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Lettres sur le communisme

De
150 pages
C'est pour dire le besoin de communisme dont il a conscience que l'auteur écrit ces lettres. Il interpelle le lecteur parce que "satisfaire le besoin universel d'humanité est possible, à condition d'abolir le capitalisme". Il revient ici sur la création du PCF et ses raisons, l'internationalisme, le centralisme démocratique, la "mutation" du PCF, le réformisme des dirigeants communistes, l'affaiblissement du communisme en France, la place de l'Etat dans la révolution, et termine par des perspectives d'action pour aujourd'hui.
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Lettres sur le communisme
Un intellectuel communiste témoigne et réagit

Questions Contemporaines Collection dirigée par JP. Chagnollaud, B.PéquignotetD.Rolland
Chômage, exclusion, globalisation... Jamais les « questions contemporaines» n'ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines» est d'offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective.

Dernières parutions Christian SAVES, La Gauche française, 2008. Voula P. MEGA, Modèles pour les villes d'avenir. Un kaléidoscope de visions et d'actions pour des villes durables, 2008. Élisée MONTF AJON, La discrimination positive à l'université aux Etats-Unis. L'exemple des universités du Wisconsin, 2008. C. A. AGUIRRE ROJAS, L'Amérique latine en rébellion, 2008. Sylvain BARTET, Jean-Paul BEAUQUIER, Pour en finir avec ceux qui ne veulent plus être socialistes..., 2008. Gilles ROTILLON, Faut-il croire au développement durable ?, 2008. Michèle MILLOT, Jean Pol ROULLEAU, Le syndicalisme autrement, 2008. Michel BOULANGER (dir.), Le cannabis dans tous ses états, 2008. Radouane BNOU NOUÇAIR, Atouts et faiblesses de l'immigration au Québec, 2008. Elian ROBERT, Les médecins et la vie politique locale, 2008. Michel PERRIER, Du souci des autres à l'autre comme souci. La grande casse du médico-social, 2008. Philippe POITOU, L'Athéisme, la spiritualité de la raison, 2008. Gilbert BEREZIA T, Quand l'université se réveille, 2008. Marlène PARIZE, La part de l'autre, 2008. Christophe de BROUWER, Le problème de la santé au travail. Protection des travailleurs ou nouvel eugénisme? 2008.

Jean-Pierre Combe

Lettres sur le communisme
Un intellectuel communiste témoigne et réagit

L'Harmattan

@ L'Harmattan, 2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005

Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusi on. harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-07832- I EAN : 978229607832 I

Pourquoi

ai-je écrit les présentes

lettres?

Lorsque j'ai écrit les lettres que voici, la crise économique couvait, sans être encore déclarée: les principales institutions chargées de l'information de notre pays n'en parlaient guère, sauf pour commenter telle ou telle de ses manifestations en la réduisant aux dimensions d'un accident. Mais nous étions quelques communistes qui avions conscience de ce qu'elle était là, et qui n'étions pas dupes des commentaires que nous servaient les porte-parole de l'empire bourgeois. Pour nous, les restructurations, délocalisations et autres fermetures d'ateliers, d'usines, ainsi que les fermetures des mines de fer et de charbon qui les avaient-précédées, n'étaient rien d'autre que des destructions, c'est-à-dire en termes économiques des dévalorisations de capitaux accumulés: la dévalorisation tient sa bonne place dans la panoplie des procédés dont se servent les propriétaires pour gérer les capitaux. En l'occurrence, ce sont les propriétaires des plus gros capitaux qui mènent le bal : depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, ils ont étendu le réseau de leurs trusts à la quasi totalité du monde: d'une part, ils ont réagi aux luttes de libération des peuples coloniaux en transformant les colonies en néo-colonies, puis ~n les vouant au sous-développement, afin de les soumettre au prélèvement sauvage du profit; d'autre part, ils ont récolté les fruits de l'effort séculaire qu'ils consacraient à refouler, à contenir et à subvertir

les pays du

«

camp socialiste ».

