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Les socialistes français et la question marocaine

De
276 pages
A l'égard de la colonisation du Maroc, plusieurs tendances se sont manifestées au sein du parti socialiste (Jaurès, les guesdistes et Gustave Hervé). Depuis la crise de Tanger de 1905, la position de ces trois tendances évoluera en fonction des circonstances. Cet ouvrage fournit un éclairage d'un très grand intérêt sur les débats menés au sein du parti socialiste sur le Maroc et d'une manière plus large sur la question coloniale. Un demi-siècle plus tard, sous la IVème République, les mêmes divergences se manifesteront au sein de la SFIO sur le Maroc, et avec plus d'acuité sur le problème algérien.
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Les socialistes français et la question marocaine
(1903-1912)

Collections CREAC-Histoire - Politique et Société Centre de Recherches et d'Études sur l'Algérie Contemporaine Le CREAC entend: - Promouvoir la publication d'ouvrages anciens, tombés dans le domaine public dont la richesse historique semble utile pour l'écriture de l'histoire. - Présenter et éditer des textes et documents produits par des chercheurs, universitaires et syndicalistes français et maghrébins. Déjà parus aux Éditions l'Harmattan
L'immigration algérienne en France de 1962 à nos jours (œuvre collective sous la direction de Jacques Simon) publié avec le concours du FASILD.
La Fédération de France de l'USTA (Union Syndicale des Travailleurs riens. Regroupés en 4 volumes par Jacques SIMON, en 2002). Le premier Congrès Ouin 1957). Le deuxième Congrès (novembre 1959). FLN contre USTA. Son journal: La Voix du Travailleur Algérien. Messali Had} (1898-1974), Chronologie commentée. Les couples mixtes chez les enfants de 1 'immigration Bruno Laffort, publié avec le concours du FASILD. Algé-

algérienne.

- La Gauche en France et la colonisation de la Tunisie. (1881-1914). Mahmoud Faroua, publié avec le concours du FASILD. - L'Etoile Nord-Africaine du FASILD. (1926-1937), Jacques Simon, publié avec le concours (1947-

- Le MTLD (Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques 1954)(Algérie), Jacques Simon, publié avec le concours du FASILD. - La réglementation de' l'immigration algérienne en France. Sylvestre Tchibindat, publié avec le concours du FASILD.

- Un Combat laïque en milieu colonial. Discours et œuvre de la fédération de Tunisie de la ligue française de l'enseignement (1891-1955), publié avec le concours du FASILD. - Algériens et Français. Mélanges d 'histoire (œuvre collective). A paraître: - Novembre 1954, la Révolution commence publié avec le concours du FASILD. en Algérie. Jacques Simon, sera

- Les Socialistes français et la question marocaine(1903-1912), Mejri, sera publié avec le concours du FASILD. - Les Algériens dans le Nord pendant la guerre d'indépendance. ty, sera publié avec le concours du FAS/LD. - Le logement des Algériens concours du FASILD. - Les communautés

Abdelkrim Jean René Gen-

en France. Sylvestre Tchibindat, sera publié avec le

juives de l'Est algérien de 1865 à 1906. Robert Attal.

Abdelkrim MEJRI

Les socialistes français et la question marocaine
(1903-1912)

Publié avec le concours du FAS/LD

CREAC
L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

- Histoire
L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

L 'Harmattan Hongrie 1053 Budapest Kossuth L.u. 14-16 HONGRIE

À la mémoire de mon père. À ma famille. À mes amis.

@L'Hannattan,2004 ISBN: 2-7475-7488-1 EAN : 9782747574884

Avertissement
cycle (diplôme de Cet ouvrage est à l'origine, une thèse de 3ème recherches approfondies), préparée sous la direction de Messieurs les professeurs André Nouschi et feu Béchir Tlili et soutenue à la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis en janvier 1987, sous le titre: Les socialistes français et la colonisation du Maroc. (1903-1912). Je témoigne ma gratitude à ma femme Béhija qui a dactylographié toute la thèse. La publication de cet ouvrage a nécessité sa relecture. Je remercie Mme Leila Rammah (née Marzouki) et Mr.Lotfi Chkir qui ont réalisé cette tâche. Je remercie également mon fils Mohamed Amine, Monsieur Ahmed Amine Bahri et Mme Hanafi Sihem qui ont assuré la saisie du texte et sa mise en forme. Par respect pour l'historiographie tunisienne, le texte a été, à part quelques modifications insignifiantes, reproduit intégralement. D'ailleurs depuis 1987 aucune étude n'a traité, à ma connaissance, cette question de la position des socialistes français à l'égard de la question marocaine.

Avant propos
Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à M. Béchir TLILI qui nous a orienté vers la recherche en histoire occidentale et nous a beaucoup aidé dans l'élaboration de ce travail. M. André NOUSCHI nous a inspiré le sujet et nous a guidé tout au long de sa réalisation; qu'ils trouvent ici l'expression de notre reconnaissance et le témoignage de notre dévouement.

