LEXIQUE DE TOPOGRAPHIE ROMAINE

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Pour tous ceux qui s'intéressent aujourd'hui à la Rome antique, il existe un domaine où la documentation disponible et la bibliographie courante risquent de se révéler obsolètes : il s'agit de la topographie de l'Urbs. S'appuyant sur le recueil de sources littéraires latines auquel il fait suite, illustré de plans détaillés, ce lexique est le fruit d'une recherche approfondie qui tient compte des découvertes et des hypothèses les plus récentes. Il sera pour le latiniste et l'historien un instrument de travail indispensable et pour le promeneur curieux ou passionné de la Rome antique un guide précieux.
Publié le : mercredi 1 janvier 2003
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EAN13 : 9782296307308
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Marie-José Kardos

LEXIQUE DE
TOPOGRAPHIE ROMAINE

(TOPOGRAPHIE DE ROME II)

L'Harmattan

@L'Hannatlan,2002 ISBN: 2-7475-3546-0

« J'ai cherché à énoncer sur les monuments de Rome l'opinion la plus probable en 1829, qui sera peut-être renversée en 1839. }) Stendhal, Promenades dans Rome

Un long séjour dans la Ville éternelle avait inspiré à Stendhal le projet d'un livre où, dressant d'abord la liste des «ruines existant à Rome», il transcrirait à la suite «tous les passages des auteurs anciens qui s'y appliquent évidemment », puis résumerait en peu de mots les opinions des archéologues les plus connus et proposerait des conjectures basées presque uniquement sur les textes cités et les représentations figurées. Telle est à peu près la 'démarche dans laquelle s'inscrit le présent ouvrage. Ce lexique est le second volet de Topographie de Rome. Il a été établi à partir des citations réunies dans le précédent volume: Les sources littéraires latines (quelques références ont cependant été ajoutées entre parenthèses dans le texte, ou entre crochets). Lieux, édifices, monuments y apparaissent sous le nom que leur donnent les écrivains. N'y figurent pas notamment les Arcs de Titus, de Septime-Sévère, de Constantin, les Thermes et les « Marchés» de Trajan ou le Tabularium, intégralement ou en partie conservés et bien connus de nos jours, mais ignorés des sources littéraires. Chaque article expose d'abord les données tirées des textes latins dont les références sont indiquées ensuite dans l'ordre chronologique. Il est fait appel aussi aux auteurs grecs, dont l'apport se révèle parfois indispensable, et à des documents comme les Catalogues Régionnaires (Curiosum Vrbis Regionum XW et Notitia), inventaires de tous les quartiers de Rome établis au milieu du IVèmesiècle, et le fameux Plan de marbre (Forma Vrbis Romae) de l'époque des Sévères, dont une nouvelle édition est attendue après la dernière mise à jour datant de 1980. 7

Les cinq volumes du Lexicon Topographicum Urbis Romae (L.T UR.) parus entre 1993 et 1999 occupent une large place dans la bibliographie, à côté de quelques ouvrages et articles marquants ou facilement disponibles et surtout des publications les plus récentes. Les points de vue exprimés dans les principales langues européennes tout au long de cette «œuvre monumentale» qui constitue un «travail de synthèse de très grande envergure» - pour reprendre les tennes de F. Coarelli traduisent bien les débats opposant aujourd'hui les spécialistes de Rome. La bibliographie est nécessairement sélective. Dans le cadre de ce lexique, il est impossible de rendre compte de toutes les découvertes archéologiques ou relectures topographiques de ces vingt dernières années. Certaines d'entre elles laissent perplexes les savants eux-mêmes, comme le notait J. P. Guilhembet à l'occasion du colloque organisé par l'Ecole française de Rome et la Société des Professeurs d'Histoire ancienne de l'Université en mai 2001, car « il est difficile de renoncer brutalement à des plans ou à des analyses reproduits depuis des décennies, malgré leur caractère purement hypothétique». Devant de tels bouleversements ou de telles nouveautés, la plus grande prudence s'impose. Il est bon de suivre là encore Stendhal qui se proposait seulement de chercher et d'énoncer pour son lecteur, panni les opinions contradictoires des topographes de son époque sur les monuments de Rome, celle qui était « la plus probable» au moment où il écrivait.
Septembre 2002

Les lettres placées entre parenthèses après chaque toponyme renvoient aux plans regroupés à la fin du livre. L'astérisque signale que le lieu ou l'édifice n'y apparaît ni sous son nom ni sous un numéro (indiqué à côté de la lettre désignant le plan) : soit il est antérieur à l'époque impériale, soit il n'a pas été exactement localisé. 8

(*) - Quartier situé à l'extérieur des murs et destiné au moins en partie à I'habitat à la fin de la République. Quand il fut ravagé par le feu (le 21 octobre 38, d'après les fastes d'Ostie), Claude organisa les secours depuis le Diribitorium (v.) : cet incendie étant cité comme exemple de l'intérêt du Prince pour les problèmes d'approvisiotmement, les Aemiliana étaient probablement liés à l'annone. Il s'agirait soit de la zone d'horrea proche du Portus Tiberinus (v.), dont on a retrouvé les traces sous l'immeuble de l'Anagrafe et auquel semble correspondre un fragment du Plan de marbre portant l'inscription .AEJvfIL-,soit de bâtiments voisins de l'Emporium (v.) et de la Porticus Aemilia (v.). Dans le premier cas l'expression de Varron extra Portam Flumentanam aut in Aemilianis désignerait de deux façons différentes le même secteur: celui des rives du Tibre (v. Porta Flumentana) du côté du premier port. La localisation le long du fleuve, suggérée par une inscription, AEMILIANA

semble préférable à celles qui ont été proposées au Champ de
Mars (par exemple à proximité du Diribitorium). Il faut par ailleurs distinguer ces Aemiliana des praedia Tigellini Aemiliana (Tac., Ann., 15, 40), propriété privée, où se ralluma l'incendie de juillet 64 dans un quartier moins peuplé. D'après une suggestion récente, le domaine appartenant à Tigellin, préfet du prétoire de Néron, se serait trouvé au sud de la Ville (peut-être dans la zone de l'Emporium) dans la mesure où le vent dominant poussait les flammes vers le nord.
Varro, Rust., 3,2,6. Suet., CLaud, 18, 1-2.

~

F. Coarelli, Il Foro Boario dalle origini alla fine della Repubblica, Rome, 1988,p. 147-155 L.T.U.R. I, 1993,p. 18-19. E. Rodriguez-Almeida, L. T.U.R. I, 1993, p. 19-20 - « .Aemiliana », R.P.A.A. 68, 1995-1996, p. 373-383. E. Papi, «Praedia Tige/lini Aerniliana », L. T.U.R. IV, 1999, p. 158-159. 9

AEQVJMAELIVM (D*) - Espace non construit qui correspondait à l'en1placement de la n1aison de Sp. Maelius (v. Domus Maeli), n1is à mort en 439 avo J.-C. parce qu'il était soupçonné d'aspirer à la royauté. Selon les auteurs anciens, ce nom venait du fait que la maison fut rasée (aequata) ou de ce que le châtiment fut trouvé juste (aequum). En tout cas, l'endroit restait libre pour perpétuer le souvenir du crime et de sa punition. Ravagé par l'incendie de 213 avo J.-C. avec le Vieus lugarius (v.), l'Aequimaelium était situé au pied du Capitole. Il constituait en fait l'extrémité du Forum Boariurn (v.) et à la fin de la République on s'y procurait des animaux pour les sacrifices.
Cie., Dom., 101. Diu., 2,39.
Val'"l"o, Ling., 5, 157. Liv., 4, 16, 1 ; 24, 47, 15 ; 38, 28,3. Val. Max., 6,3, le.

G. Pisani Sartorio, L. T. [1.R. I, 1993, p. 20-21.

AERARIVM (SATVRNI)
AESCVLAPII AEDES

- V. A-S'faturni edes. A (D)

- Temple

élevé à l'endroit



débarqua sur l'lIe du Tibre (v. Insula Tiberina), en 291 avo J .-C., un serpent qui, disait -on, était l'incarnation d'Esculape: depuis Epidaure, il avait emprunté le bateau de l'ambassade romaine venue consulter le dieu de la médecine à l'occasion d'une peste. Avant sa restauration au milieu du 1er siècle avo J.-C., une décoration peinte, représentant notamment des cavaliers (equites ferentarii selon l'inscription), caractérisait ce sanctuaire. Il était entouré de portiques où les malades venaient attendre une guérison miraculeuse et, sous l'Empire, certains n1aÎtres abandonnaient sur l'île les esclaves qu'ils ne voulaient pas soigner. On n'a retrouvé aucun vestige du temple, mais des ex-voto ont été découverts dans le voisinage de l'église S. Bartolomeo dont il devait occuper l'emplacement.
VaI"I"O, Ling., 7, 57.

Liv., Per., Il,3. Ov., Met., 15, 736-744. Fafj.t., 1,291-294. Val. Max., 1, 8, 2. POO., Nat., 29, 16. Suet., Claud, 25, 4. (Paul. Fest., 98 L)

10

M. Besnier, L'Ile Tibérine dans l'Antiquité, B.E.F.A.R. 87, 1902, p. 203-238. D. Degrassi, L. T.[1.R. I, 1993, p. 22.

AESCVLETVM (D) - Bois de chênes où eut lieu, en 287 avo J.-C., la réunion des comices pour le vote de la loi Hortensia. Il était sans doute situé au Champ de Mars, dans la même zone que le Lucus PeteZinus (v.) et les Prata FZaminia (v.), près du Tibre, du côté de l'actuelle via Arenula, le Vicus AescuZeti correspondant à la via di S. Bartolomeo de' Vaccinari.
Varro, Ling. ,5, 152. POO.,Nat., 16,37. G. Pisani Sartorio, L. T. U.R. I, 1993, p. 22-23.

AGGER (L
l'attribuait

- M)

- Terre-plein élevé par les rois - la tradition

à Tarquin le Superbe

- pour

renforcer la muraille de

la Ville à l'endroit le plus exposé, entre le Quirinal et l'Esquilin: Strabon (5, 3, 7) évalue sa longueur à 6 stades, Denys d'Halicarnasse (9, 68) à 7, c'est-à-dire 1.300 mètres environ. Quand Mécène eut aménagé la zone du cimetière en jardins, il devint un lieu de promenade et sous l'Empire s'y rencontraient oisifs et charlatans. Les expressions super aggerem et sub aggere désignaient les quartiers situés de part et d'autre. Considéré comme un « ouvrage admirable », l'Agger constituait en fait un ensemble défensif dont les divers éléments s'étendaient sur près de 90 mètres: à l'extérieur, un fossé d'une quinzaine de mètres de profondeur, large de 36 mètres en surface et 8 mètres à la base; puis, à une distance de 8 mètres du fossé, un mur haut de 10 mètres; à ce mur s'appuyait le terre-plein, d'une largeur de 42 mètres, descendant en pente douce et soutenu vers le bas, du côté intérieur, par un mur de contrescarpe dont subsistent des tronçons en cappellaccio (le tuf de Rome) dans le sous-sol de la gare Termini, au milieu de la galerie marchande (ces vestiges ne sont pas parallèles au mur de 4 mètres d'épaisseur, en gros blocs de tuf jaune, visible devant la gare, car ils appartiennent à une autre phase de la construction).
Cie., Rep., 2, Il.
HO"r., Sat., 1, 8, 15. Liv., 1,44,3 ; 3, 67, 11.