Mais leur victoire porte dans l'économie capitaliste une conséquence néfaste qui renouvelle les sources des plus grandes violences: la masse des capitaux que l'économie capitaliste doit faire tourner a été multipliée au moins par deux: cela impose aux propriétaires de capitaux de refaire

le calcul du taux des profits qu'ils prélèvent; car le profit capitaliste planétaire a été, lui, divisé par le même facteur, par deux si ce n'est davantage. Nous savons qu'en matière de profits, les capitalistes sont très gourmands, et qu'ils le sont d'autant plus que leurs capitaux sont plus gros: le beurre ne leur suffit pas, ils veulent aussi mettre la main sur l'argent du beurre, et, sans doute en guise de prime de risque, posséder la fermière en plus! Leur plus gros problème, depuis que l'économie socialiste a presque partout cessé de fonctionner, c'est de rétablir à son niveau précédent le taux du profit qu'ils prélèvent. Or, le seul moyen de le faire dans un délai qu'ils estimeront satisfaisant, c'est de dévaloriser une part suffisante du capital qui tourne dans l'économie capitaliste. Le taux du profit capitaliste planétaire ayant été divisé par deux ( ou davantage ), c'est la moitié ( ou davantage) du capital de l'économie capitaliste qu'il leur faut dévaloriser, c'est-à-dire stériliser et détruire. C'est à cela qu'ils se sont attachés aussitôt, et c'est cela qui détermine les politiques que les propriétaires des plus gros capitaux de la planète assignent aux états qui les servent (Etats-unis d'Amérique, Grande-Bretagne, République fédérale d'Allemagne, Japon, France, Italie, Espagne, etc ... ). Et tous les jours, nous observons les actes qui manifestent ces politiques: ce sont les licenciements massifs, les fermetures de mines, les mises en friche de terres arables (qu'ils prennent la précaution d'appeler mises en jachère, mais ne nous laissons pas tromper: la jachère n'est rien d'autre qu'une friche temporaire!...), l'accroissement du chômage et la multiplication des statuts précaires, les fermetures, restructurations, délocalisations d'ateliers, d'usines, d'entreprises ... L'effacement pur et simple de l'économie de la RDA fut la dévalorisation de toute une région. 6

D'autres actes politiques servent à dévaloriser massivement les capitaux: ce sont les guerres. Celles notamment qui ont ravagé les territoires de l'ouest balkanique et détruit la Yougoslavie ont aussi détruit une énorme quantité de capitaux. Il en est de même de celle qui n'en finit pas d'écraser l'Irak ... En réalité, toutes les guerres qui ravagent différents

pays du monde depuis l'effondrement du

«

camp socialiste»

servent aussi à dévaloriser des masses de capitaux: ce faisant, elles contribuent à approfondir la misère qui frappe les membres des peuples, et pas seulement dans les pays en guerre !... Les manifestations financières de la crise économique sont venues se rajouter à cela: mais la crise frappe l'ensemble de l'économie capitaliste, et nul ne pourra la circonscrire ni à l'économie virtuelle, ni aux mouvements des monnaies... En vérité, les évènements de la fin du vingtième et du début du vingt-et-unième siècles apportent de nouveau une remarquable et dramatique confirmation aux résultats des travaux de Karl Marx et de Friederich Engels: ils montrent en effet à l'évidence que les gouvernements des principaux états du monde ne servent pas les intérêts des peuples qu'ils encadrent, mais ceux des principaux trusts capitalistes, et que ceux-ci, désormais organisés sur le plan mondial, dictent la politique que ces gouvernements vont mettre en œuvre. D'où vient aux trusts capitalistes le pouvoir illégitime qu'ils exercent de se substituer aux peuples pour dicter aux gouvernements la politique à mettre en œuvre? A la fin de l'Ancien Régime, François-Noël Babeuf avait montré que les guerres féodales n'étaient qu'une des modalités de l'exercice par la «Noblesse » de la propriété nobiliaire, qui ramenait à la personne privée du seigneur les privilèges attachés aux domaines féodaux.

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Dès les débuts de la révolution, Babeuf, qui était sans fortune, c'est-à-dire «Sans-Culottes », fut confronté aux manœuvres par lesquelles la bourgeoisie s'appropriait les domaines terriens jusque-là objets de la propriété féodale ( ou aristocratique) en substituant les règles bourgeoises aux règles féodales de la propriété: Babeuf prit le parti de défendre les paysans, le parti de défendre les intérêts de ceux qui devaient travailler la terre de leurs propres mains pour vivre. Plusieurs procès l'affrontèrent tantôt à des aristocrates défendant leurs anciens privilèges, tantôt à des bourgeois avides de s'approprier les domaines des aristocrates: au bout de ces procès, il forma la revendication de nationaliser la terre afin de la retirer du marché: Babeuf ( c'est alors qu'il changea une deuxième fois son prénom et prit celui de Gracchus) proposa à la révolution de faire de la terre un bien national inaliénable, dont l'usage soit partagé entre les paysans, c'est-à-dire entre ceux qui la travailleront de leurs mains pour se nourrir et nourrir leur famille; Babeuf appe-