Introduction

L'histoire occidentale contemporaine représente pour l'historien tunisien, une discipline de haute importance pour deux raisons au mOIns: - La première est d'ordre pratique: une partie des programmes d'histoire dans l'enseignement secondaire et supérieur est réservée à I'histoire occidentale. - La deuxième relève de l'interpénétration des civilisations: en plus de sa civilisation arabo-musulmane, le Maghreb demeure, à la suite du fait colonial, influencé par la civilisation occidentale. Ces raisons ont motivé notre choix qui s'est fixé sur l'étude d'un mouvement sociopolitique d'avant-garde, à savoir le socialisme français et sa position à l'égard de la colonisation d'un pays maghrébin. Dès le début du XXémesiècle, le processus de colonisation du Maroc était en gestation. En effet, la création, par Eugène Etienne, chef du Parti colonial, du Comité du Maroc, ne laissa aucun doute sur la velléité expansionniste des coloniaux dans cette partie de l'Afrique du Nord. Faisant partie des forces politiques françaises de l'époque, les socialistes français ne tardèrent pas à s'exprimer sur cette question. Jean Jaurès avait, dès 1903, à travers un discours à la tribune de la chambre des députés, défini, pour la première fois, sa position à l'égard de la question marocaine. A partir de cette date, les socialistes français allaient suivre l'évolution de l'affaire marocaine, ses ramifications militaires, ses enjeux économiques et ses incidences sur les relations internationales. Plusieurs thèmes contradictoires, en rapport avec la colonisation étaient débattus: la pénétration pacifique et les crimes coloniaux, la mission civilisatrice et les intérêts financiers, le patriotisme et l'antimilitarisme... Il nous a paru indispensable de présenter, brièvement dans la première partie, le mouvement socialiste français, sa genèse, son évolution et son attitude à l'égard de la colonisation et son corollaire, le militarisme.

N'est-il pas également indispensable de savoir si les socialistes français, réunis dans un seul parti en 1905, avaient adopté, à l'égard de la question marocaine, une position commune ou bien, au contraire, les divergences antérieures les avaient empêchés d'agir dans l'unité, imposée par l'internationale ouvrière? Comment peut-on expliquer leur position? Est-ce par le fait qu'ils appartenaient à un parti d'opposition ou bien existait-il d'autres facteurs explicatifs tels que l'humanisme, le patriotisme et l'antimilitarisme ? L'horreur de la guerre et le souci majeur de la paix avaient-ils déterminé les socialistes français à sacrifier la question marocaine sur l'autel de la paix européenne? Pour répondre à toutes ces questions, nous avons consacré la deuxième partie à l'aspect international du début de la question marocaine (1903-1906) et l'évolution de la position de Jean Jaurès. Dans la troisième partie, nous avons analysé l'attitude des socialistes vis-à-vis de l'intervention militaire française et le conflit des deux sultans (1907-1908). Dans la dernière partie, nous avons traité la position des socialistes français vis-à-vis de la domination économique française au Maroc, le traité du protectorat et le projet de colonisation socialiste de Lucien Deslinières. Faut-il souligner finalement que nous nous sommes limités à l'étude des positions des socialistes appartenant, dès 1905, au Parti socialiste S.F.I.O., sans tenir compte de celles des socialistes organisés dans les colonies françaises ou celles des socialistes indépendants parce que la S.F.I.O. était le parti le mieux organisé à travers ses fédérations, ses sections et ses congrès annuels, le mieux implanté dans le pays et le plus représenté au Parlement avec 51 députés en 1906, 74 en 1910 et 103 en 1914. Ses différentes tendances s'exprimaient à la tribune de la Chambre des députés et à travers ses multiples journaux et revues. C'est ainsi que l'ensemble des articles de presse, les discours parlementaires et les comptes-rendus des congrès socialistes nationaux et internationaux nous ont offert une documentation abondante et nous ont permis de mettre au jour les positions des socialistes français à l'égard des événements qui ont déterminé l'établissement du protectorat français au Maroc en 1912. 12

Première partie

Les socialistes français et la question coloniale

Chapitre I Du socialisme français et de ses tendances
(1871-1912) Dans les premières années du XXème siècle, la position des socialistes français vis-à-vis des problèmes posés à l'époque, n' était pas toujours homogène. Faut-il en chercher l'explication dans l' héritage des différents partis qui ont fusionné en 1905, pour donner naissance à la S.F.I.O. (Section Française de l'Internationale Ouvrière) ? Est-il alors, indispensable de présenter les socialistes avant et après l'unité, afin de mieux cerner leurs positions vis-à-vis du problème qui nous concerne, à savoir, la question marocaine? 1) Les origines du mouvement socialiste français Après l'échec de la Commune 1,certains communards ou sympathisants de la Commune ont eu une activité politique et intellectuelle dans le pays d'exil. Jules Guesde 2, réfugié en Suisse, devint un des militants responsables de le « Fédération jurassienne» 3 et collabora à la rédaction d'un texte qui condamna Marx. Paul Brousse4 fut l'auteur d'un texte célèbre paru à Genève en 1874 : « Le suffrage universel et la souveraineté du peuple» 5. Édouard V aillant 6 se trouvait parmi les trente trois signataires

