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Louise de Bettignies

De
304 pages
Rien ne destine la jeune Louise de Bettignies, cultivée et polyglotte, née dans une grande famille désargentée du Nord de la France, catholique fervente, à devenir une véritable espionne et héroïne de la Grande Guerre.
En 1914, révoltée par l’invasion allemande de la Belgique et de sa ville de Lille, Louise s’engage au sein de l’Intelligence Service dont elle devient agent secret sous le pseudonyme d’Alice Dubois. Elle est chargée d’organiser un réseau d’évasion et de renseignements militaires, le réseau Ramble. Arrêtée par les Allemands en octobre 1915, jugée et condamnée à mort, la jeune femme est enfermée dans la sinistre forteresse de Siegburg où elle prend la tête de la rébellion des prisonnières. Punie de cachot, Louise en sort gravement malade et meurt faute de soins le 27 septembre 1918.
Mystique et avide de sacrifice, son courage lui vaut le surnom de «Jeanne d’Arc du Nord». À l’aide de documents familiaux inédits, Chantal Antier retrace les multiples épisodes de la vie de Louise de Bettignies, apporte un nouvel éclairage sur sa foi et son patriotisme, et fait surgir devant nous une femme résolument en avance sur son époque dont l’exemple ne doit pas tomber dans l’oubli.
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CHANTAL ANTIER
LOUISE DE BETTIGNIES
Espionne et héroïne de la Grande Guerre 1880-1918
TALLANDIER
Éditions Tallandier – 2, rue Rotrou75006 Paris
www.tallandier.com
© Éditions Tallandier, 2013 Cartographie : © Flavie Mémet / Éditions Tallandier, 2013
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo
EAN : 979-10-210-0075-9
PRÉFACE
LOUISE DE BETTIGNIES : ESPIONNE OU MARTYRE ?
Comment ne pas être touché par l’histoire d’une héroïne de la Grande Guerre à la veille du centenaire de l’année 1914 ? Alors que les « Poilus », longtemps célébrés lors des fêtes du 11 novembre, ont tous disparu, les femmes ayant joué un rôle décisif lors de la Première Guerre mondiale demeurent toujours méconnues et bien peu nombreux sont ceux qui se hasardent à évoquer leur souvenir. Louise de Bettignies fait partie de ces « inconnues célèbres ». Qui était-elle vraiment ? Pour les Allemands, dangereuse espionne au service des Anglais ; pour les Français, ardente patriote ; pour les Britanniques, femme de tête et organisatrice exceptionnelle du réseau Ramble ; pour les catholiques, mystique et martyre ; pour sa famille, fille aimante et tante adorée ; pour son entourage, femme élégante, subtile, cultivée, complexe et drôle. e Issue d’une grande famille de la bourgeoisie belge devenue française au XIX siècle, catholique fervente, Louise semblait pourtant bien peu préparée à jouer le rôle crucial et redoutable d’agent de renseignement. La vie de Louise aurait pu être heureuse, et somme toute banale. Des circonstances exceptionnelles en ont fait un véritable roman où rien ne manque : le courage exceptionnel de l’héroïne, la permanence du danger, les épreuves traversées, l’amitié fraternelle, la descente aux Enfers, le martyre, la rédemption. D’un caractère complexe, Louise se révèle à la fois sage et indisciplinée, obéissante et rebelle, respectueuse de son milieu social d’origine et profondément sensible à l’injustice et à la cruauté. La guerre de 1914-1918 lui servira de révélateur et donnera à son existence le but qui lui manquait : servir sa patrie et sa foi au péril de sa vie. Les services secrets britanniques, dès l’automne 1914, sauront exploiter son intelligence, sa rapidité d’esprit, son intrépidité. Elle acceptera d’organiser le réseau Ramble, recrutant jusqu’à quatre-vingts agents et collaborateurs, surveillant les transports de troupes sur les lignes de chemin de fer de Lille à Bruxelles, étudiant la situation des bases militaires allemandes situées au nord de la France et en Belgique, rassemblant une masse considérable de renseignements pour les états-majors alliés. Grâce à ces renseignements transmis durant neuf mois à l’Intelligence Service, Louise et son principal lieutenant, Léonie Vanhoutte, permettront aux Alliés d’atteindre et de détruire plusieurs objectifs militaires. Sous les pseudonymes d’Alice Dubois et de Charlotte Lameron, à pied ou avec l’aide de voituriers, de nuit comme de jour, sous des noms d’emprunt et des déguisements divers, elles traverseront au péril de leur vie des zones étroitement surveillées afin d’acheminer leurs précieux messages. En 1915, imprudentes, toutes deux sont arrêtées par les Allemands. Condamnée à mort, comme l’ont été avant elle l’Anglaise Edith Cavell et la Belge Gabrielle Petit, Louise vit sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité. Léonie, elle, fut condamnée à quinze ans de prison. Toutes deux furent transférées dans la sinistre forteresse de Siegburg, près de Bonn, où la santé de Louise ne résista pas au froid de l’hiver comme aux pénibles conditions de détention sévissant alors dans les prisons allemandes. Des funérailles officielles, des décorations prestigieuses, une statue érigée à Lille lui rendirent un hommage national et contribuèrent à faire d’elle, aux yeux des générations suivantes, une héroïne majeure de la Grande Guerre. Son souvenir se perpétue dans le nord de la France et en Belgique, théâtres de ses exploits.
Plusieurs membres de sa famille se sont opposés pendant de nombreuses années, en dépit des demandes officielles, à toute tentative d’« appropriation », par des écrivains ou des cinéastes, de la vie de Louise de Bettignies. Les cinéastes Jean Choux et Léon Poirier, Gem Moriaud rencontrèrent des difficultés pour diffuser leurs films, ou Antoine Rédier pour éditer son ouvrageLa Guerre des femmes. Seule sa nièce, Hélène d’Argœuves, après avoir recueilli de nombreux témoignages à travers la Belgique et l’Allemagne, obtint l’« imprimatur » de la famille en 1951 pour son livre Louise de Bettignies. Malgré les nombreuses recherches effectuées par l’auteur, en France et à l’étranger, d’importantes zones d’ombre subsistent malgré tout dans l’existence de Louise, à cause de son rôle d’espionne. Cette biographie a bénéficié de très nombreux documents familiaux et officiels réunis par M. Bertin de Bettignies, ainsi que de recherches effectuées dans les Fonds d’archives belges, françaises et anglaises.
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