Il

PIin., Nat., 3,67. Quint.,lnst, 12, 10, 74. luv., 5, 153 ; 6,588 ; 8, 43. Hist. Aug. Elag., 30, 4. F. Coarelli, « Le mura regie e repubblicane », dans B. Brizzi (éd.), A1ura e porte di Roma antica, Rome, 1995, p. 23-25 et 33-34. P. Gros, L'architecture romaine du début du IIrme siècle avo J.-C. à la fin du Haut-Empire. I : Les monuments publics, Paris, 1996, p. 28. T. P. Wiseman, «A Stroll on the Rampart », dans M. Cima - E. La Rocca, Horti Romani. Ideologia e autorappresentazione, B.C.A.R. suppl. 6, 1998, p. 13-22.

AIO LOQVENTI / LOCVI'IO ARA CONSECRATA (FR 39) Lieu de culte appelé aussi sacellum, templum (Tite-Live) et dédié, après le désastre de 390 avo J.-C., à la voix mystérieuse qui avait averti les Romains de la venue des Gaulois, mais n'avait pas été écoutée et ne se manifesta plus par la suite. Il s'agissait sans doute d'un autel entouré d'une enceinte. Il était situé sur la Noua Via (v.) en face du Lucus Vestae (v.) d'où était sortie la voix. Le nom de la divinité est Aius loquens chez Cicéron, ensuite Aius Locutius. Cette divinité oraculaire pourrait être identifiée à Faunus (cf. Cie., Diu., l, 101).
Cie., Diu., 1, 101 ; 2, 69. Liv., 5,32,6; 5,50,5 ; 5,52, Il. Gell., 16, 17,2.

F. Coarelli, II Foro Romano I. Periodo arcaico, Rome, 1983, p. 227-298 (<< Nova via e i culti del Velabro »). La 1. Aronen, L.T. U.R. I, 1993, p. 29.

ALMO - Petite rivière dans laquelle chaque année les prêtres de Cybèle allaient en procession, le 27 mars, laver la pierre noire de Pessinonte. Cette cérémonie fut célébrée encore en 363 par l'empereur Julien. L'Almo est mentionné dans la 1ère Région (Porta Cape na) par les Catalogues du IVème siècle. C'est un affluent de la rive gauche du Tibre (appelé aujourd'hui Marrana della Caffarella ou Acquataccio), coulant d'est en ouest au sud de Rome. La Via Appia (v.) le franchissait après la « montée du Temple de Mars» (v. Martis Aedes II), à environ 500 mètres de la Porta S. Sebastiano.
Ov., Fast., 4,337-340.

12

Stat., Silv., 5, 1,222-224. Anon., 23, 3, 7.

S. B. Platner - Th. Ashby, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Londres, 1929, p. 4. F. Coarelli, Guide archéologique de Rome, Paris, 1994 (traduction française), p. 256.

AMPHITHEATRVM (FLAVIVM) (H) Edifice destiné aux spectacles, construit à l'emplacement du bassin artificiel de la Maison Dorée (v. Domus Aurea) dans la dépression entre Palatin, Oppius (v. Oppius Mons) et Caelius, au cœur d'un quartier entièrement remodelé par les Flaviens. Commencé par Vespasien vers 71-72, il fut inauguré en 80 par Titus qui donna à cette occasion des Jeux grandioses. D'après Suétone, Domitien y aurait offert le spectacle d'une naumachie. Les spectateurs étaient protégés du soleil par un immense uelum que manœuvraient les soldats de la flotte. Comme l'écrivaient les poètes, cet amphithéâtre surpassait toutes les réalisations précédentes. Il fut restauré par Antonin, puis par Elagabal et Alexandre-Sévère après l'incendie de 217 (cf. DC., 78, 25, 2-3) et Constance II l'admira lorsqu'il visita Rome en 357. Souvent remis en état, il servit jusqu'au VIèmesiècle. Puis il fut transfonné en forteresse par les Frangipane, endommagé par des tremblements de terre et utilisé comme carrière de pierres. Ce qui reste de l'enceinte extérieure - c'est-à-dire moins de la moitié de la circonférence, du côté nord - fut consolidé par Valadier en 1820. D'une hauteur de 52 mètres (au-dessus d'une dizaine de mètres de fondations), le gigantesque monument s'élève sur une esplanade pavée de travertin où une série de cippes est encore visible à l'est. Il a la fonne d'une ellipse dont le grand axe orienté nord-ouest/sud-est mesure 188 mètres et le petit 156. L'enceinte extérieure est construite en blocs de travertin, les trous provenant des crochets de fer récupérés au Moyen-Age. Les trois premiers étages sont fonnés de quatre-vingts arcades encadrées de demi-colonnes d'ordre respectivement toscan, ionique et corinthien. Au-dessus des fenêtres de l'attique qui s'ouvraient entre des pilastres corinthiens, les deux cent quarante consoles étaient destinées à soutenir les mâts auxquels on fixait le grand uelum. Les arcades du deuxième et du troisième étages 13

-

étaient ornées de statues, d'après certaines représentations figurées, le quatrième étage, de boucliers de bronze doré. L'entrée se faisait par les arcades du rez-de-chaussée, numérotées de 1 à 76 ; en outre, quatre entrées principales se trouvaient aux extrémités des axes, dont celle de l'empereur, au nord, où la voûte du couloir conserve en partie son décor de stucs. La cauea repose sur de puissantes substructions (piliers en travertin, murs rayoooants de tuf et de briques entre les piliers), reliées entre elles par une série de voûtes en ciment. Elle était divisée en secteurs correspondant aux ordres extérieurs: au-dessus des premiers rangs réservés aux sénateurs, les gradins de marbre étaient divisés en trois étages (maenianum primum, puis maenianum secundum, imum et summum) séparés les uns des autres par des couloirs longitudinaux (praecinctiones). Un dernier secteur, tout en haut, était constitué de onze gradins en bois (dont une partie était attribuée aux femmes) au-dessous d'un portique aux coloooes de granit et de « cipolin». Les spectateurs gravissaient un ou plusieurs escaliers avant de pénétrer, par un uomitorium à balustrade décorée, dans le secteur qui leur était assigné. L'intérieur de l'Amphithéâtre était revêtu de crépi, en grande 'partie blanc. Le sol était dallé de travertin au rez-de-chaussée, en opus spicatum ailleurs. Un système complexe permettait l'alimentation de fontaines et l'évacuation des eaux. L'arène avait une superficie de plus de 3.000 m2 ; son plancher de bois était entouré d'une galerie de service et d'un haut podium. Communiquant avec la caserne des gladiateurs (Ludus Magnus), les souterrains en maçonnerie - terminés par Domitien et actuellement visibles après les restaurations des
années 1930

- contenaient

les cages et le matériel

nécessaire

pour

les différents types de spectacles: chasses le matin, combats de gladiateurs l'après-midi. On a retrouvé les traces de nombreux monte-charges installés au IIIème Iyèmesiècle. ou L'Amphithéâtre - il prit le nom de Colisée au MoyenAge en raison du voisinage du Colosse (v. Colossus) - était le plus vaste édifice de spectacles de l'Antiquité et le plus haut édifice de l'Vrbs. Il pouvait contenir environ 50.000 persoooes (selon les Catalogues Régioooaires du Iyème siècle: 87.000 loca). Son énorme masse dominait le quartier où s'installèrent 14

toutes sorteS::: bâtiments annexes: ceux des services technide ques, Spoliarium (v.) et Sanarium pour les morts et les blessés, Ludus Magnus pour les gladiateurs et caserne des soldats de la flotte.
Mart., Spect., 2, 5-6. Suet., Vesp., 9, 1. Tit., 7, 7. Dom., 4, 1. Aur. Viet., Caes., 9,7; 10,5. Anun., 16, 10, 14. Hist. Aug. Pius, 8,2. Comm., 15,6. Elag., 17,8. Alex. Sev., 24,3. kf ox. Balb., 1, 4.

R. Rea, L. T.U.R. I, 1993, p. 30-35 - Anfiteatro Flavio, Rome, 1996. P. Gros, L'architecture romaine du début du IIrme siècle avo J. -C. à lafin du Haut-Empire. I : Les monuments publics, Paris, 1996, p. 328-333. L. Abbondanza, La vallée du Colisée, Milan, 1997 (traduction française), p. 7-27. A. Gabucci (éd.), Il Colosseo, Milan, 1999. A. La Regina (éd.), Sangue e arena, Milan, 2001.

AMPHITHEATRVM

NERONIS (*) - Amphithéâtre en bois construit au Champ de Mars en l'espace d'un an (en 57). Néron le fit couvrir d'un uelum de la couleur du ciel et orné d'étoiles.
Calp., Bue., 7,23-25. Poo., Nat., 19,24. . Tae., Ann., 13,31. Suet., Nero., 12,2.

AMPHITHEATRVM TA VRI (D*) - Amphithéâtre construit à ses frais par un particulier, Statilius Taurus (cf. Tac., Ann., 3, 72). Des spectacles y furent donnés par Auguste, puis des combats de gladiateurs par Caligula. Dion Cassius (51, 23, 1) précise que son inauguration eut lieu en 29 avo J.-C. et qu'il fut élevé au Champ de Mars; c'était le premier amphithéâtre en pierre de Rome, mais il brûla en 64 (62, 18, 2). Il aurait été situé dans la zone du Circus Flaminius (v.), vers le Monte dei Cenci.
Suet., Aug., 29, 8 ; 43,2 (amphitheatrum). CaL, 18, 1.

A. Viscogliosi, L. T.U.R. I, 1993, p. 36-37.

ANJO NOVVS (N) - Aqueduc dont la construction, commencée par Caligula, fut achevée par Claude en 52. Sa longueur était de 15

87 kilomètres environ, depuis la région de Subiaco où il suivait d'abord, comme l'Aqua Marcia (v.) et l'Aqua Claudia (v.), la rivière dont il captait les eaux et qui lui a laissé son nom (cf. Frontin., Aq., 13 et 15). Ayant le même parcours que l'Aqua Claudia, il passait sur les mêmes arches, mais au-dessus, pendant les 10 derniers kilomètres avant Rome. Ces arches hautes de 35 mètres et encore visibles dans la campagne romaine le long de l'ancienne Via Latina - se terminaient sur l'Esquilin au-delà (à l'est) des Jardins de Pallas (v. Horti Pallantiani). Trajan entreprit des travaux pour rendre plus limpides et plus saines (en les captant en amont, dans un lac) les eaux de l'Anio Nouus qui étaient mélangées à celle de l'Aqua Claudia (Frontin., Aq., 72 et 93) et dont une partie allait d'abord grossir celles de l'Aqua Tepula (v.) près des Jardins d'Epaphrodite (v. Horti Epaphroditiani). Son débit était d'environ 190.000 m3 par jour (Frontin., Aq., 73 et 86).
Frontin., Aq., 20, 1-2 ; 68, 4. H. B. Evans, Water distribution in Ancient Rome. The Evidence of Frontinus, Ann Arbor, 1993, p. 115-128.