du « Manifeste aux communeux » 7 paru à Londres en juin 1874. Le retour de ces exilés et la libération des prisonniers politiques en 18808,jouaient un rôle considérable dans la naissance des partis et des organisations socialistes. Rentré en France en 1876, J. Guesde collabora à la fondation de l'Égalité, le 18 novembre 1877 qui « ne sera pas seulement républicaine en politique, athée en religion, elle sera avant tout socialiste. » 9.Le journal suspendu le 14juillet 1878 reparut le 21 janvier 1880. Le groupe de Égalité avait tenté d'organiser un congrès ouvrier international entre le 24 août et le 2 septembre 1878 à Paris, mais fut empêché par l'arrestation de Jules Guesde
et ses amis 10.

C'était en prison que J. Guesde préparait une première esquisse de programme du parti ouvrier en gestation: « Programme et adresse des socialistes révolutionnaires» Il. Durant cette première période d'organisation du mouvement ouvrier (1876-1882), des congrès se tinrent à Paris (2-10 octobre 1876), à Lyon (28 janvier-8 février 1887), à Marseille (20-31 octobre 1879). Ce troisième congrès ouvrier décida la création d'un parti nouveau: « La fédération du parti des travailleurs socialistes de France» 12. Si certains communards tels que E. Vaillant, étaient restés à l'écart de ce parti, d'autres, au contraire, allaient collaborer à cet effort d'organisation du mouvement ouvrier entamé par J. Guesde et ses amis 14. Cette collaboration resta limitée dans le temps, puisque, pour une question d'organisation, une première scission eut lieu au rvème Congrès, tenu au Havre en novembre 188015. Le yème Congrès tenu à Reims du 30 octobre au 6 novembre 1881, marque

l'opposition de Benoît Malon 16 et Joffrin au programmeélectoral élaboré à Londres 17, mais J. Guesde et ses amis restèrentmajoritaires. Une autre scission eut lieu également, lors des élections législatives de 1881 ; ce fut le départ des blanquistes et des anarchistes. Ce déchirement se manifesta amplement au YIème Congrès ouvrier et socialiste tenu à Saint-Etienne en septembre 1882. Les guesdistes se retirèrent devant l'opposition de la majorité et tinrent leur Congrès à Roanne. Ce dernier maintint « que pour l'expropriation de la classe capitaliste, qui est notre but, il n

y

a

qu'un moyen, l'action révolutionnaire. »18.C'était sur cette base que Guesde et ses amis avaient fondé le Parti ouvrier français. La majorité des délégués qui n'avait pas suivi Guesde au Congrès de Saint-Etienne, était pour un socialisme du possible à la fois législatif et municipal et était convaincue que le collectivisme devait résulter d'une évolution lente et logique 19. Le chef de file de cette majorité était Paul Brousse. Les broussistes ou les « les possibilistes » ont fondé la « Fédération des Travailleurs sociaux ». Cette majorité allait se disloquer encore en 1890, à la

suite de la séparation des allemanistes20 du mouvement possibiliste qu'ils jugeaient trop réformiste21. Les allemanistes étaient
pour la primauté de la lutte économique sur l'action politique, 16

pour réaliser des réformes immédiates et possibles et étaient partisans de la grève générale. D'autre part, ils étaient antimilitaristes et exigeaient la suppression des armées permanentes et leur rem-

placement par l'armée du peuple 22. Cette aile révolutionnairefonda le Parti socialiste ouvrier révolutionnaire (P.S.O.R.) qui se dis-

tinguait par l'ouvriérisme 23.
Si les broussistes et les allemanistes étaient issus du gues-

disme, les blanquistes24 s'étaient organisés,en dehors et en opposition au mouvement de Jules Guesde. Celui-ci voulait assujettir l'action syndicale à celle du Parti, alors que, Édouard Vaillant était pour l'indépendance du mouvement syndical. Les blanquistes se regroupèrent dans le Comité révolutionnaire central qui se transforma en Parti socialiste révolutionnaire en 1898. Ce nouveau Parti insistait sur la dictature révolutionnaire, le patriotisme

révolutionnaire,l'abolition de l'État et l'antimilitarisme25.
L'anarchisme allait, également, influencer le mouvement syndical français 26.Les anarchistes répandirent le collectivisme libertaire, la négation de toute autorité et refusèrent l'action politique légale. En dehors de ces tendances différentes qui se déchiraient, certains socialistes tenaient à conserver leur indépendance de juge-

ment et d'action, c'étaient les socialistes indépendants27. Ils n'avaient pas d'organisation centrale qui les rassemblait, pourtant ils exerçaient une grande influence dans le pays par le biais de la

presse et de la tribune parlementaire 28. Benoît Malon fonda en 1880 La Revue socialiste, ouverte à toutes les tendances socialistes « et, en dehors d'elles, exprima le socialisme indépendant, plutôt réformiste que révolutionnaire. Malon disait ainsi: Soyons révolutionnaires quand les circonstances l'exigent et réformistes toujours »29. Alexandre Millerand 30,par son éloquence, au Parlement, et ses articles de presse dans la Petite République, condamnait l'action violente et insistait sur le suffrage universel pour l' affranchissement des travailleurs 31 .

