedemobilisationdeDanielRenoult.LefuturmairedeMontreuilestmobiliséàl’âgede34
ansdanslaclasse1900.Comme des milliers de militants socialistes, Renoultne chercha pas à se
soustraire àun « devoir » réclamé par la nation envahie.Coll. Musée de l’histoirevivante – Montreuil.

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Le socialiste DanielRenoult (au centre, à la barbe fournie) pose entouré des hommes de la compagnie
e
de mitrailleuses du 31Régiment d’infanterie.Coll. Musée de l’histoirevivante – Montreuil.

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«Vauxrot, 29 novembre 1914Vathis ou le petit Mercure des infirmiers.».Ce portraitde l’infirmier
Xénophon Vathis par HenranarolFeneitrapprisélatànecèeseddslevaeiimilatriequepandyDis
celui-cidessinedanssescarnetsetsacorrespondance.XénophonVathis,aveclequelHenryatenté
de quitter le front temporairementà l’aide de fauxpapiers médicaux, est tué en janvier 1915 après
avoir été renvoyé en première ligne.Archives familiales de la familleDispan de Floran.

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e
LeJournaldemarcheopérationnel(JMO) duservice de santé du 23rédigé1 RI
par HenryDispan de Floran. Le jeune homme a inséré dans son rapportjournalier
– faitrarissime –un dessin des nouveauxmasques à gaz touchés par sonunité.
Archives duService Historique de la Défense.
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_722_018/
viewer.html, page 16.

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Premier numéro duTuyau de la roulante.Ce journal detranchée estrédigé sous la direction
dusous-lieutenantJosé-Germain Drouilly, avec le concours d’HenryDispan de Floran, à laveille de
e
la dissolution du 231 RI. Suscité parune demande ducommandement, le journal ne connutque
quatre numéros.Archives familiales de la familleDispan de Floran.

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LettredeJeanLonguetàFrançoisSimiand,chefdecabinetd’AlbertThomas, 18 novembre1916.
Les archives Thomas conservent un épais dossier des courriers adressés par le chef de file de la
minorité socialiste auministre desArmements, dans lesquels il sollicite son appui auservice de ses
administrés. Ici, les cas d’Edmond Tourince etd’un certain Schmitz, pour obtenir des affectations
à l’arrière.Archives nationales, fonds AlbertThomas 94 AP.

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DanslaFranceenguerre,les«bonnesœuvres»prolifèrent. LaSFIO et laCGT d’ailleurs, ne sontpas
en reste.Cette action civique en faveur des civils comme des soldats n’empêche pas de réclamer
la paix, mais elle metbien en relief les limites de l’action publique des organisations ouvrières face
auxconséquences de l’effortde guerre.Coll.IFHS.

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Une lettre d’insulte àAlbertThomas,25 octobre1916. «Vive la Révolution !Nous sommes 100 000.
Assez de bluff !!!! C’estfini, on ne marche plus, on en a mare de se fairetrouer la peau. La paixouon
se révolte. Rendez-nous nos femmes nos enfants nos parents. Mortauxcapitalistes etalors on les
aura. SignéCaurobert.».Archives nationales, fonds AlbertThomas 94 AP.

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