ANJO VETVS (N) - Deuxième aqueduc de Rome, construit avec l'argent du butin pris à Pyrrhus (272-270 avo J.-C.), qui amenait dans la Ville, en parcourant environ 64 kilomètres, une partie des eaux de l'Anio captées en amont de Tibur. Il fut restauré en 144 par Q. Marcius Rex et par Agrippa en 33. Sous Trajan, il fut réservé à l'arrosage des jardins et aux usages les moins nobles (cf. Frontin., Aq., 6 ; 9 ; 18 et 92). Une branche appelée « Canal d'Octave» s'en détachait pour gagner le quartier où étaient situés les Horti Asiniani (v.). Depuis le lieu-dit ad Spem Veterem (v.), le conduit souterrain faisait le tour de l'Esquilin vers le nord et franchissait l'Agger (v.) pour se terminer près de la Porta Esquilina (v.) ; de là l'eau était distribuée à partir d'installations dont on a retrouvé les vestiges près de la gare Termini et de l'église S. Vito. Son débit était d'environ 176.000 m3 par jour (Frontin., Aq., 66 et 80).
Frontin.,Aq., 7,5; 21, 1-2; 21,3.

16

H. B. Evans, Water distribution in Ancient Rome. The Evidence of FrontinllS, Ann Arbor, 1993, p. 75-82. Z. Mari, L.T.U.R. I, 1993, p. 45.

ANTONINI
43)

- Temple

DIVI ET FAVSTINAE

DIVAE TEMPLVM (FR
de

élevé selon un décret du sénat en l'honneur

Faustine, femme d'Antonin, divinisée après sa mort en 141. Quand Antonin mourut à son tour en 161, le sénat associa l'empereur défunt au culte rendu à son épouse et fit ajouter une seconde inscription au-dessus de la première: on les lit encore aujourd'hui sur l'architrave et la frise en marbre blanc de ce sanctuaire hexastyle et prostyle (avec deux colonnes sur les côtés), situé sur le côté nord de la Sacra Via (v.), en face de la Regia (v.). Occupé au Moyen-Age par l'église S. Lorenzo in Miranda, reconstruite au XVIIèmesiècle à un niveau surélevé de plusieurs mètres, il est particulièrement bien conservé. Les colonnes monolithes sont en « cipolin » (marbre de Carystos en Eubée, blanc à stries vertes) ; hautes de 17 mètres, elles ont un diamètre de 1,45 mètre et sont surmontées de chapiteaux corinthiens de marbre blanc. Sur les côtés, la frise est ornée de couples de griffons, ceux-ci se faisant face de part et d'autre de balustres ou de candélabres végétaux; et les murs de la cella en gros blocs de pépérin sont bien visibles, car le revêtement de marbre a entièrement disparu. D'après des monnaies d'Antonin, la façade était surmontée d'un fronton sculpté avec un quadrige au sommet et une Victoire à chaque angle. L'autel (dont il reste la base, en briques) était placé au milieu de l'escalier que précédait une balustrade et qu'encadraient deux avant-corps du podium supportant des statues.
Hist. Aug. Pius, 6,7; 13,3-4. Gall, 19,4 (Templum Faustinae).

A. Cassatella, L. T.[T.R. I, 1993, p. 47. P. Pensabene, « Programmi decorati vi e architettura deI tempio di Antonino e Faustina al Foro Romano », dans Scritti in memoria di S. Stucchi II, 1996, p. 239-269.

APOLLINAR(E)

(D*)

- Emplacement

consacré à Apollon (et où

un temple lui fut ensuite dédié) dans les Prata Flaminia (v.). Les consuls y convoquèrent le sénat en 449 avoJ.-C. 17

On appelait Fons Apollinaris une source qui était encore l'objet d'un culte à l'époque de Trajan en raison de ses propriétés médicales. Ce nom ne désignait peut-être pas une «source d'Apollon», non localisée, mais la « source de l' Apollinar ».
Liv., 3, 63, 7. Frontbt., Aq., 4, 2.

1. Aronen, « Fons Apollinaris»,

L. T. U.R. I, 1993, p. 257.

APOLLINIS

AEDES

ITEMPLVM

(D)

- Temple

voué en 433

avo J.-C., à l'occasion d'une épidémie de peste, à l'Apollon grec, dieu guérisseur (Apollo Medicus), et dédié en 431 par le consul Cn. Julius, dans les Prata Flaminia (v.). Rebâti en 353, après l'invasion gauloise, il fut le point de départ de processions solennelles, en 207 et 200, vers le Temple de Junon Reine (v. Iunonis Reginae Aedes 1) sur l'Aventin. Il fut sans doute restauré en 179, année où le censeur M. Aemilius Lepidus mit en adjudication la construction d'un théâtre et d'une scène à côté du temple. Du IIèmesiècle dateraient les statues en marbre réalisées par Timarchidès d'Athènes: un Apollon citharède et par Philiscus de Rhodes: Apollon, Latone, Diane, les neuf Muses et un second Apollon, nu. La statue de culte - qui remplaça la vieille
idole en bois

- était

colossale et la base dut être remplacée à la

fin de la République d'après Vitruve (10, 2, 13). Ce dernier cite par ailleurs l'Aedes Apollinis et Dianae comme exemple de temple diastyle, où trois diamètres de colonnes tiennent dans un entrecolonnement. Le sénat se réunissait souvent dans ce sanctuaire quand la séance devait avoir lieu hors du pomoerium (pour recevoir des ambassadeurs ou en raison de la présence d'un magistrat revêtu de l'imperium). Pline le mentionnant sous le nom de « Temple d'Apollon sosien », on a supposé qu'il avait été reconstruit par C. Sosius, après son triomphe de 34 ; mais cet ancien lieutenant de César, consul en 32, se battit aux côtés d'Antoine en 31 avant de se réconcilier avec Octave après Actium; et il n'existe en fait aucune certitude à propos de cette réfection qu'on pourrait attribuer à Octave lui-même: on sait seulement que Sosius rapporta de Séleucie une statue d'Apollon en cèdre. Par ailleurs, parmi les œuvres d'art qui décoraient la cella figuraient des 18

Niobides « de Scopas ou de Praxitèle» et un tableau d'Aristide de Thèbes. (considéré COlnmele premier peintre des sentiments humains) : Le tragédien et l'enfant, malheureusement gâté par un nettoyage l11aladroit. Les fouilles effectuées entre 1925 et 1940 ont permis de retrouver les traces du sanctuaire d'époque républicaine, orienté selon les points cardinaux et tétrastyle (en particulier une mosaïque avec une inscription de 179 av. J.-C.), et d'in1portants vestiges du temple augustéen et de sa décoration: c'était un pseudopériptère hexastyle et pycnostyle. Le podium, d'une hauteur de plus de 5 mètres, luesurait environ 21 mètres sur 40 et comportait une structure en blocs de tuf et travertin dont le remplissage était constitué pour une part de terre et pour une autre de blocage; on y accédait par deux escaliers latéraux (en raison du peu d'espace laissé devant le temple par la constnlction du Théâtre de Marcellus: v. Ineatrum Marcelli). Les douze colonnes du portique (six en façades, trois sur chaque côté, dont la colonne d'angle de la cella) étaient en marbre de Luni (Carrare), les demi-colonnes adossées aux murs de la cella (six de chaque côté) en briques stuquées et la colonne d'angle postérieure en travertin, la cella elle-même en blocs de tuf. Trois colonnes corinthiennes d'une hauteur de 14 mètres, aux cannelures alternativement larges et étroites, ont été remises en place sur le podium; sur la frise, une guirlande de laurier est suspendue à des bucranes alternant avec des candélabres. On a récemment reconstitué le décor sculpté en haut-relief du fronton, exposé actuellement à la Centrale Montemartini dans la collection des Musées du Capitole: réutilisant des œuvres grecques en marbre de Paros datant du Vèmesiècle, il représente, au centre, Athéna, à sa droite, Hercule affrontant Hippolyte, reine des An1azones, à sa gauche, Thésée luttant contre Antiope, sœur d'Hippolyte qu'il va enlever. La victoire sur les Amazones symbolisait évidemment celle d'Octave sur l'Orient. La décoration intérieure était d'une extraordinaire richesse, notamment, tout autour de la cella, un double ordre de colonnes en marbre de Téos, dit « africain» (noir veiné de rouge) : l'ordre inférieur comportait des chapiteaux «corinthisants » (ornés du trépied de Delphes sur lequel se nouaient deux 19

serpents) et un entablement de marbre blanc; la frise représentait des scènes de bataille et un triomphe (peut-être celui d'Octave en 29 avo J.-C.) avec les détails de la procession: victimes destinées au sacrifice, porteurs s'apprêtant à soulever unfereulum où figure un trophée. S'y ajoutaient des pilastres sur les murs, en face des colomles, et, entre les Cololll1es, des édicules (destinés aux statues) à tympans de fonne triangulaire ou arrondie, soutenus par des colonnettes cannelées en marbre de Numidie (jaune), de Phrygie (blanc veiné de pourpre) ou de Chio (rose et gris). Ces mêmes Inarbres conlposaient un somptueux dallage.
Cie., Alt., 15,3, 1. Q. fr., 2,3,3. Fam., 8,4,4 ; 8, 8, 6. Vitr., 3, 3, 4 (Apollinis et Dianae Aedes). Liv., 3,63, 7 ; 4,25,3 ; 4,29, 7 ; 7,20,9; 27,37, 11 ; 34,43,2 39, 4, 2 ; 40, 51,3 ; 40, 51, 6 ; 41, 17, 4. R. Gej't., 21. Lucan., 3, 103-105 (Phoebea Palatia). PIin., Nat., 13,53 ; 35, 100 ; 36,28 ; 36,34. Suet., Aug" 94,4.

; 37,58,3

;

F. Coarelli, Roma sepolta, Rome, 1984, p. 92-105 (<< [rontone del Il ten1pio di Apollo Sosiano ») - Il Canlpo A1arzio dalle origini alla fine della Repubblica, Rome, 1997, p. 377-391. E. La Rocca, « Le temple d'Apollon Sosianus », dans Rorne en péril. Dossiers de l'archéologie 82, 1984, p. 46-55 Amazzonomachia. Le sculture frontonali deI tempio di Apollo Sosiano, Rome, 1985. A. Viscogliosi, L. T.U.R. I, 1993, p. 49-54 - Il tempio di Apollo « in Circo » e la .formazione deI linguaggio architettonico augusteo, B. C.A.R. suppl. 3, 1996. G. Sauron, « Le temple d'Apollon ad theatrunl Alarcelli », dans J.R.A. Il, 1998, p. 529-538.