Jean Jaurès 32, un autre socialiste indépendant, avait joué un

rôle considérable dans le mouvement socialiste français et était convaincu « que le socialisme n'est que l'élargissement naturel de la République. » 33 17

Tous ces socialistes indépendants désiraient concilier l' idéalisme et le matérialisme, ils croyaient en l'évolution pacifique vers le socialisme et n'étaient pas contre toute alliance avec la fraction libérale de la bourgeoisie dans des circonstances excep-

tionnelles 34.
Les origines idéologiques
35

des différentes personnalités du

socialisme indépendant, leur influence sur l'opinion publique, par la presse et au Parlement, allaient leur permettre de répandre leurs

idées évolutionnistes au sein même des écoles révolutionnaires
et de jouer un rôle important dans le rapprochement tes tendances du mouvement socialiste français.

36

des différen-

2) L'échec des tentatives d'unité (1896-1901) Face à ces organisations socialistes isolées, d'autres forces politiques dont l'influence était grande dans le pays existaient. La division des socialistes faisait d'eux des minorités sans importance au Parlement et dans le pays. Certains socialistes allaient essayer de mettre fin à cette dispersion et proposèrent des bases d'unités. Au banquet de la Porte Dorée, organisé par les républicains socialistes du Xèmearrondissement, le 30 mai 1896, Millerand, en présence de Jules Guesde, Paul Brousse, Édouard Vaillant, Jean Jaurès et d'autres socialistes, prononça: « le Discours de SaintMande ». Millerand y annonça un programme commun pour l'unité des forces socialistes 37. Le programme insistait sur la substitution nécessaire et progressive de la propriété sociale à la propriété capitaliste, l'œuvre du suffrage universel dans la conquête des pouvoirs publics et la nécessité de ne pas sacrifier la patrie à l'internationalisme 38. Ce discours trouva écho au Parlement et la majorité des députés socialistes le votèrent 39. Si l'affaire Dreyfus avait provoqué des dissentiments graves40, l'échec du socialisme français aux élections de 1898, au contraire, invita les socialistes à s'organiser et à s'unir pour la défense de la
République
41

.

Le 16 octobre 1898, se tint une réunion à la Salle Vantier sous la présidence de Jean Jaurès et avec la participation de toutes les organisations socialistes 42.

18

guère d'activité 43. Un autre comité, appelé « Comité d'Entente »,
fut organisé par les allemanistes où les cinq courants socialistes étaient représentés. Ce Comité avait constitué des groupes de défense de la République 44. Mais la participation de Millerand au ministère de Waldeck Rousseau, allait troubler le cours de cette marche vers l'unité. La première réaction vint de Vaillant qui affirma 45 que le vieux communard ne pouvait guère accepter qu'un de ses camarades du groupe, devienne ministre à côté d'un fusilleur 46. Les députés guesdistes démissionnèrent du groupe d'Union socialiste, le 25 juin 1899 47. Lafargue, Fortin, Zévaès et Guesde condamnèrent la politique déviationniste et le scandale de Millerand 48. Jaurès représentait ceux qui approuvaient la participation de Millerand dans un ministère de combat 49. Malgré ces dissentiments, Jaurès lança l'idée d'un Congrès d'unité, le 7 juin 1899 à Tivoli Vaux Hall. Le Congrès eut lieu le 3 décembre 1899 au Gymnase Japy 50. Les débats étaient dominés par la question de la participation de Millerand au ministère de Waldeck Rousseau, question à propos de laquelle les socialistes indépendants s'opposèrent aux révolutionnaires 51. Finalement, il a été décidé d'organiser un Comité général composé des délégués représentants les organisations socialistes, les syndicats ouvriers, les coopératives et les fédérations autonomes 52.On décida également, la tenue d'un Congrès annuel. Au lendemain de la clôture du Congrès international qui s'était tenu à Paris du 23 au 27 septembre 1900 53,s'ouvrit le deuxième Congrès général des organisations socialistes, Salle Wagram le 28 septembre 1900 54. Des incidents eurent lieu au cours de ce congrès qui était voué à l'échec. Les révolutionnaires protestèrent contre la présence de certains socialistes indépendants, les guesdistes demandèrent également l'expulsion du délégué coupable d'agression contre Andrieu. Devant le refus du Congrès, les guesdistes quittèrent la salle aux cris répétés de « assassins, assassins. » 55 Au Congrès de Lyon, tenu du 26 au 28 mai 1901, le Parti socialiste révolutionnaire et trois fédérations révolutionnaires se 19

