Loin des châteaux en Espagne

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Loin des Châteaux en Espagne, est un roman d'inspiration familiale, prenant son ancrage à la fin du XIXe siècle en Espagne.
Il relate, la disparition d'un père émigré espagnol parti semble-t-il, pour le Mexique au début du XXe siècle, abandonnant femme et enfants.
Ce roman noue des histoires parallèles d'existence de femmes, mère et fille, des Marie sans mari au destin sibyllin, des secrets de famille qui lestent des générations et lèsent les protagonistes amputés de vérités basiques.
La première partie s'appuie sur la légende familiale autour du personnage principal Marie-Antoinette, la seconde est reprise par sa fille, Lucie qui offre un autre éclairage de l'histoire.
Il se déroule en Berry avec des incursions ibériques imagées.
Il traverse tout le XXe siècle et relate les ressentis émotionnels et existentiels de Marie Antoinette, fille de l'émigré espagnol, à travers ses souvenirs et son attachement à sa grand-mère Marie-Louise, personnage du pur terroir berrichon, en charge de son éducation.
Il conduit une réflexion sur les personnalités, les destinées, le pardon et les conséquences des actes posés par chacun des acteurs.


Publié le : mardi 9 juillet 2013
Lecture(s) : 28
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332567772
Nombre de pages : 140
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-56775-8

 

© Edilivre, 2013

1ère partie

Un cadeau de noël

Un papier posé sur le coin de la table n’avait pas attiré l’attention de son regard encore plissé de sommeil. Son ventre tirait ses entrailles, le bébé s’avérait déjà lourd à cinq mois naissants. Que serait la période précédant le terme proche de la délivrance ?… Sa main instinctivement palpait la vie qui habitait sous peau. « Si c’est un garçon avait dit le papa de son accent ibérique encore très prononcé, il s’appellera Paulo ».

Un sourire accompagna les pensées de la maman. Ce bébé arrivait un peu tôt, la première petite déjà née, venait à peine d’avoir quatorze mois… mais comment résister aux appétits du papa si beau, tellement séducteur, à l’allure altière, au contour de visage parfait qu’une moustache élégante rehaussait impeccablement effilée ?

Son regard noir toisait. Il défiait les difficultés, les incertitudes. Il avait l’élégance de sa race, l’arrogance de sa jeunesse, la prestance de ses ambitions que dissimulait mal sa situation d’émigré espagnol.

– « Allons Marie » se dit-elle, « ne rêve pas de bon matin ! Ta fille, Marie-Antoinette va se réveiller ».

Lui, le papa aux yeux bruns, le bel hidalgo était Vicente qu’elle appelait de son accent carré berrichon, Vincent. Il était parti depuis l’aube en laissant son bol sur la table comme à l’accoutumée, il avait dû rentrer exceptionnellement très tard la veille au soir car dans son profond sommeil elle ne l’avait pas entendu ni se coucher hier soir, ni se lever ce matin.

Le café bu, il avait probablement filé très vite, laissant son récipient vide et l’instantané de traces fraîches le long des parois incurvées. Elle s’en occuperait, avait-il dû penser, elle ne travaillait pas, toute dévouée à sa nouvelle vie…

L’aube du 24 décembre 1920 poussait les battants d’une longue journée jusqu’aux perspectives d’un réveillon promis entre amis espagnols avant que les parents fébriles ne garnissent pour son véritable premier Noël, les petits souliers de Marie-Antoinette trop jeune bébé l’année précédente. Pour elle et pour ses parents, Noël prenait véritablement tout son sens cette année là…

Mère et fille ne savaient pas de quel sens il s’agissait ni en effet combien cette date marquerait leur destin.

L’empreinte de l’épousé de Marie, flottait dans la demeure de son odeur tiède, de sa présence captieuse autant qu’encore mystérieuse pour elle qui se sentait de plus en plus éprise de lui. Il l’avait arrachée à son Berry natal après sa décision précipitée de s’installer à Reims. L’un et l’autre avaient construit malgré les difficultés, une alliance d’espérance, une petite fille déjà née et un second à naître en mai. Mais… Sans mégarde, sans prendre garde aux conséquences ! Marie caressant son ventre et souriant aux anges s’attarda enfin sur le papier posé près du bol de son petit déjeuner.

Elle reconnut l’écriture hésitante de son mari et lut en occultant les fautes :

« Maria, je pars pour le Mexique faire fortune, je reviendrai vous chercher, en attendant vends tout et repars chez ta mère. Je vous garde dans mon cœur, toujours, toujours… »

Signé Vicente.

Toujours… toujours… ce mot résonnait dans sa tête.

Il était parti !