APOLLINIS

PALATINI AEDES / TEMPLVM (P)

- Temple
- et donc

voué en 36 avo J.-C. par Octave, après la victoire sur Sextus Pompée à Nauloque, et dédié après Actium, le 9 octobre 28, Il
fut édifié à un endroit qui avait été frappé par la foudre

désigné par les dieux à côté de la maison d'Auguste (v. Palatium / Palatinae Domus Caesarum) sur le Palatin. Entièrement construit en blocs de marbre de Luni, il s'élevait sur un haut podium. Le fronton était décoré de statues d'époque archaïque, réalisées au milieu du VIèmesiècle par des sculpteurs de C.hio, Bupalos et Athenis (peut-être pour un sanctuaire de 20

-

Délos), et en acrotère figurait le char du Soleil. Sur les portes en ivoire étaient représentées l'histoire de Niobé et la défaite des Galates à Delphes (c'est-à-dire le trioluphe du dieu sur l'iIupiété). La statue en marbre d'Apollon citharède en longue robe, œuvre du fameux Scopas, était entourée de celles de Diane due à Timothée -mais dont la tête avait été refaite par un artiste et de du 1er siècle originaire d'Athènes, Avianus Evander Latone réalisée par Céphisodote, fils de Praxitèle, œuvres remarsiècle avo J.-C. (ce groupe est représenté quables datant du IVème sur un relief de la célèbre base de luarbre conservée au Musée de Sorrente) . Ce temple est mentionné à propos des événeluents de 6869: l'haruspice prédit à Galba sacrifiant devant le temple le danger qui le menace; Vitellius et Flavius Sabinus y concluent un accord. Et le sénat s'y réunit encore en 268 pour l'avènement de Claude II le Gothique. Il contenait toutes sortes d'objets précieux et d'offrandes: lustre consacré au dieu par Alexandre, dactyliothèque (Plin., Nat., 37, Il), trépieds d'or (Suet., Aug., 52). Auguste avait déposé sous le piédestal de la statue de culte les Livres Sibyllins, qui furent seuls sauvés de l'incendie en 363 ape J.-C., sous le règne de Julien l'Apostat. Les fouilles entreprises peu avant 1960 par G. Carettoni ont permis de localiser, au nord d'une terrasse artificielle dominant le Circus Maximus (v.) à l'ouest du Palais de Domitien (v. Palatium / Aula (Parrhasia), le podiulu de ce temple hexastyle et pseudopériptère à cella carrée (environ 20 mètres sur 20) et de retrouver des fragments d'une statue colossale du dieu en marbre grec et des plaques décoratives de terre cuite polychromes à sujets mythologiques et religieux (Apollon et Hercule autour du trépied delphique, femmes et objets sacrés), présentées désormais dans le nouveau Museo Palatino. Le sanctuaire était relié à la demeure du Prince en contrebas (avec une dénivellation d'une dizaine de mètres) par une galerie voûtée ornée de fresques. Mais le problème de l'accès public (par une ran1pe inten1e au podiulu ou un escalier axial) n'a pas été résolu. On a supposé que la façade du temple dominait le Grand Cirque auquel il aurait été" relié par un ensemble de terrasses et de rampes dans une

-

21

scénographie grandiose. Cependant, selon une hypothèse récente, l'entrée aurait été située au nord. D'admirables bœufs sculptés par Myron entouraient l'autel placé devant le sanctuaire, qui apparaît sans doute sur le fraglllent de Plan de Inarbre représentant l'Area Apollinis (v.), l'aire sacrée. Au temple était associé un portique (Porticus Phoebi) appelé le pIllS souvent « Portique des Danaïdes}) car, entre les cololmes en n1arbre de Numidie (ou « jaune antique»), étaient disposées les statues des cinquante filles de Danaos qui avaiel1t assassÎ11éleurs Inaris et cousins le jour de leurs noces. On a proposé récennnent de les reconnaître dans des hennès féminins en marbre noir dont trois furent retrouvés par P. Rosa en 1869 et sont maintenant exposés dans le Musée. Ces bustes de canéphores qui constituent en fait la partie supérieure de stèles auraient été placés entre des pilastres au deuxièn1e étage du portique. Et la décoration de celui-ci aurait été complétée par les plaques de terre cuite polychromes. Mais on s'interroge sur les dimensions de ce portique, sur sa situation exacte, que les fouilles n'ont pas encore pem1is d' établir, et sur celle de l'arc
associé à une œuvre de Lysias - un quadrige avec Apollon et Diane dans un édicule - qu'Auguste dédia à la mén10ire de son

père, C. Octavius. A cet enselnble s'ajoutaient deux bibliothèques (latine et grecque), décorées de statues et de portraits, où Auguste réunissait le sénat (d'après Tacite qui utilise le tenne de Curia). Il s'agirait de deux salles adjacentes avec abside, représentées sur un fragment aujourd'hui perdu du Plan de marbre et dont on voit encore les vestiges au niveau du Palais de Domitien, derrière le triclinium.
Verg., Aen., 8, 720-722. Hor., Epist., 1,3, 17 ; 2,2, 94. Prop., 2, 31, 1-16 (Phoebi Portieus). Ov., Am., 2,2,3-4 (portieus). Ars, 1, 73-74. Trist., 3, 1,59-68. R. Gest., 19 ; 24. VeIl., 2, 81, 3. Calp., Bue., 4, 159. POO., Nat., 34, 14 ; 36, 13 ; 36,24-25 ; 36,32 ; 36,36 (Arcus Oetauu). Tac., Hist., 1,27 ; 3,65. AntI., 2,37. Suet., Aug., 29, 4 ; 31, 1. Nero., 25,2. Amm., 23, 3, 3 ; 23, 6, 24. Hist. Aug. CLaud, 4,2.

22

P. Gros, L. T.CIR. I, 1993, p. 54-57 - L'architecture romaine du début du IIrme siècle avoJ. -(~. à la fin du Haut-Empire. Il : lviaisons, palais, villas et tombeau.x, Paris, 2001, p. 234-238. F. Kleiner, «Arcus Octavii »,L.T.U.R. 1,1993, p. 102. A. Claridge, Rome, Oxford, 1998, p. 131. M. A. Tomei, Le Palatin, Milan, 1998 (traduction française), p. 3637 et 76-77 - « I resti dell' arco di Ottavio sul Palatino e il portico delle Danaïdi », A1.E.F.R.,A. 112-2, 2000, p. 557-610. Y. Perrin, Ronte, ville et capitale. Paysage urbain et histoire Irme siècle avoJ.-C. _Irme siècle ap. J.-C., Paris, 2001, p. 144-158.

APPIADES

une fontaine, que dominait selon Ovide le Temple de Venus Genitrix sur le Forun1 de César (v. Forum Caesaris / Iulilon). D'après Pline, qui les attribue à Stéphanus (un élève de Pasitélès), elles ornaient les «monuments d'Asinius Pollion », c'est-à-dire l'Atrium Libertatis (v.), restauré par ce dernier à partir de 39 avo J.-C. et contigu au Forum Iulium.
(FR*)
Ov., Ars, 1,81-82 ; 3,451-452 (Appias). Rem., 659-660.
POO., Nat., 36,33.

- Statues de nymphes décorant

R. B.UIrich, «The Appiades Fountain of the Fonlnt Iu/ium », lvf.D.A.l. (R) 93, 1986, p. 405-423. F. Coarelli, L.T.U.R. 1,1993, p. 59-60.

AQVA

ALEXANDRINA (*) - Aqueduc construit par Alexandre-Sévère pour alimenter les Thennes de Néron (v. Thermae Neronianae) au Champ de Mars, lorsqu'il les reconstruisit en 226. Il arrivait sur l'Esquilin près de la Porta Maggiore après un parcours de 22 kilomètres entre la via Praenestina et la via Casilina. On n'a retrouvé aucune trace de son parcours urbain.
Hist. Aug. Alex. Sev., 25,3.

G. Caruso,L.T. U.R. I, 1993, p. 60-61. H. B. Evans, Water distribution in Ancient Rome. The Evidence of Frontinus, Ann Arbor, 1993, p. 132-133.

AQVA ALSIETINA

(D 29)

-

Aqueduc

(appelé aussi Aqua

Augusta) construit par Auguste en 2 avo J.-C. pour alimenter sa naumachie du Transtévère (v. Naumachia Augusti) et qui atteignait ce quartier (Frontin., Aq., 18, 8 et 22, 1) en passant par le 23

Janicule. Il venait du nord-ouest et amenait à Rome une partie des eaux du lac Alsietinus (aujourd'hui Lago di Martignano) en parcourant 33 kilomètres. Son eau malsaine servait uniquement à l'irrigation des jardins à l'extérieur de la Ville. Son débit était d'environ 15.000 m3 par jour (Frontin., Aq., 71 et 85).
Frontin., Aq., Il, 1.

A. M. Liberati, L. T.U.R. I, 1993, p. 61. R. Taylor, «Torrent or Trickle? The Aqua Alsietina, the Naumachia Augusti, and the Transtiberim », A.J.A. 82, 101, 1997, p. 465492.

AQVA ANTONINIANA

- V. Aqua Marcia.

AQVA APPIA (J) - Premier aqueduc de Rome, construit en 312 avo J.-C. par Appius Claudius Caecu~ qui fit durer sa censure jusqu'à l'achèvement des travaux et lui donna son nom. Il fut restauré en 144 par Q. Marcius Rex (Plin., Nat., 36, 121) et en 33 par Agrippa (Frontin., Aq., 9). Sa longueur était de 16 kilomètres depuis sa source sur la via Praenestina, dont une centaine de mètres sur des arcades autour de la Porta Capena (v.). Depuis le lieu-dit ad Spem Veterem (v.) sur l'Esquilin - où elle recevait le supplément de l'Aqua Augusta à l'endroit appelé ad Gemellos (v.) - jusqu'à la Porta Trigemina (v.), la canalisation souterraine traversait le Caelius et l'Aventin et l'on en a retrouvé quelques vestiges. Son débit était de 73.000 m3 par jour (Frontin., Aq., 65 et 79).
Frontin., Aq., 5, 1 ; 5,5 ; 5,9; 22,3.

H. B. Evans, Water distribution in Ancient Rome. The Evidence of Frontinus, Ann Arbor, 1993, p. 65-74. A. Mucci, L. T.U.R. I, 1993, p. 61-62.