Le Comité de vigilance créé à la suite de cette réunion n'avait

retirèrent, à la suite du rejet de la motion qui rendait Millerand

responsable de ses actes 56. Le Congrès vota un projet d'unité socialiste, fondement du Parti socialiste français (P.S.F.)57, dont la charte fut adoptée par le Congrès de Tours en mars 1902 58. Parallèlement à cette action patronnée par Jaurès, Guesde et Vaillant se mirent, rapidement, d'accord pour créer le Parti socialiste de

France à Ivry, le 3 novembre 1901 59.
Les deux partis entrèrent dans une phase de lutte jusqu'à la création de la S.F.1.0, sachant que sur le plan électoral, le Parti socialiste français l'emporta sur le Parti socialiste de France car, aux élections de 1902, le Parti de Jaurès enleva 37 sièges alors que celui de Guesde n'en obtint que 14. 3) La création de la S. F. I. O. en 1905 Les luttes internes du socialisme français, ne répondaient point au nouveau contexte national et international. La menace de guerre, la hausse des prix et les heurts sociaux poussaient les socialistes à chercher l'unité. Sur la demande du Parti socialiste de France, la question des

règles internationales de la politique socialiste 60, fut inscrite à
l'ordre du jour du Congrès international d'Amsterdam de 190461. La résolution de Dresde, amendée par la délégation allemande, fut adoptée par vingt cinq voix contre cinq, et douze abstentions: « Le Congrès repoussa de la façon la plus énergique, les tentatives révisionnistes tendant à changer la tactique éprouvée et glorieuse basée sur la lutte contre la bourgeoisie, par une politique de concessions à l'ordre établi. »
62

Mais Vandervelde

déposa

contre, signé par: Adler (Autriche), Bebel (Allemagne), Enrico Ferri (Italie), Kautsky (Allemagne) et Troelstra (Pays-Bas), un texte résolument unitaire 63 : « Le Congrès déclare: pour donner
à la classe des travailleurs, toute sa force dans la lutte contre le capitalisme, il est indispensable que, dans tous les pays en face
des partis bourgeois, il n

y ait

qu'un parti socialiste,

comme

il n

y

a qu'un prolétariat. En conséquence, tous les militants et toutes les fractions ou organisations qui se réclament du socialisme ont le plus impérieux devoir de travailler de toutes leurs forces à la réalisation de l'unité socialiste sur la base de principes établis par les congrès

20

internationaux dans l'intérêt du prolétariat international, vis-àvis de qui ils sont responsables des conséquences funestes de la

continuation de leurs divisions. » 64 C'était au nom du Parti socialiste de France, que Vaillant apporta son accord à cette résolution. De son côté, Jaurès affirma qu'il avait toujours travaillé en faveur de l'unité. Finalement, le texte fut voté à l'unanimité 65. Ainsi, le Congrès international d'Amsterdam avait préparé le terrain pour l'unité des socialistes français; bien plus, ill' avait imposée, sans conditions, pour l' intérêt du prolétariat international. De retour en France, le Parti socialiste de France et le Parti socialiste français, se mirent au travail pour réaliser leur unité. Dès le 30 août 1904, la Commission exécutive du Parti socialiste de France affirma, dans le Socialiste, « que le Parti est prêt à réaliser l'unité socialiste sur la base des principes établis par les congrès internationaux. » 66 Le 4 octobre 1904, la Commission exécutive devint, Commission d'unification. Le Parti socialiste français décida, le 23 octobre, de participer à cette Commission. Le 27 novembre, la Commission était déjà constituée, elle se composait de sept délégués pour chacun des trois partis: le Parti socialiste français, le Parti socialiste de France et le Parti socialiste ouvrier révolutionnaire et d'un délégué pour chaque Fédération autonome 67. Le 30 décembre 1904, la Commission d'unification adopta un projet de résolution commune, véritable charte de l'unité: « le Parti socialiste, tout en poursuivant la réalisation des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière, n'est pas un Parti de réformes, mais un Parti de lutte de classe et de révolution. » Le but de ce Parti serait de socialiser les moyens de production et d'échanges. Au Parlement, ses élus devraient former un groupe unique en face des fractions politiques bourgeoises et « que l'ensemble des élus relève du contrôle de l'organisme central. » La liberté de discussion serait accordée à la presse, pour toutes les questions de doctrine, mais pour l'action, les journaux devraient se conformer aux décisions du Parti, le groupe parlementaire disposa d'une représentation collective au Conseil national 68.

21

Toutes les organisations représentées à la Commission d'unification adhérèrent à cette déclaration. Le 13janvier 1905, la Commission d'unification se transforma en Commission d'organisation du Congrès unitaire. Le même jour, le Bureau Socialiste International (B.S.I.) fut avisé de cette conclusion des travaux. Le 22 mars 1905, elle convoqua le Congrès d'unification à Paris du 23 au 25 avril 190569.Ainsi, s'ouvrit le Congrès d'unification, à Paris, Salle du Globe où on réserva trois séances à la discussion du

projet de règlement, finalement adopté à l'unanimité 70. Ainsi, fut
crée le Parti socialiste S.F.I.O. (Section Française de l'Internationale Ouvrière). Certains socialistes français ainsi que certaines fédérations et