Un cri l’étouffa.

La table la soutint et la retint du basculement de son être et de la terre entière. Un spasme lui cisailla le ventre, sa gorge avala d’un coup sec une boule âcre, elle s’assit et se mit violemment à pleurer des flots haletés de grêlons d’incompréhension. Elle s’admonesta. Que s’était-elle éprise de cet homme qui lui avait valu, déjà, bien des tracasseries lui laissant maintenant un goût plus qu’amer ?

D’écœurement elle vomit dans une bassine la bile acide de son amertume. La trahison de cet homme qu’elle avait soutenu dans son aveuglement, sortait en gerbes gluantes de son estomac retourné. La douleur s’exhumait, le désarroi demeurait figé en masse compacte, étouffante jusqu’à son évanouissement. Elle avait cru en son honnêteté, en son intégrité, en ses belles paroles chantées de sa voix mélodieuse à ses oreilles novices et crédules qu’elle lui avait naïvement volontiers prêtées et son cœur donné tout juste couronné de ses vingt ans depuis le vingt et un mai.

Le 21 mai 1900 date qu’elle affectionnait, persuadée qu’elle recelait une destinée ronde comme ses zéros, ne pouvant que lui ouvrir large son chemin de vie en neuf…

Que ne rêve-t-on pas quand on a 20 ans et pourtant la guerre, son frère, et maintenant son mari étaient venus froisser ses rêves, les ternir jusqu’au deuil, seuil qu’elle n’aurait jamais voulu franchir !

Pourquoi ?

Pourquoi était-il parti aujourd’hui, alors que plusieurs fois il eut l’occasion de le faire, lui prouvant à chaque fois, par ses retours sa bonne foi ?

Dans son cerveau éberlué, tout devenait opaque et s’entremêlait. Des bribes d’impressions surgissaient liées à la dernière condamnation de son mari qui avait fait germer son idée subite de venir s’installer à Reims. Constituaient-ils des clignotants qui s’étaient allumés pour signaler ses erreurs mais que sa jeunesse et son émotion avaient occultés ?

Les deux mois de prison les ayant déjà séparés avaient-ils créé une répétition générale à une rupture plus incisive, une préfiguration de sa destinée tel un avertissement d’Ancien Testament, un prélude à la honte de la jeune femme et à son déshonneur de devoir rentrer au village familial esseulée et flanquée de presque deux marmots ?…

Dans son petit bourg rural du Berry, où les langues se déliaient à la dérobée, les commentaires alourdis de sous-entendus captieux, allaient encore aller bon train. Marie pensait à sa brave mère qui l’accueillerait sans lui formuler de reproches mais son regard pénétrant, n’en penserait pas moins… la ramenant à sa propre histoire ! La navette du destin dessinait au fusain des chemins de chagrins enlacés et ficelait les fatalités en paquets amers…

Tout s’embrouillait dans son esprit vide. Les « Travaux d’Hercule » de son chemin de vie s’annonçaient pesants pour ses épaules encore frêles de jeunesse. Pourrait-elle les supporter ? Elle pensait aux propos de sa mère qui disait souvent : « qu’il n’était envoyé aux individus que des épreuves capables de les supporter ». Marie-Louise, sa mère savait de quoi elle parlait en formulant de tels propos…

Marie, elle aussi le savait pour avoir déjà commencé son lot d’ennuis et s’interrogeait sur le sens prémonitoire ou non de ces écueils poussés précocement dans sa vie. Constituaient-ils un avenir tortueux pour toute sa durée d’existence ou n’étaient-ils qu’un départ difficile qui se rectifierait par la suite vers une voie plus paisible ? Triompher de la souffrance la conduirait-elle vers une lumière plus douce ? Son désarroi du moment l’éloignait de ces raisonnements purement philosophiques et spirituels.

Ses pensées bouillonnaient dans sa tête et l’égaraient pour la plaquer dans la réalité avec une violence abrupte, obligée de voir la réalité telle qu’elle était. Elle essayait d’en comprendre les méandres. Que voulait dire ce mot et que cachaient les mots, quels maux allaient-ils engendrer ? Pourquoi vouloir ou devoir partir maintenant ?