lait

«

partage usager» ce partage de l'usufruit de la terre en-

tre ceux qui la travailleront eux-mêmes; il proposait de faire de l'administration de ce partage usager la mission d'un magistrat élu ( sur le plan municipal ou cantonal ). En formulant et en argumentant cette revendication, Gracchus Babeuf fondait le communisme en France; mais c'était contre vents et marées: avant d'être condamné à mort sous l'accusation d'anarchisme et de perdre la vie le 27 mai 1797, il eut le temps de constater que la substitution des règles bourgeoises aux règles aristocratiques de la propriété de la terre avait plongé les paysans dans une misère bien pire que celle qu'ils subissaient sous l'Ancien Régime. Après l'écrasement de l'empire de Napoléon premier, deux jeunes étudiants allemands, Karl Marx et Friederich Engels prirent le parti de la révolution et se mirent, dans cet esprit, à l'étude militante des sociétés européennes; leurs travaux, tout en faisant d'eux des amis de tous les instants,

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les conduisirent à généraliser les constatations faites par Gracchus Babeuf du lien profond, essentiel, qui attache, depuis la formation des sociétés féodales, la guerre à la composante privée de la propriété nobiliaire: Marx et Engels comprenaient que ce lien n'est pas limité aux époques féodales, qu'il concerne les entreprises manufacturières (donc aussi industrielles) et commerciales comme les entreprises agTicoles, et qu'il se manifeste non pas seulement dans la gllerre, mais dans toute l'étendue de la politique. C'est ce qui les a conduits, dès 1848, à insérer dans le «Manifeste du parti communiste », outre leur appel à l'union des prolétaires de tous les pays, les recommandations -+ d'appuyer en tous pays tout mouvement révolutionnaire contre l'ordre social existant, -+ de mettre en avant la question de la propriété à quelque degré d'évolution qu'elle ait pu arriver, comme la question fondamentale du mouvement, -+ de travailler à l'union et à l'entente des partis démocratiques de tous les pays, -+ de ne pas reculer devant le fait que l'ordre social passé ne se laissera pas renverser sans déclencher la violence. C'est que Marx et Engels avaient constaté qu'en réalité, la propriété privée, inaliénable et sacrée donne aux propriétaires de capitaux le pouvoir exorbitant de confisquer les droits civiques de leurs salariés et d'augmenter d'autant leur propre pouvoir politique: pour réaliser l'égalité des citoyennes et des citoyens en droits, en dignité, pour ouvrir à chacun l'accès au bonheur de vivre, il est nécessaire de mettre fin à la propriété privée des capitaux agraires, industriels, commerciaux et financiers et de soumettre le capital à un régime national (ou social, c'est la même chose) de propriété. Il n'y a rien de nouveau dans la société capitaliste, sauf qu'elle achève de mondialiser sa malfaisance; sauf, par

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conséquent, qu'elle mondialise le besoin populaire du communIsme. C'est un besoin qui concerne tous ceux qui produisent tous les biens et richesses et qui ne reçoivent en retour qu'à peine de quoi vivre; tous ceux qui sont privés du droit de participer à cette production et condamnés au chômage, ou à vivre d'une assistance de toutes façons insuffisante; tous ceux qui, quoique vivant bien, ne sont pas satisfaits de vivre dans une société qui n'existe que par l'énorme quantité d'injustices, de misère et de malheurs qu'elle produit. C'est pour dire la conscience que j'ai de ce besoin humain du communisme que j'ai écrit ces lettres, et pour interpeller leurs lecteurs, parce que satisfaire le besoin universel d'humanité est possible, à condition d'abolir le capitalisme. Saint Martin la Méanne, le jour de l'endive, deuxième quartidi de brumaire an 217 de la République ( 4 novembre 2008 ) première lettre: le 9 juin 2008 au lecteur