AQVA CLAVDIA (N) - Aqueduc commencé par Caligula en 38 et terminé par Claude en 52 (comme l'Anio nouus), qui amenait à Rome l'eau des sources de la vallée de l'Anio (entre Subiaco et Tivoli), parcourant près de 70 kilomètres, dont plus de 15 sur des arches (Frontin., Aq., 13 et 14 ; Plin., Nat., 36, 122). Il arrivait ainsi sur l'Esquilin à l'endroit appelé ad Spem Veterem (v.), sur des arcades englobées ensuite dans la muraille d'Aurélien, 24

avec au-dessus de lui l'Anio Nouus (v.). Là, une dérivation passait sur les Arches de Néron (v. Arcus Neroniani). Puis les deux aqueducs tenninaient leur trajet sur des arcades jusqu'à un castellum commun situé au~delà (à l'est) des Horti Pallantiani (v.). L'eau de l'Aqua Claudia, d'excellente qualité et très abondante, qui alimentait aussi l'Aqua lulia (v.), était mélangée à celle de l'Anio Nouus et distribuée dans les quatorze Régions. L'aqueduc avait un débit de 185.000 m3 par jour (Frontin., Aq., 69 ; 72 ; 86 et 91). L'Aqua Claudia et l'Anio Nouus franchissaient la Via Labicana et la Via Praenestina sur un grand arc à deux baies qui fut inclus dans le Mur d'Aurélien et fonna la Porta Praenestina (Porta Maggiore). Cet arc est construit en blocs de travertin, en appareil « rustique» caractéristique de l'époque de Claude, avec des fenêtres encadrées de colonnes engagées corinthiennes et sunnontées d'un fronton. Les conduites sont visibles en coupe. Et sur le haut attique on lit encore l'inscription de Claude au-dessus de celles qui indiquent les restaurations de Vespasien en 71 et Titus en 81.
Fl"ontin., Aq., 20, 1-2 ; 20, 3-5 ; 76, 5-6 ; 87, 3-4.

H. B. Evans, Water distribution in Ancient Rome. The Evidence of Frontinus, Ann Arbor, 1993, p. 115-128. Z. Mari, L. T.[l.R. I, 1993, p. 63-64.

AQVA IVLIA (M) - Aqueduc construit par Agrippa en 33 avo J.-C. (Frontin., Aq., 9, I), qui amenait à Rome, sur un parcours de 23 kilomètres, des eaux captées près de Grottaferrata, rejoignant d'abord l'Aqua Tepula (v.); puis les deux canalisations se superposaient à celle de l'Aqua Marcia (v.) et arrivaient sur l'Esquilin au lieu-dit ad Spem Veterem (v.) où une partie de l'eau de la Iulia était prélevée pour être distribuée sur le Caelius et I'Aventin. Les trois aqueducs se dirigeaient ensuite vers la Porta Viminalis (v.), tantôt sous terre, tantôt sur des arcades.L'Aqua Iulia avait un débit de 48.240 m3 par jour (Frontin., Aq., 69 et 83).
Frontin.,Aq., 19,3-7; 69,3; 76,5.
D. Cattalini, L. T. U.R. I, 1993, p. 66-67.

25

H. B. Evans, fVater distribution in Ancient ROIne. The Evidence of Frontinus, Ann Arbor, 1993, p. 99-103.

AQVA

MARCIA

(J

- M - N) - Troisième

aqueduc de Rome,

dont la construction fut confiée en 144 avo J.-C. au préteur Q. Marcius Rex (cf. Plin., Nat., 36, 121) qui répara aussi les deux premiers et, pour amener l'eau (de la Marcia ou de l'Anio) jusqu'au Capitole, dut triompher de l'opposition d'adversaires prétextant un interdit religieux. Les travaux furent longs et coûteux. Il fut ensuite remis en état par Agrippa, puis par Auguste. L'Aqua Marcia venait de la vallée de l'Anio entre Subiaco et Tivoli. Arrivée sur l'Esquilin près du lieu-dit ad Spem Veterem (v.), elle suivait un parcours qui devait être ensuite celui de la muraille d'Aurélien jusqu'à la Porta Tiburtina, sur des arches qu'empruntèrent plus tard, au-dessus d'elle, rAqua Tepula (v.) et l'Aqua Julia (v.) : sur le piazzale Labicano on voit encore les arches en blocs de tuf rouge et, en coupe, les trois conduites superposées. Au bout de 91 kilomètres, elle parvenait à la Porta Viminalis (v.) ; de là, elle était distribuée jusqu'au Quirinal et au Capitole. «Au-delà des Jardins de Pallas» (v. Horti Pallantiani), en fait non loin - au sud - de la Porta Tiburtina du Mur d'Aurélien, se détachait le Riuus Herculaneus (v.) qui, traversant le Caelius à un niveau trop bas pour le desservir, continuait vers l'Aventin en passant au-dessus de la Porta Capena (v.). Trajan entreprit des travaux considérables pour que ces deux collines reçoivent de façon satisfaisante une eau qui était la meilleure de toutes, remarquable par sa limpidité et sa fraîcheur (Frontin., Aq., 91 et 92). Le débit de l'Aqua Marcia était de 187.000m3 par jour (Frontin., Aq., 67 et 81). Une importante dérivation alimenta ensuite les Thermes de Caracalla (v. Thermae Antoninianae); elle se détachait du conduit principal vers le 3ème mille de la Via Latina et reçut le nom d'Aqua Antoniniana.
Vitr., 8,3, 1.
Mart.,9, 18,5-6. Frontin.,Aq., 7,5; 19,3-8; 76,5; 87,3-4.

D. Cattalini, L. T.U.R. I, 1993, p. 67-69. H. B. Evans, Water distribution in Ancient Rome. The Evidence of Frontinus, Ann Arbor, 1993, p. 83-93. 26

AQVA MERCVRII (J) - Source voisine de la Porta Capena (v.). Il est difficile de la localiser exactement parmi les nombreuses sources du Caelius, au sud de l'actuelle Villa Caelin10ntana.
Ov., F ost., 5, 673-674.

B. COlnbet-Famoux, A4ercure ronlain. Le culte public de A1ercure et la fonction mercantile à Rome, de la République archaïque à l'époque augustéenne, B.E.F.A.R. 238, 1980, p. 300-303. D. Palombi, L.T. [1.R. I, 1993, p. 69.

AQVA TEPVLA (M) - Quatrième aqueduc de Rome, qui devait son nom à ses eaux tièdes captées dans les environs de Tusculum (aujourd'hui Frascati). Il fut construit en 125 avo J.-C. par les censeurs Cn. Servilius Caepio et L. Cassius Longinus, an1enant l'eau au Capitole. En 33, Agrippa dériva son eau dans le conduit d'un nouvel aqueduc, l'Aqua Julia (v.), mais la canalisation subsista (Frontin., Aq., 9). L'Aqua Tepula était alimentée par un bassin de la Julia, par la Marcia (v. Aqua Marcia), puis par l'Anio Vetus (v.) à la hauteur des Horti Epaphroditiani (v.). Elle empruntait les n1êmes arches que la Marcia et la Julia, placées au-dessous et au-dessùs d'elle, passait par le lieu-dit ad 5'pem Veterem (v.) sur l'Esquilin et se terminait près de la Porta Viminalis (v.), après un parcours de 18 kilolnètres. Son débit était de 17.000 m3par jour (Frontin., Aq., 68 ; 82).
Frontin., Aq., 8, 1 ; 19,3-6 ; 68,4.

D. Cattalini, L. T. [1.R. I, 1993, p. 70. H. B. Evans, Water distribution in Ancient Rome. The Evidence Frontinus, Arm Arbor, 1993, p. 95-98.

of

AQVA VIRGO (B - C) - Aqueduc créé par Agrippa pour alimenter ses thermes du Chalnp de Mars (v. Thermae Agrippae) et inauguré en 19 avo J.-C. Il devait son nom, disait-on, à la jeune fille qui indiqua des sources abondantes à des soldats assoiffés (Frontin., Aq., 10. Cf. Plin., Nat., 36, 121). Depuis le 8èmen1illede la Via Collatina jusqu'au nord de la Ville (Parioli, Villa Borghese) son parcours était souterrain. Mais du pied du Pincio (<< au-dessous des Jardins de Lucullus ») jusqu'aux Saepta (v.), il traversait le Champ de Mars sur des arches en pépérin dont certaines sont encore visibles via deI Nazareno : 27

datant d'une réfection de Claude, elles franchissaient la Via Lata sur un arc (cf. Mart., 4, 18, 1-2) qui commémorait la victoire sur la Bretagne et suivaient ensuite les actuelles via di Caravita et via deI Seminario. Cet aqueduc avait une longueur d'environ 21 kilomètres et un débit de 100.000 m3par jour (Frontin., Aq., 70). Il desservait aussi la rive droite (sans doute en passant sur le Pons Agrippae). Une partie de son eau était destinée à l'Euripe (v. Euripus) où l'on se baignait volontiers. Le nom d'Aqua Virgo venait plutôt de la pureté et de la fraîcheur de cette eau qui alimente encore aujourd'hui la Fontaine de Trévi, celle de la Barcaccia (piazza di Spagna) et celle des Fleuves (piazza Navona).
Ov., Ars, 3,385-386. Fast., 1, 463-464. Pont., 1,8,36-38. Sen., Epist., 83,5. 14,163,2. Mart., 5,20,9-10; 6,42, 18 ; 7,32, 11-12 ; Il,47,6; Frontin., Aq., 22, 2 ; 84, 1-3.

H. B. Evans, Water distribution in Ancient Rome. The Evidence of Frontinus, Ann Arbor, 1993, p. 105-109. S. LePera,L.T.U.R. 1,1993, p. 72-73.

ARA CONSI (UA 6)

- Autel

lié par la tradition à la célébration

des Jeux en l'honneur de Consus au cours desquels, à l'époque de Romulus, eut lieu l'enlèvement des Sabines. Le culte était donc très ancien (cf. DH., l, 33, 2 et 2, 31, 2-3) et il s'agissait d'une divinité chtonienne: l'autel était souterrain, situé au IIIème siècle ap. J.-C. «près des bornes murciennes» (v. Murciae Sacellum), c'est-à-dire au sud-est du Grand Cirque (v. Circus Maximus / Circus). Il marquait de ce côté la limite du premier pomoerium.
Varro, Ling., 6,20. Tac., Ann., 12,24. T ert., Spect., 5, 5 ; 8, 6.

P. Ciancio Rossetto, L. T. [1.R. I, 1993, p. 322.

ARA DITIS PA TRIS (ET PROSERPINAE) (C) - Autel dédié aux divinités infernales dans le Tarentum (v.), à l'extrémité du Champ de Mars, par un certain Valésius. Après lui, Valérius Publicola y célébra des Jeux qui devinrent les Jeux séculaires. L'autel, situé sous terre à 20 pieds de profondeur, n'était découvert qu'à cette occasion. 28

Val. Max., 2, 4, 5. (Fest., 440 L. Paul. Fest., 479 L) F. Coarelli, L. T. U.R. TI, 1995, p. 19.

ARA FEBRIS

- V. Febris Templum 1.