Elle voulait croire qu’il reviendrait, ce départ annoncé ne pouvait pas s’inscrire dans un réel tangible !…

Le néant qu’elle percevait, percé de son inconscient la basculait dans un monde hostile dans lequel elle ne trouvait aucune accroche. Sa situation la plongeait dans des abysses d’incompréhension, d’inconnus et elle en ressortait dégoulinante d’absurdité, de malédiction, la laissant anéantie avec un désir de ne plus faire surface, ne plus faire face…

En attendant pour sa fille, pour le bébé à venir, pour son honneur, pour sa mère qu’elle avait toujours vu vaillante même dans les pires détresses, principalement quand elle avait appris la mort au front de son frère, elle devait sinon accepter ce fait né comme par dérision une veille de Noël, tout au moins encaisser ce sale coup, cet invraisemblable cadeau de Noël ! Marie se leva telle une automate, s’aspergea d’eau fraîche pour laver son cauchemar aussi vivant que son mari était soudainement devenu absent.

Elle prit en hâte sa petite encore endormie et courut chez sa voisine de pallier Gratia, la marraine de Marie-Antoinette, une famille d’espagnols dont les maris étaient intimes.

Elle savait !

Elle avait été prévenue ainsi qu’Édouard son mari et parrain de la petite. Ainsi pensait tristement Marie, ils avaient pu collaborer au projet clandestin de ce pionnier insensé voulant partir à la conquête de l’eldorado mexicain. Elle se sentait trahie de toute part comme si des cercles égocentriques s’étaient refermés sur elle en un piège dont elle n’échapperait pas.

Les deux femmes mêlèrent leurs larmes. Marie découvrait le déterminisme irresponsable et sans borne de son mari, il croyait en son destin et le forçait au-delà de toute limite, nul ne pouvait entraver ses projets. Pas même elle qui ne comprenait pas un tel revirement de comportement. Où étaient les sentiments dans cette histoire ? Elle l’aimait, elle croyait que lui aussi, mais quelle insane idée avait germé dans sa tête ? Quels en avaient été les réels motifs pour y mettre autant de soudaineté ? Que s’était-il réellement passé ? Il s’embarquait en cachette vers un autre continent et l’embarquait en même temps, sur un rivage hostile, seule avec ses enfants une née et l’autre à venir. Les rives de la désillusion se rapprochaient de plus en plus nettes dans son jeune esprit de femme qu’ourlaient de frêles croyances du bonheur tissé de fils d’or qu’on imaginait volontiers solides quand on avait vingt ans…

Elle prenait conscience de leur fragilité, de leur cassure subite qui tenait à quoi ? À qui ? Sinon à sa seule force intérieure dans laquelle elle devrait aller puiser le courage, pour en trouver un de quelle nature ? Serait-il suffisamment blindé pour la faire tenir debout elle et ses enfants ? Aurait-elle l’énergie de sa mère Marie-Louise qui lui avait donné l’exemple du « tenir bon » en toute circonstance.

Elle ne pouvait contenir le flot d’interrogations qui s’entrechoquaient dans sa tête, comme si son cerveau n’avait plus que cette capacité de production. Autant de questions sans réponse la faisaient passer de l’état de raison à celui de la déraison avec la fulgurance de l’impact qu’avait généré les quelques lignes écrites par son mari aujourd’hui envolé en lui volant à elle sa sérénité…

Vicente

Lui, l’auteur de ce mot, le conquistador, le mari en partance laissant sa femme Marie aux portes d’une démence naissante, s’appelait Vicente. Par des contours que seul le destin sait organiser, il entrerait plus tard, dans le décor de la vie de la petite berruyère. Né huit ans avant elle, en Espagne, le 24 novembre 1892 à Castellon de la Plana, il devançait de quelques jours son conscrit Francesco Franco né à l’autre extrémité d’Espagne en Galice. A la différence près, que lui Vicente, symbolisait le naturalisme social tel que le révélait, la même année, la mise en scène des Tisserands inspirés du roman d’Émile Zola de Gerhardt Hauptmann, dépeignant la misère et l’humiliation des masses prolétariennes en lutte contre le capitalisme Vicente en était un emblème, il en serait une victime. Il ne le savait pas. Il appartenait à la fin du XIXe siècle et à huit ans, là bas sur les rivages de la côte méditerranéenne, il tendait ses petits bras grands ouverts au XXe prometteur mais de quelle destinée ?

En pleine jeunesse, sans date précise connue, âgé de quelque vingt ans, Vicente fit le choix de quitter sa mère, sa sœur, son pays, ses couleurs et ses odeurs qui ne pouvaient compenser la pauvreté ambiante, pour tenter une vie meilleure ailleurs. Son chemin de halage à travers des contrées inconnues l’avait mené, aux rênes de sa destinée dans un coin perdu du Berry, en qualité de scieur de long et travailleur étranger. Pour arriver dans ce centre de France, il en avait parcouru des distances, vécu des aventures, effectué des métiers différents, surmonté des difficultés, mu par une seule volonté, celle d’atteindre un autre eldorado…

Que de courage et de perspicacité il avait du déployer sous des cieux austères, aux mentalités verrouillées, aux tonalités de langues divergentes.