Bien sûr, tu n'es pas forcément communiste. Mais j'ai voulu que tu puisses lire ces lettres que j'ai rédigées pour des communistes: pour cela, je les ai ouvertes. La raison en est que les problèmes que j'y aborde ne se posent pas seulement aux membres d'un parti communiste ou d'autres formations communistes: ils se posent à tous les citoyens de ce pays qui tiennent à rester des citoyens et qui se refusent pour cette raison à jeter aux oubliettes l'histoire de la chute du royaume de France, l'histoire de l'émergence qui a fait de la Nation l'acteur de la souveraineté française en lieu et place du Roi, l'histoire de la naissance de la République et, en même temps, l'histoire de la première mise en vigueur du principe que l'on a appelé, plusieurs décennies plus tard, le principe de laïcité des institutions 10

républicaines. Depuis les premiers balbutiements du communisme, qui ont eu lieu en Allemagne pendant les évènements révolutionnaires consécutifs à la chute de l'empire de Napoléon Bonaparte, dit Napoléon premier, et que plusieurs raisons me conduisent à reconnaître en France dans l'activité révolutionnaire de Gracchus Babeuf, bien qu'il n'ait guère employé ce mot, depuis lors, donc, les communistes, en France et pas seulement en France, comme en témoignent certains textes importants de Marx, d'Engels et de Lénine, se sont toujours revendiqués de cette fidélité au sens fort donné à la République par la Révolution française, à l'essence de la démarche des Droits de l'Homme et du Citoyen, à la Liberté, à l'Egalité, à la Fraternité. Et pour ma part, parce que je suis communiste, je traite les problèmes qui se posent au communisme dans la fidélité à cette tradition républicaine et révolutionnaire. Ils se posent à partir de deux séries d'évènements. Les plus urgents procèdent de l'évolution actuelle de notre société: ce qui la caractérise est l'alourdissement incessant et rapide de l'exploitation capitaliste, consécutif à l'abrogation de fait des règles que le mouvement ouvrier, par son action revendicative, avait réussi à imposer à la bourgeoisie capitaliste; cet alourdissement est encore aggravé par les autres mesures que prennent les états capitalistes pour libérer et renforcer le mouvement capitaliste de l'exploitation. Pour les travailleurs français, les conséquences de cet alourdissement sont dramatiques: ~ stagnation des salaires, traitements, retraites et autres pensions, ainsi que des revenus de précarité, pendant que les prix des denrées nécessaires à la vie quotidienne ne cessent d'augmenter, ces dernières années de plus en plus vite, et pendant que la pression au travail pour augmenter la productivité de 11

~

chaque minute atteint des sommets tels que le travail lui-même devient pathogène, source de maladies.. . fermetures d'hôpitaux, de bureaux de services publics, de lignes de chemin de fer, délabrement délibéré des communes, fermetures de classes et d'écoles communales, fermetures, restructurations et délocalisations d'entreprises, diminution de l'emploi salarié aboutissant à faire tomber la part qu'occupent les salaires dans le PIB à moins de la moitié ( depuis lors, l'économie française paye moins de salaires que de revenus commerciaux, de dividendes, de jetons de présence, de parachutes dorés et d'autres rémunérations capitalistes! );

~

augmentation

du chômage, de l'emploi précaire et de

l'emploi dit assisté au détriment des emplois salariés; ~ etc... La situation de ceux qui ne peuvent vivre qu'en vendant leur force de travail est toujours plus difficile à supporter, et dans le peuple monte la condamnation de ceux qui ont conduit notre pays dans cette impasse et de ceux qui l'y maintiennent en engageant sa destruction. Mais la formulation de cette condamnation manque de justesse et de précision. C'est qu'il manque à notre peuple la formation, le parti politique capable de faire l'analyse politique de cette situation, de la faire du point de vue du travailleur prolétaire, c'est-à-dire de celle ou de celui qui ne possède rien que ses bras, rien que son corps et son intelligence; il manque le parti capable de mettre en évidence les causes de cette situation, ses profiteurs et parmi ceux-ci, ceux qui portent la responsabilité politique: ce qui manque à notre peuple, c'est un véritable parti communiste, un parti franchement communiste! 12