ARA FONTIS (E) - Autel de la divinité des sources près duquel la tradition situe le tombeau de Numa (v. Sepulcrum Numae), localisé lui-même au pied du Janicule. Il devait s'agir à l'origine d'un lieu de culte à ciel ouvert. En 1914, à l'occasion des travaux de construction du Ministero della Pubblica Istruzione sur le viale deI Trastevere, furent découverts une inscription avec une dédicace du 1ersiècle avo J.-C. à Fons, puis les restes d'un petit sanctuaire (qui aurait remplacé l'autel) et un édicule pour la statue, en briques.
Cie., Leg., 2, 56.

1. Aronen, L.T.U.R.

II, 1995, p. 256.

ARA FORTVNAE REDVClS (J*) - Autel dont la construction fut votée par le sénat à l'occasion du retour d'Auguste de Syrie, en 19 avoJ.-C. Les pontifes et les Vestales devaient y célébrer un sacrifice annuel. Situé devant le Temple d'Honos et Virtus (v. Honoris et Virtutis Aedes 1) à la Porta Capena (v.), il est représenté sur des monnaies d'Auguste.
R. Gest.,Il. F. Coarelli, L.T.U.R. II, 1995, p. 275.

ARA IOVIS ELlCll (E*) - Autel dédié sur l'Aventin par Numa, selon la légende, dans le but d'obtenir des révélations sur la signification des prodiges. Jupiter lui était apparu sur le sommet boisé de la colline (après intervention de Picus et Faunus: cf. Ov., Fast., 3, 327) pour lui indiquer comment conjurer la foudre. Ce nom du dieu est à rapprocher de elicere : faire venir.
Varro, Ling., 6, 94. Liv., 1,20, 7.

M. Andreussi,L.T.U.R.

ID, 1996, p. 135. 29

ARA IVNONIS

IVGAE

- V. Vicus lugarius.

ARA LA VERNAE (E*) - Autel consacré à une obscure divinité dont le bois sacré servait de refuge aux voleurs. Il avait doooé son nom à la Porta Lauernalis (v.) à l'extrémité sud de l' Aventin.
Varro, Ling., 5,163.

ARA MALAE FORTVNAE (M*) Autel élevé sur l'Esquilin (v. Esquiliae), aux frais de l'Etat, dans le but d'écarter la Mauvaise Fortune. On a proposé récemment de le situer à l'endroit où Servius Tullius avait trouvé la mort, au pied de la colline, à l'angle du Vicus Cuprius (v.) et du Cliuus Orbius (v.) : il y aurait rappelé la tradition attribuant à la Fortune non seulen1entl'élévation, tuais aussi la chute de ce roi.
Cie., Leg., 2,28. Nat., 3, 63. Plin., Nat., 2, 16 (fanum).

-

F. Coarelli, « Il sepolcro e la casa di Servio Tullio », Eutopia, 2001, 1-2, p. 36-40.

ARA MARTIS

(C*)

- Autel

qui, en 193 avo J.-C., fut relié par

un portique à la Porta Fontinalis (v.) au pied du Capitole. Cel1trereligieux du Champ de Mars dès l'époque des rois, il était lié aux opérations du cens. Il est représenté sur le bas-relief de l'autel dit « de Domitius Ahenobarbus}) conservé au Louvre (il s'agit d'une scène de cens). Des vestiges du podium monumental sur lequel il reposait auraient été découverts en 1925 sous la via del Plebiscito.
Liv., 35, 10, 12 ; 40,45,8. (Fest., 204 L)

F. Coarelli, L. T.U.R. ill, 1996, p. 96 - Il Canlpo AJarzio dalle origini allafine della Repubblica, Rome, 1997, p. 182-197.

ARA MAXIMA

consacré à Hercule, élevé, selon la tradition, sur le Forum Boarium (v.) par Hercule lui-même après sa victoire sur Cacus, ou par Evandre. Le culte était célébré avec
(D)

- Autel

30

des rites particuliers dans une enceinte sacrée; et selon une tradition légendaire, ni chiens ni mouches n'accédaient au sanctuaire (sacellum) où était conservée, parmi d'autres reliques, la massue d'Hercule. Chez Pline (Nat., 10, 79) et Macrobe (S'at., 3, 6, 17) il est question d'une aedes (v. Herculis (Pompeiani) Aedes). L'ensemble sacré (Magna Ara Fanumque) brûla dans l'incendie de 64. Mais l'Autel existait encore au IVèmesiècle (cf. Serv., ad Aen., 8, 271). On a proposé d'identifier l'Ara Maxima avec le grand podium en blocs de tuf qui sert de soubassement à une partie de l'église S. Maria in Cosmedin (et qu'on peut voir dans la crypte). Il mesure environ 22 mètres sur 31 et sa construction date sans doute du milieu du IIèmesiècle avo J.-C. : il s'agirait d'un autel de type hellénistique comparable à celui de Pergame. Les colom1esde marbre réutilisées dans l'église (sept du côté de l'entrée et trois sur le côté gauche) auraient appartenu à un portique associé au sanctuaire.
Verg., Aen., 8,271-272. Liv., 9, 29, 9. Ov., Fast., 1,581-582. Iuv., 8, 13-15 (AtJagna Ara). Tac., Ann., 12,24 (Magna Herculis Ara); Sol., 1, 10-11 (Sacellum).

15,41 (Magna Ara Fanumque).

A. Piganiol, «Les origines du Forum Boarium », Af.E.F.R.A. 29, 1909, p. 103-144. 1. Bayet, Les origines de l'Hercule romain, B.E.F.A.R. 132, 1926, p.239-247. F. Coarelli, Il Foro Boario dalle origini alla fine della Repubblica, Rome, 1988, p. 61-77 - «Hercules invictus, Ara maxima », L.T.lJ.R. ill, 1996, p. 15-17.

ARA NEPTVNI

-V. Neptuni

Delubrum.

ARA PACIS AVGVSTAE (G) - Autel dont la construction fut votée par le sénat le jour du retour d'Auguste d'Espagne et de Gaule le 4 juillet 13 avo J.-C. Il fut érigé au Champ de Mars, à l'ouest de la Via Flaminia (v.), et dédié le 30 janvier 9. Des fragments furent retrouvés au XYlèmesiècle sous le Palais Fiano (l'un d'eux est encastré dans une des façades de la Villa Médicis, un autre conservé au Louvre). Des fouilles furent entreprises en 1903, puis en 1937-1938. Et l'autel reconstitué (abrité sous un 31

édifice de verre) fut placé, avec une orientation différente, le long du Tibre et à côté du Mausolée (v. Mausoleum / Tumulus Augusti), sur la nouvelle piazza Augusto Imperatore, pour l'exposition célébrant le biInillénaire de la naissance d'Auguste voulue par Mussolini (23 septembre 1938). Une présentation différente est actuellen1ent à l'étude. Le monument se compose en fait d'lm autel et d'une enceinte de 11,60 mètres sur 10,60, en n1arbre de-Luni. Deux larges portes s'ouvraient, l'une, à l'est, par où entraient les animaux du sacrifice, l'autre, à l'ouest, précédée de quelques marches et réservée au prêtre. L'autel, entouré de trois marches sur les quatre côtés, est on1é d'une frise qui représente une procession aux persolmages n1inuscules (vestales, prêtres, Grand Pontife à l'extérieur, animaux destinés au sacrifice à l'intérieur, griffons aux quatre angles). L'enceinte de marbre est entièrement décorée: à l'intérieur sont sculptées des guirlandes de feuillages et de fruits accrochées à des bucranes, au-dessus d'une palissade rappelant celle qui, à l'origine, délimitait le templurn (ou reproduisant un sanctuaire rustique). D'une hauteur de 4,60 Inètres, les reliefs extérieurs, avec, aux angles, des pilastres on1és de candélabres et surmontés de chapiteaux corinthiens, sont divisés en deux étages par un bandeau orné d'un motif géométrique (une grecque) : en bas, des rinceaux d'acanthe, en haut, des panneaux figurés (procession sur les côtés continus et tableaux mythologiques ou allégoriques autour des portes). Sur six décors correspondant aux panneaux figurés, à partir d'un large buisson donnant naissance à une sorte de candélabre végétal, les rinceaux développent symétriquen1ent leurs volutes terminées de façon très diverse par des feuillages ou des fleurs: en particulier, dans la partie supérieure du décor, des pahnettes et des fleurs de lotus alternent avec des cygnes aux ailes
déployées. Au milieu de ce luxuriant décor végétal

- symbolisant

le retour de la Paix et de l'âge d'or, qui se Inanifeste à travers l'exubérante fécondité de la nature - sont disséminés de petits animaux: lézard, scorpion, grenouille, ou serpent menaçant des oisillons. Deux des tableaux encadrant les portes sont très mutilés: l'un représentait ROIne victorieuse assise sur un monceau 32

d'annes, l'autre, le Lupercal, avec Romulus et Rémus confiés par Mars à Faustulus sur les bords du Tibre. De l'un à l'autre, sur le long panneau, un cortège comprenant les membres des collèges religieux, des femmes (Livie ou Julie? Octavie '1)et des enfants (Lucius César) de la famille impériale reproduit la procession qui se déroula en 13 avo J.-C. pour l~ pose de la première pierre, ou plutôt une procession idéale: Drusus, par exemple, qui apparaît sur l'autre grand palmeau, était absent. Sur le côté opposé, partant de la figure symbolique de Tellus, la Terre nourricière (ou Vénus '1),et se dirigeant vers une scène identifiée comme « le sacrifice d'Enée », on peut voir, en tête du cortège, les mel11bresles plus importants de la fal11ille Ï111périale.Sur le premier relief, une femme plantureuse porte deux enfants; à ses pieds paissent des anin1aux et une source arrose une abondante végétation; autour d'elle, deux jeunes femmes, l'une sur un cygne, l'autre sur un dragon marin, avec leur voile gonflé au-dessus de la tête, symboliseraient les vents de terre et de mer (ou seraient une Vénus céleste et une Vénus marine). Sur le second, Enée, à son arrivée en Italie, sacrifie aux dieux Pénates la truie blanche dont les trente petits almonçaient les trente années séparant la fondation d'Albe et celle de Rome, COl11ffie raconte l'Enéide (8, 81-85) ; le personnage est idéale lisé: barbu, l11aissacrifiant selon le rite romain, il incarne la pietas. Dans le cortège (certaines têtes ont été refaites au XVIème siècle), Auguste, plus grand que les autres, suivi des flamines (reconnaissables à leur bOlmeten fonne de casque à pointe) et de sa famille: son gendre Agrippa (qui mourut en 12 avo J.-C.), la tête voilée, son petit-fils Caïus (dans le costun1e oriental de la célébration des Jeux troyens), né en 20 avo J.-C. et qu'il adopta en 17, sa feffil11e ivie ou sa fille Julie; son beau-fils Tibère (qui L épousera Julie après la mort d'Agrippa); ses nièces, filles d'Antoine et d'Octavie: Antonia la jeune, tenant par la main le petit Gennanicus et se retournant vers son mari Drusus, frère de Tibère (qui allait I110urirl'am1ée de l'inauguration, en 9 avo J.-C.), et Antonia l'aînée, avec son I11ariDomitius et leurs jeunes enfants (les ancêtres de Néron). Il y aurait à déchiffrer, dans l'extraordinaire cOl11position végétale en relation avec les personnages du registre supérieur, 33

un n1essage crypté qui ferait reposer sur Caïus et Lucius les espoirs dynastiques d'Auguste, excluant de sa succession les descendants d'Antoine. D'autre part, ce décor où règne l'acanthe, qui l'emporte sur la vigne et le lierre et, dans le domaine de l'omeInent, se substitue au laurier, symboliserait la victoire d'Apollon sur Dionysos, c'est -à-dire peut-être celle d'Auguste sur Antoine, mais aussi celle de l'art classique. De façon générale, bien que sa valeur esthétique ait été contestée et malgré certains aspects disparates, on est frappé par 1'hannonie, l'équilibre de l'ensemble. L'influence grecque classique (représentation des Panathénées) ou hellénistique (autels monumentaux) s'allie ici à un réalisme bien romain dans la peinture minutieuse des costumes, des traits, des attitudes. L'Autel de la Paix rappelle certains passages de Virgile et du « Chant séculaire» d'Horace. Le message des reliefs figurés est explicite, associant le retour de l'âge d'or au régime dynastique fondé par Auguste: la fécondité de la Terre est le fruit de la Paix (non représentée) assurée par la don1ination sur le monde de Rome, c'est-à-dire des fils de Mars, sous la conduite d'un descendant du pieux Enée : Auguste, restaurateur des valeurs traditiolmelles, relie ici le présent et le passé et prend place entre les fondateurs, Enée et Romulus, dans l'idéologie officielle.
Ov., Fast., 1, 709. R. Gest., 12.