sections n'adhérèrent pas à cette unité 71. Certains députéstels que

Augagneur et Gérault Richard, démissionnèrent du Parti à la suite d'un discours retentissant de Gustave Hervé, membre de la Commission Administrative Permanente, sur le militarisme 72;d'autres

le quittèrent à la veille des élections de 1906 73.
Malgré ces départs, la S.F.I.O.rassemblait la majorité des socialistes français qui n'avaient pas, pour autant, oublié leurs divergences et leurs conflits hérités de « l'ancien régime du socialisme français. ». Donc, l'unité semblait être un acte politique plutôt qu'une fusion d'idées. Aux anciens courants guesdiste, broussiste et jauressiste s'ajoutaient de nouvelles tendances: les partisans du socialisme ou-

vrier, autour de Hubert Lagardelle 74 et les « insurrectionnels »,
autour de Gustave Hervé 75. Chaque tendance disposait de son propre organe, Car à côté du Socialiste, organe officiel du parti socialiste S.F.I.O., on trouve le Mouvement socialiste de Lagardelle, La Revue socialiste dirigée par Eugène Foumière 76, I 'Humanité de Jaurès, la Guerre sociale de Gustave Hervé, le Socialisme de Jules Guesde et le Prolétaire de Paul Brousse. Les divergences et les vicissitudes des socialistes, concernant les problèmes fondamentaux et les questions de tactique, se manifestèrent à travers ces différents organes et dans les congrès du Parti. La situation du jeune parti unifié risquait d'aboutir à une scission. Cependant, Jaurès, par un esprit synthétique, était arrivé à souder l'unité au Vème Congrès du Parti socialiste S.F.I.O. qui s'ouvrit à Toulouse le 15 octobre 1908. Son discours avait pu sa22

tisfaire toutes les tendances, de l'extrême droite à l'extrême gauche, du réformisme au syndicalisme révolutionnaire. Le texte rapporté par Jaurès fut adopté à l'unanimité moins une voix, celle de

Jules Louis Breton qui allait, d'ailleurs, quitter le parti 77.
En réalité, ce vote ne supprimait pas toutes les tendances, mais il donnait à l'unité un nouvel élan: «formelle» au début, l'unité
devient « active et vivante»
78.

Si la cohabitation de différents courants dans la S.F.I.O. est

chose acquise entre 1906 et 191479, ses répercussions sur l'attitude du Parti à l'égard de la question coloniale et plus précisément la question marocaine et le rôle joué par Jaurès dans le rapprochement des tendances au niveau de ce problème, restent à définir? Mais n'est-il pas nécessaire d'avoir une idée sur la place qu'occupait la question coloniale dans les préoccupations des socialistes français avant et après l'unité?
Notes:
1 Gouvernement révolutionnaire (18 mars- 27 mai 1871) installé à Paris après la levée du siège de la ville par les Prussiens. Le Conseil de la Commune était composé d'éléments très divers, parmi lesquels on trouvait les socialistes (Varlin), les Blanquistes (Ferré, Rigault, Vaillant). Ce Gouvernement a été renversé à la suite d'un nouveau siège de la capitale par l'armée régulière du gouvernement de Thiers fixée provisoirement à Versailles. La répression était impitoyable (40 000 arrestations, 13 000 condamnations). Donc, le mouvement révolutionnaire a été écrasé mais le souvenir de la Commune restait vivant dans la pensée socialiste. 2 Jules Guesde (1845-1922), son vrai nom est Jules Bazille, républicain démocrate au Second Empire, devint par la suite une des personnalités marquantes du socialisme dont il représentait la tendance orthodoxe. Député en 1893 et ministre d'État de 1914 à 1916. 3 Claude WILLARD, Le mouvement socialiste en France (1893-1905) : les guesdistes, Éditions Sociales, Paris 1965, p. 13. 4 Paul Brousse (1844-1912), socialiste français, fondateur du Parti possibiliste ou broussiste en 1882. 5 D'après Paul Brousse, il faut développer les organes naturels qui sont, la Commune, la Corporation et détruire les organes fictifs. 6 Édouard Vaillant, né à Vierzon (Cher) le 28 janvier 1840. Docteur en médecine, il adhéra très jeune à la « Jeunesse Internationale », se plaça aux côtés de Blanqui et participa, dès le 31 août 1870, à tous les mouvements révolutionnaires qui donnèrent naissance à la Commune de Paris en mars 1871. Réfugié en Angleterre, il fit la connaissance de Karl Marx. Rentré en France en 1880, il