Ici interviennent les problèmes procédant de la seconde catégorie d'évènements: il s'agit des effondrements qui se sont produits à l'est de l'Europe, et qui ont provoqué la disparition des états qui participaient de ce que nous appelions le camp socialiste, et la disparition du camp socialiste luimême. Les bourgeoisies qui dominaient alors l'ouest européen et le monde capitaliste se sont emparées de ces effondrements, exploitant leur caractère soudain, inattendu et massif pour en saturer les moyens de communication idéologique, la presse écrite et télévisée et l'édition libraire, et pour tirer profit de cette saturation en imposant à toute la population une représentation schématique, unilatérale, répugnante et grotesque de ce que fut la vie dans les pays du camp socialiste. Au sein de cette représentation, les mêmes idéologues bourgeois s'attachent à démontrer que les gouverne-

ments de ces pays, rebaptisés

«

régimes », y ont tout détruit

et ont réduit la population à un véritable servage; peu importe l'étendue des approximations qui leur sont nécessaires pour brosser ce tableau, il s'agit pour eux de disposer d'un argument grâce auquel ils espèrent pouvoir présenter le communisme lui-même comme criminel. Cette criminalisation du communisme, à bien y regarder, résume l'ensemble des obstacles qui procèdent des effondrements de l'est européen et s'opposent à nous, même ceux qui sont apparus dans le PCF lui-même: en effet, les abandons successifs des principes du communisme ont tous été argumentés par la direction de ce parti par la volonté de ne pas tomber sous le coup d'une accusation de crime de communisme ou de complicité de crime de communisme. Mais lorsque des militants communistes rappelaient aux dirigeants du PCF que nous avions, que nous avons, de très bonnes et très fortes raisons de réfuter la criminalisation du communisme, de dire publiquement que le commu13

nisme n'est ni criminel ni criminogène (ni source de crimes ), de très bonnes et très fortes raisons d'en faire publiquement la preuve, les dirigeants du PCF écartaient ces arguments et écartaient les militants qui les portaient: c'est ainsi qu'ils ont achevé la préparation, la mise en condition du PCF, pour sa mutation qu'ils disaient alors communiste, mais qui était déjà social-démocrate. Ces problèmes forment aujourd'hui un brouillard opaque interposé entre la conscience des travailleurs et la réalité sociale dont procèdent leurs difficultés: ils font obstacle au développement de la réflexion communiste, c'est-àdire à l'étude quotidienne de la revendication économique des prolétaires et des autres travailleurs et à l'élaboration quotidienne de la politique qui procède de cette revendication économique et qui a pour objet de créer les conditions politiques et sociales nécessaires à sa satisfaction durable, notamment et d'abord en socialisant ( c'est la même chose que nationaliser) les grands domaines terriens, les mines, les usines, les maisons de commerce, les banques et les assurances qui appartiennent aux grands bourgeois capitalistes. Cet obstacle, il faut le détruire!

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Sur 1'« opposition

interne»

Certains membres du PCF sont restés communistes: ils veulent rendre au PCF le caractère de parti communiste qui était le sien lorsqu'il fut fondé. Mais peuvent-ils, à eux seuls, parvenir à rendre aux travailleurs, au peuple de France, un véritable parti communiste? Peuvent-ils y parvenir en se dispensant de faire l'unité avec les nombreux communistes que la mutation du PCF a conduits hors du parti? Il me semble que non, mais il serait absurde de refuser d'en discuter. En décembre 2007 a eu lieu une assemblée générale du PCF: certains délégués de ses sections ont manifesté leur volonté de maintenir le PCF en tant que parti communiste. Leur déclaration a été mise en ligne sur le site « altercommunistes.org » le 22 décembre 2007 ; elle a attiré mon attention. C'est un texte intéressant qui m'a semblé appeler une réponse de ma part. Voici donc ma réponse.

Deuxième lettre: 30 mars 2008 aux délégués des sections du PCF signataires de la déclaration diffusée sur
«

altercommunistes.org

»

Ayant été poussé hors du PCF, voici plus d'une décennie, par ceux qui le dirigent aujourd'hui, je ne suis pas en mesure de dire si la direction du PCF est ou n'est pas minoritaire. Cela étant, je suis d'accord avec vous pour constater qu'elle refuse de reconnaître ses responsabilités dans le déclin catastrophique que connaît le PCF ; à mes yeux, la politique de cette direction constitue un sabotage du communisme; c'est précisément parce que je soupçonnais ce sabotage et que je disais mes soupçons à voix haute que j'ai été poussé hors du PCF. Je suis d'accord avec vous pour voir les causes du dé-