M. Torelli, Typology and Structure of Rornan Historical Reliefs, Am1Arbor, 1982, p. 27-61 -L.T.U.R. IV, 1999, p. 70..74. R. Turean, L'art ronlain dans I 'histoire. Six siècles d'expression de la ronlanité, Paris, 1995, p. 95..101. G. Sauron, L'histoire végétalisée. Ornement et politique à Rome, . Paris,2000.

ARA ~"ATVRNI (FR 14) - Autel très ancien, dont la construction était attribuée à Janus ou aux Pélages, situé au pied du Capitole, en face du Senaculum (v.) et contigu à un Sacellum Ditis (v. Mundus). C'était sans doute l'élément principal d'un lieu de culte à ciel ouvert ((anum). Ils' agirait de l'autel que l'on voit encore près de l'Arc de Septime-Sévère (derrière les rostres itnpériaux), considéré précédemn1ent COInme Volcanal (v.). le 34

1\tlacr., Sat., 1, 7,24 et 30 ; 1, 8, 2 ; 1, 11, 48. (Fest., 430 L)

F. Coarelli, II Foro Romano I. Periodo arcaico, Rome, 1983, p. 199-226 (<< L',Ara Saturni e il A4undus ») - L.T. [1.R. IV, 1999, p. 236.

ARA

VICTORIAE

- Y. Curia Julia.

ARA(E) (IOVIS V/MINI) (G* L*) Autel(s) consacré(s) à la divinité qui aurait donné son nOIn au Collis Viminalis (ce nom s'expliquait aussi par la présence de bois de saules ou d' oseraies). On aurait reCOill1U représentation de Juppiter Viminus la panni des graffitis retrouvés près de la Porta Vimina lis (v.).
Varro, Ling., 5,51. (Fest., 516 L) 1. Aronen, L. T. U.R. ill, 1996, p. 162.

-

-

ARCVS (DOMITIANI)

(D*) - Arc VOISIndu Temple de Fortuna Redux (v. Fortunae Reducis Templa), surmonté d'une statue dorée de Domitien conduisant des quadriges d'éléphants. C'était l'un des iImomhrables arcs de triomphe élevés par cet empereur. Il s'agissait peut-être d'une reconstruction de la Porta Triumphalis (v.).
Mart., 8, 65, 7-10.

E. Rodriguez-Almeida, L. T.U.R. I, 1993, p. 92.

ARCVS DRVSI (K)
On a donné

Arc de triomphe en marbre dont la construction sur la Via Appia (v.) fut votée par le sénat à la mort du frère de Tibère en 9 avo J.-C. Son en1placement est discuté.
ce nom aux arcades de l'Aqua Antoniniana

-

- déri-

vation de l'Aqua Marcia (v.) alimentant les Thermes de Caracalla (v. Therlnae Antoninianae) - à l'endroit où elles enjambent la route à l'intérieur du Mur d'Aurélien, devant la Porta Appia (actuelle Porta San Sebastiano), en raison d'inscriptions mentionnant Drusus (elles pourraient appartenir à des vestiges d'époque augustéenne englobés dans la contre-porte au début du yème siècle). On l'a situé aussi à la hauteur de l'embranchement de la Via Latina. Il est mentionné dans les Catalogues Régionnaires du IVème siècle. 35

Suet.,

C,"f[aud, 1, 7.

G. Pisani Sartorio, L. T. UR. I, 1993, p. 93.

ARCVS NERONIANI (N) - Arches construites par Néron sur lesquelles passait une dérivation de l'Aqua Claudia (v.). Elles commençaient au lieu-dit ad Spem Veterem (v.), sur l'Esquilin, traversaient le Caelius et se terminaient près du Temple de Claude (v. Claudii Diui Templum). De là l'eau était distribuée non seulement sur le Caelius, mais aussi jusqu'au Palatin, à 1'Aventin et dans la région transtibérine. Ces arches en briques, d'une hauteur de près de 20 mètres, sont encore visibles au nord de S. Jean de Latran, le long de la via di S. Stefano Rotondo, et via di S. Gregorio, au pied du Palatin (il s'agit en grande partie d'une reconstruction de Septime-Sévère et Caracalla).
Frontin., Aq., 20, 3-5 ; 76, 5-6 ; 87, 3-4.

Z. Mari, L. T. UR. I, 1993, p. 100-101.

ARCVS (TIBERII) (I) (FR 18) - Arc dédié en 16 ap. J.-C. à l'occasion du retour - « sous les auspices de Tibère» (et sous la
conduite de Germanicus)

- des

enseignes perdues par Varus en

Germanie vingt-trois ans plus tôt. Il était situé propter Aedem Saturni (v. Saturni Aedes), c'est-à-dire «sur le côté» du Temple de Saturne, et donc enjambait le Vicus Jugarius (v.) entre le sanctuaire et la Basilica Julia (v. Basilica Sempronia / Julia).
Tac., Ann., 2,41.

F. Coarelli, L.T.U.R. I, 1993, p. 107-108. ARCVS (TIBERII) (II) (C*)

- Arc

en marbre, voté par le sénat

en l'honneur de Tibère, qui fut élevé par Claude au Champ de Mars à côté du Théâtre de Pompée (v. Theatrum Pompei / Pompeianum).
Suet., Claud, Il, 7. L. Chioffi, L. T. U.R. I, 1993, p. 108.

AREA APOLLINIS

(P*) - Espace lié aux souvenirs de la fondation: Roma quadrata (v.), Cabane de Romulus (v. Casa 36

Romuli 1) appelée aussi Tugurium Faustuli, !..f.)calae aci (v.), et C oÙ fut constnlÎt le Temple d'Apollon (v. Apollinis Palatini Aedes / Templum), au sud-ouest du Palatin. Le nom apparaît sur un fragment du Plan de marbre qu'on a proposé de placer au sud du ten1ple; le petit monument représenté serait l'autel entouré des célèbres bœufs de Myron, ou la statue colossale d'Apollon dont parle Properce (v. Apollinis Aedes / Templum). Cette aire sacrée aurait été plantée de bosquets (silua).
Sol., 1, 17-18. P. GrimaI, Les Jardins Ronzains 3, Paris, 1984, p. 180. E. Rodriguez-Almeida, L.T. U.R. I, 1993, p. 113.

AREA CAPITOLINA

- V. Capitolium / Area Capitolina.

AREA CONCORDIAE - V. Concordiae Aedicula. AREA LVCINAE - V. Iunonis Lucinae Aedes. AREA PALATINA - V. Palatium / Aula (Parrhasia).

AREA VOLCANI - V. Volcanal. ARGEORVM SACRARIA - Chapelles oÙ se rendait successivelllent chaque année, le 16 et le 17 n1ars, une procession solennelle. Quatorze d'entre elles sont localisées:

- pour

la

1èreRégion (Suburana),

le premier sanctuaire

était situé sur le Caelius, le quatrième sur le Caeroliensis (v.) près du sanctuaire de Minerua Capta (v. Mineruium), le sixième dans la Subura (v.) - pour la Ilème Région (Esquilina), le premier, le troisième et le quatrième sanctuaires étaient situés sur l' Oppius (v. Oppius Mons), respectiven1ent au-delà du Lucus Fagutalis (v.), en deçà et au-delà du Lucus Esquilinus (v.), le cinquième sur le Cispius (v. CispiusMons), le sixième également, près du Temple de Junon Lucina (v. Iunonis Lucinae Aedes)

- pour

la Illème Région (Collina),

celle du Quirinal, le

troisième sanctuaire était situé sur le Quirinalis Collis, le quatrièllle sur Ie Sfalutaris Collis (v. Salutis Aedes), Ie cinquième 37

sur le Mueialis (,"ollis (v.) près du Temple de DiusFidius Semo 1-'Janeus(v. Sanci Aedes), Ie sixième, sur Ie Latiaris Collis (v.), en haut duVieus Jnsteius (v.)

pour la IVème Région (Palatina), le cinquième sanctuaire était situé sur le Germalus (v.), le sixiènle sur la Velia (v.), près du Temple des Pénates (v. Penatium (Deum) Aedes). Il y en avait au total vingt-sept. L'origine du cérémonial des Argées était déjà obscure aux yeux des auteurs antiques: selon une des nombreuses légendes auxquelles ils faisaient appel pour expliquer cet ancien culte, un certain nombre de chefs Argiens, venus dans le Latium à la suite d'Hercule, se seraient établis sur le sol romain et ces sacraria auraient été leurs tOlnbeaux.
Varro, Ling., 5,45-54 (paj'sim).

-

F. Coarelli,L.T.U.R. 1,1993, p. 120-125.

ARGILETVM (H) Toponynle désignant à la fois la rue qui, dans sa partie la plus basse, débouchait sur le Forum à l'endroit où était honoré Janus (v. Janus (Geminus) et le quartier traversé par cette rue, où Cicéron possédait des immeubles de rapport et dont une partie devait disparaître pour faire place au Fonlm de César (v. Forum Caesaris / Julium). Les Anciens n'étaient pas d'accord sur l'origine du nom; les uns l'expliquaient par des légendes (un certain Argus, tué par les compagnons d' Evandre, aurait été enterré à cet endroit), les autres par la nature argileuse du sol. C'était un quartier de commerçants et d'artisans; les cordonniers (sutores) étaient nombreux du côté de Subure (v. Subura) ; et en face du Forum de César se situait la boutique du libraire-éditeur de Martial (taberna Atreeti). L'Argilète occupait la vallée située au nord du Forum, de la Velia (v.) jusqu'aux pentes du Quirinal et du Capitole: la rue séparait le secteur commercial, au sud-est, celui du Marché (v. Maeellum), du quartier d'habitation, au nord-ouest. Sous Domitien, un tronçon important de cette rue se transforma en Forum Transitorium (v.).
Cie., Alt., 1, 14, 7 ; 12,32,2. Varro, Ling., 5, 157. Verg., Aen., 8, 345-346.