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participa à la réorganisation du mouvement socialiste français et fut un des artisans de l'unité de 1905. Il était élu député, régulièrement de 1893 jusqu'au 18 décembre 1915, date de sa mort. 7 Les signataires se déclarent athées, communistes et révolutionnaires. 8 Suite à la suppression de l'état de siège le 4 avril 1876 et à la promulgation du texte d'amnistie du Il juillet 1880. 9 Georges LE FRANC, Le mouvement socialiste sous la Troisième République, tome I (1875-1920), Petite bibliothèque Payot, Paris 1977, p. 34. 10 C. WILLARD, Les guesdistes, op. cit. , p. 13. Guesde était condamné à six mois de prison et 600 francs d'amende. Il Ibid. 12G. LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cit. , p. 41. 13Parmi lesquels on peut citer, Jean Allemane, Paul Brousse et Benoît Malon. 14G. LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cit. , p. 42. 15La scission des modérés (Keufer), des blanquistes (A. Boyer) et des anarchistes (Dormoy). 16Benoît Malon, né à Prétieux (Loire) le 23 juin 1841, pâtre puis laboureur, il n'apprit à lire qu'à vingt ans, vint à Paris poux travailler comme teinturier, il consacra tous ses moments de loisirs à l'étude des sciences sociales. Membre de la IéreInternationale en 1876. Condamné à deux reprises pour ses activités politiques. Il était connu par la Revue socialiste, fondée en 1880 et par d'autres ouvrages dont L 'histoire du socialisme et Le Socialisme intégral. 17 Fruit d'un travail vraiment collectif, le « Programme électoral des Travailleurs socialistes» est précédé de « Considérant» que Marx a rédigé et dont Engels dira à juste titre qu'ils constituent un « chef d'œuvre d'argumentation saisissante, explicable aux masses en peu de mots» : huit paragraphes de deux ou trois lignes rigoureusement enchaînés où figurent un certain nombre de mots clefs émancipation, producteurs, moyens de production, appropriation collective, expropriation de la classe capitaliste et un certain nombre d'idées forces: action révolutionnaire du prolétariat, parti politique distinct, usage de tous les moyens y compris le suffrage universel. Le programme lui-même, subdivisé en programme politique et programme économique, reprend des revendications concrètes immédiates, déjà formulées le plus souvent par les congrès ouvriers, ou nées de l'expérience de la Commune: en les faisant précéder des Considérants, l'équipe guesdiste leur donne une dimension révolutionnaire nouvelle, elle les intègre dans la perspective d'un changement total des bases de la société a écrit Madeleine REBERIOUX dans sa contribution: le socialisme français de 1871 à 1914, in Histoire générale du socialisme, tome II de 1875 à 1918, publiée sous la direction de Jacques DROZ. P. U. F., Paris 1974, p. 154.
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19Jean TOUCHÂRD, La gauche en France depuis 1900, Éditions du seuil, Paris 1977, p. 53. 20 Du nom de Jean Allemane, né le 25 août 1843 à Boucou en Sauveterre, dans les Pyrénées centrales, Il fréquente l'école jusqu'à dix ans, puis il commence à travailler à Paris, dans l'imprimerie. Dès 1862, il adhère à la chambre syndicale des typographes. Il participe à la Commune et a été déporté en Nouvelle Calédonie, puis rentré en France grâce à l'amnistie, il rejoint le Parti ouvrier français. Il 24

G. LE FRANC Le mouvement

socialiste,

op. cit. , p. 47.

suit Brousse à la Fédération des Travailleurs socialistes et fonde avec ses amis le 21 octobre 1890, Parti socialiste ouvrier révolutionnaire. 21 Jacques DROZ, Le socialisme démocratique (1864-1900), Armand Colin, Paris 1966, p. 66. 22 G. LEFRANC, Le mouvement socialiste en France, op. cit. , p. 70. 23 J. DROZ, Le socialisme démocratique, op. cit. , p. 66. 24 Du nom de Louis Blanqui, communard mort en 1881. 2S C. WILLARD, Les guesdistes, op. cit. , pp. 392-393. 26 Idem., p. 399. 27 J. DROZ, Le socialisme démocratique, op. cit. , p. 67. 28 J. TOUCHARD, La gauche en France, op. cit. , pp. 54-55.
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Ibid; p.154.

Millérand(Alexandre),né à Paris le 10février 1859,avocat,journaliste, parti-

38 Idem., p. 101. 39 idem., p. 102. 40 Certains socialistes tels que Jules Guesde, refusèrent de se mêler dans cette affaire purement bourgeoise. 41 G. LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cit. , p. 103. 42 Idem., p. 104. 43 Ibid.

cipa à la Justice de Clemenceau. Élu au Conseil municipal de Paris en 1884; comme radical socialiste, député de la Seine, à une élection complémentaire, en décembre 1885, toujours réélu depuis. Directeur de La Petite République en 1899, entrait comme ministre du Commerce dans le cabinet Waldeck Rousseau, poste qu'il occupa jusqu'en 1902, provoquant par « le cas Millerand », une crise dans le Parti socialiste qu'il quitta du reste bien avant l'unité de 1905. Plusieurs fois ministre de 1909 à 1920, devint Président du Conseille 8 janvier 1920, élu Président de la République le 23 septembre 1920 et le resta jusqu'en 1924, il se retira devant le cartel des gauches. Mort en 1943. 31G. LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cit. , p. 98. 32Jean Jaurès (1859-1914), né à Castres dans le Tarn. Agrégé de philosophie en 1881, chargé d'enseignement à la Faculté des Lettres de Toulouse. Élu député du Tarn sur la liste d'Union Républicaine en 1885, puis comme député socialiste de Carmaux en 1893, Jaurès restera dans la Chambre jusqu'à sa mort, sauf entre 1898 et 1902. Publiciste, il collabora à plusieurs journaux et revues et fonda en avril 1904, l 'Humanité. Artisan de l'unité socialiste, connu par sa hantise de la guerre, il fut assassiné le 31 juillet 1914, au moment où il défend la paix. 33LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cit. , p. 94. 34C. WILLARD, les guesdistes, op. cit. , p. 402. 3SJaurès de l'Union républicaine, Millerand, radical socialiste, Rouanet et Fournier (disciples de Benoît Malon). 36C. WILLARD, Les guesdistes, op. cit. , p. 422. 37G. LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cit. , p. 100.