Enfin fin 1917, il trouva son centre qui allait devenir pour lui de gravité en gravité. Il logea à l’auberge du village, tenue par la mère de Marie, loin de la sienne et de sa mère patrie où tout l’en isolait, le climat, la langue, les paysages fermés et les êtres guère plus ouverts tournés vers une vie de labeur dans ce cœur de France où battaient probablement sans qu’il ne le sût, ni le comprît, les légendes séculaires de la sorcellerie, des sorciers, des magies noires et blanches.

De quel sort dépendrait-il ? Serait-il infléchi par le soin ou non d’avoir cloué à sa porte une chouette sacrifiée conjurant le mauvais œil ?…

Plus prosaïquement, là ou ailleurs, s’expatrier était s’exposer à abandonner sans concession tout ce qui rattachait aux racines ancestrales, au territoire viscéral et initial, aux premiers cris et regards levés au ciel de son pays, aux primordiaux attachements qui imprégnaient, dans la mémoire des affections adhérentes, indélébiles, désormais classées au registre des souvenirs pour en ouvrir un inédit écrit au frontispice de l’espérance permettant l’endurance face à la souffrance inévitablement liée à l’exil forcé.

Même si la vieille métropole espagnole avait célébré tant bien que mal, au cours de l’année de sa naissance en 1892, le IVe Centenaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, il n’en restait pas moins vrai que la situation économique de l’Espagne était alarmante, laissant loin derrière elle, le puissant empire espagnol d’envergure mondiale qu’elle était au 16e et 17e siècle.

En ce premier quart du 20e, Vicente avait donc eu quelque raison de fuir son pays de misère, tandis que se préparait l’ère de la dictature par la naissance du P.O.U.M. le marxisme en Espagne et l’arrivée ultérieure en 1923 du général Miguel Primo de Rivera, capitaine général de sa province catalane, avant le règne du généralissime et tristement célébrissime, futur chef du gouvernement espagnol, Francisco Franco conscrit de Vicente, pour en rejeter bien d’autres que lui, hors frontières parmi lesquels en 1939… Quelques 450 000 républicains venus en sus grossir les camps de Mauthausen.

Au moins Vicente n’avait-il pas fait partie de ce funèbre convoi, ni eut à se battre contre ses frères. N’y avait-il pire guerre s’il en était, que celle où l’ennemi se battait contre son congénère patriote, où l’ennemi n’avait même pas le fallacieux prétexte de la haine inspirée par la frontière nationaliste et géographique qui faisait de l’autre un double adversaire, une raison en elle-même de le maudire ? Toutes ces raisons qui n’en étaient pas et que pas une ne pouvait trouver mérite au fait de guerre ! Seul l’homme savait s’en convaincre mais pas la conscience spirituelle par opposition à l’intelligence rationnelle. Celle qui fit naître la bombe à neutrons que Lény Escudero évoquait quand il chantait :

« Je suis né fils d’assassin. Il est quoi le fils de physicien qui a inventé la bombe à neutrons, la mitrailleuse, le canon ?… Il est fils de génie et demain il sera génie lui-même. Pour le plus grand bien du genre humain »

Alors que la guerre en France faisait rage, de l’Espagne neutre Vicente avait donc put en partir. Sa guerre à lui, était de devoir se battre avec lui-même, avec sa condition sociale misérable, l’orgueil ancré en lui, accroché à son flanc comme un sabre à son côté constituant son unique arme. Le désenchantement de l’existence dès l’enfance, avait semé en Vicente les germes de la prise en main de son destin, de l’insurrection contre sa condition.

Pour infléchir le tracé de sa destinée dans son extrême pauvreté, poussé par on ne savait quel autre vent d’autan, alors que la France faisait face à une demande de main-d’œuvre afin de faire fonctionner l’économie, pour remplacer les hommes envoyés dans les tranchées, Vicente était arrivé, en ce cœur de France où, à vingt sept ans, il fit chavirer celui de Marie jeune fille sage et modeste encore neuve de ses dix neuf ans à peine néanmoins prometteurs !…

Le départ

Anéantie par le truisme du mari parti, l’abondance de ses questionnements, ses doutes et la colère, Marie se laissait porter par les amis de son mari, tous solidaires qui s’organisèrent très vite autour de son malheur, prenant en charge Marie et sa petite qui hurlait à treize mois « papa » comme elle ne cesserait plus de le faire toute sa vie durant de manière différenciée.

Gratia la marraine de Marie-Antoinette consolait Marie effondrée, dans un français approximatif :

– « Ne pleure pas, tu as...

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