-

38

Liv., 1, 19,2. Mart., 1,3, 1 ; 1, 117,9;

2, 17,3.

E. Tortorici, Argiletum: comnlercio, speculazione edilizia e lotta politica dall 'ana/isi topografica di un quartiere di Ronla di età repubblicana,B.(~.A.R. suppl. 1,1991 -L.T.U.R. 1,1993, p. 125-126.

ARMIL

VSTRIVM

(E)

- Lieu

où se déroulait une cérémonie

religieuse archaïque du Inême nonl et où se produisit un prodige (pluie de pierres) en 207 avo J.-C. Il est situé sur l'Aventin par les Catalogues du IVèmesiècle qui le citent en premier dans la XIIIèmeRégion (Auentinus), avant les Temples de Diane (v. Dianae Aedes / l'emplum) et Minerve (v. Mineruae Aedes 1). Et l'on connaît par des inscriptions l'existence d'un uicus Armilustri qui devait correspondre à la via di S. Sabina.
Varro, Ling., 5, 153 ; 6,22. Liv., 27, 37,4.

M. Andreussi, L.T.U.R. 1,1993, p. 126-127.

ARX (FR) - Endroit le mieux protégé de Rome, d'où l'on pouvait le plus facilement « elnpêcher les ennemis d'approcher », le mot Arx venant d'arcere. La Citadelle, qui s'appuyait sur un roc taillé à pic, resta inviolée lors de l'invasion gauloise selon certains auteurs (Cicéron), tandis que pour d'autres (Virgile) les Gaulois s'en emparèrent, COlnnleavant eux les Sabins grâce à la trahison de Tarpéia. Quand l'armée était convoquée, un étendard rouge flottait sur la Citadelle. Celle-ci n'avait pas cependant, d'après les textes, de fonction défensive particulière: Arx et Capitolturn sont toujours associés quand il est question de l'importance stratégique de la colline. D'autre part, l'Arx était le lieu où officiaient les augures: ils prenaient les auspices depuis l'Auguracu!um (v.) en regardant en direction du Caelius et, au loin, des monts Albains. On y cueillait aussi les herbes sacrées nécessaires pour les rites des féciaux. Mais le seul sanctuaire important était celui de Juno Moneta (v. Junonis Monetae Aedes) ; et l'Atelier de la Monnaie (v. Monetae Officina) installé à côté lui devait son nom. Le sommet nord-est du Capitole qui jouait le rôle de Citadelle était un peu plus élevé (48 mètres) que celui du sud-ouest (45 mètres), luais sa superficie était bien 39

moindre. Le point le plus haut devait correspondre au jardin public qui se trouve derrière l'église S. Maria in Aracoeli, audessus de la via di S. Pietro in Carcere, où quelques restes du Temple de Juno Moneta et de l'Auguraculum sont encore visibles.
Cie., Rep., 2, 11. Diu., 1,101. Off., 3,66. Varro, Ling., 5,47 ; 5, 151 ; 6,28; 6,92 ; 7,8. Verg., Aell., 8,652 ; 8,657. Vitr., 2, 1, 5. Liv., 1, Il,6 ; 1, 12, 1 ; 1, 18,6-8 ; 1,24,4-5 ; 4, 18,6 ; 6, 19, 1 ; 6,20, 7,28,4-5 ; 10, 7, 10 ; 22,33,8; 30,43,9 ; 39, 15, Il. Ov., Fast., 6, 183-186. Val. Max., 8, 2, 1. POO., Nat., 16,216 ; 22, 5. SiI., 6, 555-556. Tac., Alln., 3, 71. Flor., 1, 7 (1, 13), 13 ; 2,4 (3, 16),5-6 ; 2, 9 (3,21), 7. Sol., 1,21. Macr., Sat., 1, 16, 15. (Fest., 372 L. Paul. Fest., 17 L ; 92 L) (Arx et Capitolium) Cie., Rab. perd, 35. Cat., 4,18. Liv., 1,33,2 ; 2, 7, 10 ; 3, 15,5 ; 3, 16-21 (passim) ; 3,68, 7 ; 4,45, 1-2 ; 4,45, 5 ; 4,45,6 ; 5,8,33 ; 5,8,37 ; 5,47, 1-4 ; 5, 50, 4 ; 26,9, 9 ; 26, 10,2 ; 26, 10,6. Val. Max., 6,3, 1. Tac., Ann., Il,23. Gell., 5, 12, 2.

13-14;

F. Coarelli, II Foro Romano 1. Periodo arcaico, Rome, 1983, p. 97-107 (( L' Arx e l'Auguraculunl »). G. Giannelli, L.T.L/.R. I, 1993, p. 127-129. A. Ziolkowski, « Between Geese and the Auguraculum : the Origin of the Cuit of Juno on the Arx », Class. Phil. 88, 1993, p. 206. M. Albertoni, Archeologia in Canlpidoglio, Rome, 1997.

ASYL VM (FR) - Espace que, selon la légende, Romulus aurait proclamé lieu de refuge et d'asile. Il était situé sur le Capitole, à l'endroit appelé « entre les deux bois» (v. Duos Lucos (inter) 1). Et dans le récit des combats de 69 ap. J.-C., quand les Vitelliens essaient de passer de ce côté pour s'emparer du Capitole, il est encore question d'un bois (lucus Ajyli). Par ailleurs, à l'époque d'Auguste, l'Asylum était matérialisé par un locus saeptus: d'après une suggestion récente, celui-ci aurait été respecté lors de la construction du Tabularium, ce qui expliquerait la présence d'une niche dans le mur occidental du grand bâtiment des Archives. 40

Verg., Aen., 8,342-343.
Liv., 1, 8, 5. Tac., Hist., 3, 71. Flor., 1, 1, 9.

T. P. Wiseman, L.T.[T.R. I, 1993, p. 130. A. Mura Sommella, «Inter di/os lueos : problematiche relative alla localizzazione dell'Asylum », dans Etnlsea et Italiea. Serifti in rieordo di Al. Pal/otlino II, 1997, p. 425-442.

ATHENAEVM

(FR 35)

- Siège

d'une sorte d'université

(ludus

ingenuarum artium) créée par Hadrien, où certains empereurs allaient écouter rhéteurs et poètes et déclamaient eux-mêmes. On a supposé qu'Hadrien avait utilisé la bibliothèque consacrée par Domitien à Minerve (d'où le nOIUd'Athenaeum) et qu'il s'agissait de l'immense salle en briques située au sud du Temple de Castor et Pollux (v. Castoris Aedes / Templum), voûtée à l'origine et précédée d'un portique, avec de nombreuses niches dans les murs (l'ensemble peut être daté du règne de Domitien et certains éléments du règne d'Hadrien). Mais il est difficile d'imaginer dans ce cadre les gradins formant une sorte decauea où les spectateurs prenaient place au Vèmesiècle (Sidon., Ep., 2, 9, 4 et 9, 14, 2).
Aur. Vict., Caes., 14,2-3. H~.t. Aug. Pert., Il,3. Alex. Se}'., 35,2. Gord, 3,4.

A. Piganiol, «La propagande païenne à Rome sous le BasEmpire », J. Sav., 1945, p. 25-26. F. Coarelli, L.T.U.R. I, 1993, p. 131-132.

ATRIA LICINIA (H*) - Bâtiment où avaient lieu les ventes aux enchères, voisin de l'entrée du marché (v. Macellum). On peut le situer au nord-est de la Basilica Fuluia / Paulli (v.). Le nom indique sans doute qu'il appartenait à l'origine à un Licinius (Crassus) qui le louait pour un usage public.
Cic., Quinet., 12 ; 25.

E. Tortorici, L. T. [T.R. I, 1993, p. 132.

ATRIVM LIBERTATIS

(H*) - Bâtiment où les censeurs avaient leurs archives (tabularium) et conservaient plusieurs sortes de documents officiels. Il servit en 212 av. J.-C. de lieu de 41

détention pour des otages et fut restauré en 194. En 167 on y tira au sort la tribu urbaine où l'on ferait entrer tous les affranchis. Les esclaves de Milon y furent interrogés et soumis à la torture. Après son triomphe de 39 avo J.-C., Asinius Pollion le reconstruisit avec l'argent du butin. Il y créa la première bibliothèque publique: c'était un projet de César qui en avait confié l'organisation à Varron et celui-ci y eut sa statue de son vivant. Le monumentum de Pollion s'ornait des portraits des plus grands génies et de remarquables œuvres d'art: des statues en Inarbre de Praxitèle, de son fils Céphisodote, de Scopas (Minor), le groupe fameux, venant de Rhodes, du Supplice de Dircé d'Apollonius et Tauriscus (artistes ayant travaillé à Pergame sans doute au IIèmesiècle), les Centaures portant des Nymphes du célèbre Arcésilas, les Appiades (v.) de Stéphanus... L'édifice eut d'autres fonctions à l'époque impériale: pendant les affrontements de 69, des détachements de Germanie y étaient cantonnés. L'Atrium Libertatis étant présenté comme la limite de l'extension du Forum dans le projet de César en 54, on en a déduit qu'il se trouvait à l'endroit où le Forum Iultum (v. Forum Caesarts / Iultum) vint s'appuyer au seuil rocheux unissant à l'époque Quirinal et Capitole. Cette hypothèse a été récemment remise en question. Cependant la mention Ltbertatis figure sur le Plan de Inarbre: elle apparaît sur l'abside orientale - l'autre
manque

- de la Basilica

Vlpia (v. Forum Traiani / Vlpium) qui,

avec les deux bibliothèques voisines, aurait occupé l'elnplacen1ent de l'Atrium.
Cie., Mil, 59. Alt., 4, 16, 8. Liv., 25, 7, 12 ; 34,44,5 ; 43, 16, 13 ; 45, 15, 5. Ov., Trist., 3, 1, 71-72. POO., Nat, 36,23-25 ; 36,33-34. Tac., Hist., 1,31. Suet., Aug., 29,8. (Fest., 277 L)

F. Castagnoli, «Atriunllibertatis », R.A.L. 8, l, 1946, p. 276-291. F. Coarelli, L.T.U.R. I, 1993, p. 133-135. N. Purcell, «Atriunl Libel1atis », P.B.S.R. 61, 1993, p. 125-155. C.M. Amici, L.T.U.R. V, 1999, p. 229.

ATRIVM MAENIVM, ATRIVM TITIVM (H*) - Salles appartenant à des particuliers et associées à des boutiques, qui furent 42

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