44Ce Comité a participé à une manifestation pour la défense de la République le Il juin 1899.

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G. LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cit. , p. 106. 46 Il s'agit de Galliffet qui avait durement réprimé la Commune. Vaillant écrivait à Millerand « Vous iriez collaborer avec ce bourreau (Galliffet), cela me paraît si odieux et si ignoble que je ne puis y croire. Cité dans le Dictionnaire de la politique française. Publié sous la direction Henry Coston, Paris 1967, p. 704. 47 L'union du groupe socialiste au Parlement a duré de 1893 à 1899. 48 C. WILLARD, Les guesdistes, op. cit. , p. 422. 49 G. IEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cil. , p. 106. 50 Idem., p. 107. 51 C. WILLARD, Les guesdistes, op. cil. , pp. 428-429. 52 G. LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cil. , p.l09. 53 Kautsky, tout en commandant implicitement l'expérience Millerand, appuie Jaurès contre Guesde. 54 C. WILLARD, les guesdistes, op. cil. , p. 450. 55 Ibid., p. 451. 56 Ibid., p. 524. 57 Le (P.S.F.) comprend, les socialistes indépendants, les broussistes, les allemanistes et quelques anciens guesdistes. 58 C. WILLARD, les guesdistes, op. cil. , p. 525. 59 G. LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cil. , p.112. 60 C. WILLARD, les guesdistes, op. cil. , p. 574. 61 Ibid., p. 575. 62 Cité par G. LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cil. , p.120 et par C. WILLARD, les guesdistes, op. cil. , p. 574. 63 G. LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cit. , p.120. 64 Ibid. 65Ibid.,p.121. 66 Le Socialiste, 28 août - 4 septembre, cité par C. WILLARD, les gu esdis tes, op. cil. , p. 575. 67 G. LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cil. , pp.121-122. 68 C. WILLARD, les guesdistes, op. cil. , p. 577. 69 G. LEFRANC, Le mouvement socialiste, op. cil. , p.125. 70 C. WILLARD, les guesdistes, op. cil. , p. 582. 71 Telles que la Fédération de Lorraine et la Section Clermont-Ferrand qui restèrent en dehors du Parti socialiste unifié. 72 Hervé (Gustave), né à Brest en 1871, mort à Paris le 25 Octobre 1944. Publiciste, professeur et avocat, Hervé se donna tout entier, dans la première partie de sa vie, à la propagande des idées socialistes et antimilitariste dans le Travailleur socialiste et le Pioupioudde de l'Yonne. Plusieurs fois poursuivi et condamné pour ses articles antimilitaristes. Après l'unité socialiste, il devint l'un des leaders de l'aile gauche de la (S.F.I.O.). Fondateur de la Guerre sociale en 1906. Lorsque la guerre éclata, Hervé se rallia à l'Union Sacré et son journal s'appela la Victoire. 73 C. WILLARD, les guesdistes, op. cil. , p. 584. 74 Lagardelle (Hubert), né le 8 juillet 1874 à Toulouse (Haute-Garonne), mort à Paris le 20 septembre 1858. Avocat et Publiciste, disciple de Proudhon. Il fut l'un des principaux théoriciens du syndicalisme révolutionnaire et de la grève

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générale. Il fonda en 1898, le Mouvement socialiste dont il fut longtemps le directeur et à laquelle collabora Georges Sorel. 75M. REBERIOUX, Le socialisme français, op. cit., p. 203. 76 Fourière (Eugène), né à Paris le 31 mai 1857. Ouvrier bijoutier, participa au Congrès ouvrier de Marseille de 1879. Condamné en 1882 pour avoir été prendre la défense des grévistes du bassin minier de d' Alais. Il collabora à la Petite République et à de nombreux journaux socialistes. Élu au Conseil municipal de Paris en 1894 et 1898. Député de l'Aisne en 1898. Il dirigeait la Revue socialiste. Mort à Paris en 1914. Parmi ses ouvrages, Théories socialistes au XIxme siècle. 77Paul Brousse était, également, exclu du Parti par la Fédération de la Seine.
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Ces propos de Louis Dubreuilh sont rapportés bution, le socialisme français, op. cit. , p. 206. 79 Ibid., p. 207.

par REBERIOUX dans sa contri-

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